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Les moines de Tibheriade :trois rapports secrets sèment le trouble

Posté : 26 septembre, 2010 @ 11:39 dans films.émissions TV, Kabylie, Les chretiens en terre d'islam, Religion | 8 commentaires »

 

Le rôle ambigu des services secrets algériens dans l’affaire des moines de Tibéhirine apparaît désormais comme un élément central de l’enquête du juge Marc Trévidic. C’est ce qui ressort des informations contenues dans plusieurs rapports du contre-espionnage français qui ont été récemment déclassifiés à la demande du magistrat.

Ces documents, dont Mediapart a pu prendre connaissance et que nous publions en intégralité (voir pages suivantes), sont notamment constitués de trois notes «confidentiel défense» rédigées par le général Philippe Rondot, alors en poste à la Direction de la surveillance du territoire (DST, aujourd’hui DCRI), où il fut en première ligne sur le dossier de l’enlèvement puis de l’assassinat des moines de Tibéhirine.

Le général Rondot, qui est aujourd’hui à la retraite, doit être entendu comme témoin, lundi 27 septembre, par le juge Trévidic. Il devra s’expliquer sur ses écrits de l’époque, que le militaire qualifiait lui-même de «considérations amères». Ceux-ci pointaient notamment la «lenteur perceptible» des services secrets algériens dans la gestion de cette affaire et leur «tolérance relative» à l’égard de l’un des principaux leaders des Groupes islamiques armés (GIA), Djamel Zitouni, soupçonné d’être à l’origine du rapt et de la mort des moines.

Sept religieux français du monastère de Tibéhirine, situé à 90 kilomètres au sud d’Alger, dans la région de Médéa, avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Leurs têtes seront découvertes quelques semaines plus tard, fin mai, au bord d’une route, pour certaines d’entre elles suspendues à un arbre, dans des sacs en plastique ; leurs corps n’ont, eux, jamais été retrouvés.

Près de quinze ans après les faits, aucune vérité judiciaire n’a pu émerger de l’épais brouillard qui entoure encore les circonstances du massacre. La thèse islamiste, défendue par Alger et validée pendant des années par le premier juge français antiterroriste en charge du dossier, Jean-Louis Bruguière, est aujourd’hui sérieusement battue en brèche, pour deux raisons au moins.

La première: en juillet 2009, l’ancien attaché militaire de l’ambassade de France à Alger, le général François Buchwalter, a affirmé à la justice qu’il avait recueilli des informations selon lesquelles les moines avaient été victimes d’une bavure militaire de l’armée algérienne, après leur enlèvement. Il avait aussi déclaré que la diplomatie française lui avait alors demandé de garder le silence sur ses révélations.

La seconde: de nombreux indices laissent aujourd’hui penser que deux des principaux terroristes mis en cause dans la disparition des moines, Djamel Zitouni, émir du GIA, et son adjoint, Abderrazak El-Para, ont, au mieux, bénéficié d’une certaine complaisance du pouvoir algérien de l’époque, ou, au pire, été des agents à la solde de l’appareil militaire, infiltrés au sein des GIA afin de les manipuler. A n’importe quel prix.


Se préparer au pire…

La lecture des rapports de synthèse déclassifiés du général Rondot, que le juge Trévidic a reçus avant l’été, jette pour le moins le trouble sur l’attitude de l’appareil sécuritaire algérien lors des événements de Tibéhirine. 

Sous l’intitulé «Opération Tibéhirine», la première de ces notes date du 8 avril 1996. Il s’agit d’un compte rendu de mission du maître-espion à Alger, où le général s’est rendu du 5 au 7 avril, quelques jours après l’annonce de la disparition des moines trappistes. Le document, comme ceux qui suivront, est adressé au préfet Philippe Parant, alors patron de la DST.

http://www.scribd.com/doc/37977298/RONDOT-1

Rapidement, l’agent spécial du contre-espionnage français note à l’endroit des services secrets algériens, avec lesquels il est en relation permanente, que «la priorité donnée à la survie des moines tempère la vigueur des recherches entreprises et, donc, la lenteur perceptible dans le recueil et l’exploitation des renseignements».

Le référent de Philippe Rondot est le général Smaïn Lamari, le patron de la DCE, le contre-espionnage algérien, dont la DST française est alors particulièrement dépendante. Trop, peut-être. Dans son premier rapport, le militaire français note ainsi que «si la coopération de la DCE semble acquise – à condition de rester dans le cadre fixé par Alger – il faut bien convenir que notre seule source opérationnelle sur le terrain reste ce service [...]». Il poursuit, non sans pessimisme: «Restons donc prudents dans nos analyses et circonspects par rapport au “produit” livré par la DCE, tout en nous préparant au pire.»

Un mois plus tard, le 10 mai 1996, le général Rondot rédige un deuxième rapport. Le ton est plus sec, parfois tranchant. Son objet parle pour lui: «Considérations (amères) sur la gestion de l’affaire de moines de Tibéhirine et propositions (malgré tout) d’action».

http://www.scribd.com/doc/37977335/RONDOT-2

Les moines n’ont toujours pas été retrouvés. L’inquiétude monte. «Depuis le 30 avril, nous sommes dans l’attente», déplore Philippe Rondot. «De réunion en réunion, nous nous sommes contentés d’échafauder des hypothèses, sans pour autant définir avec discernement et précision quelle conduite nous devrions adopter», ajoute-t-il. 

«Nous ne pouvons rester plus longtemps dans l’expectative», s’agace-t-il, déplorant encore une fois la «dépendance» de la DST à l’égard des «services algériens», lesquels, précise-t-il, «ont sans aucun doute d’autres impératifs (politiques et sécuritaires) que les nôtres, s’agissant de la survie et de la libération des religieux.» Le général va même plus loin dans son argumentation en écrivant: «Ils peuvent être, en effet, tentés de régler brutalement ce qu’ils considèrent comme un simple “fait divers” (selon une formule entendue), lequel fait obstacle à la normalisation des relations franco-algériennes (élément que n’ignore pas le GIA).»


Quand la DST prônait «l’élimination» de Zitouni

Les mots sont de plus en plus durs. «Le général Smaïn Lamari m’avait dit, dès le début, que ce serait “long, difficile et hasardeux”. C’est bien le cas», tranche le général Rondot dans ce deuxième rapport. Il fait part de son malaise face à l’attitude équivoque de son principal interlocuteur au contre-espionnage algérien. «On n’oubliera pas non plus que figure, au nombre des prisonniers à libérer, Abdelhak Layada, détenu en Algérie et qu’il paraît exclu que le gouvernement algérien soit prêt à céder sur ce cas», écrit-il. «Mais les propos tenus tant par le général Smaïn Lamari que par certains islamistes, à ce sujet, sont ambigus.» Le mot est lâché.

Pour Philippe Rondot, la seule issue possible pour les services secrets français serait d’établir un contact direct avec le GIA pour «connaître l’enjeu réel de cette prise d’otages», ce qui suppose donc une opacité et des non-dits dans la version officielle livrée par Alger. «Je veux bien en prendre le risque», conclut le militaire. 

Son troisième et dernier rapport, daté du 27 mai 1996, sera celui d’un cuisant constat d’échec – les moines sont officiellement morts, mais leurs dépouilles pas encore retrouvées.

http://www.scribd.com/doc/37977371/RONDOT-3

Une nouvelle fois, le général français ne cache pas son amertume à l’encontre des services secrets algériens. «La coopération entre la DST et la DCE, sur cette affaire, a été continue, même s’il a fallu, trop souvent, “relancer” nos interlocuteurs algériens», note-t-il. Puis: «En revanche, on ne peut dire que l’apport des services algériens a été déterminant, puisque nos sept moines ont perdu la vie [...] Les forces de l’ordre ont davantage subi que dominé la situation.»

«A vrai dire, continue le général Rondot, dans la guerre sanglante que connaît l’Algérie, le sort des sept moines ne semblait devoir être considéré, par les responsables militaires algériens, comme plus important que le sort d’autres, même si les relations franco-algériennes risquaient de souffrir d’une mauvaise gestion de l’affaire et plus encore d’une issue fatale.» Ce qui est alors précisément le cas…

Puis la sentence tombe. «Très (trop) longtemps – et pour des raisons d’ordre tactique – Djamel Zitouni et ses groupes ont bénéficié d’une relative tolérance de la part des services algérien: il aidait (sans doute de manière involontaire) à l’éclatement du GIA et favorisait des luttes entre les groupes armés.»

Selon Philippe Rondot, «pour tenter d’effacer l’échec, la DCE se doit d’éliminer, par tous les moyens, Djamel Zitouni et ses comparses. C’est notre devoir de l’encourager et peut-être même de le lui imposer». Djamel Zitouni est mort en juillet 1996, un mois après l’enterrement des moines de Tibéhirine, dans des circonstances qui n’ont jamais été vraiment tirées au clair.

Des hommes et des dieux : Un formidable “état de grâce”

Posté : 25 septembre, 2010 @ 8:56 dans films.émissions TV, Les chretiens en terre d'islam, Religion, TERRORISME | 6 commentaires »

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Un formidable état de grâce avait plané sur les “peoples” du Festival de Cannes, pendant la projection du film consacré au témoignage (martyrion) des moines de Tibhirine : Des hommes et des dieux. Le titre peut paraître ambigu, si la grâce ne l’est pas. Elle avait déjà saisi d’une énorme émotion, pendant tout le tournage, les acteurs et le réalisateur du film, Xavier Beauvois : “Sur ce tournage, j’ai passé les deux plus beaux mois de ma vie. Dans un perpétuel état de grâce. Tout était simple, limpide, facile, évident, étrange et beau. Oui, l’esprit de Tibhirine a soufflé sur nous. Il existe. J’espère qu’il touchera le Festival et fera du bien à tous.” Le vœu de Xavier Beauvois a été entendu par le demi-million de spectateurs qui sont restés sans voix devant le film, dès sa première semaine d’exploitation, comme il le sera par tous les autres dans les semaines qui viennent, quelles que soient leurs convictions et leurs pratiques religieuses, car l’Esprit souffle où il veut, et il n’est question ici que de liberté intérieure face au totalitarisme: la liberté de la Foi.
Qui a enlevé, assassiné, décapité en 1996 ces sept moines cisterciens vénérés dans les montagnes du Sud d’Alger par tout leur entourage musulman ? Les terroristes islamiques du GIA, qui l’ont revendiqué ? Les services secrets du gouvernement totalitaire de M. Bouteflika, qui les manipulaient ? Personne ne peut trancher aujourd’hui, et Beauvois a raison de ne pas s’y aventurer.La seule responsabilité morale assurée – au plan historique – est celle du gouvernement français qui abandonne ce beau pays aux égorgeurs du FLN, et le livre d’un coup à ces fanatiques, sans transition, garantie ni contrepartie aucune, avec des dizaines de milliers de nos compatriotes, et des centaines de milliers de musulmans harkis, pieds et poings liés, le 18 mars 1962…Trente-quatre ans plus tard, les moines de Tibhirine ont répondu de leur manière à ce mystère d’iniquité. Ils se savaient menacés de mort. On leur a demandé de partir – “la valise ou le cercueil” – comme aux Français d’Algérie. Ils ont voulu rester. Témoigner d’une présence. Maintenir le flambeau de la charité chrétienne dans le déchaînement des haines et des violences fratricides. Continuer simplement d’être eux-mêmes, sans provocation, à travers le service des pauvres et le chant des offices du jour et de la nuit, le chant de l’amour chrétien. Pour l’amour de Dieu, des vertus supérieures de leur Ordre, et de leurs frères musulmans d’Algérie.

Les moines de Tibhirine n’ont pas trahi leur vocation, dissimulé leur uniforme ni renoncé à leur vœux pour se porter au bout du seul œcuménisme qui compte, et y laisser leur vie : celui du témoignage chrétien. Si Cannes a retenu son souffle, en les voyant revivre à l’écran, comme des milliers de spectateurs le font aujourd’hui dans nos salles de cinéma, c’est qu’aucune âme n’est jamais morte au seul message du Christ, et que sa grâce encore peut pénétrer partout.

Les martyrs et les saints ne sortent pas des nuages. Ils sont de chair et d’os, comme nous, et ce n’est pas dans les livres, les discours ou les rêves qu’ils se sont montrés plus courageux que nous face aux ennemis de la foi, qui sont aussi les ennemis de toute authentique liberté. C’est dans leur quotidien. A Tibhirine, c’était dans la Règle du grand saint Benoît, le lever de nuit, le silence, le travail, la prière, toute cette gymnastique de la chapelle des moines, que la tête impose aux membres pour sa propre libération.

Il y a un témoignage, un martyrion, qu’en tant que chrétiens et en tant que moines, vous êtes certainement appelés à donner : c’est celui d’une générosité soutenue dans l’observance de votre vie de prière, de charité et de communauté. L’héroïsme, lorsqu’il est exigé de nous, ne consiste pas à faire des actes extraordinai­res mais à continuer de faire les choses ordinaires, même lorsque les circonstances ont changé radicalement et comportent la possibilité de conséquences tragiques.”

Cette déclaration du Père Armand Veilleux, Procureur général de l’Ordre des Cisterciens en visite à Tibhirine quelques mois avant l’assassinat des frères, donne une clé du succès du film très au-delà du cercle des catholiques pratiquants. Tout homme fidèle à son idéal, sa générosité, sa parole, ses règles de vie, face aux pressions sournoises et parfois aux terrifiantes menaces du monde, qu’il le sache ou non, fait retour à sa Divinité. Il entre de plain-pied dans la communion des saints. Le premier pas pour les rejoindre consiste à les admirer. Merci à Xavier Beauvois de nous avoir ouvert de façon si simple et si humaine cette porte lumineuse sur l’Eternité.

@Emmanuel Barbier / Sedcontra.fr, sept. 2010

Le Frère Christian de Chergé, prieur du monastère de Tibhirine, avait laissé à sa famille en 1994, deux avant le drame, ce testament spirituel :

« S’il m’arrivait un jour – et çà pourrait être aujourd’hui – d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.
Qu’ils acceptent que le Maître Unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu’ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ? Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat.
« Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance. J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglément. J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cœur à qui m’aurait atteint.

« Je ne saurais souhaiter une telle mort. Il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre. C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’islam.

« Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes. L’Algérie et l’islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme. Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église, précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans. 

« Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste : « Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense ! » Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui Ses enfants de l’islam tels qu’il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion, investis par le Don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.
« Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout. Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis!
« Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet « A-DIEU » envisagé de toi. Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. Amen ! Inch’Allah. »


Pour voir la bande-annonce du film, cliquez sur ce lien .

Sur l’assassinat des moines de Tibhirine, Sedcontra.fr a aussi publié : Un Etat terroriste, une France complice pendant 13 ans (mai 2010)

Hors-la-loi : de l’histoire ? Non du cinéma !

Posté : 22 septembre, 2010 @ 5:41 dans films.émissions TV, LaGUERRE D'ALGERIE | 4 commentaires »

-->LU SUR LE CAUSEUR

L’Algérie en VO (Version Officielle)

Hors-la-loi : de l’histoire ? Non du cinéma !

Publié le 22 septembre 2010 à 06h00

Hors-la-loi : de l’histoire ? Non du cinéma ! dans films.émissions TV Setif-1945

Lorsque Hors-la-Loi a été présenté à Cannes, le 21 juin 2010, une manifestation regroupant anciens combattants, harkis, pieds-noirs et députés UMP de la droite populaire1 a défilé sur la Croisette en mémoire de « toutes les victimes de la guerre d’Algérie ». Quelques irréductibles nostalgiques de l’Algérie française menés par des élus au bord du FN dénonçant le film d’un Franco-Algérien que personne n’avait vu, c’était plus qu’il n’en fallait pour ne pas se faire entendre. La musique médiatique nous joua l’air des manœuvres électorales sur fond de racisme pour expliquer la grogne et le réalisateur traita la chose par le mépris, donnant rendez-vous à l’opinion après la sortie du film pour en parler.

Nous y sommes, parlons-en ! Hors-la-loi sort aujourd’hui et un débat s’impose.
Les historiens qui l’ont vu relèvent de nombreux anachronismes, des invraisemblances, des erreurs grossières mais c’est le lot de tous les films qui racontent une période de notre histoire de susciter des pinaillages de spécialistes. Le problème est ailleurs. Du début à la fin, Hors-la-loi est un mensonge par omission. L’auteur nous montre une seule Algérie et une seule France.

Où est l’Algérie de Jean Daniel et d’Albert Camus ?

Tous les Européens sont des voleurs de terre, des profiteurs et des assassins. Les médecins qui soignaient les petits Arabes, les instituteurs et l’école dont sont sortis les cadres de la Révolution nationale ne sont pas là.
L ’Algérie de mon père dont le meilleur copain est mort dans les rangs du FLN, celle de ma mère qui apprenait à lire aux petits musulmans, celle de ma grand-mère, juive rapatriée en 1962 qui parlait français mais chez qui les mots du cœur sont toujours venus en arabe, est totalement absente. Ces mêmes mots que la mère emploie dans le film. Compliqué, le contexte colonial ! Pas chez Bouchareb.
La France de Jean Daniel et d’Albert Camus est passée aux oubliettes. Celle du dirigeant communiste constantinois qui eut les mains tranchées à la hache par les manifestants en colère est ignorée.

Chez Bouchareb, le récit des massacres de Sétif s’écrit au singulier – un lieu, un jour, un coupable.
On y voit une manifestation pacifique de gens désarmés qui réclament des droits, tomber dans une véritable embuscade. Un policier français tue de sang-froid un porteur du drapeau algérien, la foule panique et tandis que des colons apparaissent aux balcons et tirent au fusil sur les gens, la police puis l’armée bloquent les rues et finissent à la mitrailleuse. Les deux seules victimes pieds-noirs sont des tireurs désarmés par une foule en état de légitime défense.
Or Sétif, ce n’est pas ça mais une manifestation qui dégénère après la mort du porteur de l’étendard nationaliste dans des heurts avec la police et, dans la même journée du 8 mai, des civils européens assassinés par la foule. La police intervient, suppléée par les tirailleurs sénégalais et, au soir, il y a autant de morts chez les pieds-noirs que chez les Arabes. Pendant les deux mois qui suivent, des fermes de colons isolées sont attaquées aux cris de djihad, les femmes violées, les familles égorgées et mutilées, un climat de terreur s’installe et une répression aveugle et atroce menée par l’armée aidée de milices s’organise. On compte plusieurs milliers de victimes chez les musulmans pour 102 morts européens.
Il ne s’agit pas en rappelant les morts pieds-noirs de justifier une répression aveugle et disproportionnée, mais au moins de tenter de l’expliquer.

Dans Hors-la-loi, les Français de métropole sont montrés à travers le même objectif borgne. On ne voit que les acteurs d’un appareil répressif prêt à tout, de la torture aux exécutions sommaires, pour combattre le FLN en France. Le film va jusqu’à nous montrer des attentats à la bombe contre les populations civiles des bidonvilles de Nanterre commis par un groupe paramilitaire couvert par l’Etat2. Outre que ces meurtres aveugles et massifs ne correspondent à rien de connu, la France opposée à la guerre et favorable à l’indépendance est presque totalement absente. Le seul porteur de valises est une femme amoureuse qui ne rêve que de coucher avec l’occupé.
Les Français de Charonne et ceux qui, lors du référendum d’avril 1962 sur les accords d’Evian, se prononcent à 90 % pour l’indépendance, sont donc terriblement absents ou incarnés par une femme aveuglée par l’amour. C’est un peu court.

Dans cette histoire dont il manque la moitié, seule reste l’image d’une France prête au massacre pour garder l’Algérie française. Faut-il rappeler que l’armée avait gagné cette guerre militairement ? Mais l’histoire imposait la décolonisation et dans une situation intenable moralement et politiquement, pour ne pas que la France devienne l’Afrique du sud, l’Etat et l’opinion en métropole ont renoncé à l’Algérie. D’où l’incompréhension des pieds-noirs, le putsch des généraux et l’OAS.

Alors que le temps pourrait apaiser les passions, réunir les mémoires et permettre de s’entendre sur un récit commun, la France et l’Algérie se livrent une véritable guerre des mémoires. En 2005, des députés français demandaient par la loi que l’on insiste à l’école sur « les aspects positifs de la colonisation » mais le projet était retiré par Chirac. En février 2010, les parlementaires algériens reprenaient l’idée développée par l’organisation nationale des moudjahidines ou « les enfants des martyrs » de « criminalisation de la colonisation Française » (proposition abandonnée par le gouvernement en juillet). C’est dans ce contexte que sort ce film dont le propos est conforme en tous points au récit officiel Algérien et à l’histoire racontée dans les manuels scolaires. Ce que Bouchareb laisse voir de la présence française, on le retrouve dans l’histoire officielle du régime et dans le discours des « Indigènes de la République ».

Quand les salauds ont disparu de l’histoire, ne restent que les justes. Ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir

Même là où on le dit, pour l’en glorifier, impitoyable avec le FLN, Hors-la-loi ne risque pas de fâcher le régime algérien qui contrôle pourtant étroitement ses historiens3 C’est que le FLN dont il est question dans le film n’est pas celui dont le pouvoir actuel est issu. Ben Bella fut en effet renversé par le coup d’Etat de Boumediene en 1965 qui installa la junte militaire encore au pouvoir. Les acteurs de cette première époque, dans la grande tradition soviétique, ont longtemps été écartés des livres d’histoire.

Dans le film, les cadres révolutionnaires sont cyniques et quand un personnage qui ressemble furieusement à Ben Bella organise la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, on l’entend compter sur la répression qui s’abattra sur les Arabes en France pour faire avancer la cause avec l’aide des opinions internationales qui ne manqueront pas de condamner la France.
Bouchareb déclare dans un entretien : « Ce fut une guerre sale mais juste ». À Alger tout le monde est d’accord. Les révolutionnaires aux mains sales ont fait place nette. Quand les salauds ont disparu, ne restent que les justes.

Ce récit hémiplégique de l’histoire qui ne montre que des méchants blancs et qui, sous l’apparence d’une critique sévère du FLN d’avant 1962 s’inscrit dans la ligne de l’histoire officielle du régime, pourrait être une production du ministère algérien de l’Information. Il est l’œuvre d’un réalisateur franco-algérien, un homme qui a la double-nationalité, qui réalise une coproduction de la France et de l’Algérie. On pouvait espérer que son travail soit un pont entre les deux mémoires, une tentative d’écrire un récit commun. Ce n’est pas pour cette fois-ci. L’auteur réagit aux critiques en France : « Je ne veux pas prendre l’histoire à ma charge, moi, je fais du cinéma. » On peut l’entendre mais le même confiait au journal El Watan : « Avec mon film, on va rétablir la vérité, tout sortir des placards ». On se demande, du Français ou de l’Algérien, quel Bouchareb il faut croire.
Quand on pense que le film a été financé en partie par le service public français, dont la région PACA, il y avait peut être de quoi envahir la Croisette, finalement.

Les récits du passé compliquent la cohabitation au présent

Si les récits du passé séparent les peuples qui ont chacun le leur, ils peuvent compliquer la cohabitation au présent surtout quand les enfants des colons et ceux des colonisés appartiennent pour partie au même peuple (celui de France).
Dans le film, le soir du 17 octobre 1961, on entend dans une rame du métro parisien les clameurs de manifestants encadrés par le FLN qui crient : « vive l’Algérie !». Ces images rappellent les soirées d’après-match de football, quand l’Algérie joue et que les Français supportent. Certains, d’origine algérienne, le font bruyamment, parfois cassent tout sur leur passage et vont même jusqu’à brûler le drapeau français. Les autres supportent le bruit et la casse. Ce n’est pas la tendresse pour sa patrie d’origine qui est gênante, mais l’hostilité pour son pays natal.
Je ne veux pas présumer des intentions de l’auteur mais il est difficile de ne pas voir dans cette scène du film un rapprochement entre l’attitude des jeunes d’aujourd’hui et celle de leurs aînés. Ce que les uns font, leurs parents le faisaient déjà il y a 50 ans et la France, coloniale hier comme aujourd’hui, désapprouve. Or crier « vive l’Algérie ! » quand on est algérien en 1961 et le faire quand on est français en 2010, ça n’a pas le même sens.

Ce type de clin d’œil, si c’en est un, n’est pas de nature à aider des jeunes qui sont français mais ne se reconnaissent pas Français à sortir des complications identitaires dans lesquelles ils se débattent. Les difficultés des jeunes d’origine maghrébine pour trouver leur place dans la société française sont réelles. Fallait-il les charger du poids d’une guerre pas tout-à-fait finie ? J’en doute mais Rachid Bouchareb a sa réponse : « Moi, je fais du cinéma ! »

  1. Courant de l’UMP auquel appartiennent Thierry Mariani et Lionnel Luca qui entend rappeler à Nicolas Sarkozy ses promesses électorales sur la sécurité et l’immigration
  2. La « Main rouge » ( barbouzes et colons radicaux couverts par les services secrets français) a éliminé des militants et des pourvoyeurs en armes du FLN en Afrique du Nord et en Europe dans les années 1950
  3. Voir l’entretien de Benjamin Stora dans L’Histoire, septembre 2010. « France-Algérie : la guerre des mémoires » : « Depuis un colloque à Essaouira au Maroc en mars dernier, le ministère algérien de l’Education a exigé que les historiens invités à des conférences à l’étranger lui soumettent au préalable leurs communications. Par ailleurs, avant de lancer des commandes de livres, les bibliothèques doivent soumettre leur choix à une commission du ministère de la Culture. Les chercheurs sont de fait sous surveillance

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Discussion :Cliquez

« Hors la loi »analyse du général Faivre, historien

Posté : 24 mai, 2010 @ 5:53 dans évènements d'Algérie, films.émissions TV | 5 commentaires »

Voici l’analyse du général Faivre, historien

Je n’ai pas vu le film, mais j’ai analysé le scénario.

Contrairement à ce que disent les historiens cités dans le Monde du 5 mai,

il ne s’agit pas d’une guerre des mémoires, mais d’erreurs historiques grossières,

conformes à la vérité historique du pouvoir algérien.

Maurice Faivre, historien

                                                     le Film HORS LA LOI

Scénario de Olivier Lorelle et Rachid Bouchareb

Cette version du scénario comprend 134 séquences qui se suivent dans un ordre plus ou

moins chronologique, et dont l’histoire peut se résumer comme suit : >

Période 1935-1945.

Propriétaire dans la région de Sétif, M. Souni a trois fils qui sont les héros de cette histoire

:- Messaoud, 15 ans, transpire en bèchant les terres paternelles,

- Abdelkader, 14 ans, lycéen studieux, rédige contre un pourboire les rédactions de

Gimenez, un riche pied noir bien habillé mais paresseux et cancre,

- Saïd, 13 ans, cireur de chaussures, est rabroué par les commerçants de Sétif.

Le caïd arrive en jeep et présente une ordonnance du tribunal les expulsant de leur terre au profit d’un colon. Ils se réfugient en banlieue de Sétif.

Le 8 mai 1945, les colons tirent par les fenêtres sur les manifestants, la mitrailleuse des

gendarmes fauche des dizaines d’Arabes ; accompagnés du caïd, les sénégalais fouillent

les mechtas et tuent Souni et ses filles.

Abdelkader est fait prisonnier par le lieutenant Gimenez, son ancien camarade ; il est

interné à la prison de la Santé. Saïd venge la famille ; il tue le caïd à l’arme blanche et lui

vole son argent.

Ces crimes de 1945 sont illustrés par des images d’archives : soldats en France et en

Algérie, de Gaulle signant l’armistice !, bombardement des villages, tir sur des Arabes

devant une raïma et dans une maison, morts alignés sur la route, puis jetés dans les

gorges de Kherrata.

Période 1945- 1954

- Saïd amène sa mère au bidonville de Nanterre et se reconvertit dans la prostitution à Pigalle ; il élimine ses concurrents corses et monte une salle d’entraînement à la boxe,

- Messaoud s’engage ; il est parachuté au Vietnam où il incendie des paillotes ; prisonnier à Dien Bien Phu, il assiste au camp 113 à l’autocritique du colonel Mattei. Les images d’archives célébrent la victoire d’Ho Chi Minh.

- Abdelkader est endoctriné en prison ; rallié au FLN (avant que celui-ci n’existe), il est libéré, devient collecteur de fonds et responsable de zone 1 à Paris.

Période 1955-1962

Messaoud est rapatrié du Vietnam, il rejoint Paris et travaille chez Renault avec Abd el Kader ; il se rallie au FLN et devient chef de commando, il entraîne ses équipiers au stand de tir de Pigalle, étrangle un responsable MNA et un réfractaire à la cotisation FLN ; marié à Zohra, il éprouve quelques remords.

- le colonel Mattei, affecté au SDECE, conseille le préfet Papon, il crée une cellule Main rouge qui noie les suspects dans le canal ou les livre pour exécution aux harkis de Paris; les policiers fouillent et cassent ;

- Abd el Kader refuse l’amour d’Hélène, costumière de théâtre et porteuse de valise ; grâce à un policier musulman, il pénètre dans un commissariat et tue le tortionnaire Picot ; Messaoud lui fait rencontrer le colonel Mattei ; ils essaient de se convertir l’un l’autre (sic) ; Mattei ferme le cabaret de Saïd,

- Messaoud pénètre dans une caserne des harkis et élimine toute une unité,

- le FLN incendie les dépôts d’essence en métropole,

- Saïd, qui hésite à rallier le FLN, recrute le Kid d’Alger, un boxeur qui met KO le champion de France-Nord ; il faut qu’il batte les Français et les nègres (sic), mais Abd el Kader refuse qu’il participe au championnat de France, il le réserve pour le championnat de l’Algérie indépendante ; il contraint Saïd à l’éliminer.

-après une nuit d’amour avec Abd el Kader, Hélène est tuée dans l’explosion de sa voiture piègée par Mattei.

-Abd el Kader et Messaoud se rendent dans une usine allemande d’armements, ils ramènent dans un port français deux bus chargés d’armes, ils sont surpris par Mattei au moment où ils vont charger un cargo tchèque ; une bagarre dans un entrepôt se termine par la mort de Messaoud, qu’un docteur français bienveillant ne peut sauver; la mère des garçons se griffe le visage de douleur,

- lors de la manifestation du 17 octobre 1961, Abd el Kader est tué dans le métro par un policier ;

Mattei s’exclame : tu as gagné !.

- en 1962, Saîd ramène sa mère et Zohra dans leur maison de Sétif, à moitié détruite. Ils regardent les photos de famille abandonnées par les colons.

                                                              COMMENTAIRES

La lecture du scénario inspire des réactions de rejet, que la vision des images pourra

éventuellement corriger. Mais il ne fait pas de doute que les séquences décrites présentent une vision anticolonialiste et antimilitariste des évènements. Un certain nombre de faits sont réels, mais ils sont généralement instrumentalisés sous une forme antifrançaise.

On peut comprendre l’idéologie nationaliste des frères algériens de Bouchareb, à condition de ne pas masquer son aboutissement : l’anarchie de l’été 1962, l’échec du combat pour la démocratie, la mise en place d’une dictature militaire diffusant une culture de guerre, la corruption de certaines élites, la révolte des kabyles et le terrorisme des islamistes radicaux.

D’autre part, la vérité historique est gravement malmenée. Voici quelques exemples :

- la spoliation des terres a été pratiquée au 19ème siècle, mais à partir des années 1920, ce sont plutôt les Algériens qui achètent des propriétés agricoles ; les notaires de Sétif n’ont enregistré aucune expropriation, sauf pour cause d’intérêt public (barrage de Kherrata),

- la jeep n’existait pas en 1935 ;

- le FLN et le MNA sont nés en 1954, et non en 1945,

-les images d’archives sont falsifiées (films de 1955 transposés en 1945 – bombardements aériens et

maritimes non filmés en Algérie

- de Gaulle signant l’armistice (sic) de 1945 avec Churchill, Roosevelt et Staline)

- les premières victimes à Sétif ont été des Européens ( 28 morts et 42 blessés graves) ; selon le

général Tubert, chargé de l’enquête officielle, il y eut moins de 40 morts algériens ; tout était terminé le 8 mai à midi ; il n’y a pas eu à Sétif de tirs des colons par les fenêtres, ni de tirs de gendarmes à la mitrailleuse,

- le film épargne les tirailleurs algériens, qui sont cependant intervenus à Sétif ; la mise en scène des Sénégalais ne peut qu’encourager le racisme anti-noir, or les Sénégalais ne sont pas intervenus en ville de Sétif où résidaient les héros du film

- la répression du 8 mai fut rapide et sans doute trop brutale, mais ce n’est pas un génocide ; 45.000 est à peu près le nombre des manifestants ; les historiens compétents font une estimation de 3.000 à 6.000 victimes musulmanes,

- les suspects arrêtés en mai 1945 n’ont pas été transférés à Paris et ont bénéficié de l’amnistie de 1946,

- Messaoud, affecté au 3ème RTA, ne pouvait pas être parachutiste ; après 10 ans de service, il aurait dû être au moins sergent,

- le SDECE était chargé de la lutte contre le FLN hors de France, où la DST était compétente ; les cartes d’identité ne révélaient pas l’appartenance à un service secret,

- de Gaulle en 1954 n’était pas aux affaires

- des harkis de Paris ont été tués au combat, mais leurs casernes n’ont pas été prises par le FLN ;

en revanche les harkis de Paris ont démantelé la plupart des commandos de choc du FLN à Paris (réf. Rémy Valat)

- la Main Rouge est une organisation de contre-terroristes qui a sévi en Tunisie ; en métropole, il s’est agi d’un canular monté par le commandant Garder (rapport de la S/direction des Affaires criminelles du 6 août 1961),

- c’est le FLN et le MNA qui ont pratiqué des noyades dans la Seine tout au long de l’année 1961 ; la responsabilité de la police n’est signalée que dans un seul cas, qui reste d’ailleurs à confirmer ;

-la police ne s’est pas livrée à des explosions de voiture en métropole,

- le passage d’autobus américains de RFA en France n’est pas vraisemblable, il y avait des ports en Allemagne pour charger l’armement. AEK et Messaoud avaient-ils le permis de conduire des cars ?

                                                  DOCUMENTS D’ARCHIVES

Des documents officiels contredisent la thèse du génocide de 1945. Ils sont ignorés de Bouchareb :

- Message du général de Gaulle au Gouverneur général : « Prendre toutes mesures nécessaires

pour réprimer tous les agissements anti-français d’une minorité d’agitateurs »

- dans son Testament (1994), Ferhat Abbas condamne « les organisateurs d’émeutes, ceux qui avaient poussé à la violence des paysans désarmés…ceux qui tels des chiens sauvages se sont jetés sur Albert Denier, secrétaire de la section communiste, auquel un salaud sectionna les mains à coup de hache »

- la délégation du parti communiste auprès du GG, composée de Joannes, Ouzegane et Caballero, dénonce le 10 mai « les provocations des agents hitlériens du PPA… », (référence probable au CARNA)

- le colonel Bourdilla, commandant la Subdivision de Sétif, donne l’ordre formel ( le 8 mai à 9.00h) de ne pas tirer, sauf cas de légitime défense.

D’autre part, le colonel Montaner, qui commandait la Force de Police auxiliaire, dément la thèse du massacre massif et des dizaines de corps jetés dans la Seine le 17 octobre 1961 (revue Guerres mondiales et conflits contemporains, n°206/2002).

Faut-il rappeler qu’au 19ème siècle, la colonisation n’est pas considérée comme un crime ; c’est

même une idéologie républicaine

que célèbre Victor Hugo : « un peuple éclairé va trouver un peuple dans la nuit ». Albert Sarraut et Léon Blum expriment les mêmes sentiments.

On reste ébahi, écrit le préfet Ben M., devant tant d’erreurs d’ordre historique, matériel,

chronologique et même intellectuel, et tant d’amalgames…Le peu de vraisemblance

 historique apparaîtra au plus naïf des spectateurs français, mais il faut se rendre compte que ce scénario a été écrit pour un autre public, algérien et populaire…Il en résulte la conclusion que le film est mauvais, mais aussi que le cinéaste est mauvais et infantile…En fait c’est une provocation, très volontaire,qu’ont voulue les producteurs et les sélectionneurs, à la fois dans un but commercial pour les uns, politique pour les autres.

Ce film n’est donc pas de nature à apaiser les relations franco-algériennes, ni la haine des jeunes instrumentalisés par le radicalisme politique.

La France en danger d’islam

Posté : 13 mai, 2010 @ 1:39 dans films.émissions TV, La BURQA | 10 commentaires »

La France en danger d’islam

La France en danger d’islam

de René Marchand, ancien élève de l’école des langues orientales, est un bon connaisseur de la civilisation arabo-islamique : parlant l’arabe, ayant travaillé en qualité de journaliste dans des pays musulmans, il a de l’islam une approche  déférente : « J’ai le devoir de le combattre s’il m’agresse, je ne l’abaisserai jamais » (p. 22).

Son analyse saura éviter deux écueils : le mépris mais aussi le sentiment de supériorité. « L’islam est une personne, la civilisation française en est une autre » (p. 15). Il combat l’ethnocentrisme, cette fâcheuse tendance à regarder les autres cultures avec nos lunettes d’occidentaux. Il invite à prendre l’islam comme un système en soi dans sa cohérence alors qu’habituellement nous lui prêtons nos conceptions, nos aspirations, notre vision de l’Homme et de Dieu. Cette vision ethnocentrique est en partie à l’origine de notre aveuglement. Aux naïfs qui affirment que la menace islamiste est derrière nous, que les islamistes ne mènent que des combats désordonnés et sporadiques, René Marchand répond que « les islamistes nous font la guerre à leur manière et non selon le principe de nos écoles militaires » (p. 31) !

1. Une menace bien réelle

René Marchand affirme que le danger d’une islamisation rapide de notre pays  doit être considéré avec sérieux et réalisme : la France, de par sa position  géographique, est aux frontières de l’islam comme une marche et constitue donc la première nation européenne devant être islamisée : « elle sera  musulmane au 21ème siècle » prophétisent les islamistes.

Leur certitude repose :

1) Sur une renaissance puissante de l’islam en tant que force politique et économique : « le royaume saoudien, premier pays exportateur de pétrole brut au monde est aussi le premier pays exportateur d’islam fondamentaliste… le premier pays exportateur de terroristes » (p. 52). Renaissance qui fut pour les musulmans de France une surprise totale ; ils ont alors commencé à regarder l’islam avec un oeil nouveau.

2) Sur les prévisions démographiques concernant les communautés musulmanes de France et du Maghreb : « les démographes escomptent 20, 30 voire 50 millions de musulmans en France dans 50 ou 60 ans » (p.36).

3) Sur la décadence de la France : « pour la plupart des musulmans (…) les Français ont abandonné leur pouvoir dans « les quartiers difficiles » à des truands maghrébins qui trafiquent de la drogue (…) ils ne punissent pas les voleurs (…) sont incapables de faire respecter la justice ou simplement l’ordre, la sécurité des personnes et des biens. Ils sont faibles » (p. 37). Face à cette France que René Marchand qualifie « d’avachie », qui constitue « un butin offert aux prédateurs », le parti islamiste dispose d’un plan.

Celui-ci a été exposé à l’auteur par un islamiste clandestin rencontré à la terrasse d’un café de Montparnasse durant l’hiver 94. Révéler sa stratégie à l’ennemi, n’y a-t-il pas là de quoi nous étonner ? Pas vraiment pour R. Marchand : Hitler avait bien exposé lui aussi son objectif dans Mein Kampf dès 1923 puis dans des discours publics sans que jamais les dirigeants français se soient émus de ses propos. Même cécité aujourd’hui de la part des démocraties.

En quoi consiste ce plan ?

- Eviter tout ce qui pourrait provoquer une réaction vive des dirigeants français, anesthésier les élites : les attentats seront en nombre limité et groupés sur une certaine période, cela de façon à maintenir chez l’ennemi l’illusion que le mouvement ne peut agir que de façon sporadique.

- Favoriser l’installation en France du plus grand nombre possible de musulmans d’où qu’ils viennent et obtenir pour eux la nationalité française, favoriser l’enseignement religieux, l’enseignement de l’arabe, le voile des femmes, la construction de mosquées, bref, habituer le Français « au fait musulman » ; quant à l’encadrement, il doit être serré mais indétectable.

- Ensuite massifier les millions d’individus vivant en France en organisant leur rassemblement identitaire autour de l’islam : cette phase sera déclenchée après l’installation d’une république islamiste en Algérie.

- Enfin, le JIHAD : les islamistes n’envisagent pas une guerre de ligne mettant face à face les combattants : « un statut juridique dérogatoire devra être obtenu des Français travaillés de longue date par les communautaristes (…) Nous(Français) serons invités au nom de la tolérance, des droits de l’homme (…) à prendre acte juridiquement du fait accompli : la constitution à l’intérieur du territoire français d’une communauté musulmane ayant sa loi propre » (p. 44).

Ainsi apparaîtront les premières tâches de la peau de panthère et « avec les même méthodes et les mêmes complicités, ces tâches s’agrandiront jusqu’à recouvrir la totalité du territoire de la France » (p. 49).

2. Méconnaissance de l’islam

Nous ne savons presque rien de l’islam alors qu’ « eux » savent tout de nous. Nous demeurons les coloniaux que nous avons été, nous jugeons l’islam comme une civilisation en retard par rapport à la nôtre. Influencés par Auguste Comte et sa loi des trois états, nous croyons que l’islam est demeuré à l’âge théologique, qu’il n’a pas encore opéré la révolution de la laïcité, bref nous voyons en lui une religion ni meilleure, ni pire qu’une autre appelée à disparaître comme les autres avec le progrès de l’instruction. Même les dirigeants nationalistes arabes, dignes élèves des Lumières et de nos écoles ont eux aussi sous estimé l’adversaire en croyant que la solution résidait dans le progrès économique, social, culturel… L’échec des laïcistes du monde arabe est dû au fait qu’ils n’ont pas osé se déclarer ouvertement non musulmans par peur de se couper des masses, par peur aussi d’être exécuté par n’importe quel croyant : pas d’apostasie en terre d’islam ! N’est-ce pas ? Il n’y a donc pas de dépassement du religieux dans le philosophique en terre d’islam ; ne plaquons pas non plus la théorie hégélienne sur la culture islamique.

La méconnaissance de l’islam est à l’origine de l’islam rêvé de la pensée unique, qui constitue en grande partie un produit de la mauvaise conscience consécutive à la colonisation. Pourtant, le phénomène n’est pas totalement nouveau : il remonte au 18ème siècle au cours duquel les philosophes s’intéressent à l’islam pour en faire une arme contre l’Eglise et le contre exemple parfait de l’Infâme. Pour illustrer cet islam fréquentable, revisité, on ressort habituellement 2 grandes figures : Omar Khayyan et Averroes. Ce qui constitue une véritable escroquerie intellectuelle : le poète persan qui a su chanter la sensualité et les vertus du vin tout comme le philosophe commentateur d’Aristote réclamant l’autonomie de la raison sont en réalité deux marginaux bien peu représentatifs de l’islam traditionnel !

Contrairement à ce que répète l’a-pensée unique, « l’islamisme n’est pas un épiphénomène, quelque chose comme une excroissance maladive limitée dans l’espace et épisodique qui pourra être rapidement éradiquée » (p. 25). Ce que nous nommons islamiste est ni plus ni moins que la résurgence à l’époque contemporaine de la forme de l’islam qui a prévalu

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au long de l’Histoire et qui n’a cédé ça et là que sous la pression de la colonisation : « L’islamisme est dans le droit fil de l’islam » (p. 68). La pensée unique qui dépeint les islamistes agissant en France comme un ramassis d’individus égarés est totalement fausse. Déjà, au moment de ce qu’il est convenu d’appeler la guerre d’Algérie, le discours conformiste était le suivant : « Les Fellaghas sont très peu nombreux, ils n’ont pas le soutien de la population musulmane qui reste dans sa majorité modérée et pro-française » et le FLN était décrit comme « un essaim d’agités sans cervelle » (p. 30).

Ne cédons pas aujourd’hui à une nouvelle intoxication, n’écoutons pas ceux qui répètent que l’islamisme algérien est vaincu implore R. Marchand. L’islamisme ne peut être vaincu ni par des opérations policières ponctuelles, ni par l’argent. Le fondamentalisme musulman n’est pas traitable par l’économisme : les richesses qui ont jailli au 20ème siècle en Arabie Saoudite ne l’ont pas fait reculer…

3. Triste bilan de la politique française

Sur le plan politique, René Marchand dresse le triste bilan de ces trente dernières années. Il déplore, en gaulliste qu’il se flatte d’être, qu’après le départ du Général de Gaulle « la politique des partis » ait repris la place qu’elle occupait sous la 4ème République. Il dénonce ainsi l’irresponsabilité des dirigeants : Pompidou qui fait venir une main-d’oeuvre à bas prix pour « tenir » les salaires ouvriers, Giscard qui se fait l’artisan du rapprochement familial en 1975… encore pouvaient-ils se donner l’excuse d’être poussés par de prétendues raisons économiques ! En revanche avec Mitterrand les priorités sont électorales : le droit d’asile est accordé à tout demandeur. De nombreux clandestins monogames ou non sont régularisés avec leur famille. Les quotas d’immigration avec l’Algérie sont supprimés de fait en 1981 : désormais les Algériens peuvent entrer librement en France et bénéficier d’un permis de séjour de 10 ans renouvelable automatiquement. Tous ces immigrés vont constituer une réserve d’électeurs et avec la création de SOS Racisme, le but des socialistes que croit déceler l’auteur est de fabriquer des racistes pour se maintenir au pouvoir.

Évoquer l’immigration devient désormais tabou, et la classe politique n’a plus qu’un objectif : maintenir l’opinion dans sa léthargie. De fait, la France est devenu une société multiethnique et multiculturelle. Elle est déjà balkanisée : c’est le stade préalable à la juxtaposition de communautés ayant leur propre droit, et des destins séparés. Déjà depuis plusieurs années des maires cèdent, ils gèrent les problèmes de délinquance avec des associations religieuses ; « après avoir supprimé les tribunaux catholiques, nous tolérons les juges islamiques… sans même nous préoccuper de savoir qui les a nommés » (p. 243).

René Marchand insiste aussi sur le fait que dans « la France en danger d’islam » les plus menacés sont les musulmans qui nous ont fait confiance. Des Français de vocation, même s’ils sont peu nombreux, ont cru que la France leur offrait un statut républicain sans équivoque : ils risquent de se retrouver prisonniers du statut communautaire. A-t-on pensé à l’avenir de la jeune maghrébine qui risque de se retrouver mariée sans son consentement, enfermée, voilée, interdite de profession puis répudiée sans aucun droit sur ses enfants ? Or la pression communautaire a pris ses aises dans la société française ; ainsi dans nos cités plus aucun musulman d’origine ne peut donner un prénom français à son enfant : « il n’y aura plus de Marcel Mouloudji ni d’Isabelle Adjani… Dommage ! on vous aimait bien » (p. 248)…

4. Vers une grande politique

René Marchand écarte les fausses solutions : L’intégration : avec la double nationalité ? Le voile pour les filles ? Ce mot ne veut rien dire : l’intégration sans l’assimilation est une utopie.

- L’islam à la française ? « Mot fourre tout » et « crétinerie » (p. 263), « nullité intellectuelle » (p. 273), « andouillerie » (p. 277)… René Marchand n’a pas de mots assez forts pour désigner cette théorie fumeuse : après avoir constaté que

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l’islam fait problème en France, les politiciens ont ainsi voulu changer l’islam, inventer un islam nouveau, édulcoré. Or, l’islam ne peut être réduit à une religion de sphère privée, il s’agit à la fois d’une religion et d’une civilisation, d’une culture et d’une loi. C’est pourquoi l’auteur prédit que « l’islam à la française sera le marchepied de l’islamisme » (p. 269). Il n’a aucune de chance de survie, l’islam étant de nature fondamentaliste et totalitaire. « En offrant aux jeunes maghrébins (…) un islam censé être compatible avec les valeurs républicaines, on leur retire toutes bonnes raisons de quitter l’islam (p. 275).

En dépit de la situation catastrophique qu’il constate et qu’il décrit, René Marchand se veut résolument optimiste : désespérer de la renaissance n’est pas réaliste car « si la France se laisse toujours surprendre dans les premiers temps d’une guerre, elle redevient elle-même dans la contre-offensive et ses capacités de régénérescence sont prodigieuses » (p. 324). La grande faiblesse de l’islamiste est d’après lui sa cécité à l’égard de la résistance qu’opposerait la France à une guerre sur son territoire.

Que propose-t-il ? D’abord de rectifier l’image que l’ennemi se fait de nous.

Quelques mesures : réintégrer dans la République les zones de non droit, mettre des conditions à la naturalisation, exiger une période probatoire pour les candidats à la nationalité française, abolir le droit du sol et le remplacer par un devoir de nationalité (respect de la loi républicaine), revenir à la préférence nationale, voire européenne en matière d’emploi et d’avantages sociaux. Ainsi en redevenant respectables nous serons respectés.

Encore un livre qui risque de déplaire aux « bien pensants », aux bigots du politiquement correct ! René Marchand est un auteur qui a son franc parlé, qui ne mâche pas ses mots, qui exprime de saines colères qui le rendent sympathique au lecteur affranchi. « La France en danger d’islam » est un ouvrage dense, truffé de références historiques, mais bien peu cartésien car également riche en anecdotes, en souvenirs, en impressions : Je ne me suis pas interdit digressions, notes marginales (…) j’ai usé à profusion de répétitions (…) qu’on sache que j’ai voulu des retours en spirale un peu à l’imitation des auteurs arabes » (p. 20). C’est aussi le cri d’un gaulliste viscéral par les prises de positions qu’il exprime (dénonciation du régime des partis et anti-américanisme -l’auteur rejoint sur ce point les analyses d’Alexandre Del Valle) et par les solutions proposées (recours à l’article 16 prévu par la Constitution, restauration du référendum sur les grandes questions de société, attente d’un homme providentiel, éternel sauveur d’une droite bonapartiste orpheline…).

Toutefois, on ne comprend pas toujours très bien comment la grande politique envisagée soit une « politique avec l’islam » (p. 320). Pour ce qui relève d’une alliance entre la France et les dirigeants du Maghreb afin de lutter contre le terrorisme, cela se conçoit assez facilement ; en revanche, on ne voit pas comment nos relations avec les pays fondamentalistes pourront se trouver améliorées sous prétexte que nous lutterons contre les militants islamistes en France. Les dirigeants saoudiens notamment ne renonceront pas volontiers à diffuser la propagande dans notre pays…

Isabelle LARAQUE

Emmissions télévision de M. Marchand

http://www.youtube.com/watch?v=YmxLvQsiU4Q

http://www.youtube.com/watch?v=Vvl3K2LFhnI

http://www.youtube.com/watch?v=wQE9Ie3sERg

http://www.youtube.com/watch?v=IV6K0xPTUps

TEMOIGNAGE D’UN SOLDAT ENLEVE PAR LE FLN après les accords d’Evian

Posté : 7 mai, 2010 @ 11:35 dans films.émissions TV, Les victimes de la guerre d'Algérie | 5 commentaires »

— Au JT de France 2, un soldat français témoigne de son enlèvement par le fln en Algérie en juillet 1962 Image de prévisualisation YouTube 

   

 Témoignage d’André AUSSIGNAC le 24 avril 2010 — Au JT de France 2, un soldat français témoigne de son enlèvement par le fln en Algérie en juillet 1962 .
(rushs du film « 50 ANS L’EXODE) 
 

Profil du réalisateur

Je suis Pied Noir et je réalise actuellement un film pour vous !
Près d’un demi-siècle après notre exode, la désinformation à fait rage. On nous a privé de notre histoire et de notre identité.
Aussi « 50 ANS l’EXODE » sera le film où la désinformation sera bannie ! 

Sortie prévue fin 2010 .fr Pour répondre à vos questions, ce film reportage sera d’abord distribué fin d’année 2010,
en DVD et vous serez avertis dès sa sortie. 

Nous espérons par la suite, qu’il pourra être diffusé sur les chaînes de télévisions nationales. Je finance personnellement et entièrement ce film, pour qu’aucune censure ne puisse contrarier ce projet. 

Nous avons tous un devoir de mémoire, donc je compte sur vous pour diffuser largement l’information, à vos amis et à tous les métropolitains afin que le drame sur la guerre d’Algérie ne sombre pas dans l’oubli et que la vérité sur cette période soit enfin connue 

   http://reportage34.skyrock.com/ 

« Hors-la-loi », un film de désinformation sur la guerre d’Algérie

Posté : 27 avril, 2010 @ 10:04 dans films.émissions TV | Pas de commentaires »

 

« Lionnel Luca s’inquiète du contenu du film de Rachid Bouchareb, et demande à Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, de vérifier si Hors-la-loi, dont la tête d’affiche est Jamel Debbouze, mérite d’être financé par l’argent public français [à hauteur de 7% – le CNC n’ayant même pas lu le scénario] et même de faire partie de la sélection officielle du festival de Cannes. Ce dernier demande une analyse du scénario au Service historique de la Défense (SHD). Bilan : les historiens militaires dénoncent un scénario «parsemé d’erreurs et d’anachronismes» et «d’invraisemblances parfois grossières».

Prenons, par exemple, les émeutes de Sétif, le 8 mai 1945. Le réalisateur veut faire avaler au spectateur que des Européens ont gratuitement et spontanément massacré des milliers d’Algériens. «Or, dit le SHD, c’est le contraire qui s’est produit […]. Cette version des faits est admise par tous les historiens, l’auteur commet donc une grossière erreur en montrant des Européens tirant sur des musulmans depuis leurs fenêtres. Si l’auteur souhaite évoquer le massacre de musulmans par des Européens à Sétif, il devrait situer sa scène au minimum le 9 mai, car c’est en réaction au massacre d’Européens du 8 que les Européens ont agi contre des musulmans

Même ignorance concernant les partis indépendantistes algériens – ce qui est tout de même un comble pour un partisan du FLN ! En page 10 du scénario, au lendemain des émeutes de Sétif, Bouchareb demande à ses acteurs de hurler « Vive le FLN ! », alors que ce parti ne sera créé que pratiquement dix ans plus tard, en 1954 ! Commentaire perplexe de l’historien du SHD, abasourdi par tant de vide : «L’auteur confond peut-être avec le PPA de Messali Hadj, dont il semble cependant ignorer l’existence»…

Même ignorance, voire malveillance, en ce qui concerne la guerre d’Indochine [...] présentée «comme une suite d’exactions perpétrées par l’armée française». Le héros du film, tirailleur nord-africain, n’aurait toujours pas, après dix-neuf ans de service, atteint un grade de sous-officier alors qu’il a notamment accompli deux séjours en Indochine. Normal, d’un certain point de vue, puisque tout le film laisse penser «qu’il aurait été abandonné par l’armée française après sa captivité». On vous épargne la revue de détails concernant les anachronismes sur le général De Gaulle que Bouchareb remet au pouvoir dès 1954, alors qu’il n’y reviendra qu’en 1958 à la suite… du putsch d’Alger ! [...]

Finalement, le général de division Gilles Robert, directeur du SHD, estime que «les nombreuses invraisemblances présentes dans le scénario montrent que la rédaction de ce dernier n’a pas été précédée par une étude historique sérieuse. Cette approximation historique rend ce film de fiction peu crédible». Le SHD «déconseille le financement public d’un tel film». »

Un film sur les moines de Tibéhirine

Posté : 1 décembre, 2009 @ 12:25 dans films.émissions TV | 1 commentaire »

Le réalisateur Xavier Beauvois va tourner, avec Lambert Wilson, « Des hommes et des dieux », l’histoire des sept religieux français enlevés puis retrouvés morts en Algérie.

Xavier Beauvois, 42 ans, réalisateur de « Nord » en 1992 et du « Petit Un film sur les moines de Tibéhirine  dans films.émissions TV 728692_1Lieutenant » en 2005, est actuellement au Maroc, dans la région de Meknès, où il se prépare à tourner son nouveau long-métrage.
« Des hommes et des dieux » est l’histoire des moines de Tibéhirine. Ces sept hommes qui résidaient dans un monastère en Algérie
furent enlevés, puis assassinés, en 1996.

Un massacre d’abord attribué au Groupe islamique armé, avant la remise en cause de cette version par le général français à la retraite François Buchwalter, ancien attaché militaire à Alger (voir encadré).
« C’est un sujet fort et très sensible. Quand je me suis documenté sur l’histoire de ces religieux, elle m’a particulièrement touché, explique Xavier Beauvois. Ces sept moines étaient très appréciés dans la région, où ils donnaient des cours de littérature aux enfants. Celui qui était un peu leur leader, joué par Lambert Wilson, avait jusqu’à 150 élèves. Ils étaient très respectés par toutes les autres communautés, dont les musulmans, avec lesquels ils entretenaient d’excellentes relations. » « Un énorme boulot de reconstitution »Pour des raisons de sécurité, le tournage du film produit par Pascal Caucheteux se déroule donc au Maroc et non en Algérie. A proximité de Meknès, à flanc de montagne, le réalisateur et son décorateur, Michel Barthélémy, qui a travaillé récemment sur la prison du « Prophète », ont trouvé un ancien monastère en ruine depuis une quarantaine d’années. « Michel a fait un énorme boulot de reconstitution. Du clocher aux nombreux appartements des moines, en passant par un jardin où déjà 20 cm d’herbe ont poussé en quelques semaines, on s’y croirait vraiment, raconte Xavier Beauvois. Ce monastère sera le décor essentiel du film, et les extérieurs sont prometteurs avec cette belle lumière d’automne… » Installé pour deux mois de prises de vue, Xavier Beauvois ne laisse rien au hasard. Afin que ses comédiens se sensibilisent à la vie monacale à l’approche du tournage, il a demandé à Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin, Philippe Laudenbach, Roschdy Zem, Jacques Herlin et Sabrina Ouazani, qui rejoindront Lambert Wilson au générique, d’effectuer un petit séjour à l’abbaye de Tamié, près d’Albertville, en Savoie.

 Rappel

Les Pieds-Noirs, histoire d’une blessure

Posté : 17 octobre, 2009 @ 6:32 dans films.émissions TV | Pas de commentaires »

Les Pieds-Noirs, histoire d’une blessure

Enregistré dans : a page d’accueil – 17 octobre, 2009 @ 18:32 Editer
 

samedi 31 mars 2007, par Redac’chef

 

Cet article reprend in-extenso la présentation qui a été faite de ce documentaire dans le numéro 79 de « La Durance », la revue électronique de l’académie d’Aix-Marseille. Son auteure est Christine Colaruotolo, professeure au Lycée Marseilleveyre (Marseille).

 

 

 Les Pieds-Noirs, histoire d’une blessure dans films.émissions TV PiedsNoirs
Pieds-Noirs

Compte-rendu de projection

45 ans après leur exil forcé, les rapatriés d’Algérie témoignent.

Diffusé en avant première au théâtre de la Criée à Marseille en décembre dernier, Les Pieds Noirs, histoires d’une blessure, documentaire réalisé par Gilles Perez, revient sur cet épisode douloureux de l’histoire.

Compte-rendu d’une soirée de projection chargée en émotion.

La salle du théâtre est remplie, bondée. Le public attend avec impatience, une certaine fébrilité et appréhension le début du film. Puis les lumières s’éteignent.
- « Mémé, qu’est-ce que tu aurais aimé prendre, ramener de la maison ? » questionne une voix.
- « Eh, la maison, tiens ! » répond la dame âgée dans un éclat de rire. « [...] Quand on est né, on n’était rien, on n’avait pas fait beaucoup d’études, on n’avait rien et puis peu à peu on s’est créé et après on a tout perdu ! » enchaîne une seconde dame à ses côtés d’un air résigné.

Voilà, le ton est donné.

Premières minutes d’un documentaire qui va durer trois heures durant lesquelles Gilles Perez retrace à partir de témoignages personnels et d’archives familiales l’histoire de « ces petites gens », depuis leur installation en Algérie jusqu’à leur rapatriement en métropole.

Les années romantiques évoquent l’installation des colons en Algérie, racontent le mélange de ces populations originaires de France mais aussi de toute l’Europe et qui vont constituer au fils des années la culture et l’identité des Pieds Noirs.

Au fil des images et des témoignages défilent les jours heureux : les enfants insouciants qui jouent avec des noyaux d’abricots, les pique-niques en famille au bord de la plage…Une dame entonne une comptine en arabe, la voix étranglée par l’émotion…

Dans la salle les visages s’illuminent, les rires fusent parfois. Puis, les rires s’estompent … ce sont les années dramatiques, horreurs de la guerre, fusillade de la rue d’Isly et l’exil, suivies par les années mélancoliques durant lesquelles les rapatriés se heurtent à l’incompréhension de la métropole et cherchent à se fondre, à s’intégrer.

Tout au long du documentaire, les témoignages sont sobres, l’émotion contenue, les silences pudiques. La caméra de Gilles Perez sait se faire discrète pour faire émerger du fin fond des mémoires, des souvenirs intimes jusque là enfouis.

Au fil des images, c’est la question de l’histoire et de la mémoire qui ressurgit au travers des rapports qu’une société entretient avec son passé le plus violent et les liens qu’entretiennent le présent avec ce passé et l’avenir. « Un passé qui ne passe pas » pour reprendre l’expression de l’historien Henry Rousso utilisée à propos de Vichy.

La fin du film est saluée par les applaudissements de la salle enthousiaste. Puis, la foule sort de la salle étrangement silencieuse, comme soulagée, apaisée, n’ayant pas le sentiment d’avoir été trahie. Les gens s’éloignent… Au détour d’une allée, un homme a les yeux rougis ….

Le montage habile des témoignages, leur richesse et la musique originale composée par le groupe Barrio Chino, originaire d’Andalousie et d’Oran, font de ce film un documentaire de grande qualité qui peut donner matière à une exploitation pédagogique en cours d’histoire en collège (troisième) et en lycée (première, terminale), classes dans lesquelles les thèmes de la colonisation et de la décolonisation sont étudiés.

Au-delà d’une meilleure connaissance historique de ces pages de l’histoire de France qui pèsent encore lourdement dans la mémoire collective profondément meurtrie, ce documentaire peut permettre d’amorcer une réflexion avec les élèves sur l’apport du témoignage à la construction de l’histoire à partir de la confrontation de ces mémoires plurielles, antagonistes, contradictoires longtemps refoulées des Européens d’Algérie et des anciens colonisés. Des mémoires déchirées, dressées l’une contre l’autre. Un enseignement de l’histoire et un travail de mémoire qui s’inscrivent incontestablement dans le cadre d’une éducation à la citoyenneté.

Car comme l’a dit Paul Ricoeur (Sorbone juin 2001), c’est à l’histoire « que revient le pouvoir d’élargir le regard dans l’espace et dans le temps, la force de la critique dans l’ordre du témoignage, de l’explication et de la compréhension et plus que tout, l’exercice de l’équité à l’égard des revendications concurrentes des mémoires blessées et parfois aveugles au malheur des autres. »

 

Algerie : les années Pieds-Rouges(1962-1969)

Posté : 26 septembre, 2009 @ 10:54 dans films.émissions TV, politique | 8 commentaires »

C’est un ouvrage absolument remarquable qui sort en ce début septembre aux éditions la découverte dans la collection si bien nommée les cahiers libres. L’ouvrage de Catherine Simon, grand reporter au quotidien Le Monde traite d’un sujet mal connu à propos de la guerre d’Algérie. Si la littérature, le cinéma, et bien entendu les études historiques sont multiples sur la période de la colonisation et de la décolonisation, rares sont les ouvrages qui traitent de cet engagement militant en faveur de l’Algérie indépendante au lendemain de l’indépendance de 1962.

L’auteur a travaillé à partir de témoignages qui méritent largement d’être conservés avant que la nature ne fasse Algerie : les années Pieds-Rouges(1962-1969) dans films.émissions TV jpg_Algerieson oeuvre et ne fasse disparaître les témoins de cette période charnière dans la formation d’une gauche tiers-mondiste aujourd’hui largement désenchantée. On connaît bien entendu le réseau des porteurs de valises, de ses militants qui ont fait le choix de servir une cause, celle de l’indépendance et de l’anticolonialisme pendant la période 1954 – 1962. Des films ont traité de l’histoire de ces déserteurs qui quittaient l’armée française pour se rallier aux forces du FLN. Mais une fois les affrontements terminés, l’indépendance proclamée, c’est une Algérie nouvelle que ces femmes et que ces hommes, pétris d’idéaux anticolonialistes, ont voulu bâtir.

Les « établis » dans les usines d’armement

Qui étaient donc ces « pieds rouges », ainsi nommés, en référence ou plutôt en opposition aux pieds-noirs, ces Européens venus depuis 1830 s’installer en Algérie ? il faut la plume d’un grand reporter pour rendre compte de la diversité de ces trajectoires militantes. Au fil des pages, on découvre les itinéraires de ces femmes et de ces hommes qui auront pour certains d’entre eux brûlé leurs vaisseaux pour participer au combat anticolonialiste pendant la guerre d’Algérie. Si le réseau des porteurs de valises est bien connu, il en va pas de même de ceux qui sont restés en Algérie après l’indépendance. Certains d’entre eux comme Émile avait participé comme ouvrier ajusteur à la fabrication d’armes dans des usines construites à proximité de la frontière marocaine. D’autres comme Maurice étaient des soldats insoumis qui ont voulu après-guerre construire une société nouvelle. Pour certains d’entre eux leurs illusions sont tombées très rapidement. En pleine guerre d’Algérie, les luttes de factions et les règlements de comptes sanglants opposaient déjà les cadres du FLN. On croise dans ces trajectoires individuelles des militants trotskistes, comme Michel Raptis, dit Pablo, animateur de l’un des multiples courants de la quatrième internationale qui pensaient construire un socialisme que l’on appelait pas encore à visage humain. Dans la partie consacrée à l’été 62 Catherine Simon évoque le temps des mensonges et des faux-semblants. Celui aussi des fusillades. Cet ouvrage apporte un éclairage nécessaire aussi à ce qui a pu se passer contre les européens en juillet 1962 mais aussi contre les harkis.

Révélations sur l’été 62

Dès la fin des combats et le départ des pieds-noirs, la manne des biens laissés vacants, a été largement détournée par des cadres du FLN qui y ont vu un formidable moyen d’enrichissement personnel. La construction de l’Algérie nouvelle est racontée par exemple par Marie-Jo Renard, médecin, qui se heurte dès 1963 à une épouvantable bureaucratie. Résistante, Annette Roger arrive en Algérie pour participer au ministère de la santé en 1963. Il est vrai que la plupart des médecins européens avaient quitté le pays des 1962. Les archives sanitaires avaient été détruites et tout était à reconstruire. Si des difficultés, parfois très graves, ont lieu avec les cadres du FLN, il n’en va pas de même de l’accueil des populations qui voient dans ces « français » d’un genre particulier, une aide précieuse pour reconstruire leur quotidien bouleversé par huit années d’un conflit meurtrier. On y rencontre aussi des professeurs et des étudiants, militant de l’UNEF ou de la Cimade qui viennent animer colonies de vacances et orphelinats. Les militants d’extrême gauche, familiers de la presse écrite se reconvertissent facilement au journalisme, parfois sous pseudonyme algérien pour bien montrer que l’ère nouvelle a commencé. Très vite d’ailleurs ces militants et ces militantes surtout, doivent apprendre à composer avec des cadres du FLN largement influencés par une conception rigoriste de l’islam. Le bikini disparaît très vite des plages algériennes après l’indépendance. Le journal Alger républicain, dirigé par Maurice Alleg membre du parti communiste algérien, doit tenir compte des pressions du pouvoir et des équilibres subtils entre les musulmans stricts et les laïques.

L’insurrection de Kabylie

Des épisodes très peu connus sont également relatés par Catherine Simon, notamment cette insurrection marxiste en Kabylie qui a eu lieu en 1963. On retrouve parmi les insurgés des pieds rouges, qui considéraient que le tour pris par la révolution algérienne ressemblait plutôt à une contre révolution.

Le code de la nationalité mis en oeuvre dès 1963, considérant comme algérien, un individu né de deux parents algériens, éliminait de fait, tout pied-noir qui aurait pu vouloir participer à la construction de l’Algérie nouvelle. Dans cette insurrection de Kabylie, il semblerait que la sécurité algérienne, véritable police politique, organisée par Si Mabrouk, ait joué un un rôle éminent. Déjà l’opposition entre Ben Bella et Houari Boumediene se manifestait. On sait qui sera le vainqueur en 1965.

Dès septembre 1963 également, l’opposition entre Arabes et kabyles resurgit. Le parti du front des forces socialistes de Aït Ahmed, est interdit, tout comme les autres partis d’ailleurs. Il faut attendre le coup d’état du 19 juin 1965, qui porte Houari Boumediene au pouvoir, pour mettre un terme provisoire, à cette création d’une opposition au pouvoir d’Alger. Malgré cette normalisation impitoyable qui peu à peu se dessine, l’Algérie nouvelle découvre le cinéma  avec ici aussi le rôle très important des pieds rouges. Les jeunes cinéastes évitent de parler des affrontements internes mais offrent une vision enchanteresse de cette période qui suit l’indépendance. Leurs illusions tomberont en 1965. Il y eut pourtant très vite une résistance des cinéphiles contre la chape de plomb qui commençait à tomber.

Ouvrage également profitable que ce livre de Catherine Simon qui montre comment dès avant l’indépendance les services du FLN avaient pu institutionnaliser la torture. Le cinéaste René Vautier, le réalisateur du film [1] a été arrêté et torturé en 1958 dans une prison tunisienne du FLN. Comment ne pas avoir une foi anticolonialiste chevillée au corps pour réaliser 13 ans plus tard ce film qui a marqué toute une génération. Les trotskistes ont été arrêtés peu de temps après le coup d’état du 19 septembre 1965 et ont été également torturés. Les méthodes sont très exactement les mêmes que celles qui ont été utilisées par l’armée française pendant la bataille d’Alger. À partir de 1965, les pieds rouges commencent à quitter l’Algérie, pour ceux d’entre eux qui n’ont pas été arrêtés et qui passeront parfois de longues années en prison. Certains continuent pourtant à arriver et voient dans ce pays proche, un nouvel eldorado du socialisme. On croise notamment les cinéastes encore qui pensent, caméra au poing, éduquer un peuple qui n’existe que dans leur imagination. Guy Hennebelle, mieux inspiré par la suite après son retour en France en 1968, va même justifier la censure algérienne au nom de la nécessité de construire une conscience nationale algérienne. malgré la glaciation instaurée par l’arrivée au pouvoir de Houari Boumediene, certains de ses militants sont restés en Algérie au service de leur cause jusqu’en 1969. Ceux qui avaient été arrêtés en 65 ont payé leurs illusions de quelques années de prison. C’est le cas de ces trotskistes, comme Suzanne Minguet et de communistes en rupture de Parti. Pendant un temps, le régime a entretenu l’illusion d’une liberté de création, notamment dans le domaine cinématographique. Dans la réalité, très rapidement, le courant arabo-islamique au sein du FLN, a renforcé son influence au sein de l’appareil d’État. On connaît la suite, un régime corrompu, avec une armée privilégiée, une rente pétrolière gaspillée, une agriculture sacrifiée, et au bout du compte, le pays disposant des plus importants atouts du bassin méditerranéen, qui connaît la guerre civile à partir de 1992. Ce bilan désenchanté, les pieds rouges n’ont pas souhaité le rendre public, et il a fallu la traque des mémoires et des consciences de Catherine Simon, pour réveiller cette histoire.Incontestablement, c’est le mérite principal de cet ouvrage. Et, même si une fois refermé, il laisse un goût amer, celui des illusions perdues, il dresse un constat lucide sur les erreurs de bonne foi d’une génération militante qui a choisi, en prenant un risque physique, une forme d’engagement qui n’était pas facile. Mais le risque physique n’était pas seulement celui de la répression coloniale, mais celui de cette révolution qui dévorait ses propres enfants et ses compagnons de route. Pour ces femmes et ces hommes qui ont survécu à leur engagement, l’expérience algérienne a été une tragédie. On comprend donc pourquoi ce livre est utile.Bruno Modica ©Le coup d’État de Boumediene, le 19 juin 1965, a signé la fin d’un cycle. Le festival panafricain d’Alger de 1969 clôt symboliquement cette période : c’est sur ce « feu d’artifice » que s’achève le livre-enquête de Catherine Simon, solidement documenté et fondé sur les témoignages de dizaines d’acteurs de l’époque. On y entend aussi les témoignages des torturés du colonel Houari Boumediene et les mots, terribles, du désenchantement.
Il est la fresque d’une époque, d’un pays, d’une aventure humaine.

Table des matières: aperçu du livre

Introduction. Changer de vie pour « changer le monde »
1.
Veillée d’armes
Dans les usines d’armement du FLN au Maroc
Communistes, trotskistes, chrétiens, insoumis ou déserteurs
La culture du secret
En « métropole », des voix discordantes et minoritaires
Le dégoût de la « sale guerre », l’amour et la Révolution
Un choix lourd, grisant, radical
2. Été 1962
Le grand carnaval de l’indépendance
Quatre Français sur cinq sont partis
Braderie géante et terre brûlée
« Les harkis, sur le coup, je n’ai pas compris »
« La vraie France »
La manne phénoménale des « biens vacants »
L’été des mensonges et des faux-semblants
3. Les bulldozers de l’Algérie nouvelle
Premières missions médicales
Une résistante bretonne au ministère de la Santé
L’Hermitage, Naïma et Verdun : premières cliniques « nationalisées »
Une armée de blouses blanches aux allures de Babel
Des écoles de matrones et d’« accoucheuses rurales »
Médecins de l’Est et pensionnaires congolaises
Colonies de vacances à la mer et « brigadistes » dans l’Ouarsenis
À Saïda, un phalanstère pour orphelins de guerre
Des « pieds-rouges » traqués par… l’armée française
« La dictée, ils en redemandent ! »
L’ambassadeur Jeanneney tire la sonnette d’alarme
4. Les petites mains de l’agit-prop
La presse, entre langue de bois et « illusion lyrique »
Révolution africaine, une presqu’île de modernité
Alger républicain : des journalistes français sous pseudonyme algérien
Le courrier des lecteurs d’Alger républicain : une bouffée d’oxygène
Des rubriques interdites aux plumes étrangères
islam et nationalité : l’assourdissant silence de la presse
Janvier 1963 : des nervis contre le syndicat UGTA
La gauche française insensible aux critiques anti-FLN
L’étude perdue de Jeanne Favret-Saada : un constat inaudible
5. Premières fractures
Les radicaux de la Révolution
Le foco de Kabylie
Le déluge de la répression
Une pétition contre les « maquisards »
Collusion avec l’insurrection kabyle ? Ou avec le PRS de Boudiaf ?
Les coups tordus de la « Tcheka algérienne »
Une « petite guerre entre Arabes et Kabyles »
Médecins soviétiques et « martyrs » kabyles
6. « Ciné-pop » et cinéma tout court
Premiers films d’après-guerre
Les quatre coins du monde à la Cinémathèque
La bande de la Cinémathèque
Cinéphiles contre chape de plomb
Rompre avec les formes anciennes ?
Brecht et Molière en arabe dialectal
Le quiproquo des langues
Islam et nationalité : jeux de cache-cache
Le Sel de la terre et les femmes de Colomb-Béchar
7. Ben Bella, fin de partie
Les femmes dans la rue : la formidable manifestation du 8 mars 1965
Une « guerre des sexes » bien vite étouffée
Premières désillusions
Les blindés de Boumediene et de Pontecorvo
Un coup d’État longuement préparé
Autogestion « sabotée » et chasse aux benbellistes
Ceux qui s’enfuient et ceux qui restent
8. La gégène algérienne
René Vautier, torturé en 1958 dans une prison (tunisienne) du FLN
La naissance de l’ORP et le « complot de l’étranger »
L’arrestation des trotskistes
La toupie, le supplice de l’eau, l’électricité
La torture, un « système généralisé » ?
Des « rapports corrects » entre les armées française et algérienne
Les secrets du Sahara
9. Les pieds-rouges sont morts, vivent les coopérants !
Pour ou contre le nouveau régime
Ceux qui restent et ceux qui partent
Le retour difficile des « petits » pieds-rouges
Alger n’est plus La Havane
Des coopérants au service de l’État naissant
« Quand on est Français, on doit fermer sa gueule »                                                                                                                                                                                                                                                                                                              
10. Derniers feux
Le cinéma en liberté contrôlée
Croix gammées et pétition contre les « sionistes »
L’ordre nouveau à l’université… et dans les campagnes
Le nationalisme arabo-musulman en marche
La dernière fête 216 Partir « sans faire de boucan »
11. Trous de mémoire
Souvenirs d’enlèvement et de torture du jeune Fabrice
Yves Mathieu ou le deuil impossible
Des traces, des héritages ?
Une expérience sans bilan
Silences et non-dits à gauche
Repères biographiques.

sources: Site des Clionautes

lire aussi :  Les idiots utiles du FLN

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Un commentaire »

    Bonjour M’dame, Votre blog est magnifeque , bien construit je viens assez souvent le survoler mais rarement mis un commentaire, voilà c’est chose faite.
    Au sujet du livre de Catherine SIMON prenant connaissance du condensé j’ai envie de lire.
    Merci pour votre travail de recherche .
    affectueusementCommentaire par bouhana daniele — 20 septembre, 2009 @ 11:07 |
    Modifier
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  1. bouhana daniele bouhana daniele
    le
    20 septembre, 2009 @ 11:07 Editer
    Bonjour M’dame, Votre blog est magnifeque , bien construit je viens assez souvent le survoler mais rarement mis un commentaire, voilà c’est chose faite.
    Au sujet du livre de Catherine SIMON prenant connaissance du condensé j’ai envie de lire.
    Merci pour votre travail de recherche .
    affectueusement

 

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