GAZETTE de LA-BAS

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Archive pour la catégorie 'Les premiers colons'

Le voyage des 12000 ouvriers vers l’Algérie

Posté : 28 mai, 2009 @ 8:23 dans Les premiers colons | 14 commentaires »

Il y eut 16 convois  des 12 000 ouvriers parisiens et un dernier, parti de Lyon, avec les ouvriers de la Croix-Rousse.                         

  Nous sommes le 8 octobre1848. Il faisait sans doute  froid mais un soleil magnifique éclairait cette journée , quand le convoi de colons qui va fonder Saint-Cloud quitte Paris, par le quai de Bercy C’est le premier des convois ouvriers prévus par la Seconde  République, pour coloniser l’Algérie toute récemment pacifiée, il comprend 843 personnes réparties en 6 bateaux.

Les tous premiers convois s’avoisinaient  presque à une déportation, le gouvernement de la Seconde République organisant le volontariat des ouvriers exaltés des chaudes journées de Juin. Sous couvert de Grande France, de beaux idéaux, il était commode de se débarrasser des têtes chaudes. Mais les candidatures au départ affluèrent, débordant un peu les prévisions gouvernementales. 

Cérémonie du départ.

La cérémonie est longue et grandiloquente. De la musique, des discours, encore des discours et de la musique.*

Le voyage des 12000 ouvriers vers l’Algérie dans Les premiers colons benediction-colons-algerien

Le discours (cliquez)

La foule crie, et applaudit, comme toujours, les mouchoirs sont sortis des poches,

Autre particularité chez François, il possède les restes du drapeau avec lequel ont débarqué ces parisiens. Il en a fait une réplique.

 Drapeau-St-Cloud Drapeau-St-Cloud dans Les premiers colons

Un ancien soldat, reçoit des mains d’un officiel le drapeau de la colonie, Goudiel, qui sera bientôt renommée Saint-Cloud , ensuite le curé de Bercy  vint terminer la cérémonie par la bénédiction du drapeau.,  et dans le bruit des sabots, les cris des charretiers, la colonne de lourds chevaux de trait arracha du quai le convoi de bateaux, et la première partie du voyage vers Marseille commençait.

Rectificatif le 4/12/09

La photo du drapeau que vous avez publiée n’est pas celui d’origine offert par le Général LAMORICIERE à M. GOSSELIN.
C’est celui que j’ai fait faire il y a 3 ans.
Le vrai drapeau (qui est en lambeaux) existe toujours. Je l’ai calqué et en ai fait la réplique exacte avec sa pointe un bois sculptée d’origine.NIETO François   

    François NIETO a fait rééditer un livre sur Saint-Cloud d’une édition de 1896. Evidemment Arzew y est cité, St-Cloud étant la 1ère colonie agricole créée en 1848 tous les parisiens qui l’ont construite, ont débarqués sur le port d’Arzew.
Autre particularité chez François, il possède les restes du drapeau avec lequel ont débarqué ces parisiens. Il en a fait une réplique. 
                                             

Drapeau-St-Cloud

Le bateau type utilisé pour le transport des colons est le “chaland de la Loire”  convoi_1“Ils approvisionnaient couramment Paris en produits ligériens mais sa construction économique ne permettait pas le support de frais de retour à vide et ils encombraient les ports de la capitale .
Les colons découvrent  alors des conditions de vie pour la première partie du voyage, dans une de ces fameuses ” toues de la Loire “, sortes de péniches basses… environ 25 à 27 mètres de long, 4,70 mètres de large au maximum. On a construit, à la hâte, une sorte de cabane sur le pont, pour abriter les colons. Les planches ne joignent pas, il pleut, il vente. (L’eau du fleuve s’infiltre aussi, on la vide par des ouvertures dans la partie centrale du bateau). “ 

                  

Le cabanage des “ toues”  réservées au transport des colons est plus que sommaire.L’espace libre du chaland est divisé en 4 compartiments : à l’avant une cabine est aménagée pour la cuisine du bord et les réserves alimentaires, à l’arrière se situe le local de l’équipage ; 2 chambres de 90 personnes chacune occupent une longueur d’environ 17 m : elles sont séparées par l’« osset» central du bateau, destiné essentiellement, ainsi que les planchers mobiles à l’avant et l’arrière du bateau, au vidage périodique de l’eau infiltrée, et.. .aux latrines, (car n’oublions pas que tout débarquement est interdit durant la navigation effective qui dure 2 jours pleins, en particulier, pour la remontée de la Seine jusqu’à Châlons!). Dans chaque compartiment, réservé aux colons, 4 rangs de banquettes longitudinales procurent des places assises de 45 cm de large aux voyageurs : les enfants, au-dessous de 2 ans, ne sont pas comptés. L’aération est limitée à 2 portes et à de larges «vasistas» percés tous les 10 pieds dans la toiture en pente et donc rarement ouverts en période pluvieuse. Les banquettes larges de 55 cm libèrent 2 couloirs larges de 1,05 m chacun; les deux banquettes centrales sont réservées aux hommes ; des étagères sont de plus occupées par les matelas roulés, les multiples paquets des colons, comme les dessous des banquettes.

L’inconfort du jour est donc particulièrement aggravé la nuit, où le coucher ne peut que s’envisager assis, ou tête-bêche sur des planches récupérées, auprès des mariniers complaisants, et disposées au travers des banquettes. Le jointoyage du cabanage est enfin loin d’être parfait et, par jours de pluie, les «pépins» sont ouverts à l’intérieur des compartiments, où l’atmosphère devient rapidement irrespirable.
“Pas de lit, pas de hamac, pas de matelas… simplement 4 banquettes de bois, d’une cinquantaine de centimètres de large, il est impossible de s’allonger, on ne peut que rester assis, ou essayer de se dégourdir un peu les jambes, dans la cohue. Mais le couloir, à peine un mètre de large, est encombré par les quelques bagages que les colons ont pu prendre avec eux, leur matelas roulé par exemple, et les planches supplémentaires que les mariniers abandonnent aux colons pour pouvoir s’allonger la nuit. 
Car, en dépit du danger, le convoi avance, hâlé d’abord par une vingtaine de chevaux, puis à dos et sueur d’homme, jour et nuit. Pas d’arrêt, et de toutes manières, il est interdit aux colons de descendre à terre. Aucune intimité, c’est à peine si un drap grossièrement tendu isole un peu les latrines collectives. 

Quel contraste avec la cérémonie du départ !

Le porte-drapeau,  disposait d’une certaine autorité. Il est le chef de bateau de son chaland, et dispose d’une escouade de 12 hommes, pour faire respecter l’ordre. Il tentera d’empêcher les hommes de trop boire, et ceux qui dépasseront les bornes devront, sur son injonction, débarquer, et continuer à pied jusqu’à Marseille !

“ Un des ouvriers trop ivres, tomba par dessus bord, et saisi par le froid de l’hiver s’est noyé immédiatement. A la suite de cela, les beuveries diminuèrent pendant quelques jours. Deux autres enfants en bas âge mourront aussi…

 Après Châlons, la suite du voyage semble aux colons de vraies vacances, Châlons, puis le canal de Bourgogne, Lyon, encore un transbordement, le canal du Rhône, Ils ont été parmi les premiers Français  à emprunter le chemin de fer par un convoi spécia d’Avignon à

  Marseille.l  VB221

On lit dans le Courrier de Marseille :Samedi soir (le 21/10), un train spécial du chemin de arles11fer amené dans notre ville le premier convoi de colons algériens qui était attendu depuis plusieurs jours

Durant toute  la journée de dimanche, les charrettes ont transporté les bagages à bord du premier bateau de gyerre à vapeur « L ‘Albatros », amarré au quai de Saint Jean. Une foule considérable se pressait autour de ce beau navire , et assistait avec émotion à un embarquement. Le drapeau délivré aux émigrants à leur départ de Paris flottait à l’arrière de la frégate qui probablement lèvera l’ancre dans la nuit. 

                                              0sab341j                                           

                          

Il y eut 17 convois de colons vers l’Algérie

                                  

   

sources : Amicale Généalogie Méditerranée, , les convois de 1848 .

A suivre (…) L’arrivée des premiers colons cliquez

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L’ARRIVEE DES PREMIERS COLONS

Posté : 26 mai, 2009 @ 11:04 dans Les premiers colons | 14 commentaires »

Voilà la terre promise!

Comme tous les yeux, les miens sont tournés vers cette nouvelle terre promise, que la distance nous présente sous un triste aspect.

L’ARRIVEE DES PREMIERS COLONS dans Les premiers colons n26

Je pense que, entre le jour du départ et celui de l’arrivée, 19 jours se sont écoulés, en tout 21 jours. Nous avons perdu 2 enfants, laissé à Nevers un pauvre malade, dans les eaux du canal un malheureux père de famille, une femme en couche à Saint- Andéol, et des mécontents à Marseille. Pour ma part, je ne veux pas récapituler ce que je laisse derrière moi ! Nous sommes arrivés, nos regards doivent maintenant se porter sur l’avenir. Une barque est là, j’y descends. A bientôt, mon ami, une autre lettre.  (Journal de Vivant Beaucé )

                                                    pochoirfrise104.jpg

Enfin, comme une délivrance, les colons foulaient le sol algérien et l’arrivée renouvelait l’ambiance du départ de Paris.

Mais, la bienvenue officielle souhaité, les nouveaux arrivants étaient dirigés vers des voitures de l’armée qui se mettaient immédiatement en route vers ” leur ” destination. Les bagages suivraient quand ce serait possible.

cnzijl6e dans Les premiers colonsLe voyage se déroulait dans une contrée où la route n’était même pas ébauchée, où le passage des oueds devait se faire à gué, que ce soit en période de crue ou que le lit soit à sec, les marais étaient traversés à l’estime, au risque de s’y perdre et où la végétation, le plus souvent constituée d’arbustes ou de buissons épineux, n’offrait que peu d’abri contre les incertitudes de ce climat inconnu. Puis, le convoi faisait halte en un lieu où s’élevaient souvent, mais pas toujours, quelques baraques ou guitounes militaires.

puits-jardins

Les colons mettaient quelque temps à comprendre  qu’ils étaient arrivés à destination. Quel désappointement ! Ils étaient vraiment au bout du monde les autorités militaires qui les prenaient en charge laissaient que peu de temps pour gémir. il fallait se presser pour créer un embryon d’organisation avant l’hiver.

Pour parer au plus urgent, on entassa les arrivants dans des tentes ou des baraques disponibles. La seule précaution prise fut d’isoler les hommes célibataires en leur attribuant un local séparé. Chaque famille occupait un petit espace dans les autres abris, bienheureuse de demeurer grouper pour les nuits.

Les repas devaient se prendre en plein air et chaque ménage improvisait une table et des sièges avec des caisses retournées et des pierres. Cette installation précaire permettait de se nourrir avec les rations fournies par l’armée : haricots, riz. viande, pain. Les colons devraient apprendre à s’en contenter jusqu’à leur a autosuffisance. Mais, la principale gêne pour les colons venait de cette vie de promiscuité obligatoire, sans intimité dans des ” logements ” où les séparations entre familles n’étaient constituées que par des couvertures tendues des cordes qui ne montaient même pas jusqu’au plafond. Dans de rivet_concessionstelles conditions les disputes étaient fréquentes et la discipline malaisée à faire respecter. Ce fut une tâches les plus rudes des officiers commandant les colonies agricoles et chacun d’eux, sans aucune formation préalable, s’acquitta de cette mission avec sa personnalité, rendant la vie parfois très difficile aux colons en leur faisant subir un véritable calvaire.

 l’histoire de la colonisation a préféré taire pudiquement les noms de ceux qui se montrèrent brutaux, maladroits ou despotiques. Les conditions de vie furent encore aggravées par les intempéries.

L’hiver 1848-49 fut particulièrement rigoureux empêchant les travaux d’installation. Puis après un printemps 1849 qui fit renaître l’espoir et permit d’entreprendre quelques travaux et les premières cultures, l’été arriva très vite, torride, accompagné par le sirocco. Tout fut desséché et anéanti. Enfin, sur ces communautés physiquement exposées par les privations et une hygiène défectueuse, s’abattirent deux fléaux qui allaient causer des cholravages : le paludisme et le choléra. Si la première des deux maladies put être combattue par la découverte récente de l’action de la quinine, le second mal entraîna de véritables hécatombes : à Damesme 49 morts en 3 jours, à Mondovi 250 morts au village en 14 ou 15 mois, auxquels s’ajoutent les morts dans les hôpitaux. ” Dans le département de Constantine, les 2/3 des colons de 1848 ont succombé, sans presque avoir touché la pioche ou la charrue ” (Emile Violard : Les villages algériens de 1830 à 1870).

A tout cela, il faut ajouter en toile de fond l’insécurité permanente due aux indigènes – mais aussi aux fauves – avec son cortège de meurtres, de destructions et de massacres d’animaux, qui contribua largement au désarroi des colons.

zur

Devant tant de calamités, beaucoup de ces gens, arrivés là débordant d’espoir, s’effondrèrent, et n’eurent plus qu’une idée, repartir en France avant que leur famille ne disparaisse complètement. Ils signèrent alors l’acte de renonciation à leur concession, avant même de l’avoir eue.

Tous ceux qui abandonnèrent, ne retournèrent pas pour autant en Métropole, les uns s’engagèrent comme ouvriers agricoles dans de grandes exploitations, d’autres gagnèrent les villes d’Algérie et cherchèrent à s’employer dans l’Administration ou le commerce. Un certain nombre, enfin, rentra en France.

Ceux qui quittaient les villages, furent partiellement remplacés. S’il faut, pour fixer les idées, donner quelques indications chiffrées, voici le bilan que l’on pourrait dresser, en comptant les passagers des 17 convois initiaux – 14 543 adultes et enfants de plus de 2 ans plus 391 enfants de moins de 2 ans – et les 6 000 personnes environ qui arrivèrent ensuite, le total des colons de 1848 s’élève à 20600 adultes environ.             

Sur ce nombre,  10 000 restèrent dans les colonies agricoles, 3 000 succombèrent et   7000 renoncèrent à leur concession.

Les 10 000 ” rescapés ” créèrent 42 villages dans les 3 départements lgériens. Ainsi,  naquirent : Castiglione, Novi, Marengo, Montenotte, Ponteba, Saint-Cloud, Saint-Leu, Mondovi. Jemmapes, Guelma, etc…

On pourrait en guise de conclusion, et devant une telle accumulation de malheurs, se demander si par une organisation mieux pensée et plus efficace, mais aussi plus humaine, on n’aurait pas pu éviter ces conditions de vie aussi dramatiquement précaires, qui ont joué considérablement sur la manière dont ces ouvriers parisiens transplantés en Algérie ont, au physique comme au moral, supporté les épreuves auxquelles ils devaient faire face. Là n’était peut-être pas le remède, mais là, peut-être, était le baume sur les plaies.

Mais telle fut leur histoire, au goût de sueur et de larmes et couleur de sang, elle fît naître de magnifiques réalisations et des villages prospères qui n’avaient pas fini de tenir leurs promesses lorsqu’une autre page d’histoire…

                                                     doc doc1villagesdalgrie.doc

extrait du livre d’Alain Laredillier                                                                                                      table_matiere1

L’ARRIVEE DES PREMIERS COLONS*

Posté : 6 mai, 2009 @ 5:57 dans histoire, Les premiers colons | 16 commentaires »

Voilà la terre promise!

Comme tous les yeux, les miens sont tournés vers cette nouvelle terre promise, que la distance nous présente sous un triste aspect.

L’ARRIVEE DES PREMIERS COLONS* dans histoire n26

Je pense que, entre le jour du départ et celui de l’arrivée, 19 jours se sont écoulés, en tout 21 jours. Nous avons perdu 2 enfants, laissé à Nevers un pauvre malade, dans les eaux du canal un malheureux père de famille, une femme en couche à Saint- Andéol, et des mécontents à Marseille. Pour ma part, je ne veux pas récapituler ce que je laisse derrière moi ! Nous sommes arrivés, nos regards doivent maintenant se porter sur l’avenir. Une barque est là, j’y descends. A bientôt, mon ami, une autre lettre.  (Journal de Vivant Beaucé )

                                                    pochoirfrise104.jpg

Enfin, comme une délivrance, les colons foulaient le sol algérien et l’arrivée renouvelait l’ambiance du départ de Paris.

Mais, la bienvenue officielle souhaité, les nouveaux arrivants étaient dirigés vers des voitures de l’armée qui se mettaient immédiatement en route vers ” leur ” destination. Les bagages suivraient quand ce serait possible.

cnzijl6e dans Les premiers colonsLe voyage se déroulait dans une contrée où la route n’était même pas ébauchée, où le passage des oueds devait se faire à gué, que ce soit en période de crue ou que le lit soit à sec, les marais étaient traversés à l’estime, au risque de s’y perdre et où la végétation, le plus souvent constituée d’arbustes ou de buissons épineux, n’offrait que peu d’abri contre les incertitudes de ce climat inconnu. Puis, le convoi faisait halte en un lieu où s’élevaient souvent, mais pas toujours, quelques baraques ou guitounes militaires.

puits-jardins

Les colons mettaient quelque temps à comprendre  qu’ils étaient arrivés à destination. Quel désappointement ! Ils étaient vraiment au bout du monde les autorités militaires qui les prenaient en charge laissaient que peu de temps pour gémir. il fallait se presser pour créer un embryon d’organisation avant l’hiver.

Pour parer au plus urgent, on entassa les arrivants dans des tentes ou des baraques disponibles. La seule précaution prise fut d’isoler les hommes célibataires en leur attribuant un local séparé. Chaque famille occupait un petit espace dans les autres abris, bienheureuse de demeurer grouper pour les nuits.

Les repas devaient se prendre en plein air et chaque ménage improvisait une table et des sièges avec des caisses retournées et des pierres. Cette installation précaire permettait de se nourrir avec les rations fournies par l’armée : haricots, riz. viande, pain. Les colons devraient apprendre à s’en contenter jusqu’à leur a autosuffisance. Mais, la principale gêne pour les colons venait de cette vie de promiscuité obligatoire, sans intimité dans des ” logements ” où les séparations entre familles n’étaient constituées que par des couvertures tendues des cordes qui ne montaient même pas jusqu’au plafond. Dans de rivet_concessionstelles conditions les disputes étaient fréquentes et la discipline malaisée à faire respecter. Ce fut une tâches les plus rudes des officiers commandant les colonies agricoles et chacun d’eux, sans aucune formation préalable, s’acquitta de cette mission avec sa personnalité, rendant la vie parfois très difficile aux colons en leur faisant subir un véritable calvaire.

 l’histoire de la colonisation a préféré taire pudiquement les noms de ceux qui se montrèrent brutaux, maladroits ou despotiques. Les conditions de vie furent encore aggravées par les intempéries.

L’hiver 1848-49 fut particulièrement rigoureux empêchant les travaux d’installation. Puis après un printemps 1849 qui fit renaître l’espoir et permit d’entreprendre quelques travaux et les premières cultures, l’été arriva très vite, torride, accompagné par le sirocco. Tout fut desséché et anéanti. Enfin, sur ces communautés physiquement exposées par les privations et une hygiène défectueuse, s’abattirent deux fléaux qui allaient causer des cholravages : le paludisme et le choléra. Si la première des deux maladies put être combattue par la découverte récente de l’action de la quinine, le second mal entraîna de véritables hécatombes : à Damesme 49 morts en 3 jours, à Mondovi 250 morts au village en 14 ou 15 mois, auxquels s’ajoutent les morts dans les hôpitaux. ” Dans le département de Constantine, les 2/3 des colons de 1848 ont succombé, sans presque avoir touché la pioche ou la charrue ” (Emile Violard : Les villages algériens de 1830 à 1870).

A tout cela, il faut ajouter en toile de fond l’insécurité permanente due aux indigènes – mais aussi aux fauves – avec son cortège de meurtres, de destructions et de massacres d’animaux, qui contribua largement au désarroi des colons.

zur

Devant tant de calamités, beaucoup de ces gens, arrivés là débordant d’espoir, s’effondrèrent, et n’eurent plus qu’une idée, repartir en France avant que leur famille ne disparaisse complètement. Ils signèrent alors l’acte de renonciation à leur concession, avant même de l’avoir eue.

Tous ceux qui abandonnèrent, ne retournèrent pas pour autant en Métropole, les uns s’engagèrent comme ouvriers agricoles dans de grandes exploitations, d’autres gagnèrent les villes d’Algérie et cherchèrent à s’employer dans l’Administration ou le commerce. Un certain nombre, enfin, rentra en France.

Ceux qui quittaient les villages, furent partiellement remplacés. S’il faut, pour fixer les idées, donner quelques indications chiffrées, voici le bilan que l’on pourrait dresser, en comptant les passagers des 17 convois initiaux – 14 543 adultes et enfants de plus de 2 ans plus 391 enfants de moins de 2 ans – et les 6 000 personnes environ qui arrivèrent ensuite, le total des colons de 1848 s’élève à 20600 adultes environ.             

Sur ce nombre,  10 000 restèrent dans les colonies agricoles, 3 000 succombèrent et   7000 renoncèrent à leur concession.

Les 10 000 ” rescapés ” créèrent 42 villages dans les 3 départements lgériens. Ainsi,  naquirent : Castiglione, Novi, Marengo, Montenotte, Ponteba, Saint-Cloud, Saint-Leu, Mondovi. Jemmapes, Guelma, etc…

On pourrait en guise de conclusion, et devant une telle accumulation de malheurs, se demander si par une organisation mieux pensée et plus efficace, mais aussi plus humaine, on n’aurait pas pu éviter ces conditions de vie aussi dramatiquement précaires, qui ont joué considérablement sur la manière dont ces ouvriers parisiens transplantés en Algérie ont, au physique comme au moral, supporté les épreuves auxquelles ils devaient faire face. Là n’était peut-être pas le remède, mais là, peut-être, était le baume sur les plaies.

Mais telle fut leur histoire, au goût de sueur et de larmes et couleur de sang, elle fît naître de magnifiques réalisations et des villages prospères qui n’avaient pas fini de tenir leurs promesses lorsqu’une autre page d’histoire…

                                                     doc doc1villagesdalgrie.doc

extrait du livre d’Alain Lardillier  

      retour fleche_064   

  images.jpg                                                                                                      

Les débuts de la colonisation (1830-1848 )

Posté : 19 janvier, 2008 @ 12:25 dans histoire, Les premiers colons | 4 commentaires »

Les quelques Français qui vivaient en Algérie  dans la Régence d’Alger avaient disparu après le conflit déclenché par le fameux « coup d’éventail » du 29 avril 1827.
Sauf exception, ils ne devaient pas revenir. C’est donc une population toute nouvelle qui allait s’établir et, avant de préciser les régions d’où elle venait, on peut s’interroger sur les origines et les conditions de son émigration.

Les débuts du peuplement français en Algérie évoquent surtout deux images. La première, celle des grands colons aventureux venus  » en gants glacés et en habits noirs, les de Vialar, de Tonnac, de Saint-Guilhem, de Lapeyre et bien d’autres d’origine bourgeoise qui n’hésitèrent pas à s’installer au milieu des Arabes avec lesquels ils établissent souvent de bons rapports et se lancent dans des entreprises agricoles presque toujours ruineuses.

Les colons en gants jaunes (Les gants jaunes = aristocrates fuyant la révolution de 1830)

Février 1835
Deux aristocrates marquent les premiers temps de la colonisation agricole en Algérie.

Le baron Vialar et Max de Tonnac, deux aristocrates légitimistes réfugiés en Algérie après la révolution de juillet 1830 pour ne pas avoir à servir le roi Louis Philippe, qu’ils estiment être l’usurpateur ; viennent d’acquérir, après les propriétés de Tixeraïne et de Kouba, les 300 hectares de l’Haouch Khadra.

Recréant des sortes de fiefs en territoire algérien, les deux aristocrates, tels des seigneurs Les débuts de la colonisation (1830-1848 ) dans histoire compo2du Moyen âge, recourent à des ouvriers agricoles de la région du Languedoc à des fermiers arabes pour mettre en valeur leurs terres.

Personnage excentrique, Tonnac s’est parfaitement adapté aux us et coutumes de la vie locale : fixé sur ses terres dans une maison fortifiée, il s’habille et vit selon les coutumes indigènes et parle couramment l’arabe. Entretenant de bonnes relations avec ses voisins, il n’hésite pas cependant à lancer des expéditions punitives pour asseoir son prestige.

De son coté, Vialar, dont la sœur Émilie, entrée en religion, était supérieure de l’Ordre de Saint-Joseph de l’Apparition, fait construire près de Boufarik un dispensaire destiné aux Arabes des plaines de la Mitidja.

 Le Chateau de Tonnac

chateau dans Les premiers colons

« Le Haouch Khadra (ferme de la verdure), à 2 km du futur village de Rivet (Meftah), fut acheté par le Baron Augustin de Vialar et Max de Tonnac le 17/02/1835. Au printemps de Tonnac vint s’y installer et développer la première ferme de la Mitidja. Ce fut une vraie réussite due à ses qualités exceptionnelles. Il vint s’installer seul, le gouverneur lui avait refusé une escorte de quelques hommes pour l’aider à s’installer ! Son habilité, sa souplesse, sa bienveillance, sa parfaite connaissance de l’arabe, firent rapidement tomber leur hostilité et leur méfiance. A l’intérieur de son «château fort», avec tourelles et bastion, il tenait tête facilement aux maraudeurs et devint le chef et le protecteur. (envoyée par Claudine Cerdan, merci !))

Tous les « gants jaunes » ont quitté l’Algérie au début du XXeme siècle, plus ou moins poussés dehors par la gauche française, qui travaillait main dans la main avec les grandes compagnies capitalistes de colonisation.

Une de ces sociétés réclamait 42.000 hectares pour installer 2.000 colons, c’est à dire 4.000 ha pour les 2.000 colons et 38.000 pour elle. Résultat, les colons servaient d’ouvriers agricoles car ils ne pouvaient pas vivre avec 2 hectares par famille. En vérité Tonnac et Vialar ont acheté leurs terres au gouvernement, et ces terres appartenaient auparavent au beylicat, puis ils ont fait venir des ouvriers agricoles de France pour travailler leur propriétés, car ils ne trouvaient pas de main d’oeuvre localement.

Dernière chose, Vialar et Tonnac (Maximillien de Tonnac de Villeneuve), ont mené la révolte des colons (les agriculteurs) contre les divers régimes qui se succédaient pour réclamer le droit de vote des français en Algérie. En effet ces autorités nommaient des amis à eux dans les conseils municipaux et les conseils généraux. Seule obligation : il devait toujours y avoir un arabe et un juif.

Jean-Pierre Bétoin    (Blog de Djamina)

Histoire des colonies françaises 

 La deuxième image c’est la naissance de Boufarik autour de la petite colonie du  » bazar » et le véritable calvaire des premiers habitants aux prises avec la fièvre et l’insécurité.

Dans un cas, c’est le début de la colonisation libre. Dans l’autre, l’implantation de la colonisation officielle dans la Mitidja. Dans les deux, on pense à l’établissement de colons, au sens propre du terme, c’est-à-dire seulement au monde rural, sans doute parce que la France d’alors était essentiellement paysanne et plus encore parce qu’on était persuadé qu’en dernier ressort le pays appartiendrait à ceux qui peupleraient les campagnes et les mettraient en valeur.

Colonisation urbaine

Or c’est un fait, jamais souligné mais incontestable, la colonisation française dès le début fut surtout urbaine et elle le fut de plus en plus avec le temps, imitée d’ailleurs par tous les autres éléments européens.
Ce sont des Français qui les premiers élèvent de toutes parts à Alger maisons de commerce et magasins. Le commandant Pellissier de Reynaud, qui a laissé de remarquables Annales algériennes, note qu’  » on trouvait à Alger, dès le mois de janvier 1831, à satisfaire à peu près tous les besoins de la vie européenne « .
Et, à un moindre degré, il en sera de même dans les ports recevant les immigrants, puis dans les villes de l’intérieur. En 1835, il y a déjà à Alger 3 205 Français (pour 1835 Espagnols, l’élément étranger le plus important). Avec la disparition de l’immigration d’aventure, cette attraction de la cité s’exerce sur toutes les catégories du corps social : ouvriers des diverses corporations amenés par les travaux d’urbanisation, boutiquiers sans affaires cédant au mirage de profits faciles en Afrique, fonctionnaires de tous grades recrutés d’abord exclusivement en métropole et retenus par quelques avantages financiers s’ajoutant à l’emprise du pays, soldats du contingent qui n’ont pas résisté au charme d’une Algéroise ou d’une Oranaise…

sources  HISTOIRE DES COLONIES FRANÇAISES – Tome 2 -

A suivrecliquez                                  retour fleche_064            

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Création des colonies agricoles -1848 -

Posté : 19 décembre, 2007 @ 10:56 dans histoire, Les premiers colons | 7 commentaires »

Création des colonies agricoles -1848 - dans histoire L3ch1fig1p267

                                                      Création des colonies agricoles

Lorsque le grand chef de l’insurection arabe Abdel-el-Kader  se rendit à Lamoricière et au Duc d’Aumale le 3décembre 1847,  la conquête terminée, il fallait commencer l’organisation de ce territpoire.

En février 1848, la Révolution éclate, met fin au règne de Louis-Philippe et proclame la Deuxième République. Des dispositions sont prises pour résorber le chômage par la création des Ateliers Nationaux.

350px-Maerz1848_berlin dans Les premiers colons images.jpg

 Il subsista cependant une forte agitation sociale, qui fut réprimée en juin 1848. (cliquez)

                                            pochoirfrise104.jpg           

 Les Ateliers Nationaux , furent fermés et l’on se « débarrassa » des agitateurs en les envoyant fonder des « colonies agricoles » en Algérie.

Dans le dessein essentiel d’éloigner les ouvriers en chômage dans la capitale après la fermeture des Ateliers nationaux, on créa en Algérue, d’un coup 42 villages en promettant aux futurs colons, outre la concession, une maison d’habitation en maçonnerie, des instruments agricoles, des semences, des têtes de bétail et des subventions alimentaires pendant trois ans.

Après les excès révolutionnaires de Juin, la Seconde République va répondre au désespoir Horace_Vernet-Barricade_rue_Soufflotdes ouvriers par des déportations massives , afin d’éviter pour longtemps tout foyer d’agitation non seulement à Paris mais aussi dans les grandes cités du pays.


Dans sa politique coloniale, le pouvoir décide donc de l’émigration massive ouvrière en Algérie.

En Algérie d’ailleurs , les colons déjà installés  mettent tous leurs espoirs dans la jeune République pour attacher définitivement l’Algérie à la mère patrie, ils se tournent alors vers la colonisation civile qu’ils espèrent développer grâce à la « Société Algérienne », qu’ils créent à Paris ; ils trouvent un auxiliaire  dans la misère du peuple, que ne fait qu’ accroître la fermeture des Ateliers Nationaux : un embryon d’association ouvrière s’amorce alors pour une émigration volontaire dans le plus pur style socialiste.

Mais LAMORICIÈRE entre alors brusquement en scène :  il organise scientifiquement, en bon Polytechnicien et général du Génie, le départ «volontaire» des éléments parisiens les plus turbulents auxquels s’ajoutent en final les acharnés de Lyon!
.
Sur les murs de la capitale,alors s’affiche, le 20, un
« Avis aux Ouvriers » : un crédit de 50 millions sur colonisation_algerie-352c75 ans est ouvert au Ministère de la Guerre, ils serviront à installer en Algérie 12000 colons avant le 1er Janvier 1849 ; dans un certain délai et sous certaines conditions de travail, ceux-ci pourront devenir propriétaires définitifs de leurs concessions.

                                                            

L’article 10 du décret du 20 Septembre stipule: « Les colons seront dirigés sur l’Algérie dans le plus bref délai possible »
Pour déplacer, économiquement et en quelques mois au plus, 12000 individus, hommes, femmes, enfants en bas âge, avec un minimum de bagages, le seul moyen de transport de masse, existant alors, est la voie d’eau car le chemin de fer n’en est encore qu’à ses balbutiements
.
L’automne, saison choisie pour les départs, n’est pas particulièrement propice à la navigation fluviale, mais l’hiver, plus favorable, amoindrirait notablement un confort déjà minimal à bord des chalands ; le gouvernement est, par ailleurs, pressé de vider, en partie, Paris de ses « indésirables », mais aussi, à sa louange, d’installer nos émigrants en Algérie avant, bien avant, les grosses chaleurs dévastatrices de l’été.

« Alors partirent, par fleuves et canaux, avec la bénédiction des prêtres et les attentions prodiguées par la franc-maçonnerie, 16 convois (plus un 17e de Lyon) qui déversèrent sur le sol algérien quelque 13000 individus qu’attendaient tentes ou baraques en bois sans aucun confort, la promiscuité, des sols hérissés de palmiers nains, de lentisques ou de jujubiers, une administration militaire sourcilleuse et, pour comble, la sécheresse, les sauterelles et surtout, en 1849, le choléra qui ravagea les villages. Résultat : compte tenu des décès et des départs, il fallut établir 20502 habitants pour qu’il en restât 10397. »  [ Xavier Yacono)

   à suivre [...] le voyage (cliquez)

sources:  Amicale Généalogie Méditerranée , Force Ouvrière,Colonie Agricole de S.Fontanilles.

                                              retour fleche_064    

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