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Tolérance musulmane en Algérie

Posté : 26 septembre, 2010 @ 4:12 dans Les chretiens en terre d'islam | 2 commentaires »

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Tolérance musulmane en Algérie : « Puisque vous êtes chrétiens, il faut partir de ce pays, qui est un pays de Musulmans.»

le 13 septembre 2010

La légendaire tolérance de l’islam en action : deux chrétiens inculpés pour « offense à l’islam » pour ne pas avoir fait le ramadan.

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Salem Fellak et Hocine Hocini défrayent la chronique depuis le mois d’août dernier lorsqu’ils ont été interpellés par des policiers dans un chantier privé dans la ville de Ain El Hammam, en Kabylie. Leur crime ? Ne pas observer le jeûne. Présentés devant la procureur adjointe de la République, ils sont inculpés d’offense à l’Islam sur la base de l’article 144 bis 2 du code pénal algérien. Leur mise en examen a provoqué une vague d’indignation et un élan de soutien et de solidarité. Pour la première fois, Salem Fellak accepte de témoigner pour DNA.

Regretter ? S’excuser ? Tout sauf regretter ou s’excuser, dit Salem. « Je ne m’excuse de rien et je ne regrette rien! J’ai le droit de ne pas faire carême. Je suis chrétien et jusqu’à preuve du contraire, la constitution algérienne garantit le respect des libertés individuelles.» Au téléphone, Salem Fellak, 34 ans, parle d’une voix posée. Ferme mais posée. Originaire du village Aït Mansour, Salem habite depuis une année la ville d’Ain El Hammam où sa famille a loué un pied-à-terre. Sans profession, Salem prête ses bras à qui veut bien l’employer. Maçonnerie, commerce, peinture en bâtiment, travaux de champs, l’homme ne rechigne pas à la tâche. Douze métiers et treize misères. Il raconte sa mésaventure.

Ils se trouvaient dans un lieu privé lorsque des policiers les interpellent

« Jeudi 12 août, nous étions, moi et mon ami Hocine, dans le chantier. Nous avons déposé un chargement de briques dans le troisième étage du bâtiment. A midi, nous avons fait une halte pour casser la croûte. L’occasion aussi de se désaltérer le gosier en ce début d’août caniculaire. Le commissariat de police est mitoyen du chantier. Tandis que nous avons pris place derrière des briques pour manger loin des regards indiscrets, des policiers nous observaient à partir d’une fenêtre du commissariat. » Alors que ces deux saisonniers déjeunent tranquillement, deux policiers débarquent sur les lieux. « Vous ne faites pas le ramadan ? », s’enquiert un des policiers. « Pourquoi vous ne faites pas le ramadan », demande autre.

Convertis au christianisme, les deux hommes ne se sentent pas concerné par le rituel musulman.

Bien que ces deux là soient surpris dans un lieu privé, les policiers décident tout de même de les embarquer. Flagrant délit ou perquisition sans mandat, peu importe. Les policiers agissent à leur guise. A l’intérieur du commissariat, les deux hommes sont priés d’attendre quelque temps avant de subir un interrogatoire. Plus de deux heures passées dans les locaux de la police à devoir s’expliquer, se justifier, argumenter, se défendre. Au cours de l’interrogatoire, Salem révèle aux policiers qu’il est de confession chrétienne – Hocine est également chrétien. « Tu es chrétien ? », lui demande un policier. « Oui, je suis chrétien et je ne fais pas carême », répond Salem. Ce dernier autant que Hocine ont alors eu droit à quelques admonestations. « On m’a fait une leçon de morale », raconte-t-il encore.

Le christianisme, Salem s’y est converti depuis 2009. Dans sa famille, il n’est pas le seul à avoir embrassé la foi de Jésus Christ. Ses deux jeunes sœurs, sans emplois et qui ont quitté l’école très tôt, se sont également converties à cette religion. Au terme de l’audition, un policier tend un procès verbal à Salem. « Je ne savais même pas ce qui était mentionné dans le document que j’ai été obligé de signer », affirme le jeune homme. Ce denier reconnaît que ni lui ni son compagnon Hocine n’ont été maltraités.

Direction le bureau du procureur de la République

L’interrogatoire terminé, Salem et Hocine sont aussitôt conduits au tribunal de Ain El Hammam pour y être entendus par la procureur adjointe de la République. La magistrate leur demande la raison pour laquelle ils n’observent pas le ramadhan. Une fois de plus, ils expliquent qu’ils ne sont pas concernés par ce rituel, qu’ils ont été interpellés dans un lieu privé et surtout qu’ils sont de confession chrétienne, donc non concernés par l’observation du jeûne.

« Mais c’est notre pays ! Nous sommes Algériens, et nos parents sont chrétiens. Nous n’avons commis aucun crime. »

Devant l’aplomb affiché par les deux hommes, la magistrate sort de ses gonds. Salem se souvient des propos de la procureur adjointe : « Elle nous a dit : « Puisque vous êtes chrétiens, il faut partir de ce pays, qui est un pays de Musulman.» Loin d’être impressionnés par la réaction de la magistrate, nos deux saisonniers refusent de se démonter. Salem répond : « Mais c’est notre pays ! Nous sommes Algériens, et nos parents sont chrétiens. Nous n’avons commis aucun crime. » Visiblement contrariée par l’attitude des deux « mécréant », la procureur-adjointe leur ordonne de quitter le bureau non sans leur avoir signifié leur mise en examen pour « offense à l’Islam». Salem et Hocine sont convoqués devant le tribunal le mercredi 18 août. Devant la mobilisation citoyenne, leur procès a été reporté au 21 septembre prochain.

Elan de solidarité nationale et internationale

Depuis leur arrestation et leur inculpation, Hocine et Salem ont reçu le soutien de la communauté nationale et internationale. Une chaîne de solidarité s’est mise en place en Algérie ainsi qu’à l’étranger pour les soutenir, leur venir en aide, les conseiller. « Des citoyens sont venus pour se solidariser avec moi et mon ami Hocine », révèle Salem. A Ain El Hammam, des articles de presse, dont l’enquête de DNA, ont été photocopiés et affichés sur les murs de la ville en guise de protestation et de solidarité. Selon Salem, la police aurait fait disparaitre ces affichages. En attendant le procès programmé mardi 21 septembre, Salem Fellak et Hocine Hocini affichent une grande sérénité. « J’ai le droit de ne pas jeûner et de pratiquer la religion que j’ai choisie, soutient Salem. Je suis Algérien et la constitution de mon pays me garantit ce droit comme elle me protège de l’arbitraire.

Collé à partir de <file:///C:\Users\Josette\AppData\Local\Microsoft\Windows\Temporary%20Internet%20Files\Low\Content.IE5\OIG8JZB6\Tol-rance%5b1%5d.doc>

Les moines de Tibheriade :trois rapports secrets sèment le trouble

Posté : 26 septembre, 2010 @ 11:39 dans films.émissions TV, Kabylie, Les chretiens en terre d'islam, Religion | 8 commentaires »

 

Le rôle ambigu des services secrets algériens dans l’affaire des moines de Tibéhirine apparaît désormais comme un élément central de l’enquête du juge Marc Trévidic. C’est ce qui ressort des informations contenues dans plusieurs rapports du contre-espionnage français qui ont été récemment déclassifiés à la demande du magistrat.

Ces documents, dont Mediapart a pu prendre connaissance et que nous publions en intégralité (voir pages suivantes), sont notamment constitués de trois notes «confidentiel défense» rédigées par le général Philippe Rondot, alors en poste à la Direction de la surveillance du territoire (DST, aujourd’hui DCRI), où il fut en première ligne sur le dossier de l’enlèvement puis de l’assassinat des moines de Tibéhirine.

Le général Rondot, qui est aujourd’hui à la retraite, doit être entendu comme témoin, lundi 27 septembre, par le juge Trévidic. Il devra s’expliquer sur ses écrits de l’époque, que le militaire qualifiait lui-même de «considérations amères». Ceux-ci pointaient notamment la «lenteur perceptible» des services secrets algériens dans la gestion de cette affaire et leur «tolérance relative» à l’égard de l’un des principaux leaders des Groupes islamiques armés (GIA), Djamel Zitouni, soupçonné d’être à l’origine du rapt et de la mort des moines.

Sept religieux français du monastère de Tibéhirine, situé à 90 kilomètres au sud d’Alger, dans la région de Médéa, avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Leurs têtes seront découvertes quelques semaines plus tard, fin mai, au bord d’une route, pour certaines d’entre elles suspendues à un arbre, dans des sacs en plastique ; leurs corps n’ont, eux, jamais été retrouvés.

Près de quinze ans après les faits, aucune vérité judiciaire n’a pu émerger de l’épais brouillard qui entoure encore les circonstances du massacre. La thèse islamiste, défendue par Alger et validée pendant des années par le premier juge français antiterroriste en charge du dossier, Jean-Louis Bruguière, est aujourd’hui sérieusement battue en brèche, pour deux raisons au moins.

La première: en juillet 2009, l’ancien attaché militaire de l’ambassade de France à Alger, le général François Buchwalter, a affirmé à la justice qu’il avait recueilli des informations selon lesquelles les moines avaient été victimes d’une bavure militaire de l’armée algérienne, après leur enlèvement. Il avait aussi déclaré que la diplomatie française lui avait alors demandé de garder le silence sur ses révélations.

La seconde: de nombreux indices laissent aujourd’hui penser que deux des principaux terroristes mis en cause dans la disparition des moines, Djamel Zitouni, émir du GIA, et son adjoint, Abderrazak El-Para, ont, au mieux, bénéficié d’une certaine complaisance du pouvoir algérien de l’époque, ou, au pire, été des agents à la solde de l’appareil militaire, infiltrés au sein des GIA afin de les manipuler. A n’importe quel prix.


Se préparer au pire…

La lecture des rapports de synthèse déclassifiés du général Rondot, que le juge Trévidic a reçus avant l’été, jette pour le moins le trouble sur l’attitude de l’appareil sécuritaire algérien lors des événements de Tibéhirine. 

Sous l’intitulé «Opération Tibéhirine», la première de ces notes date du 8 avril 1996. Il s’agit d’un compte rendu de mission du maître-espion à Alger, où le général s’est rendu du 5 au 7 avril, quelques jours après l’annonce de la disparition des moines trappistes. Le document, comme ceux qui suivront, est adressé au préfet Philippe Parant, alors patron de la DST.

http://www.scribd.com/doc/37977298/RONDOT-1

Rapidement, l’agent spécial du contre-espionnage français note à l’endroit des services secrets algériens, avec lesquels il est en relation permanente, que «la priorité donnée à la survie des moines tempère la vigueur des recherches entreprises et, donc, la lenteur perceptible dans le recueil et l’exploitation des renseignements».

Le référent de Philippe Rondot est le général Smaïn Lamari, le patron de la DCE, le contre-espionnage algérien, dont la DST française est alors particulièrement dépendante. Trop, peut-être. Dans son premier rapport, le militaire français note ainsi que «si la coopération de la DCE semble acquise – à condition de rester dans le cadre fixé par Alger – il faut bien convenir que notre seule source opérationnelle sur le terrain reste ce service [...]». Il poursuit, non sans pessimisme: «Restons donc prudents dans nos analyses et circonspects par rapport au “produit” livré par la DCE, tout en nous préparant au pire.»

Un mois plus tard, le 10 mai 1996, le général Rondot rédige un deuxième rapport. Le ton est plus sec, parfois tranchant. Son objet parle pour lui: «Considérations (amères) sur la gestion de l’affaire de moines de Tibéhirine et propositions (malgré tout) d’action».

http://www.scribd.com/doc/37977335/RONDOT-2

Les moines n’ont toujours pas été retrouvés. L’inquiétude monte. «Depuis le 30 avril, nous sommes dans l’attente», déplore Philippe Rondot. «De réunion en réunion, nous nous sommes contentés d’échafauder des hypothèses, sans pour autant définir avec discernement et précision quelle conduite nous devrions adopter», ajoute-t-il. 

«Nous ne pouvons rester plus longtemps dans l’expectative», s’agace-t-il, déplorant encore une fois la «dépendance» de la DST à l’égard des «services algériens», lesquels, précise-t-il, «ont sans aucun doute d’autres impératifs (politiques et sécuritaires) que les nôtres, s’agissant de la survie et de la libération des religieux.» Le général va même plus loin dans son argumentation en écrivant: «Ils peuvent être, en effet, tentés de régler brutalement ce qu’ils considèrent comme un simple “fait divers” (selon une formule entendue), lequel fait obstacle à la normalisation des relations franco-algériennes (élément que n’ignore pas le GIA).»


Quand la DST prônait «l’élimination» de Zitouni

Les mots sont de plus en plus durs. «Le général Smaïn Lamari m’avait dit, dès le début, que ce serait “long, difficile et hasardeux”. C’est bien le cas», tranche le général Rondot dans ce deuxième rapport. Il fait part de son malaise face à l’attitude équivoque de son principal interlocuteur au contre-espionnage algérien. «On n’oubliera pas non plus que figure, au nombre des prisonniers à libérer, Abdelhak Layada, détenu en Algérie et qu’il paraît exclu que le gouvernement algérien soit prêt à céder sur ce cas», écrit-il. «Mais les propos tenus tant par le général Smaïn Lamari que par certains islamistes, à ce sujet, sont ambigus.» Le mot est lâché.

Pour Philippe Rondot, la seule issue possible pour les services secrets français serait d’établir un contact direct avec le GIA pour «connaître l’enjeu réel de cette prise d’otages», ce qui suppose donc une opacité et des non-dits dans la version officielle livrée par Alger. «Je veux bien en prendre le risque», conclut le militaire. 

Son troisième et dernier rapport, daté du 27 mai 1996, sera celui d’un cuisant constat d’échec – les moines sont officiellement morts, mais leurs dépouilles pas encore retrouvées.

http://www.scribd.com/doc/37977371/RONDOT-3

Une nouvelle fois, le général français ne cache pas son amertume à l’encontre des services secrets algériens. «La coopération entre la DST et la DCE, sur cette affaire, a été continue, même s’il a fallu, trop souvent, “relancer” nos interlocuteurs algériens», note-t-il. Puis: «En revanche, on ne peut dire que l’apport des services algériens a été déterminant, puisque nos sept moines ont perdu la vie [...] Les forces de l’ordre ont davantage subi que dominé la situation.»

«A vrai dire, continue le général Rondot, dans la guerre sanglante que connaît l’Algérie, le sort des sept moines ne semblait devoir être considéré, par les responsables militaires algériens, comme plus important que le sort d’autres, même si les relations franco-algériennes risquaient de souffrir d’une mauvaise gestion de l’affaire et plus encore d’une issue fatale.» Ce qui est alors précisément le cas…

Puis la sentence tombe. «Très (trop) longtemps – et pour des raisons d’ordre tactique – Djamel Zitouni et ses groupes ont bénéficié d’une relative tolérance de la part des services algérien: il aidait (sans doute de manière involontaire) à l’éclatement du GIA et favorisait des luttes entre les groupes armés.»

Selon Philippe Rondot, «pour tenter d’effacer l’échec, la DCE se doit d’éliminer, par tous les moyens, Djamel Zitouni et ses comparses. C’est notre devoir de l’encourager et peut-être même de le lui imposer». Djamel Zitouni est mort en juillet 1996, un mois après l’enterrement des moines de Tibéhirine, dans des circonstances qui n’ont jamais été vraiment tirées au clair.

Des hommes et des dieux : Un formidable “état de grâce”

Posté : 25 septembre, 2010 @ 8:56 dans films.émissions TV, Les chretiens en terre d'islam, Religion, TERRORISME | 6 commentaires »

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Un formidable état de grâce avait plané sur les “peoples” du Festival de Cannes, pendant la projection du film consacré au témoignage (martyrion) des moines de Tibhirine : Des hommes et des dieux. Le titre peut paraître ambigu, si la grâce ne l’est pas. Elle avait déjà saisi d’une énorme émotion, pendant tout le tournage, les acteurs et le réalisateur du film, Xavier Beauvois : “Sur ce tournage, j’ai passé les deux plus beaux mois de ma vie. Dans un perpétuel état de grâce. Tout était simple, limpide, facile, évident, étrange et beau. Oui, l’esprit de Tibhirine a soufflé sur nous. Il existe. J’espère qu’il touchera le Festival et fera du bien à tous.” Le vœu de Xavier Beauvois a été entendu par le demi-million de spectateurs qui sont restés sans voix devant le film, dès sa première semaine d’exploitation, comme il le sera par tous les autres dans les semaines qui viennent, quelles que soient leurs convictions et leurs pratiques religieuses, car l’Esprit souffle où il veut, et il n’est question ici que de liberté intérieure face au totalitarisme: la liberté de la Foi.
Qui a enlevé, assassiné, décapité en 1996 ces sept moines cisterciens vénérés dans les montagnes du Sud d’Alger par tout leur entourage musulman ? Les terroristes islamiques du GIA, qui l’ont revendiqué ? Les services secrets du gouvernement totalitaire de M. Bouteflika, qui les manipulaient ? Personne ne peut trancher aujourd’hui, et Beauvois a raison de ne pas s’y aventurer.La seule responsabilité morale assurée – au plan historique – est celle du gouvernement français qui abandonne ce beau pays aux égorgeurs du FLN, et le livre d’un coup à ces fanatiques, sans transition, garantie ni contrepartie aucune, avec des dizaines de milliers de nos compatriotes, et des centaines de milliers de musulmans harkis, pieds et poings liés, le 18 mars 1962…Trente-quatre ans plus tard, les moines de Tibhirine ont répondu de leur manière à ce mystère d’iniquité. Ils se savaient menacés de mort. On leur a demandé de partir – “la valise ou le cercueil” – comme aux Français d’Algérie. Ils ont voulu rester. Témoigner d’une présence. Maintenir le flambeau de la charité chrétienne dans le déchaînement des haines et des violences fratricides. Continuer simplement d’être eux-mêmes, sans provocation, à travers le service des pauvres et le chant des offices du jour et de la nuit, le chant de l’amour chrétien. Pour l’amour de Dieu, des vertus supérieures de leur Ordre, et de leurs frères musulmans d’Algérie.

Les moines de Tibhirine n’ont pas trahi leur vocation, dissimulé leur uniforme ni renoncé à leur vœux pour se porter au bout du seul œcuménisme qui compte, et y laisser leur vie : celui du témoignage chrétien. Si Cannes a retenu son souffle, en les voyant revivre à l’écran, comme des milliers de spectateurs le font aujourd’hui dans nos salles de cinéma, c’est qu’aucune âme n’est jamais morte au seul message du Christ, et que sa grâce encore peut pénétrer partout.

Les martyrs et les saints ne sortent pas des nuages. Ils sont de chair et d’os, comme nous, et ce n’est pas dans les livres, les discours ou les rêves qu’ils se sont montrés plus courageux que nous face aux ennemis de la foi, qui sont aussi les ennemis de toute authentique liberté. C’est dans leur quotidien. A Tibhirine, c’était dans la Règle du grand saint Benoît, le lever de nuit, le silence, le travail, la prière, toute cette gymnastique de la chapelle des moines, que la tête impose aux membres pour sa propre libération.

Il y a un témoignage, un martyrion, qu’en tant que chrétiens et en tant que moines, vous êtes certainement appelés à donner : c’est celui d’une générosité soutenue dans l’observance de votre vie de prière, de charité et de communauté. L’héroïsme, lorsqu’il est exigé de nous, ne consiste pas à faire des actes extraordinai­res mais à continuer de faire les choses ordinaires, même lorsque les circonstances ont changé radicalement et comportent la possibilité de conséquences tragiques.”

Cette déclaration du Père Armand Veilleux, Procureur général de l’Ordre des Cisterciens en visite à Tibhirine quelques mois avant l’assassinat des frères, donne une clé du succès du film très au-delà du cercle des catholiques pratiquants. Tout homme fidèle à son idéal, sa générosité, sa parole, ses règles de vie, face aux pressions sournoises et parfois aux terrifiantes menaces du monde, qu’il le sache ou non, fait retour à sa Divinité. Il entre de plain-pied dans la communion des saints. Le premier pas pour les rejoindre consiste à les admirer. Merci à Xavier Beauvois de nous avoir ouvert de façon si simple et si humaine cette porte lumineuse sur l’Eternité.

@Emmanuel Barbier / Sedcontra.fr, sept. 2010

Le Frère Christian de Chergé, prieur du monastère de Tibhirine, avait laissé à sa famille en 1994, deux avant le drame, ce testament spirituel :

« S’il m’arrivait un jour – et çà pourrait être aujourd’hui – d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.
Qu’ils acceptent que le Maître Unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu’ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ? Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat.
« Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance. J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui-là qui me frapperait aveuglément. J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cœur à qui m’aurait atteint.

« Je ne saurais souhaiter une telle mort. Il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre. C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut-être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’islam.

« Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes. L’Algérie et l’islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme. Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit fil conducteur de l’Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église, précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans. 

« Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste : « Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense ! » Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec Lui Ses enfants de l’islam tels qu’il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de Sa Passion, investis par le Don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.
« Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout. Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis!
« Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet « A-DIEU » envisagé de toi. Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. Amen ! Inch’Allah. »


Pour voir la bande-annonce du film, cliquez sur ce lien .

Sur l’assassinat des moines de Tibhirine, Sedcontra.fr a aussi publié : Un Etat terroriste, une France complice pendant 13 ans (mai 2010)

Un beau dimanche des Rameaux

Posté : 8 janvier, 2010 @ 1:09 dans Les chretiens en terre d'islam, Religion | Pas de commentaires »

Un beau dimanche des Rameaux dans Les chretiens en terre d'islam eglise-qatar

Au Qatar ! Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps…
Devons-nous y voir une « contrepartie » à son entrée dans la Bourse de Londres et à quelques visées sur la vieille Europe ? Le dimanche des Rameaux a été ouverte au Qatar « Notre Dame du Rosaire »…

Intérieur et extérieur de Sainte-Marie-du-Rosaire, inaugurée à Doha samedi 15 mars.

Et ce en présence du cardinal Ivan Dias, de Rome, d’un membre du gouvernement qatari et quelques milliers de fidèles… dans leur grande majorité, philippins.

doha2 dans Religion

De gauche à droite : le vice-premier ministre, Abdallah Ben Hamad Al-Attiyah, l’archevêque Mounget Al Hachem, nonce apostolique pour le Qatar, et le vicaire apostolique d’Arabie Mgr Paul Hinder.

Précisons que cette grande église catholique est interdite aux « Qatari », même convertis… clause figurant sur le permis de construire.

Mais ne crions pas haro !

Le gouvernement Qatari a généreusement offert le terrain pour cette construction des temps nouveaux…

Le Vatican n’entend pas en rester là, négociant avec d’autres pays « arabes », y compris avec le Royaume saoudien, la possibilité de construire d’autres églises

 à suivre

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