GAZETTE de LA-BAS

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J’ai vu le film de J-P LLedo

Posté : 23 février, 2008 @ 4:56 dans films.émissions TV, le racisme | 10 commentaires »

Je suis donc allée voir le film de Lledo et je n’ai pas été déçue ni même irritée par certaines erreurs historiques pardonnables. .  
Je ne vais pas détailler les péripéties du film vous avez dû déjà lire mon article je n’ai rien à y retoucher après avoir vu le film.

 Pour la première fois des auteurs de massacres d’Européens parlent et décrivent sans état d’âme leurs exactions.

Les phrases  prononcées par l’un d’eux  répondant à une question de Aziz sur l’insurrection déclenchée par l’ALN, le 20 août 1955, qui ciblait la population eur  opéenne sont terribles à entendre :

- » Pourquoi vous les avez tués tous, femmes et enfants. pourquoi les enfants? 

- «  Les chefs nous le demandaient. Ils nous disaient que chez les Gours c’était la femme qui commandait et si nous tuions les femmes et les enfants elles demanderaient au mari de partir et qu’il fallait les tuer tous  ». Je ne sais ce qui m’a le plus  blessée : le contenu de la phrase ou le ton d’une tranquillité effrayante et sans gène aucune avec lequel  étaient dites ces paroles devant une caméra.

Je comprends pourquoi le film est interdit en Algérie et je crois juste la  crainte de Lamine MERBAH lorsqu’il veut  justifier la censure :

 « Des témoignages non anodins de certains moudjahidines algériens  disent que les révolutionnaires algériens ont commis des crimes atroces contre les Pieds-noirs. Donnant ainsi l’image d’un terrorisme qui coule dans le sang des Algériens depuis la nuit des temps  ».

C’est exactement ce que j’ai pensé sur le champ et l’un de mes amis présent près de moi a écrit  le lendemain « Ce film aurait pu avoir comme titre : Nous sommes tous des assassins  »

Ce n’était certes pas le but poursuivi par J-P Lledo mais c’est hélas ce  que des PN ont dû se dire oubliant les amis plus humains qu’ils avaient laissés là-bas.

Même la présentatrice d’une émission de radio au demeurant plein d’humour et semble-t-il très instruite a dit elle aussi que si on lui avait demandé de tuer sa nounou, tant aimée, devant la maison de qui elle pleure, elle l’aurait fait. Pourtant dit- elle,  elle vivait très heureuse au milieu des Français de Bab el Oued qui eux, vers 1961 lui ont recommandé de partir dans la maison de sa famille dans la Casbah.

La séquence sur Cheïkh Raymond est plus ambiguë, son assassinat est toujours nié par le FLN, et je suis étonnée de la survivance de sa mémoire parmi ces « vieux » qui se réunissent encore aujourd’hui pour écouter ses enregistrements.

Arrive la séquence sur Oran : peut-être ceux qui ne connaissaient pas la situation catastrophique du quartier de la Marine ont-ils  été  surpris et scandalisés, certains spectateurs ont murmuré dans la salle,  mais le pire n’a pas été montré.

 Certains personnages du film de Gilles Pérez  »Les Pieds-Noirs «  auraient eu leur place à ce moment-là, pour parler eux aussi de cette communauté entre les Marinéros. Dans la vidéo que je leur ai envoyée ils ont reconnu tous les personnages du film, Amida,  Charlemagne et TchiTchi, et tous ceux qui parlent de leur jeunesse commune et partagée sans problème de racisme, comme des frères disent les personnage du film de Lledo et de raconter des anecdotes pour le prouver. A cette évocation sans faux-semblant,  j’ai mieux compris l’amertume de tous mes amis , ‘Marinéros français » après le 5 juillet 1962 devant la passivité (dans le meilleur des cas) de leurs anciens amis .

Le meilleur du film, à mon avis, est le jeune intellectuel oranais Kheïreddine  qui interroge les habitants de ce qui reste de la Marine , il les traque dans leurs non-dits et arrive à les faire parler sur le 5 juillet, poussant son interlocuteur à se contredire et à ne plus savoir comment s’en tirer.

 Le massacre du 5 juillet ? Ils ont bien déclaré que c’était une horreur et qu’ils ne pouvaient pas en dire davantage devant la caméra, car « cela irait contre l’Honneur de l’Algérie » et ils esquivaient : moi je n’étais pas là, je n’ai rien vu ! On m’a parlé du Petit Lac! On m’a dit qu’on les égorgeait et qu’on le jetait dans « l’étang » …Tchitchi, lui prétend avoir sauvé des personnes enfermées par le FLN dans une salle de la Calère. Allez voir le film mes amis vous me direz si c’est possible!   

 J’ai appris que la pièce que montait  Kheïreddine au Théâtre d’Oran : Les justes de Camus  avait été interdite. Vous devinez pourquoi, si vous connaissez la pièce qui cerne trop la réalité .  

Je vous recommande d’aller voir le film : pour une fois des vérités sur les massacres de Français sont dites par des Algériens pro FLN et auteurs de ces massacres,    ils sont  très courageux ont dit, dans la salle, durant le débat, des coreligionnaires qui savaient de quoi ils parlaient   Ils n’ont pas la langue dans la poche : impensable  pour moi il y a quelques jours seulement. 

L’avis d’une des filles des victimes enlevées le 5 juillet 1962      

Ce film est intéressant parce qu’il est tourné en Algérie et toutes les personnes interrogées sont Algériennes, il n’y a pas d’interview de Français il est objectif et sans complaisance. Les arabes reconnaissent leurs participations aux attentats et aux actes inhumains vis à vis des PN avec qui ils reconnaissent avoir eu de l’amitié ils se justifient par le seul argument que le FLN leur donnait l’ordre et ils ne le discutaient pas  , allant jusqu’à tuer ceux qu’ils considéraient comme des frères.

Le plus intéressant pour nous, Oranais, est que les témoins du massacre du 5 juillet qu’ils soient participants ou pas sont gênés et disent qu’ils ont commis une faute grave que les Oranais qui étaient restés, ne méritaient pas ça. Une des personnes interrogée parlent même de génocide. Ils savent tous que le petit lac renferme les cadavres…
Une fois de plus si l’histoire officielle nous a condamné en tant que colonialistes, l’histoire des hommes qui vivaient le même quotidien est là pour rappeler que nous n’étions pas ce que l’on a voulu faire croire. Certains dans la salle partisans de l’indépendance, ont reconnu qu’ils n’étaient pas au courant de cette réalité.
Ce film mérite d’être vu…
je le conseille pour comprendre l’état d’esprit des Algériens à notre égard ,dont le but était de nous faire partir par la terreur, ils reconnaissent, qu’ils étaient sans pitié même vis à vis des PN qu’ils côtoyaient depuis toujours. Ce film est plein d’enseignements pour nous. Ceux qui avaient l’illusion qu’on aurait pu vivre ensemble n’auront plus de regrets.
V. Ezagouri

Vous trouverez ci-dessous la nouvelle programmation pour le mois de mai des sorties classée par ville et par cinéma.   

J'ai vu le film de J-P LLedo dans films.émissions TV pdf maidebatsavecjplledo.pdf

A suivre Polémiques autour du film  Cliquez

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Polémiques autour du film :Algérie : histoires à ne pas dire

Posté : 20 février, 2008 @ 12:35 dans films.émissions TV, le racisme | Pas de commentaires »

Polémiques autour du film :Algérie : histoires à ne pas dire

Enregistré dans : histoire – 8 avril, 2008 @ 23:22 EditerMonsieur Brahim Senouci Maître de Conférences à l’ Université de Cergy-Pontoise a publié une lettre adressée à  J-P Lledo sur son film. En défenseur du FLN et du gouvernement actuel de l’Algérie il ne l’a pas apprécié . On s’en serait douté !

Pour une fois ce sont deux  Algériens pro FLN qui en discutent . Quelques vérités font enfin surface et cela en dehors du cercle Pieds-Noirs.

Polémiques autour du film :Algérie : histoires à ne pas dire dans films.émissions TV rtf view1ettredebrahimsenouci.rtf

Voici la réponse de J-P Lledo

Chers amis de la LDHvoici avec un peu de retard
la réponse à la lettre de Brahim Senouci
parue pour la première fois dans votre tribune LDH Toulon.

J’espère que sa longueur ne sera pas un handicap.
Mais vous savez par expérience qu’il est toujours plus long de déconstruire une
« évidence » que de la reprendre à son compte.

En vous remerciant d’avance

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Jean-Pierre Lledo
10 Avril 2008

Réponse ouverte de l’auteur du film« Algérie, histoires à ne pas dire »

à lettre fermée de Brahim Senouci. (cliquez)

Pour ceux qui n’auront pas la constance de lire la longue réponse de J-P Lledo je ne resiste pas au plaisir de vous citer le P.-S. de  son auteur qui reflète bien la pensée de tous les pieds-noirs qui ont lu la lettre de M. Brahim Senuci   Maître de Conférences à l’ Université de Cergy-Pontoise .

PS. A question indiscrète, autre question indiscrète : Peux-tu m’expliquer comment, pour fuir son pays, un anti-islamiste à l’étoffe nationaliste aussi épaisse peut choisir… le pays d’un aussi impitoyable ex-colonisateur ? N’as-tu pas craint faire retourner dans leurs tombes ces résistants de la première heure qui venaient justement de ta région, Mascara ? Ca doit être dur à vivre non ?

Bonne lecture !!

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Nouveau                                                                                                                             

Voici le message que je reçois de J-P Lledo

J’ai le plaisir de vous annoncer que le CNRS
présente
Jeudi 4 décembre 2008 à 18 h 00
mon dernier film « Algerie, histoires à ne pas dire« ,

et aussi celui de vous inviter.

Cette projection sera suivie d’un débat
avec
Dominique Wolton
directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS
et les anthropologues
Barkahoum Ferhati
du Centre national de recherche préhistorique, anthropologique et historique d’Alger
et
Michèle Baussant
du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (CNRS/Paris 10)

Merci de confirmer impérativement votre présence à :
genevieve.hatet-najar@cnrs-dir.fr

Jean-Pierre Lledo
CNRS                                                                                                                                        
Auditorium Marie Curie – Campus Gérard Mégie                                                 

3,rue Michel-Ange -                                                                                                           
75794 Paris Cedex 16                                                                                                        

   Métro : Michel-Ange Auteuil                                                                                         

Antisémitisme en Algérie

Posté : 2 décembre, 2007 @ 11:46 dans le racisme, politique | 5 commentaires »

  ANTISEMITISME EN ALGERIE

Alors que Nicolas Sarkozy effectue une visite d’Etat du 3 au 5 décembre à Alger, le ministre algérien des Anciens Combattants accuse à mots couverts le président français de devoir son élection au « lobby juif qui a le monopole de l’industrie en France », selon les propos rapportés par Le Figaro du mercredi 28 novembre.

               Antisémitisme en Algérie dans le racisme 9a63e524-9d22-11dc-a1f2-88e576b1c5ec

En effet, dans un entretien accordé lundi à El Khabar, le principal quotidien du pays, , Mohammed Cherif Abbés, accuse à mots à peine couverts le président français d’être un agent à la solde d’Israël sans que cela ne déclenche de réaction dans les milieux politiques algériens.

Et Mohamed Cherif Abbés d’affirmer: « Vous connaissez les origines du président français et ceux qui l’ont amené au pouvoir ». « Saviez-vous que les autorités israéliennes avaient mis en circulation un timbre à l’effigie de Sarkozy, en pleine campagne électorale? » interroge ce ministre issu du Rassemblement national des démocrates (RND), un parti de l’alliance soutenant le président Abdelaziz Bouteflika.

Voici la vérité sur le vrai-faux timbre  doc dans politique lavrutsurlhistoiredutimbre.doc

Et le ministre algérien  continue dans la même voie « Pourquoi Bernard Kouchner, une personnalité de gauche, a décidé de sauter le pas (en entrant dans le gouvernement) ? Cela ne s’est pas fait pour des croyances personnelles. C’était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de l’industrie en France ». C’est nier les compétences du Ministre français des Affaires Etrangères et  prétendre que seule sa religion et son appartenance à la communauté juive  a déterminé le choix du Président . C’est ignorer le passé de M. Kouchner qui a lui seul aurait justifié le choix du Président

L’an dernier, lors d’une visite à Alger un responsable socialiste français avait eu droit en privé à des remarques sur la «présence des juifs» dans les instances dirigeantes de son mouvement.

Dans le même entretien, Mohamed Cherif Abbés estime que « la venue d’Enrico Macias est une provocation ». Le premier ministre, Abdelaziz Belkhadem, a lui aussi tenu des propos hostiles à la venue du chanteur pied-noir. Le chanteur originaire de Constantine enrico_macias_04devait faire partie de la délégation française mais a finalementD renoncé à la demande de Nicolas Sarkozy, précise Le Figaro.Enrico Macias a déclaré qu’il ne se « rendra pas dans un pays » où il « ne serait le bienvenu », ajoutant cependant qu’il était prêt à patienter et qu’il « se rendrait un jour en Algérie quel qu’en soit le prix ». (avec AP)

Le quotidien DjazairNews a rapporté que lors d’une conférence animée à Oran, le chef du gouvernement Belkhadem, a déclaré que Si Enrico Macias venait en Algérie avec Sarkozy, il boycottera la visite du Président français. Il a affirmé qu’Enrico Macias est une personne indésirable en Algérie  » je ne veux pas le voir car ses intentions sont claires en vers l’Algérie. La preuve ses chansons Algerie-francaise et il soutient Israel » .

Une déclaration très grave d’un Chef d’un gouvernement . C’est tout à fait clair qu’il vient de confirmer qu’Enrico Macias ne peut pas visiter l’Algérie parcequ’il est juif . C’est de l’antisémitisme pur et simple.

Mais tous les journalistes Algériens ne sont pas de cet avis et Enrico est toujours une star à Alger

Voici un article du Quotidien d’Oran doc francealgrie.doc

Mercredi, Mohammed Cherif Abbés s’est dit «étonné et mécontent»qu’on lui ait attribué ces propos, sans toutefois les démentir. Il explique qu’il «ne peut assumer les spéculations irresponsables d’un quelconque journal sur un chef d’Etat ami», avant de préciser : «dans cet entretien il n’a jamais été dans mon intention d’enfreindre le principe que respectent tous les responsables algériens et que m’impose mon obligation de réserve, celui de ne jamais porter atteinte à l’image d’un chef d’Etat étranger».

De son côté le ministère français des Affaires étrangères a fait part de son étonnement. « Nous nous étonnons de ces propos, parus dans la presse, qui ne correspondent pas au climat de confiance et de coopération dans lequel nous préparons la visite d’Etat du Président de la République », a déclaré mercredi la porte-parole du Quai d’Orsay, Pascale Andreani, lors de son point de presse quotidien.                                             

Réponse de l’Elysée :L’incident avec l’Algérie est clos

« J’ai eu longuement le président Bouteflika au téléphone cet après-midi. Il m’a indiqué – ce sont ses mots – que ce qui avait été dit ne reflétait en rien la position de l’Algérie », a dit le chef de l’Etat français, interrogé sur TF1 et France 2.

« Je lui ai dit que je combattrai de toutes mes forces l’antisémitisme, l’islamophobie et toute forme de racisme. Je considère que l’incident est clos et j’irai en ami en Algérie », a ajouté le président de la République.

Mais jeudi, le secrétaire général de l’organisation des anciens combattants de la guerre d’indépendance algérienne, Mohamed Saïd Abadou, déclarait pour sa part dans ce journal que Nicolas Sarkozy ne serait pas le bienvenu en Algérie tant qu’il n’aurait pas présenté des excuses pour le passé colonial de la France                                                                                                                                                                                                                                      Abdelaziz Bouteflika s’est démarqué de ces deux responsables en déclarant à l’agence officielle APS que leurs déclarations n’engageaient qu’eux-mêmes et que la France était un « pays ami ».
( Dont acte )

Fallait-il y aller ?

Nicolas Sarkozy en visite en Algérie, aux côtés d'Abdelaziz Bouteflika (10/07/2007)

Évoquée jeudi matin après l’émoi suscité par les propos à caractère antisémite de son ministre des Anciens Combattants, l’option d’une annulation pure et simple du voyage a été abandonnée pour des raisons à la fois politiques et économiques. «La facilité aurait été de surseoir», note un conseiller du président. L’Élysée estime qu’une telle posture aurait été interprétée en Algérie comme une victoire du camp antifrançais. «Ce n’est pas en désertant le terrain que l’on répond», poursuit le diplomate. Un parallèle est dressé avec les relations franco-allemandes de l’après-guerre. Mais un traité d’amitié tel qu’il avait été imaginé par Jacques Chirac n’est pas pour demain. Nicolas Sarkozy, dans un entretien à l’agence algérienne APS, affiche sa volonté de «réconcilier les mémoires». Pour l’heure, Paris propose un «traité d’amitié simplifié» sur la base d’accords de coopération, pour mieux «former», «investir» et «échanger». Une amitié réduite à des relations commerciales. (Thierry Oberlé)

Sources : Le Figaro, le Novel Obs, le Courrier International 

                                                   retour fleche_064              

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« L’affaire de la consonnance juive du nom de famille »

Posté : 14 septembre, 2007 @ 2:07 dans histoire, le racisme, politique | 9 commentaires »

Incroyable mais vrai

Courant juin, Brigitte Abitbol se présente à la mairie de Montreuil pour faire refaire sa carte d’identité. Là, première surprise désagréable, elle apprend que, comme tous les Français nés à l’étranger ou de parents étrangers, elle est astreinte à une procédure spéciale. Depuis 1994, en effet, l’administration exige d’eux un certificat de nationalité.

«Déjà, le fait qu’on me demande de prouver ma nationalité m’avait contrariée mais bon, admettons.» Elle s’enquiert alors auprès du greffier du tribunal d’instance, chargé de délivrer ce certificat, des pièces à produire. Une liste imprimée lui est remise : actes de naissance de son père et de sa mère, acte de mariage de ses parents. Une mention manuscrite a été ajoutée : «acte de mariage religieux».

Furieuse, Brigitte Abitbol se présente au tribunal d’instance avec les pap

iers demandés, sauf «l’acte de religion». Entre elle et la «dame de l’accueil», le ton monte.

C’est Brigitte Abitbol qui raconte : «La loi c’est la loi, vous fournissez ce qu’on vous demande», lui aurait rétorqué l’agent. «Vichy, c’est fini. Je ne bougerai pas d’ici tant que vous ne m’aurez pas montré le décret qui dit que je dois fournir un acte de religion», répond Brigitte Abitbol.

. Le greffier, qui avait refusé jusque-là de se montrer, est convoqué. Il maintient sa demande . Surprise par cette exigence, Brigitte Abitbol en demande la cause. Et savez-vous ce qu’on lui répondit ?

-Parce que votre nom a une « consonance israélite » !

En France, en 2007 ? 102 ans après la séparation de l’Eglise et de l’Etat, 66 ans après les lois antisémites de Vichy ! !

Et que croyez-vous qu’il advint?

Le greffier avait raison et avait la loi pour lui.

Rassurez-vous il n’y a rien à voir là dedans d’antisémite, mais l’absurdité de la loi qui n’avait pas prévu de telles situations à venir. Il est vrai qu’à l’époque on ne pouvait légiférer autrement.

Je vais essayer de vous expliquer si j’ai bien retenu la leçon.

Depuis 1994, en application des lois Pasqua, la carte nationale d’identité est devenue sécurisée. A cette occasion, la loi a décidé d’en profiter pour vérifier que celui qui la réclame est bien français.

En effet, beaucoup d’anciens habitants des colonies avaient obtenu des titres d’identité qui étaient renouvelés sur simple présentation du précédent sans autre vérification, et leurs enfants étaient eux même considérés comme français, et se considéraient français. Cette situation, pour des raisons qui m’échappent, a paru brutalement insupportable au législateur qui a décidé qu’on vérifierait à cette occasion la nationalité de tous ses citoyens .

Mais comment prouve-t-on que l’on est français ?

- Pour prouver que l’on est Français, il faut remonter dans la ligne de ses ancêtres jusqu’à établir le fait qui attribue la nationalité française.

Le plus simple est la naissance en France d’un parent né en France, qui s’établit par la production des actes d’état civil.

- Jusque là, c’est simple.

- Or ici se pose le problème des populations vivant en Algérie sous domination française.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tout ceux qui vivaient en Algérie n’étaient pas français. . Le fait de naître dans l’Algérie française de parents nés en Algérie française ne faisait pas de vous un français.

On peut distinguer trois populations, pour simplifier.

Les européens venus s’installer en Algérie,

Les colons proprement dits, pudiquement désignés comme « population relevant du droit commun ». Ceux là étaient français à leur arrivée ou étaient devenus français, ils le sont restés et l’étaient donc encore en I962 – Pas de difficulté donc pour eux.

Ceux « d’origine musulmane ».

Ceux là étaient soumis à un statut dit « de droit local », par opposition au « droit commun » des européens. Le « droit local » était appelé l’indigénat avant le 1er juin 1946. De fait, ils n’étaient pas français et devaient, s’ils le désiraient, demander la nationalité, individuellement (‘ contrairement aux juifs) et leurs enfants demeuraient français quoi qu’il arrive puisqu’ils pouvaient produire l’acte de nationalité des parents.

Vous suivez toujours…

Enfin les juifs d’Algérie, environs 37.000 personnes en 1960.

Ceux-ci, étaient sur place lors de l’arrivée des Français . Au début, ils furent soumis au « droit local ». Mais en 1870, Adolphe Crémieux, ministre de la justice, et grand protecteur des juifs, l’étant lui-même, promulgua un décret donnant la nationalité française aux juifs d’Algérie et les soumettait au droit commun, sauf ceux qui y renoncèrent ( il y en eu quelques uns) et les juifs du M’Zab, qui en étaient exclus puisque le M’zab ne faisait pas partie de l’Algérie au moment de la loi Crémieux.

Que se passa-t-il au moment de l’indépendance ?

Les « droits locaux », c’est à dire les arabes et kabyles devinrent algériens.

Restèrent français ceux qui étaient de droit commun puisque leurs parents étaient français. et ceux qui au moment de l’Indépendance firent une demande de nationalité française, ce fut le cas des harkis , du moins ceux qui eurent la chance d’être « recueillis et acceptés « en France. Les Algériens pouvaient également devenir français par simple déclaration jusqu’au 21 mars 1967, où ce dispositif a été abrogé.. Tous ceux-ci n’ont auccun problème problème lors du renouvellement de leur carte d’identité.

- Et les juifs ?

- Le décret Crémieux en avait fait des « droits communs », à l’égal de tous les français d’Algérie, sauf ceux ayant renoncé à ce statut (il y en eut) et les juifs du M’Zab, qui en étaient exclus puisque ne faisant pas partie de l’Algérie au moment de la loi Crémieux.

Ainsi, un juif d’Algérie a toutes les chances d’être français.

Pour l’administration il est français …. A condition… d’être juif, puisque c’était la condition pour bénéficier du décret Crémieux.

- D’où cette étrange demande à cette dame ; pour renouveler sa carte il lui faut prouver qu’elle est juive.

. Par cette demande, le greffier souhaitait avoir la preuve que  » la requérante, née en Algérie de parents nés en Algérie, était bien juive, ce qui implique que ses parents l’étaient eux-même, ou au moins l’un d’entre eux, et étaient donc français par application du décret Crémieux.

-Mais si elle ne le peut ou ne le veut ? Deviendra-t-elle apatride ?

Non , c’est impossible. En France, nul ne naît ni ne devient apatride.

Elle serait présumée issue de parents « de droit local », donc Algérienne.

Vous suivez toujours…

Sauf… sauf si elle peut prouver que ses parents ont demandé la Nationalité Française , mais c’est là que cela devient ubuesque cela n’est pas possible puisqu’ après la loi Crémieux ils étaient de »droit commun » donc n’avaient aucune raison de souscrire une telle demande.

Elle pouvait encore ‘prouver qu’ils se sont pas vu reconnaître cette nationalité postérieurement au 3 juillet 1962, auquel cas ils seraient devenus français par application de l’article 1er de la loi 66-945 du 20 décembre 1966, nationalité dont elle aurait hérité et elle n’avait aucune obligation de prouver qu’elle était juive.

Vous voyez bien qu’établir sa judaïté était la solution la plus simple pour elle comme pour le greffier.

- La plus simple, sans doute, mais pas la moins traumatisante !

L’incident qui a suivi la demande est assurément regrettable, mais le greffier, n’a fait que se conformer à des directives sur lesquelles il n’a aucune prise, et qu’il serait probablement bien incapable d’expliquer.

Une dernière absurdité

Et si cette dame était descendante de Français juifs venus s’installer en Algérie après sa conquête par la France ?

- Il eût suffi qu’elle remonte à son premier ancêtre né en France de parent né en France, et sa religion n’eut pas été en cause.

Mais il n’empêche… Alors que la Constitution interdit de distinguer selon la race ou la religion, alors que les discriminations sont prohibées, est-il acceptable que l’on demande à quelqu’un de prouver sa religion sous peine d’être déchue de sa nationalité ?

Ce qui me surprend le plus c’est comment des fonctionnaires « français de souche » reconnaissent la consonance juive.

Quel métropolitain sait que Séror, Griguer, Peres, Caravahlo ,Monsonego,même Duran sont des noms juifs sépharades?

Les préposés ont-ils à leur disposition des listes de noms ?

Cela serait plus grave et discriminatoire. Qu’en pensent alors les associations et collectifs de défense des libertés individuelles ?

Bon je ne vais pas commencer à me mêler de cela…mes amis israélites ont dû y penser avant moi.

Sources pour les références au code civil : Le Journal d’un avocat.

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Tintin était-il raciste ?

Posté : 10 août, 2007 @ 2:36 dans le racisme | 12 commentaires »

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! TINTIN RACISTE ? Jusqu’où ira-t-on ?
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La Photo de Tintin au Congo dans les mains de Bienvenu Mbutu Mondondo, mardi 7 août, à Bruxelles (photo Pirlet/AFP).

Un étudiant en sciences politiques à Bruxelles, Bienvenu Mbutu Mondondo (38 ans), a déposé plainte contre X et contre la société Moulinsart, en charge de l’exploitation commerciale de l’oeuvre d’Hergé, a expliqué le porte-parole du parquet, Jos Colpin.

L’enquête n’en est qu’à ses prémices, le juge d’instruction Michel Claise n’ayant pas encore décidé si la plainte était recevable.

Dans cette album publié en 1930-31, alors que la Belgique colonisait le Congo, et qui est encore vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires chaque année, le dessinateur belge Hergé représentait l’Afrique « de manière naïve », reflétant l’esprit paternaliste de l’époque, reconnaît Moulinsart sur son site internet


En juillet, la Commission britannique pour l’égalité raciale (CRE) avait jugé que la vente de cet album « dépassait l’entendement ». « Ce livre contient des images et des dialogues porteurs de préjugés racistes abominables, où les ‘indigènes sauvages’ ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles », avait déclaré une porte-parole de la CRE.

Suite à cet avis, le groupe américain Borders a demandé à toutes ses librairies aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne de déplacer les albums controversés vers la section des BD pour adultes.

 art_46058« Je veux qu’on arrête de mettre en vente cette bande dessinée, que ce soit pour les enfants ou pour les adultes. C’est un livre raciste, rempli de propagande colonialiste », a déclaré le plaignant. « Il n’est pas admissible que Tintin puisse crier sur des villageois qui sont forcés de travailler à la construction d’une voie de chemin de fer ou que son chien Milou les traite de paresseux », a-t-il précisé.

Jozef Dewitte, directeur du Centre belge pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme appelait mardi à une « certaine prudence ».

« Il s’agit d’une oeuvre d’art, faite par quelqu’un de décédé depuis longtemps. Je conçois que des gens puissent se sentir insultés, mais plutôt que de tenir des propos « hyper-politiquement corrects », on ferait mieux de s’attaquer aux discriminations à l’embauche ou au logement », a-t-il réagi

Enfin quelqu’un de sensé parmi les défenseurs de la lutte contre le racisme.

Stéphane Steeman, humoriste, tintinophile d’avant-garde , avait déjà affirmé, en 1999,  » on ne peut rien reprocher à Hergé. Tout au plus quelques gaffes, des erreurs de jeunesse « .

S’il est indéniable que les clichés colonisateur de Tintin au Congo choqueraient s’ils étaient écrits aujourd’hui, replacés dans leur contexte, on comprend aisément qu’il n’y a aucune volonté de se moquer et qu’une certaine tendresse transparait au contraire dans l’écriture

Reste que « Tintin au Congo » est aujourd’hui encore une des œuvres les plus populaires d’Hergé, estime Marcel Wilmet, porte-parole des Studios Hergé. Pour une raison simple : « Elle plait beaucoup aux enfants. »

À Kinshasa, les artistes congolais ne sont nullement choqués par le contenu du livre . Auraient-ils plus d’humour que cet étudiant de 38 ans vivant lui à Bruxelle ? Ils ne boudent pas Tintin : ils reproduisent allégrement les dessins des aventures de Tintin, qu’ils revendent notamment aux touristes belges qui les recherchent spécialement. Certains touristes font faire le dessin de la couverture de l’album avec par exemple « Albert au Congo » à la place de « Tintin au Congo ».

Nous, nous aimons toujours Tintin et zut pour les censeurs !
N’est-il pas mignon ce petit noir ? Il a l’air tellement heureux avec ces deux amis racistes ! Pourquoi le priver de cette ballade ?

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Je sais !…l’image suivante est une image affreusement colonialiste mais je l’adore ! J’ai toujours rêvé d’avoir Milou dans ma classe.

Dans la nouvelle édition le texte est actualisé. On voit là une tentative d’atténuer la manifestation du paternalisme de l’époque et coller à la réalité actuelle.

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                        Tintin au Congo (éditions de 1931 et de 1984).

L’affaire devrait être étudiée au mois de septembre si elle est déclarée recevable par le juge d’instruction.

Si tous les pays où Tintin a enquêté doivent recourir aux tribunaux nous nous préparons à de belles envolées !

Que les tintinophiles se rassurentn, Tintin n’est pas mort ; il va même revenir au cinéma en 2009 sous l’imposant parrainage de Steven Spielberg et… Peter Jackson, sans acteurs, mais en images de synthèse. Plus de détails demain…

En attendant je vous recommande ce livre si vous êtes un fan de Tintin.

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Tintin en Irak est une parodie des albums de Tintin.
Cet album reprend les dessins de plusieurs albums des aventures de Tintin comme : Tintin au Congo, L’Oreille Cassée, Objectif Lune, Le Crabe aux Pinces d’Or, Le Lotus Bleu, Les Bijoux de la Castafiore, Tintin au Tibet, Tintin au Pays de l’Or Noir…
Tous les textes sont changés et sont en rapport avec les évènements liés à la guerre en Irak. Tous les évènements sont relatés de façon comique bien sur.

Va-t-il être censuré ?
Bonne lecture.
M’dame

à suivre / Tintin sur grand écran cliquez

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Discrimination raciale dans les deux sens

Posté : 13 juillet, 2007 @ 1:13 dans le racisme | 2 commentaires »

Le terme de Sous-chien n’est-il pas injurieux et ne constitue-t-il pas une discrimination raciale puisqu’il ne vise que les « blancs »?

Les juges semblent depuis quelque temps appliquer la loi contre la discrimination raciale dans les deux sens :

L’ancien président indépendantiste de la Polynésie était poursuivi pour avoir utilisé un terme injurieux à l’encontre des Européens qui s’ y installent.

________Oscar Temaru (Reuters) 

Oscar Temaru, a été condamné mardi pour « discrimination raciale » par le tribunal correctionnel de Papeete Il devra verser une amende de 500.000 francs Pacifique (4.000 euros) et 1 FCP (moins d’un centime d’euro) de dommages et intérêts au particulier qui a porté plainte pour ses propos tenus à l’encontre des Européens.

En effet, »le 21 septembre 2006, lors d’une interview en langue tahitienne diffusée par RFO radio Polynésie, Oscar Temaru, alors président de cette collectivité d’outre-mer, avait utilisé le terme « aiha » (« détritus amassés par la mer » ou « terme de mépris à l’égard d’un bon à rien », selon les définitions du dictionnaire de l’Académie tahitienne, NDLR) à l’encontre des Européens qui viennent s’installer en Polynésie française.

« Détritus » « sous-chiens  » les deux termes injurieux méritent le même traitement et la même condamnation.

Qu’attendent donc le CSA et les associations comme le MRAP, SOS Racisme, ou la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) récemment instituée, pour poursuivre Mme Houria Bouteldja ? Elle aussi a tenu des propos injurieux contre les Français et sur une chaîne nationale ?

De son côté, le même jour, la Cour de Cassation a annulé la relaxe en faveur du chanteur Hamé, membre du groupe de rap « La Rumeur », poursuivi pour ses propos contre des policiers « assassins ».

Hamé du groupe de rap La Rumeur

L’artiste avait alors notamment déclaré que :

« les rapports du ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété ».

Des paroles portant attente à l’honneur de la police nationale, selon le parquet. Le ministère de l’Intérieur, dirigé alors par Nicolas Sarkozy, avait décidé de porter plainte

La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, la Cour de cassation, a donc cassé mercredi 10 juin la relaxe prononcée en faveur du rappeur, Mohamed Bourokba, dit Hamé, arrêt de relaxe qui avait été rendu le 23 juin 2006 par la 11e chambre de la Cour d’appel de Paris.

La loi sur la discrimination raciale bénéficierait-elle aussi aux « blancs »?

C’est nouveau et ce n’est que justice et égalité.

M’dame                                                                                      retour Discrimination raciale dans les deux sens dans le racisme fleche_064          

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