GAZETTE de LA-BAS

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Archive pour la catégorie 'histoire'

L’accueil

Posté : 27 septembre, 2007 @ 7:10 dans évènements d'Algérie, histoire | 34 commentaires »

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« Imaginez… Demain vous partez !! Derrière vous la maison, les voisins, les odeurs ; le stade, l’église et le cimetière ; la couleur de la terre, de la lumière et sur ce banc votre premier baiser.. Il ne s’agit pas de déménager mais bien de se couper en deux.

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..

C’est à Marseille que les Français se mirent à comprendre ce qui se passait
véritablement puis à Toulon, à Nice, dans tout-le Midi.       

Immaginez qu’après  un départ en catastrophe, venant d’échapper aux tueurs du FLN, vous arrivez à Marseille . Enfin vous dites- vous et sur les digues du port vous voyez en grandes lettres, ecrit par les dockers: Pieds-noirs, on ne veut pas de vous .Repartez dans votre pays. Pensez à ceux qui étaient venus délivrer la France en 1944, à ceux qui avaient perdu un fils lors de cette guerre et qui lirent cette phrase.

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 A l’aéroport de Marignane, et sur le port de la cité phocéenne – où l’on avait installé des L'accueil dans évènements d'Algérie accueil41baraquements improvisés -les Européens d’Algérie débarquaient par dizaines de milliers. Le flot des rapatriés était ininterrompu. Tout un peuple se déversait, fuyant  » le FLN qu’on allait trouver à sa porte » (c’était l’expression d’alors), emportant dans sa fuite quelques valises, et pour les plus chanceux, des meubles ou une voiture.

Les  » métropolitains « , comme on disait alors, découvraient sidérés un des plus incroyables exodes de l’histoire européenne: le transfert d’un million de Français qui, pour la plupart, n’avaient jamais mis les pieds dans l’Hexagone, sauf pour se faire tuer en plus grand nombre que les autres durant les deux grandes guerres. Personne ne les attendait, et surtout pas de Gaulle ou le gouvernement Pompidou, qui durant le Conseil des ministres de mai et de juin 1962, estimait que  » quelques dizaines de milliers de rapatriés  » seulement quitteraient acc331 dans histoirel’Algérie -cécité politique ou cynisme absolu , sur ce point les historiens n’ont pas tranché -. La quasi- totalité de la communauté européenne quitta sa terre natale, et on connaît la suite.
L’accueil ne fut pas chaleureux ..

Il sera le plus souvent laissé à l’initiative de bonnes volontés

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Il convient de situer dans le cadre de ce chapitre quelques commentaires et réflexions formulés par certains- ministres gaullistes en fonction à l’époque de l’exode pied-noir, qui laissent planer un doute sérieux quant au niveau de leur QI.

Louis Joxe s’est permis de déclarer, nous le savons, qu’il ne fallait surtout pas permettre aux Pieds- Noirs de s’installer là où ils le voulaient.

 Nous étions, d’après lui, de la « mauvaise graine », qu’il valait mieux disperser

Marseille, 1962. Un rapatrié et sa légion d’honneur encadrée. .un_rapatrie_et_legion_dhonneur

Le ministre Boulin, avec un sérieux incroyable, n’a pas hésité à affirmer, en juillet 1962, que nous retournerions en Algérie après une « période de vacances ». Car, pour lui, notre déracinement n’était qu’une villégiature.

Un petit bol d’air sur la Cannebière et sur la Promenade des Anglais, puis nous retournerions à Bab-El-Oued, à Aflou ou à Tebessa!

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A l’évocation de ces deux anecdotes, riches avant tout d’une imbécillité tragique, nous songeons, avec délectation d’ailleurs, à une réflexion du général Massu.

Celui-ci, au mois de janvier 1960, a déclaré au Président de la République Charles De Gaulle:

« Vous êtes entouré d’une bande de cons, mon général! »

Et De Gaulle de lui répondre avec sérieux et une conviction évidente: «Je sais Massu

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Aucune réaction d’amour ou même de simple sympathie envers notre peuple.
Tout au contraire, parfois des réactions de haine. Comme à Sète, comme à Marseille. Où des autorités municipales ont invité les populations locales à rejeter les Européens d’Algérie à la mer. Toutes ces réactions étaient la traduction évidente d’un vide sentimental absolu, qui n’était rien d’autre, en réalité, que le reflet d’un vide idéologique profond.
Ils n’avaient pas, comme nous, vécu ce rêve merveilleux. Le rêve de la grande France.
La France vecteur et pilote de culture, de civilisation.
Non, ce rêve ils ne l’ont pas connu, englués qu’ils étaient dans la fausse quiétude du gaullisme moralisateur et triomphaliste

Extrait de :L’islamisme dans le guerre d’Algérie de Yves Pérez

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                                                                                acc91.jpg                          2007111718183126_Quicklook-original Des centaines de milliers de pieds-noirs se sont retrouvés à Marseille où des associations comme la Croix-Rouge se sont substituées à un État défaillant pour les accueillir.Photos Archives La Provence                                                   pochoirfrise104.jpg Extraits de Paris-presse l’intransigeant  » Dernière heure  » jeudi 26 juillet 1962 l299xh191defferrepiedsnoirs056c1.gif

Dans le même temps, à Marseille, les événements prennent un tour dramatique pour les réfugiés. Le 29 juin, un mouvement de grève s’est déclaré sur le port. Les marins et officiers réclament une hausse des salaires, le paiement des jours fériés, une indemnité de fin de carrière, un 13ème mois, une allocation supplémentaire d’ancienneté, une relâche d’au moins 18 heures dans les ports entre deux voyages. Les armateurs refusent. Les bateaux à destination de Marseille sont détournés sur Toulon.

D’autres navires sont alors réquisitionnés pour effectuer des aller-retour Toulon – les ports d’Algérie. Des vaisseaux militaires seront même amenés à transporter les Européens fuyant l’Afrique du Nord.Toulon devient alors le port de transit des repliés.

Le 30 juin, trois bateaux détournés, en provenance de Philippeville, d’Oran et de Bougie débarquent à l’Arsenal 3.326 personnes et 208 voitures.

Le 1er juillet ce sont 622 passagers, le 2 juillet 960, le 3 juillet 840, le 4 juillet 1700. Le 5 est une journée

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Le Ville de Marseille

acc111mais le 6 juillet ce sont 576 réfugiés de confession musulmane (en fait les premiers harkis) qui descendent du Phocée et 23 Européens arrivés sur un navire de guerre.

Le 9 juillet, le porte-avions La Fayette accoste avec à son bord 2500 personnes originaires d’Oran et Mers El Kébir.

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L’arrivée du « KAIROUAN » qui ramène en un voyage, le 25 juin 1962, 2630 personnes

Documents extraits de « 1962 L’exode » cliquez

Pourquoi cette haine ?  Que leur avions-nous fait ?

 » Ne laissons pas les repliés d’Algérie devenir une réserve du fascisme » François BILLOUX, député communiste (Juillet 1962)

Le pire pour les Oranais et les Harkis était à venir

Le massacre du 5juillet(cliquez)  oran18   retour fleche_064   

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Ces juifs oubliés parmi les berbères ( 1 )

Posté : 17 septembre, 2007 @ 7:08 dans évènements d'Algérie, histoire | 24 commentaires »

Une communauté saharienne dispersée

par le vent de  l’Histoire 

Sources: Extrait de « Les Juifs du M’zab » par Charles Kleinkenecht, Administrateur des Services civils de l’Algérie (E.R.), ancien Sous-préfet de Ghardaïa (Oasis) –

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Aux confins sahariens, vivaient depuis des siècles, sinon un ou deux millénaires, de nombreuses communautés juives, regroupées dans des quartiers réservés : les mellahs. Ces juifs oubliés parmi les berbères ( 1 )  dans évènements d'Algérie 1958_tineghir_pLes juifs berbérophones des pays chleuh et tamazight possédaient, par tradition, une culture littéraire orale et religieuse. Ces communautés vivaient au sein de tribus amazighes, empruntaient aux groupes voisins des formes d’organisation sociale ou même, quelquefois, leurs rites mais conservèrent leurs religion et les coutumes religieuses hébraïques. .

La plupart des communautés juives, vivant dans la montagne et le sud du pays, étaient bilingues (berbero-arabophones), d’autres essentiellement berbérophones comme à 1953_illigh dans histoireTifnut. De cette dernière catégorie, quelques individus isolés ont immigrés en Israël, principalement à Ashkelon.Le tamazight était un parler juif de communication dans le milieu familial, social et économique mais constituait, à côté de l’hébreu, la langue traditionnelle de culture et d’enseignement, pour expliquer et traduire les textes sacrés, comme le judéo arabe ou le vieux castillan dans les communautés de langue arabe ou d’origine hispanique. Les bénédictions de la Thora étaient dites uniquement en berbère jusque dans la liturgie pascale. La langue de la très précieuse Haggada de Pessahs’apparente à la tamazight. La version berbère de cette Haggada constitue aujourd’hui une véritable preuve historique de l’existence d’une diaspora longtemps ignorée Famile juive devant sa porte (photod 1953)Les Juifs totalement intégrés à la société berbère, vivaient en paix et en symbiose avec les musulmans . De plus, ces Juifs  » possèdaient toutes les caractéristiques des montagnards… ils portaient le même costume qu’eux, et on ne peut pas les distinguer de leurs voisins musulmans

« Pour les Juifs européens, la découverte de coreligionnaires primitifs a été une surprise et n’évoque pas seulement le souvenir des tribus perdues mais leur révèle aussi d’anciennes coutumes disparues, à un moment où eux-mêmes commençaient à arton861se considérer comme une nation et se tournaint vers les terres bibliques du Levant pour restaurer la souveraineté juive     (M.R.COCQ )

Des historiens juifs pensent de plus en plus justifiée cette thèse selon laquelle ces tribus juives oubliées parmi les berbères font bien partie de ces 10 tribus perdues d’Israël disparues de Samarie tout comme ces tribus éthiopiennes récemment « ‘rapatriées » en Israël sur « les ailes d’un aigle» comme l’avait prédit la bible.

L’aigle étant devenu un bel avion blanc.

Pour ceux qui veulent connaître l’origine de « légende » des tribus perdues Lisez :

docalarecherchedesdixtribusperdues.doc

 

: la situation des Juifs du M’Zab en 1962

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Ghardaïa est la capitale du M’Zab, située à 630 km au sud d’Alger, centre nord du Sahara et  »porte du désert ». En 1961 la population juive de la région compte 978 âmes.

En 1958, à la suite des positions du Général de Gaulle pour le maintien d’une Algérie française et son accession à la tête de l’Etat, les Juifs du M’Zab, comme la majorité des Algériens, sont convaincus de la pérennité de la souveraineté française au Sahara.

Cet espoir est d’autant plus fort que le gisement de pétrole de Hassi Messaoud, à 70 kilomètre au nord-ouest de Ghardaïa vient d’être découvert en mars 1956, et qu’en mars 1957, le Général de Gaulle lui-même est venu affirmer à Ghardaïa que le pétrole saharien est la « grande chance de la France ».

La prospérité paraît assurée dans un Sahara doté de son propre Ministère et qui ne sera pas concerné par les négociations avec le FLN. Il devra rester français ou devenir un Sahara associé à la France, même en cas d’indépendance de l’Algérie.

Mais quand vient l’accord de cessez-le-feu du 19 mars 1962,

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    La délégation française à Evian (à gauche) : Robert Buron, Jean de Broglie et Louis Joxe. La délégation algérienne (à-droite) : Saad Dahlab, Krim Belkacem, Aziz Ben Tobbal, Yazid, Malek, Ben Yahia et Ahmed Francis. En signant ces accords, le gouvernement français s’inclinait devant les exigences du F.L.N. : la France reconnaissait l’indépendance algérienne, liée au cessez-le-feu; ne réclamait pas de statut particulier définitif pour les Français d’Algérie; admettait l’intégration du Sahara à l’Algérie.  
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le Ministère du Sahara est supprimé dès avril 1962, la Direction des affaires administratives et sociales du Sahara est rattachée au Ministère d’Etat chargé des affaires algériennes. Les accords d’Evian, avec le lâchage de cette région, provoque une déception générale parmi les populations sahariennes et, chez les juifs, une véritable panique. Que vont-ils devenir ? Ils étaient environs 900 et tout le monde avait oublié qu’ils n’étaient pas français.

A suivre :  L’exode des juifs du M’zab en 1962   (cliquez)        retour fleche_064    

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L’exode des juifs du M’Zab( 2 )

Posté : 16 septembre, 2007 @ 5:53 dans évènements d'Algérie, histoire, politique | 30 commentaires »

L'exode des juifs du M'Zab( 2 ) dans évènements d'Algérie ghardaia GHARDAÏA

En 1962 les juifs du M’Zab et des territoires de Ghardaïa n’étaient pas français.

Par quelle aberration ? Et personne jusqu’à ce jour ne s’en était soucié.

POURQUOI?

Les décrets du 24 octobre 1870 (Décret Crémieux) et du 7 octobre 1871 avaient accordé la citoyenneté française à part entière aux Israélites indigènes d’Algérie.

Mais par « Algérie » il fallait entendre les seuls territoires géographiques des trois départements d’Alger, de Constantine et d’Oran tels qu’ils existaient à l’époque (1870)
Les territoires sahariens de Ghardaïa et du M’Zab, non encore militairement occupés et pacifiés, n’y étaient pas compris.

Après les funestes Accord d’Evian, les juifs vivant au milieu et en parfaite symbiose avec les musulmans du M’zab et des territoires de Ghardaïa sont paniqués.
Leur affolement et leur panique sont pleinement justifiés.

Depuis un certain temps, de jeunes musulmans profèrent à leur encontre des menaces précises de pillages, massacres, enlèvement de femmes. Les filles sont bousculées dans la rue, les passages juifs insultés, les élèves juifs battus dans les écoles par leurs petits camarades musulmans. Des rassemblements d’individus violents et menaçants regroupés autour du quartier juif doivent être dispersés par les forces de l’ordre.

La renaissance chez les musulmans du racisme et de la haine devient évidente, et des faits précis confirment cette hostilité, par exemple :
- Les commerces des juifs sont boycottés.

- Il est interdit à un musulman d’acheter un immeuble appartenant à un juif.

« Les juifs sont venus nus, ils doivent repartir nus »,dit-on.Les juifs craignent donc de revenir au temps des Kanoun, au statut de Dhimmis.

En outre, ils sont impressionnés par les déclarations faites par Ben Bella début 1962 au Proche Orient, jurant que les troupes de l’Algérie indépendante, estimées à cent mille hommes, se joindront à celles des pays arabes pour anéantir Israël (où 1034 membres de leur communauté ont déjà émigré). Ils ont donc la conviction qu’ils deviendront un jour des otages à la merci des Algériens.

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Ce n’est que le 13 juin 1962, soit trois mois après le cessez-le-feu et vingt jours avant le scrutin d’autodétermination, donc vraiment in extremis que cette population accède à la pleine citoyenneté française. Ceci par un arrêté du ministre chargé des Affaires algériennes paru au Journal Officiel.
C’est grâce à cette mesure que les Juifs du M’Zab, dans leur quasi-totalité, deviennent des citoyens français de statut civil de droit commun et peuvent de ce fait envisager sans obstacles administratifs leur installation dans la Métropole.

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ET CE FUT L’EXODE

L’exode massif d’une communauté aux abois, dans un climat d’affolement total.

L’autorité locale fut sollicitée par des délégations juives de plus en plus pressantes dont la nouvelle accession au statut civil de droit commun français encourageait et laissait espérer l’aboutissement des démarches.                                             

Ils demandaient avec insitance leur évacuation avant le scrutin sur l’Autodétermination fixé au 2 juillet 1962.

Mais allait survenir un problème majeur : ils refusaient d’affronter les 600 kilomètres de route pour rejoindre Alger par crainte d’attentats.

Une solution très urgente s’imposait

                                                     pochoirfrise104.jpg ,

Des démarches furent entreprises à Alger et à Paris et l’Alliance Israélite Universelle joua un rôle déterminant pour obtenir la mise enplace d’un véritable pont aérien de 10 appareils afin d’assurer le départ massif des 900 juifs encore présents au M’Zab .

Un transport direct depuis Noumerat (aérodrome à 15 km de Ghardaïa) à Marseille fut réalisé et échelonné sur une durée d’une quinzaine de jours. 

La dernière  demarche .                                                   

Il restait une dernière démarche qui pour une communauté juive est primordiable : la sauvegarde des anciens livres sacrés

Avant le départ, une forte équipe de jeunes gens procéda, en mai, à l’inhumation des livres,  » écrits sacrés abîmés et inutilisables », qui selon un rite millénaire, avait été enterrés au cours des années ou même des siècles dans des tombes prévues à cet effet dans leur cimetière et cela dans une ambiance de rage contenue et de grande tristesse.

Quant aux objets du culte et surtout aux dix-sept précieuses et souvent très anciennes Torah qui faisaient la fierté de la communauté, ils furent répartis dans certains bagages et transportés avec le plus grand soin.

Sous la protection très discrète de la police et de l’armée, les familles se regroupèrent sur l’aérodrome avec leurs enfants, vieillards, leurs trop nombreux infirmes, sourds-muets, aveugles : la consanguinité des tribus, vivant trop longtemps isolées, avait fait son oeuvre.

C’était pour la plupart de ces braves gens le premier voyage en avion et à destination d’une France que quasi personne ne connaissait.

L’exode fut total au ler juillet 1962, à l’exception de trois commerçants qui espéraient ainsi sauver leur bien mais avaient cependant évacué femme et enfants. Demeurés sans rabbin, sans boucher rituel et trop peu nombreux pour réunir un « Minyan », ils durent eux aussi finalement tout abandonner.

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«Ayant personnellement, en tant que « rapatrié », pu accompagner un de ces convois aériens de Ghardaïa à Marseille, j ‘ai pu constater combien ces pauvres gens étaient choqués, pitoyables, ignorant le sort qui pouvait les attendre.» (Charles Kleinkenecht, Administrateur des Services civils de l’Algérie (E.R.), ancien Sous-préfet de Ghardaïa (Oasis) –

Mais contrairement à la plupart des autres « rapatriés » tout aussi perdus et qui devaient compter sur leur propre volonté pour découvrir l’ organisme susceptible de les guider, les israélites sahariens, particulièrement désorientés et trop fatalistes pour en imposer, ont été accueillis d’une manière exemplaire par les services du Fonds International Juif Unifié, installé rue de la Palud à Marseille, transformé en centre d’accueil.

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Lire  » L’accueil en métropole » rtf dans histoiredocumentdiasporaoualiya.rtf

Sources : Rapport de Charles Kleinkenecht Administrateur des services civils de l’Algérie

     retour fleche_064 dans politique                                                           

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« L’affaire de la consonnance juive du nom de famille »

Posté : 14 septembre, 2007 @ 2:07 dans histoire, le racisme, politique | 9 commentaires »

Incroyable mais vrai

Courant juin, Brigitte Abitbol se présente à la mairie de Montreuil pour faire refaire sa carte d’identité. Là, première surprise désagréable, elle apprend que, comme tous les Français nés à l’étranger ou de parents étrangers, elle est astreinte à une procédure spéciale. Depuis 1994, en effet, l’administration exige d’eux un certificat de nationalité.

«Déjà, le fait qu’on me demande de prouver ma nationalité m’avait contrariée mais bon, admettons.» Elle s’enquiert alors auprès du greffier du tribunal d’instance, chargé de délivrer ce certificat, des pièces à produire. Une liste imprimée lui est remise : actes de naissance de son père et de sa mère, acte de mariage de ses parents. Une mention manuscrite a été ajoutée : «acte de mariage religieux».

Furieuse, Brigitte Abitbol se présente au tribunal d’instance avec les pap

iers demandés, sauf «l’acte de religion». Entre elle et la «dame de l’accueil», le ton monte.

C’est Brigitte Abitbol qui raconte : «La loi c’est la loi, vous fournissez ce qu’on vous demande», lui aurait rétorqué l’agent. «Vichy, c’est fini. Je ne bougerai pas d’ici tant que vous ne m’aurez pas montré le décret qui dit que je dois fournir un acte de religion», répond Brigitte Abitbol.

. Le greffier, qui avait refusé jusque-là de se montrer, est convoqué. Il maintient sa demande . Surprise par cette exigence, Brigitte Abitbol en demande la cause. Et savez-vous ce qu’on lui répondit ?

-Parce que votre nom a une « consonance israélite » !

En France, en 2007 ? 102 ans après la séparation de l’Eglise et de l’Etat, 66 ans après les lois antisémites de Vichy ! !

Et que croyez-vous qu’il advint?

Le greffier avait raison et avait la loi pour lui.

Rassurez-vous il n’y a rien à voir là dedans d’antisémite, mais l’absurdité de la loi qui n’avait pas prévu de telles situations à venir. Il est vrai qu’à l’époque on ne pouvait légiférer autrement.

Je vais essayer de vous expliquer si j’ai bien retenu la leçon.

Depuis 1994, en application des lois Pasqua, la carte nationale d’identité est devenue sécurisée. A cette occasion, la loi a décidé d’en profiter pour vérifier que celui qui la réclame est bien français.

En effet, beaucoup d’anciens habitants des colonies avaient obtenu des titres d’identité qui étaient renouvelés sur simple présentation du précédent sans autre vérification, et leurs enfants étaient eux même considérés comme français, et se considéraient français. Cette situation, pour des raisons qui m’échappent, a paru brutalement insupportable au législateur qui a décidé qu’on vérifierait à cette occasion la nationalité de tous ses citoyens .

Mais comment prouve-t-on que l’on est français ?

- Pour prouver que l’on est Français, il faut remonter dans la ligne de ses ancêtres jusqu’à établir le fait qui attribue la nationalité française.

Le plus simple est la naissance en France d’un parent né en France, qui s’établit par la production des actes d’état civil.

- Jusque là, c’est simple.

- Or ici se pose le problème des populations vivant en Algérie sous domination française.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, tout ceux qui vivaient en Algérie n’étaient pas français. . Le fait de naître dans l’Algérie française de parents nés en Algérie française ne faisait pas de vous un français.

On peut distinguer trois populations, pour simplifier.

Les européens venus s’installer en Algérie,

Les colons proprement dits, pudiquement désignés comme « population relevant du droit commun ». Ceux là étaient français à leur arrivée ou étaient devenus français, ils le sont restés et l’étaient donc encore en I962 – Pas de difficulté donc pour eux.

Ceux « d’origine musulmane ».

Ceux là étaient soumis à un statut dit « de droit local », par opposition au « droit commun » des européens. Le « droit local » était appelé l’indigénat avant le 1er juin 1946. De fait, ils n’étaient pas français et devaient, s’ils le désiraient, demander la nationalité, individuellement (‘ contrairement aux juifs) et leurs enfants demeuraient français quoi qu’il arrive puisqu’ils pouvaient produire l’acte de nationalité des parents.

Vous suivez toujours…

Enfin les juifs d’Algérie, environs 37.000 personnes en 1960.

Ceux-ci, étaient sur place lors de l’arrivée des Français . Au début, ils furent soumis au « droit local ». Mais en 1870, Adolphe Crémieux, ministre de la justice, et grand protecteur des juifs, l’étant lui-même, promulgua un décret donnant la nationalité française aux juifs d’Algérie et les soumettait au droit commun, sauf ceux qui y renoncèrent ( il y en eu quelques uns) et les juifs du M’Zab, qui en étaient exclus puisque le M’zab ne faisait pas partie de l’Algérie au moment de la loi Crémieux.

Que se passa-t-il au moment de l’indépendance ?

Les « droits locaux », c’est à dire les arabes et kabyles devinrent algériens.

Restèrent français ceux qui étaient de droit commun puisque leurs parents étaient français. et ceux qui au moment de l’Indépendance firent une demande de nationalité française, ce fut le cas des harkis , du moins ceux qui eurent la chance d’être « recueillis et acceptés « en France. Les Algériens pouvaient également devenir français par simple déclaration jusqu’au 21 mars 1967, où ce dispositif a été abrogé.. Tous ceux-ci n’ont auccun problème problème lors du renouvellement de leur carte d’identité.

- Et les juifs ?

- Le décret Crémieux en avait fait des « droits communs », à l’égal de tous les français d’Algérie, sauf ceux ayant renoncé à ce statut (il y en eut) et les juifs du M’Zab, qui en étaient exclus puisque ne faisant pas partie de l’Algérie au moment de la loi Crémieux.

Ainsi, un juif d’Algérie a toutes les chances d’être français.

Pour l’administration il est français …. A condition… d’être juif, puisque c’était la condition pour bénéficier du décret Crémieux.

- D’où cette étrange demande à cette dame ; pour renouveler sa carte il lui faut prouver qu’elle est juive.

. Par cette demande, le greffier souhaitait avoir la preuve que  » la requérante, née en Algérie de parents nés en Algérie, était bien juive, ce qui implique que ses parents l’étaient eux-même, ou au moins l’un d’entre eux, et étaient donc français par application du décret Crémieux.

-Mais si elle ne le peut ou ne le veut ? Deviendra-t-elle apatride ?

Non , c’est impossible. En France, nul ne naît ni ne devient apatride.

Elle serait présumée issue de parents « de droit local », donc Algérienne.

Vous suivez toujours…

Sauf… sauf si elle peut prouver que ses parents ont demandé la Nationalité Française , mais c’est là que cela devient ubuesque cela n’est pas possible puisqu’ après la loi Crémieux ils étaient de »droit commun » donc n’avaient aucune raison de souscrire une telle demande.

Elle pouvait encore ‘prouver qu’ils se sont pas vu reconnaître cette nationalité postérieurement au 3 juillet 1962, auquel cas ils seraient devenus français par application de l’article 1er de la loi 66-945 du 20 décembre 1966, nationalité dont elle aurait hérité et elle n’avait aucune obligation de prouver qu’elle était juive.

Vous voyez bien qu’établir sa judaïté était la solution la plus simple pour elle comme pour le greffier.

- La plus simple, sans doute, mais pas la moins traumatisante !

L’incident qui a suivi la demande est assurément regrettable, mais le greffier, n’a fait que se conformer à des directives sur lesquelles il n’a aucune prise, et qu’il serait probablement bien incapable d’expliquer.

Une dernière absurdité

Et si cette dame était descendante de Français juifs venus s’installer en Algérie après sa conquête par la France ?

- Il eût suffi qu’elle remonte à son premier ancêtre né en France de parent né en France, et sa religion n’eut pas été en cause.

Mais il n’empêche… Alors que la Constitution interdit de distinguer selon la race ou la religion, alors que les discriminations sont prohibées, est-il acceptable que l’on demande à quelqu’un de prouver sa religion sous peine d’être déchue de sa nationalité ?

Ce qui me surprend le plus c’est comment des fonctionnaires « français de souche » reconnaissent la consonance juive.

Quel métropolitain sait que Séror, Griguer, Peres, Caravahlo ,Monsonego,même Duran sont des noms juifs sépharades?

Les préposés ont-ils à leur disposition des listes de noms ?

Cela serait plus grave et discriminatoire. Qu’en pensent alors les associations et collectifs de défense des libertés individuelles ?

Bon je ne vais pas commencer à me mêler de cela…mes amis israélites ont dû y penser avant moi.

Sources pour les références au code civil : Le Journal d’un avocat.

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Histoire des Juifs du Maghreb (1)

Posté : 24 août, 2007 @ 5:51 dans AA-NOTRE MEMOIRE, histoire | 10 commentaires »

  

               Histoire des Juifs du Maghreb (1) dans AA-NOTRE MEMOIRE temple_massinissa2                                       Cela fait aujourd’hui l’unanimité des scientifiques : l’homme est apparu en Afrique. Et l’homme d’Afrique du Nord, c’est-à-dire le Berbère, serait non seulement la souche de toutes les races blanches mais aussi celle des civilisations. Et la langue berbère, et l’écriture Tifinar seraient également les premières de l’histoire de l’humanité.

                                                                         Peintures rupestres au Tassili n'Ajjer magnify-clip dans histoire
  Peintures rupestres au Tassili n’Ajjer

                                                                                                                                         Les religions en Berbérie 

.Depuis les temps les plus reculés, les peuples berbères vouaient un culte aux forces de la nature. Ils avaient divinisé le ciel, le soleil, la lune, les plantes et les animaux.

Au Moyen-Orient, 2700 avant J-C  apparut, pour la première fois, une croyance en un Dieu unique, fondée par l’Hébreu Abraham.
Cette religion fut adoptée en Egypte par les familles juives en exil  et qui étaient groupées en tribus.
Moïse passant la Mer Rouge, Exode 14Au moment de « l’Exode », certaines de ces tribus, au lieu de                                                                                                                                                                                                                                                                     retourner en Palestine, allèrent vers la partie occidentale de l’Afrique du Nord et parvinrent
au Maghreb.

Ce fut, d’après les historiens,les premiers juifs établis au Maghreb. 

.

                                                                  2sam12-27     Dès la plus haute antiquité apparaissent  au Maghrebd’autres blancs de Palestine                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     Ils y arrivèrent  au Xesiècle avant notre ère à la suite de Joab -chef des armées du Roi David – poursuivant les philistins en déroute jusqu’au Maroc vers  la montagne appelée Hajer Slimane, ou Hajer Soleïmane la « pierre de Salomon ») où ils fondent une ville…Tidri

 uriaspostL’armée de Joab est suivie -peut-être même a-t-elle été précédée- de nomades et de marchands car le roi Salomon envoie les juifs à la recherche des pays producteurs d’or.

. Nomades , aventuriers ou marchands, les juifs se sédentarisent rapidement

Il semble bien que dès la haute antiquité, les colonies juives se soient livrées à un prosélytisme très actif, dont l’histoire atteste les effets, puisque la puissance de l’expansion islamique elle-même ne parviendra pas à détruire toute trace des anciennes croyances judaïques chez les nombreuses tribus berbères.
 Au moment du rapatriement en 1962 on rencontrait encore de ces tribus berbères judaïques. Il en existe  d’ailleurs encore aujourd’hui  dans le Rif et en Kabylie

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                                  Les juifs du Maghreb dans l’Antiquité

En ce qui a trait à l’antiquité, l’érudition juive conçoit l’arrivée des juifs dans l’Extrême-Occident en deux époques principales.

La première époque  correspond à l’expansion de la navigation phénicienne, au Xe siècle avant notre ère.

D’autres juifs seraient arrivés après la destruction du royaume d’Israël par Salamanassar, roi d’Assyrie, et la déportation des dix tribus d’Israël au VIIIesiècle av. J.C.

Pour éviter la déportation vers Babylone certains d’entre eux se dirigèrent vers l’Afrique occidentale : Egypte, Libye et Maghreb. 

 Cependant, d’après les autres auteurs anciens, la plus importante des immigrations juives aurait coïncidé avec le développement de la colonisation phénicienne, du VIeau VII siècle AvJ-C quand ceux-ci créèrent Cartage : les marchands juifs arrivant dans les bateaux phéniciens  se répandaient dans tout le Maghreb.

                                                              

Enfin,  au II siècle Av J-C les Grecs des Ptolémée qui occupaient la Palestine transfèrent en  Egypte de nombreux Juifs , dont beaucoup émigrèrent en Afrique du Nord

D’ailleurs, des inscriptions en araméen sur des pierres tombales du IIIe siècle avant J.-C. y sont attestées dans de nombreux cimetières du Maghreb. 

. Nomades , aventuriers ou marchands, les juifs se sédentarisent rapidement dans tout le Maghreb durant l’Antiquité.  

  Des ruines nombreuses s’élèvent encore , parmi lesquelles celles d’Irhir n Tidri où Israélites et Musulmans se rendent encore en pèlerinage pour y sacrifier sur la tombe vénérée du rabin  Sidi Bou Is’ch’aq.

 Ces ruines sont-elles les vestiges de la ville légendaire fondée par Joab pourchassant les philistins jusqu’au Maghreb extrême ?

A suivre cliquez

                                                  retour fleche_064                

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L’histoire des juifs du Mahgreb( 2 )

Posté : 22 août, 2007 @ 1:32 dans AA-NOTRE MEMOIRE, histoire | 1 commentaire »

    

 Les Juifs du Maghreb de l’antiquité à l’invasion arabe

 Au début de l’ère chrétienne, les romains envahissent la région, sans que les tribus juives et berbères n’opposent une très grande résistance , et donnent au Maroc le nom de Mauritanie.
Des traces archéologiques attestent d’une présence juive importante dans ces nouvelles provinces romaines                                                                                                                                                                      
 
 En l’an 70, Titus fait détruire le second temple de  Jérusalem et

 c’est la grande dispersion : la Diaspora.L'histoire des juifs du Mahgreb( 2 ) dans AA-NOTRE MEMOIRE Hayez_destruction%20temple

 De nombreux groupes fuient la répression vers la Libye (création de la communauté de Cyrénaïque) et vers l’Ouest notamment au Maroc où l’on a retrouvé des nécropoles datant du II et IIIe siècle.

D’autres furent déportés à Carthage par Titus après les événements de 70, et  la diaspora devait par la suite y faire affluer de nouveaux apports.
Mais les déportés et les immigrés de la diaspora ne s’étaient pas trouvés en pays tout à fait étranger.
Carthage abritait déjà une forte colonie juive qui y jouait un rôle important. 

palmtree_s dans histoireLa découverte à la fin du 19ème siècle, des vestiges de la fastueuse synagogue de Hammam-Lif, et ses fabuleuses mosaïques a donné la preuve archéologique de leur prospérité au cours de la période romaine.    

 

 

DuckFacLVineEn l’an 115, les romains tentent de limiter les libertés religieuses des Juifs et de repousser aux frontières  les berbères. Juifs et Berbères s’allient alors contre les romains qu’ils repoussent.

 Une nouvelle offensive romaine en 118, dévastatrice, pousse Juifs et Berbères vers l’ouest et le désert. Certaines communautés s’y arrêtent (protection, accueil ?).Les groupes se fractionnent et sont désormais présents dans tout le Maghreb. Parallèlement à cette dispersion, les communautés se renforcent

                                                                     

                                                            Période pré-islamique

Au début du Ve siècle , les Vandales commencent à envahir le Maghreb et , en 430 , chassent les Romains de l’Afrique du Nord.
Sous l’occupation vandale les juifs connaissent une très grande liberté de culte et ce pendant un siècle.
En 533 , les chrétiens de Byzance envahissent à leur tour le Maghreb.
Les juifs vont alors connaître une période très sombre , avec conversions forcées , brimades , culte restreint et persécutions , ce qui n’empèchera pas , au début du VIIe siecle , l’arrivée de juifs persecutés par les Wisigoths en Espagne et qui  viennent s’installer en Afrique du Nord.

D’après saint Augustin, au moment de la conquête musulmane, la majeure partie de la population d’Afrique du Nord était de confession juive.

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Conclusion

 Les juifs  d’aujourd’hui  descendent-ils des tribus berbères judaïsées avant les conquêtes byzantines puis arabes ou sont-ils les descendants de juifs palestiniens ou espagnols ayant trouvé refuge parmi ces tribus berbères ?

Certains historiens considèrent que les berbères judaïsés ne constituent qu’une fraction très minoritaire des Juifs d’Afrique du Nord. En étudiant systématiquement les traditions anciennes, ils parviennent à la conclusion qu’il y a peu de preuves confirmant la thèse des Berbères judaïsés.
D’après eux, la plupart des communautés se formèrent beaucoup plus tard, grâce à l’arrivée de commerçants juifs à l’intérieur du pays. Bien qu’il n’exclue pas qu’il ait pu exister des Berbères judaïsés. 
 Dans une étude récente basée sur des données linguistiques et ethnographiques importantes, Paul Wexler, professeur à l’université de Tel-Aviv, a réexaminé cette question, pour aboutir à la conclusion que la grande majorité des Juifs sépharades descendraient d’habitants d’Afrique du Nord convertis au judaïsme et installés en Espagne. Si l’hypothèse de Wexler était exacte, il en découlerait que la plupart des Juifs d’Afrique du Nord descendraient de Berbères convertis.

Cependant, des études de génétique des populations menées depuis la fin des années 90 sur les populations juives auraient apparemment établi que la plupart des Juifs, ashkénazes, séfarades, et orientaux, partargeraient des origines communes ce qui rendrait caduque l’idée d’une origine uniquement berbère pour les Juifs d’Afrique du Nord.  

pochoirfrise104.jpg                                          

Les tribus juives perdues » du Maghreb…doc alarecherchedesdixtribusperdues.doc

A suivre :la Kahéna cliquez

 

                                          retour fleche_064            

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La Kahena Reine des Amazigh

Posté : 20 août, 2007 @ 7:04 dans histoire | 13 commentaires »

                                  

.                         La Belle Reine gazelle

Son véritable nom reste inconnu. Elle s’appelait peut être Kahena, Kahya, Dihya, Dahya, ou Damya  

                                             En effet, son nom fait objet de nombreuses interprétations idéologiques, ainsi le surnom de Kahina, qui signifierait  « sorcière», la décrit comme un personnage haïssable par certains historiens musulmans qui ne l’aimaient guère.  

La Kahena Reine des Amazigh  dans histoire Kahena01Mais le sens n’est probablement pas péjoratif, puisqu’à l’origine, ce terme dérive de l’hébreu « Cahen, Cohen » qui signifie prêtresse et du grec être pure. De même le surnom Damya, signifie « la belle » en tamazigh.

Elle fut souvent appelée Reine Dihya Tadmayt/Tadmut« La belle Reine gazelle ».

La religion de cette amazighe d’origine noble et sans doute descendante d’une vieille lignée  des Aurès n’est pas établie de manière sûre.
Était-elle chrétienne ? Animiste ? Judaïsée ou juive ?

 Les sources historiques apportent des témoignages bien divergents. Ce qui est certain c’est qu’elle était avant tout amazigh et prête à tout pour défendre son peuple et sa terre.

                                                          

A la fin du VIIe siècle après J.-C., lorsqu’après plusieurs tentatives infructueuses, les Arabes repartent à l’assaut de l’Afrique du Nord, avec une armée commandée par Hassan Ibn-Noomane, ils se heurtent une nouvelle fois à la résistance berbère. C’est la Reine Kahena  qui cette fois est l’âme de cette resistance                                                                 

    À la première bataille, Dihya remporta une victoire sur les troupes d’Ibn Numan à Miskyana, entre Tebessaet Aïn Beïda, dans la région Constantinoise

Une ruse de la Kahena

Dans la vallée de la rivière, déserte et à sec, la Dihya décide d’y dissimuler son armée pendant la nuit, en partie dans la montagne, en partie derrière, sa cavalerie et ses troupeaux de chameaux, pour prendre en embuscade les troupes d’Ibn Numan.

Lorsque les Arabes attaquent, ils sont accueillis par une pluie de flèches tirées entre les jambes des chameaux des Berbères. Les Arabes sont écrasés… Les Berbères les poursuivront jusqu’à Gabès.

La Dihya vient de remporter sa plus prestigieuse victoire, celle de la Meskiana, qu’on appellera « La bataille des chameaux », et parvient à repousser les troupes du Calife jusqu’en Tripolitaine.

 Ibn Numan sera à nouveau battu en 695 prés de Tabarqa par la Dihya.   

 Les envahisseurs se retirent à nouveau en Tripolitaine, mais une fois les renforts arrivés d’Orient, ils passent à l’attaque toujours sous la direction de Ibn Numan (695). Ils portent alors un coup fatal aussi bien à l’armée chrétienne byzantine qu’aux résistants berbères juifs.

. Sachant sa défaite imminente, Dihya fit pratiquer la politique de la terre brûlée en vue de dissuader l’envahisseur de s’approprier les terres. Elle s’aliéna par là une partie de son peuple : Berbères sédentaires citadins, nomades et ceux de la campagne                                                                                                                                          Cependant Carthage, malgré cette politique, est reprise par les troupes arabes. 

S’il faut en croire la légende, voyant que les Arabo-musulmans étaient sur le  point de non-retour, la Princesse aurait préconisé à ses enfants et à ses fidèles de se ranger du côté des conquérants.La La_Kahena2 dans histoiredéfaite des troupes de Dihya est en partie due à la trahison par Khalid, jeune Arabe que la reine avait épargné après la bataille des chameaux et adopté selon la coutume de l’anaïa (« protection ») en vigueur chez les anciens Berbères.

Faite prisionnière, Dahia fut décapitée, et sa tête apportée au calife..

Dans les Aurès existe un puits; à Baghaï près de Kenchela d’où Dahia est originaire et que l’on appelle « Bir el kahina » (le puit de la Kahina),    en souvenir du lieu où elle a été tuée.

Toujours à Baghaï, les habitants désignent certaines ruines anciennes comme étant les ruines « du palais de la Kahina ».

 Enfin, certains berbères chaouis des Aurès diront qu’ils ont le « nez de la Kahina » qui était d’une grande beauté mais aurait eu, un peu comme Cleopâtre un nez particulier, mais cette fois non pas long mais doté d’une petite « bosse ».

                                                         Kahena

À la mort de la Kahena de nombreux chefs berbères embrassent la nouvelle foi.

« Notons d’abord ce constat : dans l’Islam importé par les envahisseurs, les chrétiens d’alors voyaient moins une religion nouvelle qu’une hérésie de plus, à l’instar de l’arianisme, du monophysisme ou du donatisme. Un saint Jean Damascène, fonctionnaire chrétien du Califat de Damas et Père de l’Église, ne considérait-il pas la religion des nouveaux maîtres de l’Orient comme une hérésie chrétienne ? On comprend mieux, dans ces conditions, que des chrétiens berbères aient passé à l’Islam, à l’exemple de Qusayla, pour avoir la vie sauve ou conserver quelque avantage. ». (Joseph Cuoq)

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Il a fallut aux Arabes pas moins de sept expéditions successives pour consolider leur puissance en Afrique du Nord et soumettre ses habitants.

Après la mort de la Kahena, le nouveau gouverneur de Kairouan, Moussa Ibn Nossayr, nomme un Berbère des Aurès, à peine affranchi, Tariq Ibn Ziyed  gouverneur de Tanger.

Et lorsque, à partir du Nord-marocain, Moussa Ibn Nossary se prépare en 709 à envahir l’Espagne , c’est à lui qu’ il confie le commandement de l’expédition qui conquerra l’Espagne et le Sud-ouest de la Gaule.

L’expédition commencera en 711 (94 de l’Hégire) et l’islam s’étendra aussi sur les Baléares, la Sardaigne, la Sicile, la Corse et Malte qui passeront sous domination musulmane.).

 

Si l’Islam s’affirme une fois la conquête achevée, il faut attendre le XIe siècle pour parler d’islamisation totale.  L’arabisation a eu elle un processus encore plus lent. Même de nos jours les Berbères luttent contre une arabisation totale et ont exigé un bilinguisme accordé difficilement.

                                                                                                                                 

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Sources : Ibn Khaldoun – Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique septentrionale – le livre de Joseph Cuoq– Willipendia

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Quand le Maghreb était chrétien

Posté : 15 août, 2007 @ 5:05 dans AA-NOTRE MEMOIRE, histoire | 25 commentaires »

                                                                    

LE MAGHREB


À observer l’Afrique du Nord actuelle, on conclut hélas trop vite qu’elle est orientale. Or quelles sont les origines profondes du Maghreb ? La question a été maintes fois traitée, et la réponse historique est toujours la même : l’Afrique du Nord fut chrétienne et appartenait à l’Empire romain.

L’Afrique du Nord et les invasions

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Le Maghreb musulman d’aujourd’hui fut largement chrétien autrefois.

Son nom d’ailleurs signifie le Couchant ou Occident en arabe (Al-Maghrib)

Début du Christianisme au Maghreb<

Durant tout le premier siècle, la religion chrétienne s’étend sur la Berberie, province romaine .
D’abord, elle est combattue par le pouvoir impérial romain ; les persécutions suivent de peu la propagation de cette nouvelle religion et les Berbères offrent de nombreux martyrs à la cause chrétienne.
Il semble que le christianisme ait gagné le Maghreb dès la fin du premier siècle, notamment à partir des communautés juives qui s’y trouvaient en diaspora ainsi que par les relations que cette région entretenait avec le Moyen-Orient comme avec la rive Nord de la Méditerranée.

Les premiers indices connus de la présence de l’Eglise en Algérie remontent à la fin du II° siècle. Ils sont essentiellement constitués par les témoignages des martyrs..

Acte de naissance du christianisme au Maghreb

Le 17 juillet 180, un groupe de chrétiens comparaît devant le proconsul romain de Carthage. Leur martyre signe l’acte de naissance d’une église vigoureuse où « indigènes » et colons romains sont étroitement mêlés.

Quand le Maghreb était chrétien dans AA-NOTRE MEMOIRE Carthage10Amphithéâtre de Cartage où furent executés les premiers martyres.
Le christianisme, est né comme toujours de par le monde, dans les synagogues juives où il fut importé par les voyageurs et les marchands, ils se répandit rapidement en Afrique du Nord, essuyant immédiatement de terribles persécutions.
Le sacrifice de http://www.kabyle.com/local/cache-vignettes/L123xH124/milziade-perpetue-felicite-7mars203-carthage dans histoire619bc.gifla jeune Perpétue et de son esclave Félicité, au mois de juillet 203, ne fut que l’une des étapes les plus connues de cette geste sanglante.

Sainte Perpétue est la Patronne de l’église Notre-Dame de Vierzon, où on trouve des reliques de la sainte.
                                             doc  Histoire du martyre de ces saintes

« Le sang des martyrs est semence de chrétiens.» ( citation de Tertullien)

                                                        pochoirfrise104.jpg                                              

En 313, l’empereur Constantin proclame enfin la liberté religieuse ; dès lors, les Berbères christianisés vivent leur foi au grand jour.
A cette époque, on dénombre plus de quatre cents évêchés et les églises fleurissent sur le sol berbère

De grandes personnalités berbères émergent et contribuent au rayonnement du christianisme,

Parmi eux Tertullien, le premier auteur chrétien au monde de langue latine, ainsiqu’Apulée, Donat et surtout saint Augustin (354-430), un des plus grands Tertullian_2docteurs de l’Eglise.
Si certaines tribus choisissent cette nouvelle religion, comme d’autres auparavant avaient embrassé le judaïsme, plusieurs continuent de pratiquer les rites païens ou animistes hérités de coutumes ancestrales ainsi que de croyances puniques.

Une grande figure : Saint Augustin

Saint Augustin est la grande figure qui a fait la gloire de l’église du Maghreb et plus particulièrement de l’Algérie.

augustinNé à Taghaste (l’actuelle Souk Ahras) en 354, son père était un berbère païen et sa mère une fervente chrétienne.
Il fit une bonne partie de ses études à Madaure à l’Est de Constantine, puis à Carthage.

Sous l’influence de sa mère Sainte Monique, après une vie passablement dissolue, il se convertit à la foi chrétienne en 387 et devint par la suite évêque d’Hippone de 397 à 430, date de sa mort.

Il a laissé une oeuvre écrite considérable qui a eu une grande influence sur la pensée religieuse de l’époque : des sermons, des commentaires de l’Ecriture et des méditations. Le livre des « Confessions » est le plus connu .

De lui, on a dit qu’il a formé l’intelligence de l’Europe.

                                                           pochoirfrise104.jpg

Savons-nous qu’il y eut un pape berbère saint Victor 1er (189-199) et un empereur romain et non des moindres, Septime Sévère (193-211) !

Le Pape berbère Melchiade 

Ignorons-nous que, lors du premier concile de Carthage, en 200, soixante-dix évêques d’Afrique proconsulaire (la Tunisie actuelle) y assistaient? L’Italie n’en comptait alors que trois, l’Espagne quatre et jusque vers 250, un seul en Gaule, celui de Lyon. De là vient sa prépondérance comme Primat des Gaules..

Dans les «Chroniques N’Imazighen»,, 1999, l’auteur prenant comme source Henri de la Bastide , assène qu’au cinquième siècle,  l’Eglise d’Afrique du Nord compterait plus de six mille quatre cents saints et trois cent seize évêchés !

L’Afrique du Nord est une des régions de l’empire romain où les évêchés sont les plus nombreux : il y en aura plus de 600 au VIe siècle au moment de l’invasion arabe.

Il reste de nombreux vestiges archéologiques chrétiens  dans tout le Maghreb mais cela sera une autre page…

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 TIMGAD

 

 

Où se trouvent les vestiges de la cathédrale de Saint Augustin

 retour fleche_064            

.                                                       

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L’islamisation du Maghreb

Posté : 14 août, 2007 @ 7:33 dans AA-NOTRE MEMOIRE, histoire | 8 commentaires »

                                                                  Les Berbères

        Pendant des siècles de présence étrangère, aucun occupant n’est parvenu à entamer le fond de la culture berbère, même si dans certains cas, on peut parler d’une certaine forme de romanisation et de christianisation. Celle-ci reste en fait limitée à certains groupes d’autochtones : Saint Augustin et Tertulien ne sont pas une preuve de l’assimilation. De même, l’emploi de la langue de l’occupant, comme le punique ou le latin, n’implique pas l’acquisition d’une culture. L’Afrique du Nord est restée berbère, « malgré les greffes » (Mohsen Toumi).

Un tel fiasco se justifie, semble-t-il, par la résistance des Berbères, dont les formes sont militaires, politiques et culturelles.

En sera-t-il ainsi sous les Arabo-musulman ?

                                                  La conquête arabe

  Au VII  siècle les Arabes  débordent  de la péninsule arabique et se lancent, sabre à la L'islamisation du Maghreb dans AA-NOTRE MEMOIRE abdirammain, à la conquête de « l’île du Maghreb » pour répandre le Coran et soumettre tous les peuples à la foi islamique. 

L’arrivée inopinée des arabes et leurs succès bouleversèrent le cours des choses tant pour le monde berbère que pour  le populations chrétiennes et juives romanisées. 

Mus par l’obligation de divulguer et répandre le contenu du Coran, les Arabo-musulmans inaugurent une longue période de conquête. Leur triomphe au Moyen-Orient et en Asie mineure les encourage à se diriger vers le Maghreb.

                                 Première expédition

En 670, sur ordre de Amr,  (gouverneur d’Egypte), Uqba arrive en Tunisie à la tête d’une armée de dix mille cavaliers.
Stratège averti, il choisit un plateau au centre de la Tunisie pour y fonder Kaïrouan (considérée par certains comme la quatrième ville sainte de l’Islam). Il continue ensuite sa marche vers le nord.
A un certain moment, Uqba est tahuda3em dans histoirerappelé au Caire et remplacé par un autre chef qui mène une politique modérée, parvenant même à s’attacher certaines tribus berbères, avec à leur tête Kusayla.

Par la suite, Uqba rejoint à nouveau les troupes musulmanes en Afrique(682)  pour achever la conquête de l’Ouest africain. Mais de retour à sa base, il rencontre la résistance de Kusayla, et meurt en 683.

 Cette résistance berbère oblige donc les Arabo-musulmans à se retirer vers la Tripolitaine (Lybie). 

Deuxième expédition                                                                                                                  

C’est au cours de cette seconde expédition que la Numidie orientale connut les premiers raids de l’armée arabe. Vers 666, les troupes abes,  après leurs razzias à Djerba et Bizerte, déferlent sur Hippone.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Protégée par de solides remparts et défendue par les forces byzantines des  chrétiens le siège de la citée fut de courte durée mais les Arabes ne la quittèrent qu’après l’avoir en partie incendiée.

                                         Le chrétien Koceïla.

La fondation de Kairouan, en 670, par Okba Ibn Nafî, marque définitivement l’installation des Arabes en Afrique. Les soldats de l’islam semblent invincibles.                                                                     

 Mais les Byzantins puis les Berbères commandés par le chrétien Koceïla, leurs opposèrent une vive résistance, et leur infligèrent de sévères défaites. 

                                                                                                                     

De 681 à 682, Okba Ibn Nafî, de retour en Afrique entreprend la conquête de reine-amazighe-dyhia-dite-kahinatoute l’Afrique du Nord et au passage libère Kairouan précédemment occupée par Koceïla.Le prince chrétien berbère sera finalement battu et fait prisonnier aux environs de Tlemcen.                                         

Okba Ibn Nafî reprend sa chevauché jusqu’au rivage de l’Atlantique, où faute de territoire à conquérir il lance son cheval dans les flots jusqu’au poitrail et termine son rouss09expédition en prononçant ces fameuses paroles :

 

« Dieu de Mohamed, si je n’étais arrêté par les flots de cette mer, j’irais jusque dans les contrées les plus lointaines porter la gloire de ton nom, combattre pour ta religion et anéantir ceux qui ne croient pas en toi… ».

    Vers 685, alors que Koceïla est parvenu à se libérer, Okba Ibn Nafî et son armée, de retour vers Kairouan, sont décimés par les forces du chef berbère près de Biskra.

                                             pochoirfrise104.jpg                             

    Les berbères chancellent mais ne sont pas encore battus. Quant aux byzantins chrétiens, ils semblent très  éprouvés par les escarmouches des arabes. Le sort de la Numidie est alors sérieusement compromis.
                                                                                                                         L’heure parut donc favorable pour les indigènes  juifs et païens de se débarrasser définitivement de la domination étrangère qui durait depuis plus de 7 siècles.  Ils décident alors de prendre leur destin en main en s’opposant à l’occupation de  ces nouveaux conquérants venus d’Orient.

Lors d’une deuxième attaque arabe en 686, le chef berbère 282121293chrétien Koceïla meurt à son tour et les Arabo-musulmans entrent de nouveau à Kaïrouan, qu’ils abandonnèrent de nouveau après une contre-offensive des troupes chrétiennes. 

C’est l’arrivée dans la région du chef Ibn Numan qui ouvre la voie à l’achèvement de la conquête. Il reprend Kaïrouan en 691, s’élance à l’assaut de Carthage, et la conquiert en 692.
                                                                   
                                           pochoirfrise104.jpg 

Néanmoins, avec l’aide des Byzantins, les tribus berbères du Nord s’organisent sous la direction de la Kahena , princesse et chef de tribus judaïsées dont le nom est maintenant l’emblème de la dignité berbère.

                                    19-Ic

  Prochaine page La Kahena cliquez            retour fleche_064              

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