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Le foulard , premier acte d’une conquête politique de l’Occident

Classé dans : L'Islamisme — 30 juin, 2010 @ 13:58

ENQUÊTE AU SEIN DE LA PRESSE ISLAMIQUE

 Le foulard , premier acte d’une conquête politique de l’Occident  Trois ans après sa publication, cette analyse est toujours d’actualité. Nous la republions ici avec l’accord de la direction de proche-orient.info Depuis une quinzaine d’années, la question du foulard islamique pose problème en Occident, notamment en Europe et plus particulièrement en France où la première affaire est apparue à Creil en 1989. Depuis, en France notamment, les gouvernements successifs, ont paré au plus pressé, souvent selon les intérêts électoraux du moment, sans prendre le temps de la réflexion, et surtout, sans donner à cette affaire la portée stratégique qu’elle méritait, et qu’elle mérite encore davantage aujourd’hui. Cette revendication, soulevée à l’approche d’échéances cruciales, ou en fonction d’événements internationaux importants, en dit long sur ses faces cachées. À travers la presse arabe et surtout islamique des dernières années, nous tentons de démontrer ici comment le port du foulard islamique représente le premier acte d’une conquête politique de l’Occident – laquelle commence par l’obtention d’un « droit », avant d’en exiger d’autres. Pourquoi les années 1980 ont-elles marqué un tournant dans l’histoire du voile ?  

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Il s’agit d’abord d’une certaine prise de conscience de la population française marquée par les images venant d’Iran, après la victoire de la révolution islamique de Khomeïny. La guerre en Afghanistan et les appels au Jihad contre l’Armée rouge de l’ex-URSS ont sensibilisé la communauté musulmane en France et en Europe. Plusieurs ont fait le voyage de Peshawar, et ont participé au « baptême du feu » contre les « impies », après un séjour d’endoctrinement dans les camps qui allaient devenir le fief d’Al-Qaïda. De retour dans leur pays d’origine, ou plutôt d’adoption, ils ont voulu appliquer l’enseignement qui leur a été dispensé par les prêcheurs wahhabites. La montée de l’islamisme en Égypte, berceau des Frères musulmans, et en Algérie, pays qui assure le plus grand contingent d’immigrés en France. Or, les Frères musulmans ont toujours été de toutes les « batailles », et leur implication dans la prédication en Europe ne fait plus aucun doute. Leur infiltration des banlieues françaises, directement, ou à travers des relais marocains ou algériens, a facilité leur « travail de fourmi ». Officiellement, ils ont toujours privilégié « l’islamisation pyramidale, en commençant par la base ». Au fil des jours, « l’islam va monter la pyramide et parvenir au sommet », disent-ils [propos de feu Mahfouz Nahnah, le Frère musulman algérien, ex-chef du MSP-Hamas]. Cette islamisation passe par les associations caritatives notamment, qui sont très actives particulièrement pendant le mois de Ramadan. Avec l’accentuation de la crise sociale en France, au cours des deux dernières décennies, la presse a, sans doute inconsciemment, fait la promotion de ces associations qui rivalisaient avec les « Restos du cœur » et le « Secours Catholique » en servant la « Shorba » du Ramadan aux plus démunis (la soupe)… Cette action souvent financée par de généreux fonds saoudiens, algériens ou marocains, selon les villes, a été payante en ce sens que l’on a assisté à de très nombreuses conversions à l’islam. La baisse de vigilance et la complaisance des dirigeants français, dépourvus d’une vision stratégique  Tous ces facteurs, conjugués à la baisse de vigilance et à la complaisance des dirigeants français, dépourvus d’une vision stratégique, et alimentés par une démocratie permissive, ont accéléré le mouvement. En janvier 1994, l’hebdomadaire saoudien « Al Mouslimoune », porte-parole de l’institution wahhabite saoudienne, faisait déjà l’éloge de l’action d’islamisation en France, qui parvenait alors à « convertir au moins dix Français par jour » à travers le pays (en octobre 2003, les RG ont recensé 200 conversions par an dans le seul département de l’Essonne). Le même quotidien appelait, ce 27 janvier 1994, les Français musulmans à « s’unir, puisque l’union fait la force ». Il leur rappelait la « nécessité d’avoir des représentants au Parlement, après avoir obtenu des conseillers régionaux, généraux et municipaux… ». Le quotidien évoquait, ce jour-là, la « conquête des Alpes [un symbole pour les Arabes : les Alpes, c’est le cœur de l’Europe. Durant l’histoire, toutes les armées y ont échoué] ». Il soulignait que cette conquête, qui doit faire école, a commencé par celle de Rhône-Alpes », puisque « la seule ville de Grenoble comptait plus de 5.000 étudiants musulmans. Cinq conseillers ont été élus au conseil régional ». Le journal appelait la communauté à « poursuivre ses efforts, pour parvenir aux plus hautes fonctions de l’État… ». Hélas, l’État semblait démissionner. Par peur de quelques casseurs de banlieues, il ne cessait de faire des concessions politiques et financières, en décrétant des quotas pour les immigrés sur les listes électorales, et en accordant des subventions aux associations de quartier pour éviter toute hostilité. « Al Mouslimoune » concluait, en 1994, que « les Français voulaient ôter le voile sur la tête des jeunes écolières musulmanes, dans le but de voir ce qu’elles ont dans la tête. Car, la France s’inquiète du poids de plus en plus important de la communauté, que Dieu préserve et protège… ». 

La conquête de l’Ouest  Cette conquête, entamée par le biais de la question du voile, n’est pas exclusivement menée en France ou en Europe. Les États-Unis ont été confrontés à ce phénomène sans en prendre réellement conscience, jusqu’au douloureux réveil du 11 septembre 2001. Sous le mandat de Bill Clinton, la conversion des Américains à l’islam a battu tous les records. Au point que le journal wahhabite « Al Mouslimoune » annonçait avec fierté la « nomination, le 2 décembre 1993, du premier aumônier musulman de l’armée américaine, avec rang de général » (al Mouslimoune du 10 décembre 1993). 

Le journal ajoutait, le 23 août 1996, que les « musulmans venaient de marquer une nouvelle victoire, avec la nomination d’un deuxième aumônier de la marine américaine, alors que l’armée de l’air allait recruter le sien… Ce qui prouve le rôle croissant des musulmans dans les forces armées américaines ». L’autre « victoire » est l’autorisation accordée par l’administration américaine aux secrétaires de la Maison-Blanche, de confession musulmane, de porter le voile. « Al Mouslimoune » annonçait, avec grande fierté, que « le Congrès américain a accueilli, pour la première fois de son histoire, une hôtesse de l’air de US Airways voilée pour exposer ses souffrances dues à son voile… « Al Mouslimoune » vantait, dans son numéro du 24 mai 1996, que « 1.000 citoyens américains se sont transformés de criminels en prêcheurs, en prononçant leur chahada (conversion à l’islam) dans une seule prison ». Sur une population carcérale de 3.000 détenus, la centrale de Rickers Islande a vu la conversion du tiers. Rien qu’en 1996, à Washington, 1.500 Américains se convertissaient à l’islam   Aux Etats-Unis, le nombre de mosquées est passé de 104 en 1960, à 1.100 en 1994, progression en relation étroite avec le nombre des conversions. En effet, les recensements effectués en 1993 démontraient que les Américains musulmans avaient dépassé le cap des 7 millions (« Al Mouslimoune » du 27 mai 1994). Ils se sont organisés pour « peser de tout leur poids dans la politique américaine ». En septembre 1996, le journal intégriste saoudien nous apprenait que « 1.500 Américains se convertissent tous les ans dans la seule capitale fédérale, Washington, où, en 1947, les musulmans n’avaient même pas leur cimetière… » (Al Mouslimoune du 13 septembre 1996). En février 1997, ils avaient soumis leurs revendications au président Clinton, en rappelant avoir voté pour lui. (Al Mouslimoune – 14 février 1997). Dans la même édition, le journal annonçait la construction de 100 nouvelles mosquées en Grande-Bretagne, avant 2000, dont 20 pour la seule aglomération de Londres. Cela dit, aux États-Unis une prise de conscience, certes tardive, est désormais bien réelle. Aujourd’hui, l’armée américaine s’interroge sur la loyauté des militaires musulmans. Un quotidien arabe de Londres, « Asharq Al Awsat », révélait qu’« à l’issue de séances d’endoctrinement dispensées aux soldats américains en Arabie, après la guerre de libération du Koweït, 1.000 à 3.000 soldats se sont convertis. Les frais de pèlerinage à la Mecque ayant été payés par les autorités saoudiennes. Depuis, plusieurs militaires américains ont refusé de combattre contre d’autres musulmans ». Rappelons que quelques semaines avant le début de la guerre contre l’Irak, un GI musulman, basé au Koweït, avait lancé une grenade dans sa propre tente, faisant plusieurs victimes. Car il s’opposait à la guerre contre l’Irak. Les pays scandinaves ne sont pas en reste. En juin 1997, Mohammed Yaakoubi, enseignant à la faculté de Gutenberg, en Suède, annonçait lors d’une conférence organisée à Amman (Jordanie) sous le titre « l’Islam en Suède », que « l’islam n’a pas de frontière géographique. Il a une mission universelle […]. La Suède a connu ces dernières années plus de 5.000 conversions, et a vu naître plus de 100 associations islamiques (pour 250.000 habitants musulmans) qui travaillent en étroite coopération entre elles ». En France Cette universalité de la « mission divine de l’Arabie saoudite » a sans doute poussé le journal intégriste « Al Mouslimoune » à évoquer, le 21 novembre 1997 déjà, « les problèmes auxquels sont confrontés les immigrés maghrébins en France dont les enfants sont scolarisés (8,4% des écoliers de France, à l’époque). Non seulement les enfants de l’immigration reçoivent un enseignement non conforme à leurs valeurs islamiques, mais en plus les cantines scolaires ne respectent pas les préceptes de l’islam et proposent de la viande de porc… ». Partant de ce constat, le journal a revendiqué la création d’« écoles islamiques et coraniques qui enseigneraient l’arabe en France et en Europe ». Il n’est pas étonnant, depuis lors, que certaines villes françaises proposent des piscines exclusivement réservées aux femmes musulmanes. On se demande si cette montée en puissance des revendications, et l’obtention d’« acquis » ne vont pas conduire à l’interdiction de la mixité dans les écoles, dans les administrations… Plusieurs hôpitaux et services municipaux et sociaux ont été confrontés, l’été dernier, à des cas similaires. Le 30 août 1996, le journal « Al Mouslimoune » nous apprenait que « des femmes musulmanes françaises ont fait la démarche auprès du Centre islamique de Paris pour devenir des ’’ma’zounate chariyate’’ (celles qui pourraient marier les couples musulmans, selon la tradition). Le centre islamique a transféré les demandes à l’institut Al-Azhar (Égypte) qui a émis une fatwa affirmant que cette tâche est réservée aux hommes, en islam. La raison invoquée pour justifer ce refus est que « les mariages sont souvent l’occasion des rencontres familiales et amicales où l’on trouve des hommes étrangers (amis du mariés), et la femme ne doit pas se mélanger à des mâles étrangers… ». Un très bel exemple d’intégration ! Et les exemples ne manquent pas… Polémique transnationale  La polémique autour du port du voile dépasse les frontières. Des intellectuels arabes et musulmans ne cessent de dénoncer une catégorie d’islamistes radicaux qui utilisent les jeunes filles pour ouvrir une brèche politique dans les pays d’accueil. D’autant plus que le mufti d’Égypte, la plus haute autorité musulmane, avait décrété une fatwa, le 11 octobre 2001, demandant aux musulmanes vivant en Occident d’ôter leur voile, si leur sécurité était en danger. Le Mufti, Nasr Farid Wassel, avait ainsi coupé l’herbe sous le pied des défenseurs du voile qui le considéraient comme étant une « obligation coranique ». En effet, après les attentats de New York et de Washington, les musulmans étaient particulièrement soumis à des mesures de sécurité et, de toute évidence, les musulmanes voilées étaient visées. Plusieurs « victimes de discriminations sécuritaires dues à leur religion » ont porté plainte contre la police américaine pour les avoir obligées de montrer leurs cheveux… 

L’infiltration islamique outre-Rhin est l’une des plus avancées en Europe En Allemagne, la situation n’est pas plus brillante. Le quotidien « Asharq Al Awsat » du 3 juillet 2001 (bien avant les attentats du 11 septembre) révélait que « le Conseil islamique de Cologne, le Conseil central des Musulmans de Bonn et l’Union des Associations islamiques de Baden avaient vivement protesté contre la décision du Haut Tribunal administratif interdisant à une musulmane d’enseigner en portant le voile. Pour les protestataires, il ne s’agissait pas d’une manifestation vestimentaire, mais d’« un droit religieux ». Aussi, début 2001, l’Allemagne a connu le premier « Conseil de Travail » destiné à employer les femmes voilées. L’infiltration islamique outre-Rhin, dont le voile est son expression apparente, est sans conteste l’une des plus avancées en Europe. Avec une puissante communauté turque, une présence importante du Hezbollah libanais, et l’exil de plusieurs chefs du FIS algérien, la situation a enfanté la cellule d’Al-Qaïda de Hambourg, qui a organisé la « razzia » de New York. En France, les convertis sont des militants plus hargneux que les musulmans de souche  La France a aussi ses cellules. Le gang de Roubaix, les moudjahidin de Bosnie, le clan de Chasse-sur-Rhône, l’émir du réseau de Casablanca, l’artificier d’Al-Qaïda extradé d’Australie, sont tous des convertis. Leur militantisme est plus hargneux que celui des musulmans de souche. Mais, par ailleurs, on le sait, certains pays musulmans interdisent à leurs propres femmes de porter le voile. En Algérie, une étudiante voilée a été exclue de la faculté jusqu’à ce qu’elle accepte d’abandonner son foulard (Asharq Al Awsat du 16/12/2000). Le même journal citait, le 7 octobre 2000, le colonel Kadhafi qui appelait « les musulmanes à se libérer des traditions vestimentaires révolues ». La Turquie avait demandé par décret présidentiel, en août 2000, aux écoles privées d’interdire formellement le port du voile, à l’instar des écoles publiques où le foulard est strictement interdit. Aussi peut-on légitimement s’interroger sur les raisons qui font que les Turques, les Algériennes, les Tunisiennes, les Marocaines et autres musulmanes interdites de voiles chez elles tiennent tant à le porter en France, et en Europe ? Cette montée fondamentaliste ne cache-t-elle pas un projet de société qui pourrait prendre forme le jour où le pays d’accueil deviendra un pays à conquérir (Dar el Harb) ? Pourquoi l’islam par la voix des Wahhabites, ceux-là mêmes qui refusent sur le plan doctrinal toute concession à la démocratie (loi des hommes), appellent-ils les musulmans français à participer à la vie politique démocratique en France ? Ceci ne nous rappelle-t-il pas une fatwa de Bin Baz, ancien mufti d’Arabie saoudite, qui légitimait la paix avec « l’ennemi » (israélien, mais par extension, cela est valable pour tout ennemi) quand on ne peut pas le vaincre ? Il disait que « quand un musulman ne peut vaincre son ennemi, il a intérêt à conclure la paix avec lui, en attendant des jours meilleurs ». 

Cette troublante approche de Bin Baz oblige à s’interroger sur le danger potentiel que porte la participation des musulmans, fussent-ils Français, à la vie démocratique française. Les revendications du plus modéré des musulmans de France, le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubaker, sont significatives à cet égard. Il voudrait que la Constitution européenne fasse référence à l’islam si elle se référait à la chrétienté et au judaïsme. Récemment, auditionné par la Commission Stasi, il demandait que les fêtes religieuses musulmanes soient décrétées jours fériés en France. Pour conclure, citons le journal « Asharq Al Awsat » qui publiait, 17 novembre 2003, une excellente tribune de Nawwaf Al Kadimi, lequel se demandait si « la démocratie était réellement un choix stratégique pour les islamistes, ou s’il ne s’agissait simplement d’un choix tactique leur permettant de parvenir au pouvoir ». Le journal donnait notamment l’exemple du FIS algérien et de son chef charismatique Ali Benhajj, qui affirmait lors de la campagne électorale de 1991 que la démocratie n’était que le moyen de parvenir au pouvoir afin d’instaurer la République islamique… 

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