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L’entretien des nécropoles en Algérie, un problème récurrent

Classé dans : CIMETIERES — 17 décembre, 2009 @ 10:21

 

 L’entretien des nécropoles en Algérie, un problème récurrent (février 2004) 

Jusqu’à l’indépendance, les sépultures militaires françaises étaient entretenues par le Souvenir français et l’OEuvre des tombes. Le 16 août 1962 il fût décidé que l’Etat français assumerait dorénavant la garde des tombes et leur entretien. Leur recensement, qui ne prit en compte ni les tombes musulmanes ni celles des militaires rendus aux familles, fût lancé en 1963. Le 9 mars 1966, M. Jean Sainteny, ministre des anciens combattants, retint le cimetière du Petit Lac à Oran comme lieu unique de regroupement des tombes.

Les opérations, débutées en 1965, qui ont porté sur 10.742 corps, se sont déroulées en trois phases jusqu’en 1968. Chaque identifié reçut une tombe individuelle et les inconnus furent déposés en ossuaire. Il fût décidé, cependant, du maintien de quelques cimetières ou carrés militaires à Alger, - Sidi Fredj le « cimetière de la conquête », où reposent les morts du débarquement du 15 juin 1830 -, Constantine et Mers el Kébir.

a) Les tombes et monuments de l’algérois 

Le service des anciens combattants de l’ambassade comme beaucoup d’autres avait été fermé en 1994 en raison des risques pour le personnel présenté par la montée de l’insécurité en Algérie. Il a réouvert le 15 février 2004, selon les souhaits exprimés par le Président de la République lors de sa visite l’année précédente. Il est assuré par 2 fonctionnaires du ministère de la défense, dont un spécialiste de l’appareillage dépendant de la DSPRS.

Le rapporteur spécial s’est rendu dans ce service dès son arrivée à Alger. Après le transfert depuis Toulouse de 1.100 dossiers, le service gère, actuellement, l’appareillage de plus de 400 personnes, les cimetières, carrés militaires et monuments situés en Algérie et la révision des pensions d’invalidité. Il a, ensuite, visité durant deux jours les principaux sites mémoriaux de l’algérois.

(1) Le cimetière de Saint-Eugène (Bologhine) à Alger 

Ce cimetière européen, d’une surface de 14,5 hectares, situé au pied de l’église Notre-Dame d’Afrique et près de la mer, est entretenu par 20 employés. Il comprend un carré militaire des deux guerres où les tombes sont regroupées par spécialités des corps de l’armée. Une dotation pour rafraîchir la peinture de ces tombes serait nécessaire (coût de 2.000 à 3.000 euros), ainsi que des travaux de redressement de certains poteaux délimitant le carré. Dans la partie israélite, qui couvre 6 hectares, un mémorial a été édifié dans le carré militaire.

(2) Sidi Fredj, le « cimetière de la conquête » 

Ce modeste carré militaire est situé à une vingtaine de kilomètres d’Alger dans une pinède, à quelques encablures de lieux de vacances du bord de mer. Le rapporteur spécial a pu constater qu’il fait l’objet d’un entretien régulier mais également de dégradations fréquentes liées à cette proximité.

(3) Le cimetière chrétien du boulevard Bru à Alger 

Il couvre 5 hectares et contient un carré militaire de nos « morts pour la France » de la guerre 1914-1918 ainsi qu’un monument. Il est prévu que le corps de Savorgnan de Brazza, qui y repose dans un monument funéraire, soit transféré en Afrique. Des registres qui recensent toutes les personnes inhumées, depuis le 19eme siècle, peuvent être consultés. L’émail des plaques et les poteaux délimitant le carré militaire ainsi que le monument aux morts mériteraient d’être restaurés.

(4) Les carrés militaires du cimetière d’El Alia à El Harrach 

Ce cimetière a été choisi par les autorités pour y enterrer les personnalités algériennes, à l’instar de l’émir Abd el Kader, des présidents Houari Boumediene et Mohammed Boudiaf. Y reposent également des morts militaires indigènes de la guerre 1939-1945. Un carré d’environ 150 corps de soldats de confession musulmane relevant des autorités algériennes est en cours d’enlèvement. Pour ce qui concerne la France, il contient surtout, dans un triangle de moins d’un hectare, 414 tombes de soldats indigènes chrétiens et un monument aux morts pour la France. Un désherbage et une rénovation du monument et des tombes ne seraient pas superflus.

(5) Un immeuble administratif en déshérence 

Le rapporteur spécial, avant de quitter Alger, a visité un immeuble construit dans le centre ville par une association d’anciens combattants, avant le début des événements ayant mené à l’indépendance, et qui servait de centre d’activités sociales et culturelles pour ses membres. Ne pouvant continuer à assurer son entretien, l’association a cédé le bâtiment au ministère des anciens combattants. Il y a abrité ses services ainsi que celui des visas jusqu’en 1994. Cet immeuble de quelques 8.000 m2 avec parking et ascenseur est depuis déserté, pour des raisons de sécurité, à l’exception d’un couple de gardiens très satisfaits d’y loger au dernier étage dans l’ancien appartement du directeur du centre. Des démarches ont été engagées, avec les autorités algériennes pour l’échanger contre une propriété permettant aux services français de s’installer dans de meilleures conditions de sécurité.

b) Les nécropoles de l’oranais et les dégradations récurrentes du cimetière de Mers el Kébir 
(1) Le cimetière de Mers el Kébir 

Avant de se rendre à Mers el Kébir, le rapporteur spécial, s’est entretenu avec M. Jean Donet, représentant des Français de l’étranger, et s’est rendu à la wilaya d’Oran où il a été reçu par M. Tahar Sekran, Wali d’Oran.

M. Jean Donet s’est montré scandalisé par les différentes profanations et dégradations constatées par nos compatriotes dans les nécropoles et cimetières de l’oranais.

Cimetière marin de Mers el Kébir (Algérie)

S’agissant plus particulièrement de la sécurisation du cimetière de Mers el Kébir, M. Tahar Sekran a présenté l’apport des autorités algériennes et s’est engagé à trouver des solutions aux difficultés évoquées par MM. Bernard Koelsch et Joël Martel (voir l’entretien en annexe). Il faut espérer que ces engagements rassurants seront tenus par l’Etat algérien car, depuis, M. Tahar Sekran a quitté son poste.

Ossuaire du cimetière marin de Mers el Kébir (Algérie)

Pour sécuriser le cimetière de Mers el Kébir la DMPA a décidé de rétablir le gardiennage qui avait été abandonné en 1994, en raison de la situation politique locale. Lors de la visite, en septembre 2006, les travaux attendus à l’intérieur du cimetière, notamment la construction d’une maison de gardiens, et sur le mur de clôture n’étaient entrepris que depuis 3 jours. En revanche, les services algériens avaient procédé, comme prévu, à l’installation de l’éclairage extérieur sur la voie desservant le cimetière et le rapporteur spécial s’est entretenu sur le site avec M. Maamar Karma, président de l’Association populaire communale (A.P.C.) de Mers el Kébir.

Le carré militaire, uniquement dédié aux marins morts pour la France lors des deux attaques britanniques de juillet 1940, comprend un ossuaire, 263 tombes et le caveau de l’amiral Darlan. Pour ce qui est des tombes de marins, chaque corps était signalé par une croix en maçonnerie avec une plaque d’identité en cuivre. Au fil des incursions et du vandalisme les croix avaient été brisées et les plaques arrachées et dérobées. La DMPA a décidé de remplacer les croix par des plots et de restaurer l’ossuaire et le caveau. L’ossuaire contient les corps des marins du cuirassé « Bretagne » qui avait chaviré lors de l’attaque de l’escadre le 3 juillet 1940. Ces corps n’ont été récupérés qu’un an plus tard, quand le bâtiment a pu être renfloué. Le monument comportait, à l’origine des plaques rivetées qui ont été détruites et volées. Enfin, le couvercle et la plaque funéraire du caveau étaient vandalisés.

Lors de la visite l’opération, d’une part, de restauration des tombes, de l’ossuaire et du caveau, d’autre part, de construction d’une maison de gardien, venait d’être mise en chantier.

Le cimetière européen de Mers el Kébir comprend également une section civile dans lequel reposent quelques corps de marins rendus à leurs familles. Le rapporteur spécial a pu constater des dégradations et profanations sur certains de ces caveaux familiaux.

(2) Le cimetière de Tamashouet 

L’entretien, hormis le monument aux morts du 2ème régiment de zouaves, et le gardiennage de ce cimetière européen civil relèvent des autorités algériennes. Enchâssé entre une desserte routière, une voie ferrée, un terrain en chantier et des immeubles d’habitation il a souvent subi des incursions et M. Jean Donnet a montré au rapporteur spécial les actes de vandalismes perpétués sur les monuments funéraires.

(3) Le carré militaire au cimetière israélite 

Ce cimetière civil comprend un carré militaire israélite qui n’abrite que des tombes restituées aux familles, dont la charge n’incombe pas à l’Etat.

(4) La nécropole du Petit-Lac 

Les travaux de regroupement en ce lieu unique des tombes des militaires d’Algérie, qui ont duré jusqu’en 1968, ont porté sur 13.100 corps en ossuaire et 3.690 corps en sépultures individuelles. En outre, en 1971, des columbariums furent construits pour recueillir des corps de civils exhumés de cimetières en péril d’abandon. La nécropole contient également, plusieurs monuments aux morts et des tombes d’officiers supérieurs. Hormis quelques incursions et problèmes de voisinage le lieu est bien entretenu par 5 agents recrutés localement. Les quelques emblèmes vandalisés ont été restaurés et les croix en bois remplacées par des croix en béton, l’opération ayant porté sur 8.000 croix.

Nécropole du Petit-Lac à Oran (Algérie)


 

Les crédits pour les nécropoles algériennes depuis 2004

(en euros)

2004

2005

2006

2007

Salaires

30.000

38.000

27.000

39.000

Entretien sépultures

10.000

24.000

15.000

15.000

Travaux de rénovation

17.000

*145.000

15.000

Total

40.000

79.000

187.000

69.000

*2006 – mise en place de 95.000 euros pour la création d’une maison de gardien et la rénovation du cimetière marin de Mers El Kébir.

Retour : documents sur les cimetières

Un commentaire »

  1. kamel dit :

    mon oncle est un ancien combattant il a recu sa carte depuis 2006 et pas de paye

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