GAZETTE de LA-BAS

Nouvelles de là-bas et d’ici

L’esclavage des chrétiens en terre d’islam (1)

Classé dans : esclavage,histoire — 13 avril, 2009 @ 20:28

 Il est au goût du jour de ne voir que grandeur dans l’histoire des autres peuples et comportements vicieux se penchant sur celle de notre pays. Ainsi nous sert-on de larges rasades sur l’esclavage des Noirs et, c’est vrai, l’ignoble méthode qui consistait à les enlever d’Afrique pour les envoyer dans les plantations d’Amérique. Certes, nous sommes coupables, mais moins que les autres Noirs, qui nous vendaient leurs frères après les avoir capturés pour recevoir en échange des armes ou de la verroterie. Si nos ancêtres avaient là leur part de responsabilité, on n’entend guère parler d’un autre esclavage, celui auquel les pirates musulmans réduisaient les chrétiens des côtes méditerranéennes. C’était l’époque des barbaresques, du XVIème siècle au début du XIXème.

En droit, les côtes actuelles de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye relevaient de l’autorité de l’empire turc. Le Maroc avait préservé son indépendance. Ces pays étaient pauvres et, se réclamant du jihad contre les  » infidèles,  » les maîtres des lieux avaient institué une profitable L'esclavage des chrétiens en terre d'islam (1) dans esclavage TunisCharlesQuintindustrie de la piraterieLes corsaires musulmans auraient pu se contenter de piller les cales des bateaux mais, la notion même d’esclave étant légitimé par le Coran, ils préférèrent le trafic d’humains, autrement plus profitable.Pour ce faire, ils ne se contentaient d’attaquer les navires venant d’Europe, mais lançaient aussi des assauts contre les terres chrétiennes

sources Jean Isnard

Débuts de la piraterie en Europe           

Après le coup d’arrêt à leur conquête que fut  la victoire de Poitiers, les Musulmans n’eurent de cesse de vouloir s’emparer de l’Europe par l’ouest d’abord en résistant à la volonté des monarques espagnols de récupérer leurs domaines, ce qui fut toutefois accompli en 1492. 

Après leur expulsion d’Espagne ils attaquèrent cette Europe par  l’Ouest et l’Est.

Par l’ouest  sur mer en encourageant et en pratiquant la piraterie, la razzia sur les cotes avec rapt des populations aux fins de les réduire en esclavage ou de soutirer des rançons,

                                      rais.maxi dans histoire 

Célébration du retour du Raïs d’une compagne de course (peinture Mohamed Racim)

À l’est ils eurent plus de succès,                                                                                                                     Sur une durée de huit siècles terminée en 1453 par la prise de Constantinople, ils  s’emparèrent de la quasi-totalité de l’Empire byzantin jusqu’au Danube et à la cote adriatique.
Il fallut les défaire à Malte en 1565 , Lépante en 1571, Vienne (Autriche) en 1529 et 1683, pour s’assurer un répit avant les libérations partielles du XIXème siècle dans les Balkans.  

En méditerranée occidentale il n’y eut aucune trève ; bien que  les états musulmans aient très vite perdu le contrôle de la mer,  la piraterie a toujours  sévi à  tel point que certaines îles comme les Baléares et la Sardaigne se sont vidées de leurs populations dès le IXème  siècle                                                                                                  image002

L’histoire oubliée des Blancs réduits en esclavage.

 Les Blancs ont oublié ce dont les Noirs se souviennent.  

   

Les historiens  ont étudié tous les aspects de l’esclavage des Africains par les Blancs, mais ont largement ignoré l’esclavage des Blancs par les Nord-Africains. [ Esclaves chrétiens, maîtres musulmans ] est un récit soigneusement documenté et clairement écrit de ce que le Prof Davis nomme « l’autre esclavage », qui s’épanouit durant approximativement la même période que le trafic transatlantique, et qui dévasta des centaines de communautés côtières européennes.Au XVIe siècle, les esclaves blancs razziés par les musulmans furent plus nombreux que les Africains déportés aux Amériques

«Il fallut attendre le XVIIIème siècle pour que les monarques d’Espagne décident de repeupler de Catalans les premières iles et d’en implanter un peu  en Sardaigne, alors que la maison de Savoie s’attache à envoyer des Italiens dans la seconde.»

 La Corse et la Sicile quant à elles, ont apparemment été moins éprouvées. Il convient de mentionner la repopulation de la Corse par des Toscans et des Ligures du XVème au XVIIème siècle ainsi que celle de l’île de Gozo (également désertée suite aux incursions des Maures et la fuite des rescapés) près de Malte par des familles venues de cette dernière au milieu du XVème siècle (in livre d’or de Malte). d’après Jean-Bernard LEMAIRE 

Qui sont ces pirates barbaresques ?

   Par leurs exactions les pirates dits  » barbaresques  » ,  » sarrasins  » ou  » turcs « , ont semé la terreur sur l’ensemble des cotes de la méditerranée occidentale, mais nombre d’entre eux, parmi les plus célèbres, n’avaient de  » barbaresque  » que le fait d’être      convertis à l’Islam, par conviction ou par intérêt, c’étaient des forbans qui se souciaient avant tout de s’enrichir aux dépens de leurs contemporains sous quelque bannière que ce soit. 
                                                                                                                 C’est ainsi que le fameux « , Barberousse était en réalité un marin Grec islamisé de Lesbos. Il s’établit avec ses frères et comparses à Djerba puis à Djidjelli.    Sous le nom de Khair-medium_BarberousseEddine il s’empara d’Alger en 1518 avant d’y rétablir l’autorité de la Sublime Porte et d’être nommé Beylar Bey ou Dey, Se plaçant sous l’autorité nominale et le pavillon de cet empire reconnu des puissances de l’époque, il autorise les pirates à se prévaloir de lettres de course et ainsi de prétendre être  » corsaires  » au service de l’Islam.

 

 

          En 1529  » Cacciadiavoli «  ( Chasse-diables), l’un des séides de Barberousse, captura huit galères espagnoles. Andréa Doria tenta une expédition punitive contre Cherchell, repaire de Cacciadiavoli mais dut battre en retraite

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          Après de nouvelles agressions manifestement effectuées avec l’approbation de la sublime porte, l’Espagne, le Saint Siège et les Chevaliers de Malte déclarèrent la guerre aux turcs en 1531.

          En 1533, le pirate «  Kalypine  » ( le Maure d’Alexandrie) attaqua de nuit un convoi vénitien au large de Beyrouth et subit une cuisante défaite. Les vénitiens firent relâcher les prisonniers, dont Kalypine lui-même, pour ne pas envenimer leurs rapports avec Istamboul..
          Sur ces entrefaites, le Sultan ,nomma Khair Eddine Barberousse commandant en chef (Kapitan Pacha) de sa flotte qui acquit rapidement une valeur et une audace jusqu’alors inconnue.

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          En 1534, Barberousse mit à feu et à sang les côtes de la Calabre et de la Campanie, s’installa à l’embouchure du Tibre et menaça Rome.
          Ensuite il saccagea et soumit la Tunisie dont le Sultan s’était soulevé.
    En 1535, à Cagliari les alliés assemblaient, sous le commandement d’Andréa Doria, une TunisCharlesQuintflotte de soixante quatre galères sur laquelle embarqua Charles Quint.
 En 1537, la république de Venise se décide, après maintes tergiversations et faux fuyants à entrer en guerre aux côtés des alliés hispano-pontificaux. Cette décision s’avèrera peu profitable à Venise puisque c’est elle qui fera les frais de la paix de 1540 avec le Sultan ottoman en lui cédant Nauplie et Malvoisie les deux dernières places fortes de Venise en Morée.

          Toujours en 1540, un autre Grec, Dragut (déformation du Turc Turghut), après avoir écumé le détroit de Sicile pour y piller notamment le blé et les êtres humains, se rend Maître de Tripoli en Cyrénaïque où il prend la place, en 1566,

Il participe brillamment (si l’on se place du point de vue musulman) au siège de Malte où son opiniâtreté et le peu d’intérêt qu’il attachait à épargner les piratas+dragutvies humaines, même pas celles de ses hommes, le montrèrent harcelant sans relâche les défenseurs, religieux et Maltais unis mais inférieurs en nombre, au point qu’ il faillit venir à bout de leur résistance désespérée et ne fut arrêté que grâce à l’explosion d’une réserve de poudre.
          En 1546, Barberousse meurt à Constantinople à plus de quatre vingts ans.

        

A Alger on comptait de 5 à 6000 Corses esclaves à la fin du XVIème siècle. On se doit de mentionner dans les rangs de la piraterie le Rais Hassan Corso, de sinistre mémoire, alors que d’autres tel Sanson Napollon servirent les rois de France et hasan1les financiers de Marseille ou se consacraient à faire office d’intermédiaire  dans les transactions de rachat des esclaves chrétiensl

          Elleuj (Elhadj ?) Ali, né en Calabre était un ancien esclave rameur, converti à l’Islam par intérêt dit-on, pour pouvoir sans châtiment se venger d’un musulman qui l’avait offensé, il connut une carrière de premier plan puisqu’il fut Dey d’Alger de 1560 à 1587, avait toute la confiance du Sultan-Khalife et termina Amiral de la flotte turque. D’aucuns racontent qu’il aidait financièrement et rendait parfois visite à sa famille tout en préservant sa région des attaques venues de la mer. Il était également surnommé  » Occhiali « (lunettes, en Italien) car il avait une mauvaise vue et portait des lunettes.
          Simon Rais ou Simon Danser, autre émule nord-européen cette fois, serait un Flamand ou un Danois qui aurait initié les Musulmans à la  » course  » atlantique. Il leur aurait, dès 1601, enseigné les techniques de navigation océane après les avoir initiés au passage du détroit de Gibraltar pour les mener jusqu’en Islande avec quelques pointes en Amérique.

 Pour l’aspect amusant du sobriquet, nous citerons un dernier exemple de chrétien renégat devenu  » Raïs  » (capitaine) chez les pirates barbaresques, il s’agit de  » Mezzomorto « . Capturé à  » moitié mort  » par les Barbaresques au cours d’un abordage, il survécu et s’enrôla aux cotés de ses ravisseurs.
      fanger2    C’est ainsi que les pirates ou corsaires basés en Barbarie,de Tétouan, d’Alger à Tripoli, ont inquiété le commerce maritime et réduit des innocents en esclavage, non seulement dans leur région d’élection mais jusqu’au Nouveau Monde.

A la fin du XVIIIème siècle c’etait devenu un problème inquiétant pour les Européens , un problème qu’il était urgent de résoudre . Il fut résolu par la prise d’Alger en 1830 par l’armée française .

Sources :L’histoire des Barbaresques de Laurent Lagartempe  , Les Barbaresque de Jacques Heers

Excellent diaporama très instructif de Claude Jacquemay.

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 A suivre->Esclaves chrétiens, maîtres musulmans.

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26 commentaires »

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  1. Vincent Lajaro dit :

    Yves,

    Avons-nous été invités en Algérie ?

    Bien sûr que non ! Mais l’analyse historique ne doit pas se faire avec nos conceptions du XXIe siècle. Aujourd’hui, en France, qui se sentirait l’âme conquérante au point d’envahir un pays ? Personne ! A part peut-être quelques ultras que j’aurais du mal à identifier. De ce fait, la colonisation nous semble choquante à plus d’un titre. Et il nous est facile de l’énoncer. Toutefois, est-ce la vraie question ? Car en 1830, quinze ans après les guerres napoléoniennes, notre vision d’Occidentaux était totalement différente. Yves, est-ce que tu estimes que tes aïeux auraient eu la même réaction que toi ?

    Pour autant, la colonisation ne s’est pas faite sans questionnement. Selon mes lectures, c’étaient plutôt les hommes de gauche qui étaient favorables à l’aventure. Leur intention était louable, bien que discutable, en voulant porter notre civilisation au-delà des mers. Force est de constater que l’objectif n’a pas toujours été atteint. Et les hommes de droite, sans doute plus pragmatiques, estimaient que cela ne serait pas forcément rentable économiquement. Ils n’avaient pas tout à fait tort. Car si l’on estime communément que la colonisation nous a permis de nous enrichir, on évalue plus rarement les investissements et les coûts engendrés par nos colonies.

    Il est clair que la conquête de l’Algérie s’est faite pour des raisons de politique intérieure. Cependant, il ne faut pas oublier qu’Alger rançonnait la Méditerranée depuis plusieurs siècles, par pur brigandage. Avant 1830, selon mes livres d’Histoire, la plupart des pays européens payaient un tribut à la Régence d’Alger afin d’éviter la piraterie – paiement d’ailleurs sans garantie. Chose incroyable, il s’agissait, en quelque sorte, d’une avance sur rançon. Et même la Suède et le Danemark, qui n’ont jamais tenté de coloniser un quelconque pays arabe (information valable également pour Ahmed Doss), étaient concernés par cette allégeance. C’est ce qui explique que la France n’ait pas rencontré d’opposition internationale à cette nouvelle conquête.

    Bref, à une époque où la plupart des pays étaient colonisateurs ou colonisés, notre contrôle sur l’Algérie, allait également dans le sens de l’Histoire. Il ne faut pas se leurrer, si nous ne l’avions pas fait d’autres pays comme l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre ou l’Allemagne, l’auraient réalisé. Dans l’Histoire du monde, la plupart des pays ont été, tour à tour, conquérants ou annexés. Les Algériens ne doivent pas non plus oublier que les Arabo-berbères ont tenté de coloniser l’Andalousie durant 781 ans. Eux non plus n’étaient pas réellement des invités.

    En fait les vraies questions qu’il faut se poser sont : pourquoi, n’avons-nous pas réussi à quitter l’Algérie en évitant cette catastrophe annoncée et pourquoi, les Algériens n’ont-ils pas réussi leur indépendance sans se faire massacrer ? Par ailleurs, fallait-il que nous soyons, nous pieds-noirs, totalement chassés de cette terre ?

    Vincent Lajaro, pied-noir.

  2. Vincent Lajaro dit :

    Pour Yves et d’autres

    « Le rôle positif de la présence française outre-mer »

    En tentant de rétablir une certaine vérité nos députés, avec la loi de février 2005, ont fait preuve d’un manque total de psychologie. Car enfin, il est très difficile, pour ne pas dire impossible d’évoquer les aspects positifs de la colonisation, même s’ils existent… pour la simple raison que les ex-colonisés les réfutent. La seule attitude valable, selon eux, consiste à noircir, encore et toujours, le tableau. Et puis, avec le recul, force est de constater que la colonisation est un système pervers en soi. Pour quelle raison un peuple en soumettrait-il un autre ? Serait-il, par exemple, imaginable, tout proportion gardée, d’évoquer, aujourd’hui, l’aspect positif du travail des enfants, tel qu’il se pratiquait dans les mines du XVIIIe et du XIXe siècle !

    Pour autant, mais sans le dire, il y a au moins un intérêt à la colonisation. En 1962, l’Algérie a bien hérité une infrastructure qui aurait été inexistante sans la présence française. Les routes, les hôpitaux, les barrages électriques, les casernes, les écoles, les bâtiments administratifs, les villes et les biens personnels accaparés sont des réalisations coloniales – à n’en pas douter. Malheureusement, sans doute sous l’inspiration du Coran, les Algériens appellent cet héritage un butin de guerre. Tout est finalement une question de vocabulaire.

    Il y a bien un autre avantage à cette colonisation, c’est la langue française. Non pas que je la croie supérieure à celles des Algériens. Je ne possède pas les connaissances suffisantes pour l’affirmer ou l’infirmer. Mais j’estime qu’elle leur offrait une ouverture sur la technologie. Et puis, cette double culture représente, selon moi, un atout que je serais tenté de leur envier. Encore faut-il réellement accepter cet avantage ! La politique de l’Algérie vis-à-vis du français, faite souvent de renoncement, a été néfaste à ce dernier. Son emprise est bien moins importante pour les nouvelles générations que pour celles qui nous ont combattus. Les Algériens n’ont pas su faire preuve de pragmatisme. Pour profiter des avantages de la colonisation, il aurait fallu admettre qu’une présence française, même minime, soit favorable à l’Algérie. Sans l’injustice du code de l’indigénat et de la colonisation, qui pourrait affirmer que le savoir-faire technologique et économique français auraient été néfastes au Maghreb ? Mais encore une fois, il fallait accepter un « hizb frança » c’est-à-dire un parti français, chose inconcevable dans le politiquement correct de l’Algérie.

    Avons-nous été stigmatisés à la suite des 132 ans d’occupation, des huit ans de guerre qui ne voulait pas dire son nom ou des les 2700 morts dus à l’OAS ? Ou bien, est-ce à partir de critères religieux ? Car je crains qu’au-delà de l’injustice de la colonisation, notre présence, en tant qu’Occidental chrétien, soit inacceptable. Dans les relations franco-algériennes, on ne doit pas, sous l’influence de notre laïcité, sous-estimer le phénomène religieux. Il faut souligner que les résistants à l’occupation française se dénomment moudjahidines. Ce qui désigne des combattants de l’Islam ou les prémices du jihad. Les Algériens ont-ils suivi le chemin du Coran(1)en nous rejetant à la mer ou est-ce notre répression qui en est la cause principale ? Pour l’heure, je pencherais malheureusement pour la première hypothèse. Sans compter que ces deux causes peuvent aussi se cumuler.

    Pour en revenir aux « aspects positifs », il serait possible de citer d’autres exemples sans pour autant être plus convainquant. Il me faut donc passer à l’autre versant de la colonisation. Pour tendre vers l’objectivité, les points positifs doivent être également comparés à l’oppression coloniale, aux souffrances et aux coûts humains. Ces derniers sont bien difficiles à évaluer mais ils ont été bien trop élevés. La guerre de conquête a notamment entraîné directement ou indirectement la mort d’un million d’autochtones. Et quant à faire un bilan global entre le faste et le néfaste, je crains que le plateau de la balance penche du mauvais côté. C’est bien la raison pour laquelle il m’est difficile d’évoquer le rôle positif de la France en Algérie.

    Mais il y a une autre question que ne se pose pas notre pays et qui, selon moi, est tout aussi importante. Et pour nous, est-ce que la colonisation a été bénéfique ? On ne s’interroge pas sur cet aspect de nos conquêtes car la réponse communément admise est positive – comme allant de soi ! Et c’est vrai que sans ses colonies ou ex-colonies, est-ce que la France serait toujours la France ? Par ailleurs une large majorité d’Algériens pensent que notre pays doit sa bonne fortune à toutes les richesses extorquées des colonies. Et pourtant, cet axiome est largement démenti quand on examine l’évolution de notre économie. Dans les années trente, à l’apogée de nos splendeurs coloniales, notre niveau de vie n’était pas franchement florissant. Et en 1962, après avoir perdu l’essentiel de nos territoires d’outre-mer, nous ne sommes jamais aussi bien portés – jusqu’au premier choc pétrolier de 1973.

    Pour finir de s’en convaincre, il suffit de lire « Chère Algérie » de Daniel Lefeuvre. Il est même démontré que le pétrole algérien, du temps des colonies, n’a pas été rentable. Il y a également d’autres matières premières qui ont été importés de nos ex-colonies. Mais quelques bons accords commerciaux auraient été bien plus avantageux que tous les investissements consentis. En outre, quand on compare les pays colonisateurs et les Occidentaux qui sont restés dans leurs frontières, il est impossible d’établir une corrélation entre richesse et colonisation. De même, il existe à l’échelle de la planète quelques pays pauvres qui n’ont jamais été colonisés (vu sur ce blog). J’ai donc également quelques doutes sur un deuxième axiome généralement admis qui consiste à dire que la pauvreté de l’Afrique est due à la colonisation.

    D’aucuns pourraient évoquer, par ailleurs, l’aspect stratégique des colonies. Certes, en 1943, l’Algérie française a été un élément clef de notre défense. C’est sans doute le seul point vraiment positif de cette colonisation. Mais est-ce que la France aurait moins bien résisté, face à l’Allemagne, sans ses colonies ? Cela reste à prouver. J’ai lu dernièrement une biographie de Clemenceau. Il n’était pas encore au pouvoir durant notre prise de contrôle de la Tunisie par la France mais il s’inquiétait néanmoins de la dispersion de nos forces militaires. Même l’aspect stratégique des colonies n’est pas probant. Et de toutes les façons, aujourd’hui, il est bien plus dissuasif de détenir l’arme nucléaire.

    En résumé, il est loin d’être évident que nos aventures coloniales aient été positives pour notre pays. L’enrichissement par les colonies du XIXe siècle n’est qu’une vieille lune. C’est à l’aune de ce double échec – tant du côté français qu’algérien – que doit être envisagé les relations entre les deux rives de la Méditerranée. Sans doute qu’il suffirait de peu de choses pour que notre histoire commune de 132 ans favorise d’autres rapports plutôt que cette défiance mutuelle.

    —————————
    (1) » Faites la guerre à ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent point comme défendu ce que Dieu et son apôtre ont défendu, et à ceux d’entre les hommes des Écritures qui ne professent pas la vraie religion, Faites-leur la guerre jusqu’à ce qu’ils payent le tribu de leurs propres mains et qu’il soient soumis (Coran, Sourate IX, 29). »

  3. m echevarria dit :

    Je remarque que un adversaire de l’article et de certains commentaires peut librement parler malgré sa mauvaise foi flagrante alors que chez lui certains auteurs des commentaires se ferait lapider il faut l’avouer.

  4. ferhat dit :

    bonjour a tous je nes suis pas dacor avec Vincent Lajarop parceque comment sait tu ke le prophete mohamed ave des esclave . moi je suis dacor avec ahmed

  5. Vincent Lajaro dit :

    Ferhat

    Je pense que le Prophète avait des captives car dans mon Coran il est écrit dans la sourate 33, verser 50: « Ô Prophète ! Nous déclarons licites pour toi tes épouses que tu as dotées et les captives que Dieu t’a accordées au titre de butin de guerre ». Le mot Prophète désigne bien le Prophète et le « nous » est selon moi un nous de majesté qui désigne Dieu. Donc Dieu déclare qu’il est normal que le Prophète ait des captives de guerre. Cette lecture peut être positive car à l’époque, dans la plupart des cas, on ne faisait pas de quartier. On tuait tous les vaincus. Et donc la captivité pouvait être un moindre mal.

    Mais tout ceci n’est pas le plus important à mes yeux. Il est essentiel, par contre, de savoir qu’il y avait des esclaves noirs et des captifs blancs en Algérie, avant 1830. Il faut également retenir que l’Arabie Saoudite a aboli l’esclavage en 1960 et la Mauritanie en 1981. Ces faits sont, quant à eux, incontestables..

  6. rsf dit :

    http://www.algerie-disparus.org/cfda/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=64&Itemid=181
    L’ORGANISATION DE L’AMNISTIE INTERNATIONALE INFORME LES FAMILLES DE
    DISPARUS POLITIQUES EN ALGÉRIE DE L’ACCEPTATION DE LA DEMANDE
    D’EXTRADITION DU SOUTIEN DE L’EXTRÉMISME AHMED OUYAHIA VERS LA COUR INTERNATIONALE DE
    JUSTICE
    POUR
    ENLÈVEMENTS LIQUIDATIONS PHYSIQUES ET ENTERREMENTS DE LEURS ENFANTS
    DANS LE TRIANGLE NORD CINQ HECTARES TERMINANT LA LOCALITÉ JOINTE sabratlemcenalgerie@gmail.com
    POUR LES AVOIR ENTOURÉS DE BARBELÉS ET POUR AVOIR CONDAMNÉS TOUT ACCÈS TOUTE CULTURE TOUTE PLANTATION ET TOUTE CONSTRUCTION À CE JOUR
    http://www.google.fr/images?hl=fr&source=imghp&q=islamic+intelligence+hanane+tahraoui+la+france+me+refuse&btnG=Recherche+d%27images&gbv=2

    LE PRÉFABRIQUÉ PANCARTE PRIVÉ ET LE TERRAIN DE JEU ABANDONNÉ DEPUIS 1997 SONT POUR DÉJOUER TOUTE INVESTIGATION
    http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=sabra+alg%C3%A9rie&sll=47.15984,2.988281&sspn=14.288657,28.125&ie=UTF8&ll=34.833928,-1.529632&spn=0.004209,0.006866&t=h&z=17
    POUR AVOIR DÉCAPITÉ BRULÉ ET MUSELÉ L’AGENT ENQUÊTEUR
    AFIN DE L’INVESTIR À DES FINS POLITIQUES PERSONNELLES DE DISCULPATION

    http://islamic-intelligence.blogspot.com/2008/02/operation-november-1950-sarkosy-olmert.html

    FINANCEMENT CAUTIONNEMENT ET MAINTIEN DE SITE EXTRÉMISTE POUR S’INTERPOSER ENTRE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE ET LES COMMANDITAIRES DE L’ASSASSINAT DE TRAPPISTES CHRÉTIENS 1996 ET DU KABYLE MATOUB LOUNES LE 25/06/1998

    http://www.kabyle.com/archives/+AP [...] -par+.html

    DÉLIT DE FUITE APRÈS DÉCAPITATION 25/06/2006

    http://maps.google.fr/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=sabra+alg%C3%A9rie&sll=47.15984,2.988281&sspn=14.288657,28.125&ie=UTF8&ll=34.833928,-1.529632&spn=0.004209,0.006866&t=h&z=17

    ET POUR AVOIR AINSI CRÉE UN CLIMAT DE GEL ENTRE L’ALGÉRIE ET LES PAYS OCCIDENTAUX
    amnesty@ amnesty.org
    AMNISTIE INTERNATIONALE

    http://islamic-intelligence.blogspot.com/2008/01/operation-november-1950-la-france-est.html

  7. beldjilali kaddour dit :

    Je viens de tomber par hasard sur ce site et je suis ébahi par les « trous de mémoire » de Vincent Lajaro. Les morts Algériens énoncés par feu le Président Boumédiène, à savoir 1.500.000, comptent toutes les victimes de l’occupation française de l’Algérie, du 01 juillet 183O au 05 juillet 1962. Je comprends que tu éprouves de l’amertume, pour avoir abandonné une terre où tu es né – mais que tu peux revisiter sans problème, si tu veux – mais il me semble que tu ne regardais jamais « les sous-hommes » qui vivaient à coté de toi.ILS N’AVAIENT DROIT A RIEN. Pour un emploi de balayeur, il fallait d’abord le proposer à un juif (sachant qu’il était déshonorant pour un chrétien ou français de souche de l’accepter). Quant aux harkis, certains n’ont pas quitté l’Algérie et y vivent toujours. Ceux qui ont été liquidés, l’ont été au même titre que ceux que la France a exécuté, pour collaboration avec l’Allemagne. Il se peut que le maréchal Pétain ait échappé à l’échafaud, s’il n’était « décédé » en prison. Les Algérien ont subi l’infamie durant 132 ans. Ils se seraient alliés avec le diable, s’il le fallait, pour se libérer du colonialisme. Quant aux infrastructures immobilières laissées par la France, elles étaient destinés à l’usage des colons, l’Algérien n’ayant été autorisé à fréquenter l’école qu’à partir de la fin des années 40. Pour ce qui est des chiffres et statistiques que tu énonces, je t’invite à prendre connaissance des recherches effectuées par les historiens Benjamin Stora et Mohamed Harbi. Pour ma part, je n’étais pas du même coté de la barrière que toi et j’en garde, à ce jour, des séquelles de torture de vos soldats sur mon corps.Cependant, nous Algériens savons pardonner, mais nous estimons que l’Algérie -meme si vous estimez qu’elle est mal gouvernée etc’est votre point de vue – est un paradis pour nous, comparativement à l’enfer que nous avons subi de vous./.

  8. Vincent Lajaro dit :

    > beldjilali kaddour

    Beldjilali Kaddour, ce que tu énonces concernant les fameux 1,5 millions de mort, tu es bien le premier à me le dire. Dans tout ce que j’ai lu sur les documents et les blogs algériens, il s’agit bien de la guerre de 54 à 62. Comment voulez-vous (l’ensemble des Algériens) avoir une certain crédibilité ? Donc pour tout le reste, je reste sur mes positions jusqu’à preuve du contraire. Et je garde un esprit d’ouverture pour toute réconciliation possible.

    Voilà ce que j’ai trouvé sur un site algérien en trente secondes :

    « La guerre d’Algérie : La révolution ou la Guerre de Libération Nationale, est, sans doute, l’une des plus remarquable dans l’Histoire du monde, et la Plus remarquable du XXe siècle. Les Populations algériennes ont montré une bravoure rare, et une énorme volonté de prendre la liberté prise par le violent colonisateur français qui n’a rien respecter durant la période de l’occupation coloniale : 132 ans. Les algériens ont traduit, valeureusement, sur le terrain leur volonté de regagner l’indépendance par le sacrifice d’un million et cinq cents milles martyrs, ce qui continue, à ce jour, de nous donner l’exemple aux autres pays, et à nous, la fierté d’être algériens »

    « Le bilan de la guerre d’Algérie fait état de 25 000 tués chez les soldats français et 2 000 morts de la légion étrangère, un millier de disparus, et 1 300 soldats morts des suites de leurs blessures. Les historiens algériens avancent le chiffre de 1,5 million de morts parmi les algériens, mais c’est sans compter les 8 000 villages incendiés, un million d’hectares de forêts incendiés avec le napalm, 2,1 millions de musulmans déplacés dans des camps de regroupement et les dizaines de milliers de harkis massacrés, au lendemain de la proclamation de l’indépendance. »

    Donc selon le dernier texte, il y aura plus de 1,5 million de morts… ça laisse rêveur !

  9. Vincent Lajaro dit :

    Pour Beldjilali Kaddour, voilà ce que j’ai trouvé sur Wiképédia en 3 minutes :

    Cependant, cette thèse, non dénuée d’arrières pensées idéologiques, tendant à faire penser à un ralliement massif de la population musulmane au FLN a été maintes fois battue en brêche. Certaines sources affirment que le nombre de combattants de l’ALN n’aurait jamais franchi le chiffre de 15 000 combattants [159] tandis que d’autres sources avancent que le FLN n’a jamais réussi à mobiliser plus de 10 000 combattants dans les maquis[160].

    Les civils forment la majeure partie des pertes humaines des populations musulmanes. Le nombre de combattants de l’ALN tués demeure inconnu à ce jour.

    Du côté algérien, le FLN compte en 1964 près de 1 500 000 victimes de cette guerre. Ce chiffre deviendra officiel en 1965. Quant au chiffre constitutionnel de 1 million de martyrs (préambule de la constitution de 1963), il n’est pas repris par les constitutions de 1976 et 1996[161].

    Des historiens et des démographes se sont penchés sur la question : selon Guy Pervillé « Contrairement au mythe accrédité en Algérie…la guerre n’a pas causé 1 million ni 1 million et demi de morts algériens… même si la comparaison des recensements d’avant et d’après 1962 ne permet pas d’établir en toute certitude un bilan inférieur à 300 000, voire à 250 000 morts »[162],[163]. Xavier Yacono, dans un article paru en 1983, estime toujours à partir des recensements les pertes algériennes à 250 000 morts environ[164].

  10. Vincent Lajaro dit :

    Pour Beldjilali Kaddour

    Pour clore définitivement le débat, voilà ce que j’ai trouvé sur un site algérien. J’ai mis un peu plus de temps 1 h 30 pour le dénicher. Je suis très déçu par ton intervention qui laisse percer la mauvaise foi, selon moi bien plus grave que l’erreur. Voilà maintenant 3 ou 4 ans que je fais des recherches sur la guerre d’Algérie et l’islam et je deviens de plus en plus pessimiste. Car c’était aussi une guerre de religion. Vous luttiez pour votre liberté – rien à redire – mais vous vouliez aussi chasser le gaouri – plus discutable.

    Je ne suis pas un colonialiste et je m’en suis expliqué plusieurs fois dans ces colonnes. Mais les Algériens ne m’expliquent pas pourquoi près de 3 millions de masochistes ont traversé la Méditerranée pour venir vivre dans ce pays de salauds. Étrange paradoxe !

    Les Algériens sont anti-colonialistes mais viennent coloniser la France. Je crains que tout cela finisse très mal. Nous aussi, nous allons faire notre guerre d’indépendance !

    http://www.anp.org/hizb-Franca3.htm

    « 5.1. L’Algérie en 1962

    Les problèmes auxquels faisait face l’Algérie, à l’indépendance, étaient fort complexes. Il suffit de se rappeler les énormes destructions matérielles et humaines occasionnées par sept ans et demi de guerre farouche qui s’ajoutaient aux nombreux problèmes nés de la colonisation devenus pour la plupart structurels65 :

    • Plus d’un million et demi de chouhada, morts entre 1954 et 1962 ;

    • Près de trois millions de personnes arrachées à leurs foyers et transférées dans des centres de regroupements soumises à des conditions de vie très pénibles ;

    • 500 000 réfugiés en Tunisie et au Maroc ;

    • Plus d’un million et demi de personnes ayant émigré des campagnes vers les villes ;

    • 400 000 détenus politiques ;

    • 400 000 émigrés en France. »

  11. dia mohamed dit :

    merci

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