GAZETTE de LA-BAS

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Les raisons de ce reveil des Kabyles chrétiens ***

Classé dans : histoire,Religion — 27 juillet, 2008 @ 0:43

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 Nous sommes vendredi, jour de la prière musulmane, de repos hebdomadaire républicain en Algérie et par la force des choses, du Seigneur pour les chrétiens qui seraient plusieurs milliers dans la région. En cette matinée, des chants montent de la chapelle de la communauté Les raisons de ce reveil des Kabyles chrétiens *** dans histoire NOEL29122006-1des Ouadiahs installée dans une ancienne maternité. «Alliluya, Alliluya ! Tous unis dans Jésus. Et tout le monde saura que nous sommes chrétiens ! Gloire au fils de Dieu !» Les cantiques sont psalmodiés sur des airs de musique berbère joués à la guitare et au darbouka. Les fidèles les fredonnent selon l’inspiration du moment, en amazigh, la langue berbère, en arabe et en français.  

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Au VII sièclle l’islamisation de l’Afrique du nord ne s’est pas fait, comme le prétendent les arabo-islamistes et d’autres, la fleur au fusil. Comme toutes les invasions qu’a connu cette région prospère (Romains, Vandales, Byzantins) celle des Arabes s’est fait dans la violence et le sang. Avant leur arrivée l’Afrique du nord était multiconfessionnelle : aux côtés de communautés berbères chrétiennes (Saint Augustin, Saint Cyprien, Donat…) vivaient des communautés berbères juives, et une grande majorité de Berbères animistes et païens, comme d’ailleurs dans de nombreuses autres contrées d’Afrique

« En fait nombre de Berbères ne se sont convertis à l’Islam que pour éviter entre autres soucis de payer l’impôt que cette religion exigeait des « gens du Livre « , qui refusaient de changer de religion. Les conquérants arabes n’éprouvaient que du dédain envers les peuples nord africains qu’ils traitent d’infidèles.

Ces comportements nous éclairent sur la foi tiède qui les anime ». La tiédeur des conversions à l’islam des populations berbères est admirablement détaillée par Ibn Khaldoune qui disait que les Berbères abjurèrent 12 fois l’Islam au cours de ces premiers siècles d’islamisation. Cette tiédeur était due à l’attitude méprisante et hypocrite des Arabes.

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. Le fait est qu’historiquement, il a fallu quatre siècles (100-400) pour obtenir l’évangélisation d’une partie importante des Berbères, alors que leur islamisation n’a duré qu’un siècle (670-750). Les livres d’histoire notent cependant que la disparition des dernières communautés chrétiennes chez les Berbères date de 1145-1160.

 Malgré cela, les nouveaux chrétiens kabyles n’hésitent plus à remonter le temps, «aux sources du christianisme berbère», pour justifier leur rupture communautaire définitive avec l’arabo-islamisme qu’ils assimilent au pouvoir.

                                                                    église kabylie

L’un d’eux explique cette rupture dans des termes radicaux

«La différence entre l’Islam et le christianisme, c’est que le second m’accepte dans ma liberté de Berbère, et comprend et aime ma langue. Combien d’Arabo-musulmans ont fait preuve envers nous d’amitié, de sympathie pour notre culture, combien ont appris notre vocable que ces «mécréants» Berbères de confession juive ou chrétienne parlaient parfaitement ? Combien d’entre eux comme ces voyageurs «infidèles» allemands, anglais, français et italiens d’autrefois, ceux des colons qui nous ont appréciés, comme beaucoup de missionnaires aussi ont appris le tamazight, ont rédigé des dictionnairs, recueilli et sauvé de l’oubli des pans entiers de notre mémoire séculaire ? Oui, je vous le demande, combien d’Arabo-musulmans ont été tolérants et bienveillants devant ce que nous étions et ont veillé à la sauvegarde de notre œuvre ? Ils nous traitent de «fils de Pères blancs», de «fils de harkis» et nous tuent quand nous ne réclamons que justice et liberté d’être ce que nous sommes. La religion chrétienne est infiniment plus tolérante que l’Islam qui est fondamentalement intolérant et intrinsèquement violent.»

De nombreux témoignages de conversion tournent autour de cette quête de paix, de tolérance, d’identité, de retour aux sources. Mais aussi une façon de s’opposer au pouvoir, culte dans Religionde se rapprocher des Européens, d’émigrer vers l’Occident judéo-chrétien, d’épouser un (e) chrétien(ne), de réussir sa vie… et surtout cette volonté de rompre avec la communauté arabo-islamique dans laquelle le Kabyle en crise existentielle permanente ne se reconnaît plus.                           
Apres le depart des pères blancs, dans les annees 80, une nouvelle generation de chrétiens algériens a repris le flambeau

Par Saâd Lounès, El Watan

     

       Beaucoup de membres du mouvement confient avoir rejoint la communauté chrétienne lorsque les égorgeurs des Groupes islamiques armés (GIA) infestaient les bois des environs. «Je suis issu d’une famille musulmane non pratiquante aux idées plutôt laïques et nationalistes, indique Ali. Ma conversion est un long cheminement dont l’un des facteurs déclencheurs a été l’assassinat en décembre 1994 des Pères blancs de Tizi Ouzou». Surnommés les «Imrabden irumyen» (les marabouts français), les Pères blancs furent abattus par un commando des GIA peu après l’échec du détournement de l’Airbus d’Air France reliant Alger à Paris. Le crime suscita effroi et compassion.Ecoeurés par une violence commise au nom de l’islam, des habitants décidérent en ces temps de sang et de larmes de rompre avec leur religion d’origine. burnouspelerinage 

 L’évêque de Meaux revêtant le burnous kabyle

Fruit d’un questionnement personnel mais aussi d’une quête identitaire, les conversions devinrent dans cette province rebelle une manière de se différencier. «Quoi qu’on en dise à Alger, ces chrétiens sont moins dangereux que les salafistes qui reviennent ces derniers mois en force dans les mosquées de Kabylie et tentent à nouveau d’imposer des pratiques extrémistes contraires à nos traditions»,

analyse M’Barek, un militant associatif de Tizi Ouzou.                                                                                                                                                                                                        

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    Voici deux articles de prêtres catholiques sur ce problème.                                                        Article publié le 04 Juin 2008
Par Christian Delorme
Source : LE MONDE
Il faut préciser que Mgr Tessier et son disciple l’abbé Christian Delorme se sont toujours opposés à l’évangélisation en Algérie.     

Non, l’Algérie n’est pas antichrétienne <--  cliquez

  Une réaction à l’article du père Delorme
Sur le site de Paroisse Saint-François-de-Paule, Missionnaires de la Miséricorde divine,l’abbé Loiseau a réagi à l’article du Père Delorme paru dans le journal « Le Monde » (03/06/08) « Non, l’Algérie n’est pas antichrétienne« 
Le texte de l’abbé Loiseau est ici reproduit.

Le vrai disciple porte du fruit, car il est enté en Jésus Christ



Voici une incitation à la réflexion sereine pour les musulmans qui hésitent encore à réassumer leur seule religion originelle ! [ Maintenant que la résurgence du christianisme africain commence à s’imposer avec ferveur parmi les populations autochtones berbères, je souhaiterais parler de l’avenir de l’Islam en Afrique du Nord…

Article de l’abbé Loiseau  

Le Père Christian Delorme, bien connu pour son engagement dans le dialogue islamo-chrétien, a fait paraître dans le quotidien Le Monde du 4 juin 2008 un article intitulé « Non, l’Algérie n’est pas antichrétienne« . Cet article présente les affirmations suivantes: « L’Algérie n’est pas antichrétienne, il est nécessaire d’entendre ce que nous disent les autorités algériennes et une partie de la population à propos de ces musulmans algériens devenus chrétiens ; ce qui fait fondamentalement l’unité de l’Algérie, c’est son islamité ; ces conversions nous rappellent les méthodes des coloniaux ; les chrétiens évangéliques agissent selon une stratégie américaine ; enfin, il semble dangereux d’évangéliser en terre d’Islam car un peuple risque d’être déchiré« .

Ces thèses nous paraissent des mensonges sur le plan politique, historique et théologique. Pour ne pas caricaturer sa pensée, je précise que le père Delorme a

bien conscience de certaines situations révoltantes en Algérie. Mais il est pour le moins étonnant de voir un prêtre attaché au dialogue religieux, à la laïcité et à la liberté religieuse faire de l’Islamité le principe de l’unité algérienne. Pour ceux qui connaissent un peu l’Algérie, cette proposition est sociologiquement et historiquement fausse. Cette nation, d’après lui, n’existerait que grâce à l’Islam.La mission chrétienne rappellerait donc les méthodes coloniales? Mais le père Delorme sait-il que les gouvernements successifs depuis la colonisation jusqu’à l’indépendance se sont opposés aux missions catholiques auprès des musulmans et ont favorisé l’expansion de l’Islam auprès des Kabyles et des Touaregs. St Augustin et des siècles de christianisme ne feraient pas partie de l’histoire algérienne ? Voilà un jugement particulièrement sectaire.Enfin, ce qui apparaît le plus grave, c’est que l’évangélisation en terre musulmane serait un déchirement pour le peuple algérien. Mais enfin, Père Delorme, un Etat moderne et adulte ne saurait-il accepter la liberté religieuse? Réduire la mission des évangéliques en Kabylie à une stratégie américaine est une méconnaissance totale de la réalité de ces conversions profondes et authentiques. Qu’il y ait parfois des maladresses dans ces missions, c’est indéniable, mais on ne peut nier un réel mouvement de conversion au christianisme dans les pays du Maghreb. Faut-il accuser le Christ d’avoir divisé son peuple? Les premiers chrétiens sont-ils coupables d’avoir divisé l’empire romain?Le Père Delorme se fait ainsi l’avocat de tous les régimes totalitaires qui ont accusé les convertis de mettre en péril l’unité de la nation. L’évangile bien vécu a toujours permis une plus grande unité d’un peuple et le respect des chefs politiques. Le plus dramatique serait que les autorités algériennes puissent se servir du texte du père Delorme pour légitimer la persécution des chrétiens. L’aboutissement de cette fausse conception du dialogue interreligieux conduit non seulement à un refus de l’annonce de l’Evangile (ce qui est un manque considérable de respect des musulmans) mais en plus se fait complice des bourreaux.Hélas, il a toujours existé des chrétiens qui ont dénoncé leurs frères.

  Commentaire
Le dérapage de Christian Delorme tient dans la réduction simpliste France=Christianisme, Algérie=Islam. Une réduction entrenue par tous les interlocuteurs qu’il a pu avoir dans le cadre du dialogue islamo-chrétien, aussi ne lui jetons pas trop la pierre ! L’Europe n’a pas assez conscience de l’ancienneté -et de l’antériorité- de l’histoire du christianisme en orient ; attitude entretenue par le déni qui existe dans le monde arabo-musulman…

église d’Azzazga- Omar Rebah  oui il existe encore des églises en Kabylie

  ( à suivre )…

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4 commentaires »

  1. icuos dit :

    je trouve vos réactions un peu déplacées. En effet, ce que vous prêchez n’est qu’une religion comme toute les autres, mais vous fêtes un grand tapage pour que les autres pays vous remarque.N’oubliez pas que vous êtes des Algériens, et que tout ce vacarme, ne fait qu’attiser les haines entre les gens (algériens), si vous faites partie de ces gens.Le peuple algérien a assez souffert depuis plus de 46 ans, alors n’en rajouter pas s’il vous plait. Que vous soyez chrétien ou musulman, cela vous regarde, laissez notre peuple tranquille, et ne donnez l’occasion aux autres étrangers de venir nous dicter notre conduite, vous n’en réchapperez pas vous même. Les pays colonisateurs ont brandi la religion et ont eu la bénédiction de l’égilise pour occuper des pays et pour massacrer les peuples. Souvenez vous en, l’algérie a perdu 1,5 million de ses enfants pour récupérer son territoire, alors qu’avec un simple appui de l’égilise et un retrait de l’armée coloniale aurait pu tout arranger.

  2. Vincent Lajaro dit :

    Icos, en 1914, la France était peuplée d’environ 42 millions d’habitants. Elle alignait au début de la première guerre mondiale 820000 soldats. Sur toute sa durée 8,7 millions d’hommes sont passés sous les drapeaux. Les conditions des batailles mettant en jeux, entre autres, une artillerie massive comme les hommes n’avaient jamais connue, a décimé 1400000 des nôtres. Maintenant, vous pouvez énoncer le nombre total de maghrébins dans l’Algérie de 1960 et le nombre de combattants opposés à la France et me dire s’il est possible qu’il y ait eu 1500000 morts parmi les musulmans.

    Par ailleurs, après la guerre de 14-18, il y a eu une chute importante de la population française, due aux morts et à la baisse de natalité. Avez-vous constaté le même phénomène dans l’Algérie indépendante ?

    Les 1500000 morts algériens ne sont dûs qu’à l’imagination du FLN. Selon moi, ce nombre macabre s’élève probablement à 300000 (au maximum). Ce qui est déjà énorme et, au nom de l’humanité, révoltant.

  3. Vincent Lajaro dit :

    Certains maghrébins, les nouveaux convertis, ont compris que le message des Évangiles étaient plus libertaires, plus favorable aux femmes, que le Coran. Ils ont bien raison. Mais l’attitude du gouvernement algérien est compréhensible dans la mesure où certaines églises (sectes) protestantes ont eu un prosélytisme bien trop efficace en Algérie. Il ne faut pas oublier non plus que l’apostasie est interdite et sanctionnée par le Coran. Il s’agit bien là d’un État religieux où l’athéisme n’a pas le droit de s’exprimer, ni a priori une autre foi vivante. Si ce n’est quelques particules d’un catholicisme moribond. Comme toute croyance fondamentaliste, le comportement d’un musulman, pur et dur, ne peut être que totalitaire.

  4. DUPEYRON AGNES dit :

    Bonjour,
    je suis catholique (et française) ,et j’ai une affection toute particulière pour les musulmans depuis fort longtemps, pour lesquels je prie chaque jour avec ferveur par l’intercession de Notre Dame de Lourdes, d’Afrique, de l’Atlas et de Santa Cruz, et de sainte Salsa de Tipasa, vierge et martyre du IIIème siècle (après JCNS biensûr…).
    Au sujet de la conversion des Kabyles au christianisme, je voudrais apporter une précision que nous apprend l’histoire sainte:avant la conquête arabo-musulmane de l’Afrique du nord, les peuples autochtones qui avaient été christianisés étaient peu à peu tombés dans une hérésie que l’on appelle l’arianisme qui niait la divinité de Jésus-Christ Notre Seigneur.
    Par voie de conséquences, l’Islam pénétra sans trop de résistance cette région, aujourd’hui musulmane dans sa majorité, malgré les missions chrétiennes de l’époque coloniale, avec la figure emblématique de Saint Charles de Foucault, qui vécut avec le peuple berbère afin de les évangéliser, avant d’être assassiné.
    Ceci étant dit, la question de la conversion des kabyles à la sainte religion doit être abordée sous l’angle de la Foi plus que sous l’aspect strictement historique.
    Je regrette que l’auteur de l’article: « Racines anciennes du christianisme en Kabylie » visiblement non chrétien(ne) ne mette en lumière cet aspect essentiel qui justifie ce que nous chrétiens,appelons « l’esprit missionnaire » et qui n’est autre chose que le zèle pour le salut des âmes, fondé sur la Parole du Christ Notre Seigneur:
    « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, et celui qui ne croira pas sera condamné », car en dehors de la Foi en Jésus-Christ, il n’y a pas de salut possible.
    Il est fort dommageable pour les âmes et la paix dans le monde que cette vérité soit étouffée par de mauvais pasteurs de l’Eglise, adeptes du faux oeucuménisme et de la liberté religieuse post-conciliaire (cf. Concile Vatican II- 1962), qui laisse croire aux hommes que toutes les religions se valent et donnent le salut.
    C’est absolument FAUX et CRIMINEL car ces mauvais pasteurs de l’Eglise conduisent les âmes en enfer au lieu de les sauver en les exhortant au repentir et à la conversion à la Vrai Foi.
    C’est au nom de la Vérité de l’Evangile que tant de martyrs ont préféré versé leur sang plutôt que d’apostasier ou de tomber dans le pêché mortel et que les missionnaires du monde entier ont accepté de tout abandonné, jusqu’au mépris de leurs vies pour prêcher Jésus-Christ aux âmes.
    Concernant la question des colonisations, le discernement nous enseigne qu’il faut distinguer ce qui relève des intérêts politiques et économiques, et de la question religieuse, ces des aspects étant parfois contradictoires lorsque le temporel(aspect politique)n’est pas soumis au spirituel (l’Eglise).
    Les chefs religieux musulmans et les « fidèles » ne me contrediront pas puisqu’ils souhaitent que les constitutions politiques appliquent la loi islamique.
    La civilisation occidentale pré-révolutionnaire (1789) a toujours était soumise aux lois de Dieu en ceci que la Monarchie de droit divin est l’application à la société civile des commandements de Dieu et de la sainte église catholique et romaine.
    Mais la différence entre société chrétienne et société islamique (règne des Califats) réside dans l’essence même du christianisme qui est d’ordre surnaturel, tandis que l’Islam est d’ordre temporel.
    Avec l’assurance de mon amitié et de mes prières, je vous souhaite à tous une sainte, ou bonne année 2012.

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