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Algérie 1962 : Pourquoi les Pieds-Noirs sont-ils partis ?

Classé dans : politique — 12 juin, 2008 @ 13:44

Algérie 1962 : Pourquoi les Pieds-Noirs sont-ils partis ?

Enregistré dans : politique – 12 juin, 2008 @ 13:44 Editer

Pourquoi les Pieds-Noirs sont-ils partis ?

Benjamin Stora a écrit :
«Depuis qu’ils sont rentrés en France, les rapatriés  ont toujours cherché à faire croire que la seule raison de leur départ était le risque qu’ils couraient pour leur vie et celle de leurs enfants. Et qu’ils avaient tous été obligés de partir. Or cela ne correspond que très partiellement à la réalité. » Benjamin Stora 

Et vous M. Stora comment vos parents sont-ils partis de Constantine, vous emmenant avec eux, sinon la peur au ventre ? Avaient-ils une autre raison moins avouable ?  Certains ont même prétendu que les Pieds-noirs partaient en vacances… qu’ils reviendraient en sepembre.

                                           Ont-ils l’air de vacanciers ?

Images du Site : 1962 :l ‘exode

 Les vacanciers en partance                                                               

   Algérie 1962 : Pourquoi les Pieds-Noirs sont-ils partis ? dans politique numriser0004                         

                                          pn dans politique                             

 

                       

Non, les Pieds-noirs sont partis contraints et forcés pour sauver leur vie, ils n’avaient pas le choix.

 Et ceux qui avaient crû pouvoir rester s’y sont résignés devant cette évidence : nous ne sommes plus en sécurité , 

                                                 L’armée contrairement aux Accords d’Evian n’était pas là pour garantir notre vie, mais en témoin impassible du drame qui se jouait. 

Les Pieds-rouges d’ailleurs n’ont pas resisté longtemps après notre départ, eux qui avaient tant travaillé pour  FLN 

                                                                                                                                                                                                                                                                               Au cours de la seule année 1962, plusieurs centaines de milliers de pieds-noirs ont fui l’Algérie, pour venir se réfugier en France. Désemparés, hébétés, ils ont quitté leur pays les larmes aux yeux et le coeur rempli d’amertume.  

Pourquoi ont-ils fuient dans des conditions aussi  épouvantables ? 

1-D’abord ils ont eu le sentiment d’être abandonnés,

  Abandonnés? oui, et ce,  dès le moment où se sont ouvertes les négociations entre la France et le gouvernement provisoire de la révolution algérienne (GPRA), en 1961, que rien ne leur laissait prévoir

 « En effet, de 1958 à 1960, le calme était revenu en Algérie. Pendant cette période, les Pieds-Noirs étaient sûrs que l’Algérie resterait française puisque l’Armée française avait gagné la guerre contre le FLN 

 Mais à partir de 1960, le climat, la confiance se sont dégradés.  Il y eu la semaine des Barricades, la création de l’OAS, les Accords d’Evian entre le GPRA et les Gaullistes et surtout

La fusillade de la Rue d’Isly

Ce massacre programmé a eu comme conséquence directe l’exode des Pieds-Noirs. Comment auraient-ils pu rester alors que l’armée qui, d’après les Accords d’Evian devait les protéger du FLN, tirait elle-même sur des Pieds-noirs, femmes , enfants, vieillads désarmés et que les CRS dévastaient leurs appartements et se conduisaient comme des troupes d’occupation.

Lisez le compte rendu d’un témoin de ce drame : Mme Simone Gautier : merci Madame !  

Au commencement Bab el Oued  cliquez

Lundi 26 mars 1962 – Alger agonise

Nous ne connaissons pas tous les noms des victimes du 26 mars 1962 à Alger ni leur nombre exact.

Nous ne connaissons pas le nom de tous ceux assassinés au Plateau des Glières et tout autour, rue d’Isly, boulevard Pasteur, rue Chanzy, boulevard Bugeaud, rue Lelluch, boulevard Baudin, et plus loin Place de l’Opéra, et aussi aux Facultés, et plus loin encore au Champ de Manœuvres et encore une heure après la fusillade. Les militaires, les gendarmes, les C.R.S. occupent les carrefours, les toits, les terrasses, font des barrages. Partout, toutes les armes sont approvisionnées et chargées, partout. Les tirailleurs avancent rafale après rafale, arrosent les gisants au F.M. et au P.M., chargeur après chargeur (J.L. SIBEN témoigne). Ils mitraillent les façades, l’intérieur des appartements aux volets clos, achèvent les mourants à l’intérieur des magasins, les poursuivent dans les couloirs des immeubles.

Et puis, ils tirent sur les médecins, les pompiers. Ils tirent sur les ambulances, déjà toutes prêtes, déjà là, à attendre les morts.

C’est une véritable chasse aux pieds-noirs, une tuerie, un carnage auquel se sont livrés les tirailleurs aux gestes obscènes, les gardes mobiles aux ricanements haineux et les C.R.S. qui insultent, matraquent et « balayent », rue Charras, rue Richelieu, rue Clauzel …(les témoignages).   Simone Gautier

Comment conserver la moindre confiance après de tels agissements ?

                                                                         005     005    005

2-Mais surtout ils ont eu peur pour leur vie et celle de leurs enfants

Le mois de Mai 62 qui suivit fut le pire de toute la guerre d ’Algérie.:

 Les enlèvements, les assassinats commis par le FLN, eurent raisons des dernières véléités des Français . 

Voici un document écrit d’après les documents officiels des Archives qui viennent de s’ouvrir aux chercheurs..                  doc mai1962.doc

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3-Enfin,ultime raison, les fonctionnaires quittaient le pays.

Les Fonctionnaires quittaient l’Algérie sans attendre une mutation qui d’ailleurs leur serait refusée : ils iront l’attendre en France pour la grande majorité. Que faire alors sans une administration de transition ?

Pour comprendre l’exode des foctionnaires il n’est qu’à consulter la liste des instituteurs tués après les Accords d’Evian et fournie par leur Amicale.

Instituteurs et instructeurs des départements d’Algérie assassinés en 1962 après les accords d’Evian

Mme Vve HUGUES René, tuée rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962

LAMENDOUR Gilbert, tué rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962

LURATI Henri, tué rue d’Isly à Alger, le 26 mars 1962

Mme MESQUIDA Alfred, tuée rue d’Isly Alger le 26 mars 1962

FIORE Gérard, 18 ans, « disparu » à Jemmapes le 26 avril 1962

BORDES Lucien, 22 ans, assassiné en mars 1962 à Alger

EMOURGEON Jean-Pierre, directeur, assassiné à Constantine en mars 1962

LLINARES Noël, directeur, assassiné à Alger en mars 1962

GARCIA André, 23 ans, disparu, le 28 avril 1962

Mme PEREZ Claude, disparue à Inkerman le 4 mai 1962

RUBIO José, « enlevé » à l’Arba le 17 mai 1962

GRIMALT jean Claude, « enlevé » à Belcourt Alger, mai 1962

COURIOL Jean, « disparu » à Rocher Noir le 11 juin 1962

SINTES Roger, « disparu » à Alger le 23 juin 1962

Mlle KOHLER Eliane, disparue Clos Salembier Alger, juin 1962

CINESTE Daniel, « disparu » (!) à Aîn el Turck le 5 juillet 1962, instructeur, 19 ans.

GARCIA Marcel, « disparu » à Oran le 5 juillet 1962

PARDO Raymond, « enlevé » à Oran le 5 juillet 1962

RUBIO Antoine, assassiné à Ain Témouchent le 5 juillet 1962

ULPAT Marcel de Vialar, assassiné à Oran le 5 juillet 1962

LESCALIER Guy, « disparu » à Misserghin (Oran) le 6 juillet 1962

CHILLAUD Claude, « disparu » à Boufarik le 30 juillet 1962

WOLF Henri, directeur, assassiné à Oued-Fodda en juillet 1962

BONAMY Gérard, « disparu » à Birkadem le 2 août 1962

Mme ROBERT, institutrice assassinée à Montgolfier avec ses 2 enfants de 3 et 5 ans le 6 septembre 1962

PISSIS Henri, « disparu » à Hassi-Messaoud le 11 septembre 1962

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Et les rapts continuaient

Du 19 mars au 31 décembre 1962, ce sont officiellement 3019 Européens qui sont enlevés, dont près des deux tiers restent portés disparus. « En proportion, il y a eu dix fois plus de disparus en Algérie durant cette période qu’en Argentine dans les années 70 sous la dictature » fait remarquer Jean Monneret, un des rares historiens à avoir étudié le sujet.

 Alors pourquoi le 26 mars et le 5 juillet, des « Français pogressites »  essaient-ils d’empêcher, en France, les manifestations des familes de disparus ?  : les veuves de Mai d’Argentine sont-elles plus  légitimes et plus à plaindre  que ces familles qui attendent depuis 46 ans de savoir quel a été le sort de leurs disparus.?

  • A aucun moment la France n’a envisagé d’utiliser les forces armées pour faire cesser les rapts. Pis, les militaires, qui prennent l’initiative d’intervenir, se voient aussitôt déplacés. C’est le cas du général Rollet, chef de bataillon à Alger. Le 21 mai 1962, l’officier apprend que six européens ont été enlevés dans le quartier de Belcourt. Il ordonne aussitôt une intervention. Sa troupe parvient à sauver deux hommes et découvre dans une vigne un charnier avec huit corps d’Européens mutilés. Le lendemain elle déterre six nouveaux cadavres. Le 28 mai, huit autres encore. Le général fait un rapport. En retour, il reçoit l’ordre de quitter le secteur. Ses officiers seront consignés jusqu’au 6 août et la formation dissoute.

  • Même les militaires enlevés n’ont pas été protégés

  • Ecoutez ce témoignage

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Puis vint le 5 juillet à Oran,   Et ce fut le massacre  cliquez

Ces trois raisons à elles seules suffiraient à répondre à la question posée en préalable au débat organisé par la LDH et le Monde Diplomatique à Paris le 26 mai 2008 : de quoi les pieds-noirs ont-ils eu peur en 1962.

La grande majorité du petit peuple que vous voyez sur les photos recueillies sur le site: 1962 l’exode n’avait rien à se reprocher ils ne faisaient pas partie de l’OAS : ils avaient peur!  ils pensait que si ces massacres et enlèvements pouvaient se prosuire alors que l’armée  avait encore légalement le devoir et le droit d’assurer leur protection, si elle les laissait sans défense à la merci des assassins  que se passerait-il à la passation des pouvoirs et après leur départ ?

Certains, partis en vacances , sont revenus et ont trouvé leur logement occupé, leurs biens pillés sous les yeux de « nos » soldats indifférents , obéissant aux ordres venus de Paris , les « vacanciers » ont dû repartir en France avec les seules valises qui avaient déjà fait le voyage vers des vacances devenues définitives.

Alors oui nous sommes partis parce que nous ne pouvions pas faire autrement !

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Septembre 2009 Une nouvelle preuve que nous ne pouvions rester

Le sort réservé aux « Pieds rouges  » qui pourtant les ont aidés dans leur lutte et sont restés près d’eux pour bâtir une République Socialiste  

Le livre révélateur : L’Algérie des pieds rouges (1962-1969) cliquez

                                                     

Sources : 1962 l’exode, Alger 26 mars 1962

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44 commentaires »

Pages : [3] 2 1 »

    bonjour a tous le monde et merci a se site pour exprimer leurs savoir de leurs sentiments.
    tous le monde peut donner ses opinions mais jamais de solutions.
    chacun de nous voient les choses differament.mais jamais les memes.
    personne ne regarde la logique des choses? et pourtant!
    en 132 ans les gents qui en fait l’algerie j’usqua 1954.
    ses gens esque il ont fait l’algerie pour tous les algerien ou pour leurs compte personnel?
    ils ont fait l’algerie pour leurs familles pour leurs enfants pour leurs amis mais jamais pour les algeriens.
    il etait non seulemnt exploité ;colonialiser ;mais en plus rejeter maltraiter;mal vue;et de plus ils ont voulu que il s ont aucun droit meme pas de vivre; et ça dans leurs propre pays eet leurs propre terre.
    je dit a tous les pn. que vous etes pas responssable
    des fautes de vos parents et grand parents.
    metter un peut de logique dans vos pensser et de se que vous voulez parler.
    vous trouver la raison des humains et des peuples
    qui aime vivre dans la paix et les bonnes ententes .
    quel peuples dans se monde aime etre colonialiser
    sans reagir?
    au debut de la colonialisations les francais il etait pas là pour le bien du peuples algerien de l’epoques il etait pas là pour vivre avec lui en harmonie en solidarite comme un seul peuples .
    non! ils etait la pour le detruire pour l’esclavage.
    sans lui avoir donner une dignite d’un etre humain.
    tous les pn parle de leurs douleurs de leurs souffrance d’avoir quitter l’algerie .
    pour les algeriens n’on pas le droit de parler de deffendre de leurs souffrance pendant la colonialisation?
    quelque a pensser pour leurs souffrance leurs douleurs leurs desaroi leurs miseres et surtout de leurs differance dans leurs propre pays ?.
    qui dans se monde accepte un etranger viens chez lui dans sa maison et lui dit je suis chez moi?
    voila je voulais mettre un peut de raisonement sans haines sans racisme .
    avec le temps il ya toujours un regret.
    mais jamais la raison .
    merciCommentaire par kiouas — 8 octobre, 2009 @ 15:29 |Modifier
    –>

  1. kiouas kiouas
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2963 Editer
    bonjour a tous le monde et merci a se site pour exprimer leurs savoir de leurs sentiments.
    tous le monde peut donner ses opinions mais jamais de solutions.
    chacun de nous voient les choses differament.mais jamais les memes.
    personne ne regarde la logique des choses? et pourtant!
    en 132 ans les gents qui en fait l’algerie j’usqua 1954.
    ses gens esque il ont fait l’algerie pour tous les algerien ou pour leurs compte personnel?
    ils ont fait l’algerie pour leurs familles pour leurs enfants pour leurs amis mais jamais pour les algeriens.
    il etait non seulemnt exploité ;colonialiser ;mais en plus rejeter maltraiter;mal vue;et de plus ils ont voulu que il s ont aucun droit meme pas de vivre; et ça dans leurs propre pays eet leurs propre terre.
    je dit a tous les pn. que vous etes pas responssable
    des fautes de vos parents et grand parents.
    metter un peut de logique dans vos pensser et de se que vous voulez parler.
    vous trouver la raison des humains et des peuples
    qui aime vivre dans la paix et les bonnes ententes .
    quel peuples dans se monde aime etre colonialiser
    sans reagir?
    au debut de la colonialisations les francais il etait pas là pour le bien du peuples algerien de l’epoques il etait pas là pour vivre avec lui en harmonie en solidarite comme un seul peuples .
    non! ils etait la pour le detruire pour l’esclavage.
    sans lui avoir donner une dignite d’un etre humain.
    tous les pn parle de leurs douleurs de leurs souffrance d’avoir quitter l’algerie .
    pour les algeriens n’on pas le droit de parler de deffendre de leurs souffrance pendant la colonialisation?
    quelque a pensser pour leurs souffrance leurs douleurs leurs desaroi leurs miseres et surtout de leurs differance dans leurs propre pays ?.
    qui dans se monde accepte un etranger viens chez lui dans sa maison et lui dit je suis chez moi?
    voila je voulais mettre un peut de raisonement sans haines sans racisme .
    avec le temps il ya toujours un regret.
    mais jamais la raison .
    merciBonjour M’dame. Je vous assure M’dame, que si vous aviez resisté “pacifiquement bien sûr”,rien qu’un petit peu, vous seriez toujours avec nous.Vous aviez fui parceque l’OAS a fait beaucoup de mal même dans les dernières minutes, aussi bien aux algériens “indigénes” qu’aux pieds noirs. Comment voulez que les gens qui venaient de perdre un des leurs réagissent?,personne n’auraient pu les arrêter, même pas l’armée. Immaginez un peuple qui a été touché dans son honneur,meurtrie dans sa chaire depuis prés d’un siècle et qui retrouve enfin sa liberté, que quelques individus, ignorant tout du respect humain ,veulent le leur arracher en tuant les leurs. Ce n’est ni la faute aux Algériens, ni celle des Pn qui n’ont rien à se repprocher, mais celle de ces extrêmistes qui ont tout gâché.Les Pn ne se sont rendus comptes que trop tard hélas..L’OAS qui soit disant, était sensée les défendre, les a au contraire enfoncé et a précipité leur départ. Quant aux enseignants français, je dirais moi aussi, que nous leur devons beaucoup, je n’oublirai jamais ce qu’ils m’ont appris avant et aprés l’indépendance de notre pays, qu’ils en soient remerciés. Ce que Jacques Seguin a dit est vrai M’dame, vous habitiez la ville peut être, et vous êtiez habituée à voir les indigénes en guenilles, c’était tout à fait normale, mais Jacques n’a jamais côtoyé les indigénes, il a vu ces gens d’un autre oeil que le vôtre ou le mien. Il a vu la différence entre indigénes et Pn,il a vu l’écart intellectuel, l’écart du niveau de vie entre ces deux communautés, et il a résumé cela en quelques môts “des gens qui ne savaient même compté leur argent”. Ces pieds rouges ,” d’ailleurs pourquoi pieds rouges”, ont au contraire compris, mais n’ont pas été suivis, si tel aurait été le cas, je suis sûr que personne ne serait à plaindre maintenant. J’ai connu des Pn qui sont restés en Algérie, ils sont toujours vivants et en bonne santé, d’autres sont partis en France ou en Espagne au courant des années 70/80.La différence de religion n’a jamais tué personne, si le respect est mutuel. Il y a beaucoup de pays oû musulmans et chrétiens se côtoient sans difficultés. Ce genre de problême peut exister, si des extrêmistes des deux bords s’y mêlent, mais si on est intelligent pour ne pas les laisser faire, tout le monde y trouvera son compte. Je vous remercie M’dame de nous avoir accorder une petite place dans votre blog. Cela nous permet de mieux nous comprendre.Encore merci. Icuos.Commentaire par Icuos — 29 septembre, 2009 @ 14:32 |Modifier
  2. –>

  3. Icuos Icuos
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2932 Editer
    Bonjour M’dame. Je vous assure M’dame, que si vous aviez resisté « pacifiquement bien sûr »,rien qu’un petit peu, vous seriez toujours avec nous.Vous aviez fui parceque l’OAS a fait beaucoup de mal même dans les dernières minutes, aussi bien aux algériens « indigénes » qu’aux pieds noirs. Comment voulez que les gens qui venaient de perdre un des leurs réagissent?,personne n’auraient pu les arrêter, même pas l’armée. Immaginez un peuple qui a été touché dans son honneur,meurtrie dans sa chaire depuis prés d’un siècle et qui retrouve enfin sa liberté, que quelques individus, ignorant tout du respect humain ,veulent le leur arracher en tuant les leurs. Ce n’est ni la faute aux Algériens, ni celle des Pn qui n’ont rien à se repprocher, mais celle de ces extrêmistes qui ont tout gâché.Les Pn ne se sont rendus comptes que trop tard hélas..L’OAS qui soit disant, était sensée les défendre, les a au contraire enfoncé et a précipité leur départ. Quant aux enseignants français, je dirais moi aussi, que nous leur devons beaucoup, je n’oublirai jamais ce qu’ils m’ont appris avant et aprés l’indépendance de notre pays, qu’ils en soient remerciés. Ce que Jacques Seguin a dit est vrai M’dame, vous habitiez la ville peut être, et vous êtiez habituée à voir les indigénes en guenilles, c’était tout à fait normale, mais Jacques n’a jamais côtoyé les indigénes, il a vu ces gens d’un autre oeil que le vôtre ou le mien. Il a vu la différence entre indigénes et Pn,il a vu l’écart intellectuel, l’écart du niveau de vie entre ces deux communautés, et il a résumé cela en quelques môts « des gens qui ne savaient même compté leur argent ». Ces pieds rouges , » d’ailleurs pourquoi pieds rouges », ont au contraire compris, mais n’ont pas été suivis, si tel aurait été le cas, je suis sûr que personne ne serait à plaindre maintenant. J’ai connu des Pn qui sont restés en Algérie, ils sont toujours vivants et en bonne santé, d’autres sont partis en France ou en Espagne au courant des années 70/80.La différence de religion n’a jamais tué personne, si le respect est mutuel. Il y a beaucoup de pays oû musulmans et chrétiens se côtoient sans difficultés. Ce genre de problême peut exister, si des extrêmistes des deux bords s’y mêlent, mais si on est intelligent pour ne pas les laisser faire, tout le monde y trouvera son compte. Je vous remercie M’dame de nous avoir accorder une petite place dans votre blog. Cela nous permet de mieux nous comprendre.Encore merci. Icuos.Bonjour monsieur,
    J’ai bien connu moi aussi Misserghin et les pères blancs et je peux vous dire que ni eux ni les pieds-noirs ont exploité ces “indigènes” certains ont préférés partir avec leur patron je peux vous citer leur nom .
    Quand à leur éducation je peux en témoigner puisqu’ancienne enseignante qui reçois encore des messages de gratitude d’anciens élèves musulmans ,certains ont même écrit des commentaires sur mon blog, d’autres ont réussi dans des carrières importantes et d’autres donnent à leur anciens condisciples qui vont les voir des missives pour moi quand ils apprennent qu’ils me rencontrent en France.Quant aux raisons de notre départ nous n’avions aucune chance de survivre en restant : pour vous le prouver lisez le sort qui a été réservé aux dits ” Pieds-rouges” qui pourtant les avaient soutenus dans leur lutte, sont restés pour les aider à “construire une république socialiste” et ont été torturés et emprisonnés . Et c’est une reporter du MONDE qui le dit .
    Voici l’adresse de cet article de mon blog
    http://mdame.unblog.fr/algerie-les-annees-pieds-rouges1962-1969/?preview=true
    Que nous auraient-ils fait à nous qui voulions rester français et chrétiens ?M’dameCommentaire par mdame — 26 septembre, 2009 @ 15:21 |Modifier
  4. –>

  5. mdame mdame
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2906 Editer
    Bonjour monsieur,
    J’ai bien connu moi aussi Misserghin et les pères blancs et je peux vous dire que ni eux ni les pieds-noirs ont exploité ces « indigènes » certains ont préférés partir avec leur patron je peux vous citer leur nom .
    Quand à leur éducation je peux en témoigner puisqu’ancienne enseignante qui reçois encore des messages de gratitude d’anciens élèves musulmans ,certains ont même écrit des commentaires sur mon blog, d’autres ont réussi dans des carrières importantes et d’autres donnent à leur anciens condisciples qui vont les voir des missives pour moi quand ils apprennent qu’ils me rencontrent en France.Quant aux raisons de notre départ nous n’avions aucune chance de survivre en restant : pour vous le prouver lisez le sort qui a été réservé aux dits  » Pieds-rouges » qui pourtant les avaient soutenus dans leur lutte, sont restés pour les aider à « construire une république socialiste » et ont été torturés et emprisonnés . Et c’est une reporter du MONDE qui le dit .
    Voici l’adresse de cet article de mon blog
    http://mdame.unblog.fr/algerie-les-annees-pieds-rouges1962-1969/?preview=true
    Que nous auraient-ils fait à nous qui voulions rester français et chrétiens ?M’dameJ’ai connu Misserghin au début de l’année 1963. Nous étions les soldats de l’armée française chargés de rapatrier les régiments.J’ai cotoyé les pères blancs à qui je dois beaucoup de souvenirs. J’ai cotoyé les travailleurs occupés aux récoltes diverses,oranges clémentines,raisins pour le vin,etc..Ce qui m’a le plus choqué en arrivant en janvier 1963, c’est de voir la façon dont on aurait pu exploiter ses gens qui ne savaient pas compter leur argent. je vous laisse le soin de deviner, car maintenir un peuple dans l’ignorance est synonyme d’exploitation.Commentaire par Jacques Seguin — 26 septembre, 2009 @ 13:02 |Modifier
  6. –>

  7. Jacques Seguin Jacques Seguin
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2904 Editer
    J’ai connu Misserghin au début de l’année 1963. Nous étions les soldats de l’armée française chargés de rapatrier les régiments.J’ai cotoyé les pères blancs à qui je dois beaucoup de souvenirs. J’ai cotoyé les travailleurs occupés aux récoltes diverses,oranges clémentines,raisins pour le vin,etc..Ce qui m’a le plus choqué en arrivant en janvier 1963, c’est de voir la façon dont on aurait pu exploiter ses gens qui ne savaient pas compter leur argent. je vous laisse le soin de deviner, car maintenir un peuple dans l’ignorance est synonyme d’exploitation.Bonjour tout le monde.
    ya Benejam, ya Benejam, pourquoi toute cette haine?.Les portes de l’Algérie sont aussi ouvertes, et elles l’ont été pendant 132 ans, nous vivions ensembles, vous rappellez vous?.Vous n’êtes pas le seul à avoir perdu un membre de votre famille, moi aussi j’ai trois membres de ma famille à réclamer aux forces coloniales. Mais je sais que c’est peine perdue, c’était la guerre, et juste aprés une guerre il y a les lynchages, les enlèvements par les deux bélligérants. Alors calmons nous et regardons vers l’avenir, c’est mieux pour tout le monde. Salut.Commentaire par Icuos — 22 juillet, 2009 @ 16:13 |Modifier
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  9. Icuos Icuos
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2651 Editer
    Bonjour tout le monde.
    ya Benejam, ya Benejam, pourquoi toute cette haine?.Les portes de l’Algérie sont aussi ouvertes, et elles l’ont été pendant 132 ans, nous vivions ensembles, vous rappellez vous?.Vous n’êtes pas le seul à avoir perdu un membre de votre famille, moi aussi j’ai trois membres de ma famille à réclamer aux forces coloniales. Mais je sais que c’est peine perdue, c’était la guerre, et juste aprés une guerre il y a les lynchages, les enlèvements par les deux bélligérants. Alors calmons nous et regardons vers l’avenir, c’est mieux pour tout le monde. Salut.malgré les années, je suis toujours dans l’attente de nouvelles de mon frere jacques benejean ortographier bénéjam disparu depuis le 15 juin 1962 à belcourt . suite a des decouvertes de charniers aucun gouvernement et capable ou ne veut connaitre la verité .quand je pense que les portes de france leurs sont grandes ouvertes . rien ne les genes.Commentaire par benejam/garnaud — 6 juillet, 2009 @ 11:11 |Modifier
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  11. benejam/garnaud benejam/garnaud
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2619 Editer
    malgré les années, je suis toujours dans l’attente de nouvelles de mon frere jacques benejean ortographier bénéjam disparu depuis le 15 juin 1962 à belcourt . suite a des decouvertes de charniers aucun gouvernement et capable ou ne veut connaitre la verité .quand je pense que les portes de france leurs sont grandes ouvertes . rien ne les genes.Votre Blog, normalement il doit essayer de faire tisser des liens d’amitié, de fraternité et de respect mutuel, au lieu de faire raviver le flambeau de la haine et de la rancune . Les Algeriens et les Français (et colons européens) le destin les a réunis pour vivre près d’un siècle et demi sans la paix et la serénité sur une terre qui s’appelle l’Algérie . Juqu’au jour,où une poignée d’individus ont voulu faire la guerre et comme toutes les guerres, il n’y a ni vainqueur ni vaincu, car les deux belligérants sont perdants.En 1957, ma défunte mère était enceinte de moi,quand un soldat de l’armée française l’avait bousculée, je suis néé handicapée ,les hopitaux des l’époque,ont refusé de me soigner parce que mon père était accusé de sympathie avec le FLN .Est ce que je doit ètre rancunier jusqu’a hair la France etles Français ,eh bien NON.En 1981, J’ai eu l’occasion de vister la France, j’avais 24 ans,jai effectué un agréable séjour, j’avais fait des amitiés,et je n’ai pas voulu y rester parce que je sentais le dépaysement ,la langue ,la culture etc. Bref,je souhaite dorénavant,que votre site éssaie de rapprocher les ami(e)s ,les voisins et camarades de classes qui se sont perdu de vues ………(s’il y afautes d’orthographe, veuillez m’excuser ).Commentaire par badou — 25 mars, 2009 @ 2:43 |Modifier
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  13. badou badou
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2389 Editer
    Votre Blog, normalement il doit essayer de faire tisser des liens d’amitié, de fraternité et de respect mutuel, au lieu de faire raviver le flambeau de la haine et de la rancune . Les Algeriens et les Français (et colons européens) le destin les a réunis pour vivre près d’un siècle et demi sans la paix et la serénité sur une terre qui s’appelle l’Algérie . Juqu’au jour,où une poignée d’individus ont voulu faire la guerre et comme toutes les guerres, il n’y a ni vainqueur ni vaincu, car les deux belligérants sont perdants.En 1957, ma défunte mère était enceinte de moi,quand un soldat de l’armée française l’avait bousculée, je suis néé handicapée ,les hopitaux des l’époque,ont refusé de me soigner parce que mon père était accusé de sympathie avec le FLN .Est ce que je doit ètre rancunier jusqu’a hair la France etles Français ,eh bien NON.En 1981, J’ai eu l’occasion de vister la France, j’avais 24 ans,jai effectué un agréable séjour, j’avais fait des amitiés,et je n’ai pas voulu y rester parce que je sentais le dépaysement ,la langue ,la culture etc. Bref,je souhaite dorénavant,que votre site éssaie de rapprocher les ami(e)s ,les voisins et camarades de classes qui se sont perdu de vues ………(s’il y afautes d’orthographe, veuillez m’excuser ).Pour le moment, je suis moins présent sur le site. Mais bien sûr, je n’oublie pas mes amis virtuels. Bonne et heureuse 2009. En espérant qu’il y ait moins de conflits dans le monde et sans oublier M’dame qui se dévoue pour ce blog. UN GRAND MERCI.Commentaire par Vincent Lajaro — 9 janvier, 2009 @ 9:26 |Modifier
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  15. Vincent Lajaro Vincent Lajaro
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2223 Editer
    Pour le moment, je suis moins présent sur le site. Mais bien sûr, je n’oublie pas mes amis virtuels. Bonne et heureuse 2009. En espérant qu’il y ait moins de conflits dans le monde et sans oublier M’dame qui se dévoue pour ce blog. UN GRAND MERCI.bonne et heureuse année tous et a toutes , que 2009 soit remplie de paix et d’amour pour tout les peuples inchalha .Commentaire par kharrati — 8 janvier, 2009 @ 23:20 |Modifier
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  17. kharrati kharrati
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2222 Editer
    bonne et heureuse année tous et a toutes , que 2009 soit remplie de paix et d’amour pour tout les peuples inchalha .bonne et heureuse année tous et a toutes , que 2009 soit remplie de paix et d’amour pour tout les peuples inchalhaCommentaire par kharrati — 8 janvier, 2009 @ 23:19 |Modifier
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  19. kharrati kharrati
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2221 Editer
    bonne et heureuse année tous et a toutes , que 2009 soit remplie de paix et d’amour pour tout les peuples inchalhaBonne année 2009 à tous.Une année de paix de compréhension,pleine de bonheur et de joie.
    Icuos.Commentaire par icuos — 1 janvier, 2009 @ 16:02 |Modifier
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  21. icuos icuos
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2211 Editer
    Bonne année 2009 à tous.Une année de paix de compréhension,pleine de bonheur et de joie.
    Icuos.Le sens de la responsabilité, de l’objectivité et de la morale, nous rattrape toujours Vincent, pour nous faire sentir notre devoir envers l’autre, que nous avons sans le vouloir “peut être” humillié ou fait souffrir. Ce petit “pardon” que les responsables Français refusent de demander, traduit à mon avis la surdité de ces gens, à vouloir ignorer les souffrances endurées par le peuple Algérien durant plus d’un siècle. Quand on est grand, lucide et généreux, on ne s’entête pas à se donner raison d’avoir occupé tout un pays pendant si longtemps et d’avoir relégué tout un peuple au plus bas de l’échelle…Des dirigeants courageux et soucieux de l’avenir de leur pays (je parle des deux camps), de leurs peuples auraient fait ce geste sans qu’on le leur demande, car c’est la France qui a occupé l’Algérie et non l’inverse. Nos deux pays ont besoin l’un de l’autre, nos deux peuples se sont côtoyés si longtemps et ils continuent de le faire contre vents et marées,il serait à mon avis inconscient de l’ignorer et de ne pas lever ces contraintes.Tu as parlé de l’amitié retrouvée entre la France et l’Allemagne, ce dernier pays a payé chérement pendant des années son arrogance, que pouvant nous dire du conflit Franco-Algérien. Les deux peuples Français et Allemand se sont retrouvés, et une amitié est née à nouveau, pourquoi pas entre les Algériens et les Français, à ce sujet, je dirais que l’amitié existe mais elle doit l’être entre tous, y compris les gouvernants.Pour les Pn (simples ouvriers et fonctionnaires), je dirais que se sont des Algériens, il y a cette chose en eux comme nous,ils savent pardonner parcequ’ils sont simples.Autre chose Vincent, nos dirigeants actuels sont plus ouverts et plus objectifs, je pense qu’un petit pas du côté Français ne laisserait pas le FLN insensible.Quant aux colonies Françaises ( autres que l’Algérie),je dirais qu’il y a beaucoup de différence entre le Sénégal et l’Algérie, ou bien entre le Maroc et la Tunisie et l’Algérie. La majorité des colons se sont installés en Algérie, trés peu au sénégal ou dans les autres pays cités. l’Algérie est un pays trés vaste, avec des richesses et il est surtout tout prés de la France, juste en face. Les colons Au Sénégal étaient peut être plus cléments, la décolonisation s’est faite sans heurts parceque la France ne pouvait pas lutter sur tous les fronts.L’indépendance du Sénégal est intervenue en 1960, la France était en plein bourbier en Algérie à cette époque.De même pour nos voisins, quelques petits problèmes sans plus.Dommage que la révolution a eu lieu en Algérie avant tous les autres pays, nous aurions eu notre indépendance sans dommages, et le peuple Algérien serait peut être au complet avec ses premiers habitants et tous ses PN.En fin de compte, nous portons sur notre dos, plus que toutes les générations passées et futures, le lourd poids d’inculquer à nos enfants” le droit à la vie tout en respectant l’autre”.Tu as dit Vincent, que si nous continuons, nous allons écrire un livre toi et moi. Et bien oui, si pour appaiser les âmes et faire comprendre à tous les gens des deux bords, qu’il est plus judicieux et utile de regarder vers l’avenir et qu’invoquer le passé ne fera qu’attiser les haines, je continuerai moi à discuter avec toute personne qui voudrait bien me faire cet honneur.A bientôt Vincent.Commentaire par icuos — 20 décembre, 2008 @ 17:27 |Modifier
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  23. icuos icuos
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2194 Editer
    Le sens de la responsabilité, de l’objectivité et de la morale, nous rattrape toujours Vincent, pour nous faire sentir notre devoir envers l’autre, que nous avons sans le vouloir « peut être » humillié ou fait souffrir. Ce petit « pardon » que les responsables Français refusent de demander, traduit à mon avis la surdité de ces gens, à vouloir ignorer les souffrances endurées par le peuple Algérien durant plus d’un siècle. Quand on est grand, lucide et généreux, on ne s’entête pas à se donner raison d’avoir occupé tout un pays pendant si longtemps et d’avoir relégué tout un peuple au plus bas de l’échelle…Des dirigeants courageux et soucieux de l’avenir de leur pays (je parle des deux camps), de leurs peuples auraient fait ce geste sans qu’on le leur demande, car c’est la France qui a occupé l’Algérie et non l’inverse. Nos deux pays ont besoin l’un de l’autre, nos deux peuples se sont côtoyés si longtemps et ils continuent de le faire contre vents et marées,il serait à mon avis inconscient de l’ignorer et de ne pas lever ces contraintes.Tu as parlé de l’amitié retrouvée entre la France et l’Allemagne, ce dernier pays a payé chérement pendant des années son arrogance, que pouvant nous dire du conflit Franco-Algérien. Les deux peuples Français et Allemand se sont retrouvés, et une amitié est née à nouveau, pourquoi pas entre les Algériens et les Français, à ce sujet, je dirais que l’amitié existe mais elle doit l’être entre tous, y compris les gouvernants.Pour les Pn (simples ouvriers et fonctionnaires), je dirais que se sont des Algériens, il y a cette chose en eux comme nous,ils savent pardonner parcequ’ils sont simples.Autre chose Vincent, nos dirigeants actuels sont plus ouverts et plus objectifs, je pense qu’un petit pas du côté Français ne laisserait pas le FLN insensible.Quant aux colonies Françaises ( autres que l’Algérie),je dirais qu’il y a beaucoup de différence entre le Sénégal et l’Algérie, ou bien entre le Maroc et la Tunisie et l’Algérie. La majorité des colons se sont installés en Algérie, trés peu au sénégal ou dans les autres pays cités. l’Algérie est un pays trés vaste, avec des richesses et il est surtout tout prés de la France, juste en face. Les colons Au Sénégal étaient peut être plus cléments, la décolonisation s’est faite sans heurts parceque la France ne pouvait pas lutter sur tous les fronts.L’indépendance du Sénégal est intervenue en 1960, la France était en plein bourbier en Algérie à cette époque.De même pour nos voisins, quelques petits problèmes sans plus.Dommage que la révolution a eu lieu en Algérie avant tous les autres pays, nous aurions eu notre indépendance sans dommages, et le peuple Algérien serait peut être au complet avec ses premiers habitants et tous ses PN.En fin de compte, nous portons sur notre dos, plus que toutes les générations passées et futures, le lourd poids d’inculquer à nos enfants » le droit à la vie tout en respectant l’autre ».Tu as dit Vincent, que si nous continuons, nous allons écrire un livre toi et moi. Et bien oui, si pour appaiser les âmes et faire comprendre à tous les gens des deux bords, qu’il est plus judicieux et utile de regarder vers l’avenir et qu’invoquer le passé ne fera qu’attiser les haines, je continuerai moi à discuter avec toute personne qui voudrait bien me faire cet honneur.A bientôt Vincent.A toi, Kharrati qui parles souvent en homme sage et à toi, Icuos qui est peut-être à la recherche de la vérité, tout comme moi, je tiens tout d’abord à vous dire combien j’apprécie vos paroles de paix.Aujourd’hui, mes premiers mots seront pour toi Kharrati. Je comprends tout à fait tes intentions quand tu dis qu’il ne faut pas vivre avec le passé et tu n’as sans doute pas tort. Par exemple, quand en Espagne, Franco à disparu de la scène politique, les démocrates ont eu la sagesse de ne pas remuer le passé… et ils ont eu raison de ne pas demander des comptes. La transition s’est faite ainsi, sans heurt dans l’intérêt du pays. Mais il y a aussi d’autres arguments qui m’incitent à fouiller notre Histoire. Quand le Président Bouteflika nous dit qu’il souhaite la repentance de la France, je suis forcément inciter à aller enquêter sur notre passé commun. Et puis j’entends, ici et là, des propos sur l’Algérie qui sont totalement faux. Par ailleurs, nous ne pourrons jamais reconstruire une Algérie multiethnique. Ce qu’il nous faut, c’est retrouver une entente lucide, voire une certaine fraternité. Je crois que c’est important pour l’Algérie et peut-être plus pour la France qui abrite une communauté maghrébine de plusieurs millions de personnes. Cette amitié est possible malgré un passé douloureux. Notre guerre n’était pas une guerre ordinaire où tout était clair entre le bon et le méchant. Ce n’était pas une guerre classique qui voit le choc de deux armées clairement constituées. C’était une guerre civile et pour rendre les choses plus compliquées il y avait mêmes plusieurs guerres civiles. Les historiens ont de quoi se régaler.Kharrati, ton attitude est fraternelle mais personnellement je crois que les échanges d’opinions peuvent, certes attiser les haines, mais qu’ils font aussi évoluer les mentalités. Les mentalités ont déjà changé. Il ne faut pas craindre d’énoncer des vérités intangibles. Dans mes souvenirs, j’entends encore certains pieds-noirs en train de dire « l’Algérie, c’est la France »… oui très bien mais alors pourquoi les maghrébins n’avaient pas les mêmes droits civiques. D’un autre côté, quand je vois certains membres du FLN se présenter comme des enfants de cœur alors que selon leur principe la fin a toujours justifié les moyens. Et qu’ils n’ont en rien favorisé la pluralité des opinions… il y a encore de quoi s’inquiéter. Je suis convaincu également que l’analyse du passé peut éviter de renouveler certaines erreurs. Ce qui permettrait à l’Algérie de ne plus se placer dans une logique de violence. Cela lui aurait probablement évité cette décennie noire qui a fait disparaître plusieurs centaines de milliers de personnes.Je veux aussi finir par comprendre vraiment ce qu’il s’est passé sous mes yeux d’enfants. Qui est responsable de cette catastrophe ? Les seuls européens ou bien vos responsables politiques ont-ils eu également une responsabilité ? Est-ce que le chemin de l’indépendance pouvait être différent ? Bref, selon moi, une éventuelle réconciliation passe par une certaine lucidité. Il serait temps. Après trois conflits, d’une rare intensité, l’Allemagne et la France ont réussi ce pari, quinze ans après la fin de la seconde guerre mondiale. Et pour nous, à près d’un demi-siècle de distance, la chose serait impossible !

    Et toi Icuos, tu aimerais sans doute revoir un peu plus souvent les pieds-noirs en Algérie. Ils sont sans doute comme certains cousins que l’on a perdus de vue et que l’on aimerait retrouver. Tu évoques des scènes douloureuses de la guerre. Il est vrai que je n’ai pas vécu la guerre de manière aussi intense que toi. Mais je fais en sorte de lire tous les témoignages : ceux des Français comme ceux de leurs opposants. Je vais sur les blogs pro-FLN et je lis les journaux algériens. J’ai même commencé la lecture de certains de vos historiens. La répression de l’armée française a été souvent disproportionnée mais il faut aussi écouter les officiers qui ont vu les corps déchiquetés de civils après les attentats de l’ALN. Et il y aura toujours dans les guerres des actes non seulement barbares mais inutiles. Ce que tu as vu ne faisait certainement pas avancer la cause militaire. Le fossé entre les communautés s’agrandissait seulement un peu plus.

    Mais au risque de te blesser, c’est ce que recherchait le FLN. As-tu étudié la tuerie d’El-Halia ? Il y avait là quelques européens qui vivaient en bonne entente avec les maghrébins. Ils travaillaient ensemble dans la même mine et les choses se passaient plutôt bien, trop bien sans doute pour un mouvement révolutionnaire. Il y a eu trente-cinq corps d’européens affreusement mutilés. Et d’ailleurs dans l’imaginaire des pieds-noirs, les mutilations des cadavres ont autant d’importance, sinon plus, dans le degré des horreurs que les morts eux-mêmes. C’est ce supplément de barbarie qui nuit à l’objectivité. Comment de tels hommes, qui ont donné ces ordres, peuvent demander à la France un acte de contrition.

    Au-delà, de la guerre d’Algérie, je porte un regard très critique sur les mouvements révolutionnaires qui veulent faire table rase du passé – y compris même pour notre Révolution de 1789. On dit souvent que la France n’a pas réussi la décolonisation – notamment si on la compare à l’Angleterre. C’est en partie vrai mais il faut remarquer que mon pays a eu affaire à des mouvements révolutionnaires. En Indochine aussi, les choses se sont mal passées. Ho Chi Minh a même remporté la victoire militaire. La lutte s’est poursuivie avec les États-Unis et le Viêt-Nam a gagné la guerre. Mais c’était une victoire à la Pyrrhus car une bonne partie de sa population s’est ensuite expatriée. Le pays a été économiquement laminé. C’est tout le problème des mouvements extrémistes qui excluent une fraction des forces vives d’une nation.

    Hormis, le Viêt-Nam, il est intéressant d’observer toutes les facettes de la décolonisation car la France a également lâché des territoires sans heurt, mais je ne sais pas trop pourquoi, on en parle peu. Cela est sans doute dû à notre goût pour l’auto-flagellation. Il faut analyser le cas de Léopold Sédar Senghor. Voilà un homme qui a obtenu l’indépendance du Sénégal, dès 1960, sans tirer un seul coup de fusil, en restant dans l’alliance française. Il avait pourtant mal commencé sa carrière politique en adhérant au parti communiste. Et les résultats qu’il a obtenus sont plutôt positifs, si on compare le Sénégal à ses voisins. C’est curieux, on l’évoque rarement. C’est sans doute dû à la gauche française qui a toujours été fascinée par la Révolution. C’était un homme trop sage pour eux. Et tu vois Icuos, il a même été député au Parlement français, sans qu’il soit considéré comme traître par son pays.

    Je n’ai sans doute pas tout dit par manque de temps. Et puis je suis déjà en grand bavard. J’aurais pu évoquer aussi le cas de Jacques Soustelle qui voulait négocier avec le FLN dès 1956 ou 1957. Mais il a été effrayé par le nombre des attentats… plus d’une centaine par mois et lui-même est entré dans le cycle de la répression. L’Algérie a vu l’affrontement de tous les extrémismes (OAS comprise). Comment pouvait-elle s’en sortir ? Elle a été le pays des occasions manquées…

    Tout de même, en guise d’au revoir, je vous avoue que vous m’encouragez à consacrer du temps à la cause franco-algérienne sous une forme ou sous une autre.

    Commentaire par Vincent Lajaro — 10 décembre, 2008 @ 19:38 |Modifier

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  25. Vincent Lajaro Vincent Lajaro
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2148 Editer
    A toi, Kharrati qui parles souvent en homme sage et à toi, Icuos qui est peut-être à la recherche de la vérité, tout comme moi, je tiens tout d’abord à vous dire combien j’apprécie vos paroles de paix.Aujourd’hui, mes premiers mots seront pour toi Kharrati. Je comprends tout à fait tes intentions quand tu dis qu’il ne faut pas vivre avec le passé et tu n’as sans doute pas tort. Par exemple, quand en Espagne, Franco à disparu de la scène politique, les démocrates ont eu la sagesse de ne pas remuer le passé… et ils ont eu raison de ne pas demander des comptes. La transition s’est faite ainsi, sans heurt dans l’intérêt du pays. Mais il y a aussi d’autres arguments qui m’incitent à fouiller notre Histoire. Quand le Président Bouteflika nous dit qu’il souhaite la repentance de la France, je suis forcément inciter à aller enquêter sur notre passé commun. Et puis j’entends, ici et là, des propos sur l’Algérie qui sont totalement faux. Par ailleurs, nous ne pourrons jamais reconstruire une Algérie multiethnique. Ce qu’il nous faut, c’est retrouver une entente lucide, voire une certaine fraternité. Je crois que c’est important pour l’Algérie et peut-être plus pour la France qui abrite une communauté maghrébine de plusieurs millions de personnes. Cette amitié est possible malgré un passé douloureux. Notre guerre n’était pas une guerre ordinaire où tout était clair entre le bon et le méchant. Ce n’était pas une guerre classique qui voit le choc de deux armées clairement constituées. C’était une guerre civile et pour rendre les choses plus compliquées il y avait mêmes plusieurs guerres civiles. Les historiens ont de quoi se régaler.Kharrati, ton attitude est fraternelle mais personnellement je crois que les échanges d’opinions peuvent, certes attiser les haines, mais qu’ils font aussi évoluer les mentalités. Les mentalités ont déjà changé. Il ne faut pas craindre d’énoncer des vérités intangibles. Dans mes souvenirs, j’entends encore certains pieds-noirs en train de dire « l’Algérie, c’est la France »… oui très bien mais alors pourquoi les maghrébins n’avaient pas les mêmes droits civiques. D’un autre côté, quand je vois certains membres du FLN se présenter comme des enfants de cœur alors que selon leur principe la fin a toujours justifié les moyens. Et qu’ils n’ont en rien favorisé la pluralité des opinions… il y a encore de quoi s’inquiéter. Je suis convaincu également que l’analyse du passé peut éviter de renouveler certaines erreurs. Ce qui permettrait à l’Algérie de ne plus se placer dans une logique de violence. Cela lui aurait probablement évité cette décennie noire qui a fait disparaître plusieurs centaines de milliers de personnes.Je veux aussi finir par comprendre vraiment ce qu’il s’est passé sous mes yeux d’enfants. Qui est responsable de cette catastrophe ? Les seuls européens ou bien vos responsables politiques ont-ils eu également une responsabilité ? Est-ce que le chemin de l’indépendance pouvait être différent ? Bref, selon moi, une éventuelle réconciliation passe par une certaine lucidité. Il serait temps. Après trois conflits, d’une rare intensité, l’Allemagne et la France ont réussi ce pari, quinze ans après la fin de la seconde guerre mondiale. Et pour nous, à près d’un demi-siècle de distance, la chose serait impossible !Et toi Icuos, tu aimerais sans doute revoir un peu plus souvent les pieds-noirs en Algérie. Ils sont sans doute comme certains cousins que l’on a perdus de vue et que l’on aimerait retrouver. Tu évoques des scènes douloureuses de la guerre. Il est vrai que je n’ai pas vécu la guerre de manière aussi intense que toi. Mais je fais en sorte de lire tous les témoignages : ceux des Français comme ceux de leurs opposants. Je vais sur les blogs pro-FLN et je lis les journaux algériens. J’ai même commencé la lecture de certains de vos historiens. La répression de l’armée française a été souvent disproportionnée mais il faut aussi écouter les officiers qui ont vu les corps déchiquetés de civils après les attentats de l’ALN. Et il y aura toujours dans les guerres des actes non seulement barbares mais inutiles. Ce que tu as vu ne faisait certainement pas avancer la cause militaire. Le fossé entre les communautés s’agrandissait seulement un peu plus.

    Mais au risque de te blesser, c’est ce que recherchait le FLN. As-tu étudié la tuerie d’El-Halia ? Il y avait là quelques européens qui vivaient en bonne entente avec les maghrébins. Ils travaillaient ensemble dans la même mine et les choses se passaient plutôt bien, trop bien sans doute pour un mouvement révolutionnaire. Il y a eu trente-cinq corps d’européens affreusement mutilés. Et d’ailleurs dans l’imaginaire des pieds-noirs, les mutilations des cadavres ont autant d’importance, sinon plus, dans le degré des horreurs que les morts eux-mêmes. C’est ce supplément de barbarie qui nuit à l’objectivité. Comment de tels hommes, qui ont donné ces ordres, peuvent demander à la France un acte de contrition.

    Au-delà, de la guerre d’Algérie, je porte un regard très critique sur les mouvements révolutionnaires qui veulent faire table rase du passé – y compris même pour notre Révolution de 1789. On dit souvent que la France n’a pas réussi la décolonisation – notamment si on la compare à l’Angleterre. C’est en partie vrai mais il faut remarquer que mon pays a eu affaire à des mouvements révolutionnaires. En Indochine aussi, les choses se sont mal passées. Ho Chi Minh a même remporté la victoire militaire. La lutte s’est poursuivie avec les États-Unis et le Viêt-Nam a gagné la guerre. Mais c’était une victoire à la Pyrrhus car une bonne partie de sa population s’est ensuite expatriée. Le pays a été économiquement laminé. C’est tout le problème des mouvements extrémistes qui excluent une fraction des forces vives d’une nation.

    Hormis, le Viêt-Nam, il est intéressant d’observer toutes les facettes de la décolonisation car la France a également lâché des territoires sans heurt, mais je ne sais pas trop pourquoi, on en parle peu. Cela est sans doute dû à notre goût pour l’auto-flagellation. Il faut analyser le cas de Léopold Sédar Senghor. Voilà un homme qui a obtenu l’indépendance du Sénégal, dès 1960, sans tirer un seul coup de fusil, en restant dans l’alliance française. Il avait pourtant mal commencé sa carrière politique en adhérant au parti communiste. Et les résultats qu’il a obtenus sont plutôt positifs, si on compare le Sénégal à ses voisins. C’est curieux, on l’évoque rarement. C’est sans doute dû à la gauche française qui a toujours été fascinée par la Révolution. C’était un homme trop sage pour eux. Et tu vois Icuos, il a même été député au Parlement français, sans qu’il soit considéré comme traître par son pays.

    Je n’ai sans doute pas tout dit par manque de temps. Et puis je suis déjà en grand bavard. J’aurais pu évoquer aussi le cas de Jacques Soustelle qui voulait négocier avec le FLN dès 1956 ou 1957. Mais il a été effrayé par le nombre des attentats… plus d’une centaine par mois et lui-même est entré dans le cycle de la répression. L’Algérie a vu l’affrontement de tous les extrémismes (OAS comprise). Comment pouvait-elle s’en sortir ? Elle a été le pays des occasions manquées…

    Tout de même, en guise d’au revoir, je vous avoue que vous m’encouragez à consacrer du temps à la cause franco-algérienne sous une forme ou sous une autre.

    Je voudrais ajouter, qu’enfin nous nous parlons et chacun de son côté, nous aspirons à une paix durable entre nos deux peuples et comme a dit Kherrati, c’est le passé, alors essayons d’oublier et enterrons nos haches de guerre. Cela ne servira à rien de revivre en pensées ces cauchemars.Je voudrais moi, me rappeler des bons moments que j’ai passé avec mes copains Pieds Noirs.Les blagues qu’on se faisait, et de la concurrence qu’on se faisait à l’école.Autre chose Vincent, parmi tous les peuples d’Europe,et que malgré tout, c’est le peuple Français que j’aime le plus. Salut Vincent.

    Commentaire par icuos — 7 décembre, 2008 @ 13:34 |Modifier

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  27. icuos icuos
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2141 Editer
    Je voudrais ajouter, qu’enfin nous nous parlons et chacun de son côté, nous aspirons à une paix durable entre nos deux peuples et comme a dit Kherrati, c’est le passé, alors essayons d’oublier et enterrons nos haches de guerre. Cela ne servira à rien de revivre en pensées ces cauchemars.Je voudrais moi, me rappeler des bons moments que j’ai passé avec mes copains Pieds Noirs.Les blagues qu’on se faisait, et de la concurrence qu’on se faisait à l’école.Autre chose Vincent, parmi tous les peuples d’Europe,et que malgré tout, c’est le peuple Français que j’aime le plus. Salut Vincent.Bonjour vincent.Tu sais Vincent, c’est par hasard que j’ai découvert ce blog. c’est en voulant avoir des renseignements sur Oued fodda avant 1962, que j’ai découvert le nom de mon combien regretté Directeur Mr Wolf, et c’est à partir de ce blog que j’ai voulu connaitre les avis des Pieds noirs d’Algérie. Je dirais que ce blog est formidable parcequ’il m’a permis de connaitre pas mal de chose sur les Pieds noirs et de ce qu’ils pensent de nous, d’eux, de leur départ etc…Cela nous permet de mieux cerner notre histoire à tous, faite de malheurs il est vrai, mais également faite de bonheur, de joie, quand on y pense vraiment et qu’on oublie un peu ce qui s’est passé entre nos deux communautés. Cela m’a permis aussi de te parler, de connaitre ton opinion sur la question. c’est vrai que nous ne sommes pas trés jeunes maintenant, mais les souvenirs restent (j’ai actuellement 61 ans), j’avais presque 14 ans quand vous êtes partis. Tu m’as dit que les Harkis avaient été obligés de s’enroler au côté de l’armée Française, et bien je te dirais que oui, et qu’ils ne se sont pas enrôlés par conviction, mais par peur pour certains et parcequ’ils avaient faim pour d’autres.Mais la révolution ou la guerre Vincent, ne fait pas de différence entre un militaire Français ou un harkis, “ils étaient habillés de la même façon”, j’ai dit qu’ils avaient choisi leur camp, il fallait qu’ils partent avant l’indépendance, parceque si le peuple ou le FLN pouvait pardonner aux Pieds noirs qui défendaient leurs biens, ce n’était pas la même chose pour les harkis qui étaient considérés comme des traîtres à leur patrie. Cela dépend du côté où l’on se trouve. Je n’ai pas dis que j’approuvais les assassinats aprés l’indépendance. Il faut que tu comprennes Vincent, qu’en 1962 le peuple Algérien venait de sortir d’un cauchemar,et que toute cette rage d’avoir été écrasé pendant des années allait s’extérioriser par des actes incontrôlables. C’est tout à fait compréhensible, si l’on ajoute à cela, comme je l’ai dit dans ma dernière intervention,le départ précipité de l’armée Française, alors que les pouvoirs Algériens de l’époque n’avaient même pas installé leurs forces de sécurité. C’est aprés deux mois que cela a été possible et encore!…Tu as fait aussi la comparaison entre la guerre de 1945 et la notre, et du comportement des pouvoirs Français avec ceux des Algériens, je te dirais moi qu’on ne peut pas faire de comparaison entre les deux pouvoirs, parceque les pouvoirs Français avaient de l’expérience, et avaient surtout des forces de sécurité fiables, qui dirigeaient, donc assez forts pour empêcher tout dépassement, mais là aussi… je dirais qu’il y a eu quand même des linchages. Tu sais Vincent, je ne sais pas oû tu vivais avant 1962, mais moi, je vivais ici en Algérie dans un douar à deux kilométres de Oued Fodda. J’ai vu Vincent des scénes horribles que j’ai évité de raconter dans mes interventions, des scénes que toi tu ne pouvais pas vivre, parcequ’habitant dans la ville comme la plupart des pieds noirs. Quand l’armée sortait dans les douars, les pieds noirs des villes ne pouvaient pas savoir ce qui se passait, et ce que faisaient certains militaires. Nous les pauvres laissés pour compte, on subissait et on se taisait parcequ’on ne pouvait pas se plaindre Vincent. Quand un jeune garçon voit des gens se faire torturer, femmes et hommes vincent, devant ses yeux et devant toute une assistance, quand on déshabille une jeune fille de dix sept ans, devant ses parents et devant tout le douar, et qu’on vous force à la regarder, il y a de quoi être rancunier Vincent. Ce que tu me dis là, toi, tu le sorts des livres, des recueils des historiens, qui ne te donnent que les grandes lignes, moi j’ai vécu cela en direct. J’ai vu une autre fille se faire violer par un grand nombre de soldats lors d’une raffle, elle a été traumatisée pour la vie.Les harkis n’ont pas été trés cléments pour leurs congénéres,eux aussi ont pris part à la fête..Je me souviens d’une chose qui m’est restée graver dans mes souvenirs: mon frère était en prison dans un camp de torture à Oued fodda. Ils l’avaient mis dans une cave trés sombre d’aprés lui,il n’y avait aucune lumière pendant prés de quinze jours, aprés des tortures qui n’en finissaient pas, ils l’ont fait sortir de cette cave. ILs ont ouvert la porte et l’ont poussé dehors, la sortie était tellement brusque que la lumière l’a aveuglé et il est tombé à la renverse. Deux harkis étaient devant la porte, ils se sont esclaffés de rire en proférant des mots obsénes, mais un lieutenant Français les a chassé et lui a pris la main pour le diriger, c’est pour te dire qu’il n’y a pas que des “méchants” dans l’armée Française. C’est vrai Vincent que les SAS ont beaucoup fait pour la population Algériennne, mais c’étaient des militaires, et qui dit armée, dit oppréssion. Il faut se mettre à la place de la population, et penser comme la population de l’époque. Si c’étaient des civils, la vision aurait été autre.Autre chose Vincent, cette soudaine prise de conscience à partir de 1954 ou à peu prés, aurait dû être prise dés le début de la colonisation, et non pas aprés le déclenchement de la révolution. Moi j’éspère toujours une paix pour nos deux pays, et une reconcialiation de nos deux communautés. Au revoir Vincent.Commentaire par icuos — 7 décembre, 2008 @ 11:11 |Modifier
  28. –>

  29. icuos icuos
    le http://mdame.unblog.fr/2008/06/12/algerie-1962-pourquoi-les-pieds-noirs-sont-ils-partis/?preview=true#comment-2140 Editer
    Bonjour vincent.Tu sais Vincent, c’est par hasard que j’ai découvert ce blog. c’est en voulant avoir des renseignements sur Oued fodda avant 1962, que j’ai découvert le nom de mon combien regretté Directeur Mr Wolf, et c’est à partir de ce blog que j’ai voulu connaitre les avis des Pieds noirs d’Algérie. Je dirais que ce blog est formidable parcequ’il m’a permis de connaitre pas mal de chose sur les Pieds noirs et de ce qu’ils pensent de nous, d’eux, de leur départ etc…Cela nous permet de mieux cerner notre histoire à tous, faite de malheurs il est vrai, mais également faite de bonheur, de joie, quand on y pense vraiment et qu’on oublie un peu ce qui s’est passé entre nos deux communautés. Cela m’a permis aussi de te parler, de connaitre ton opinion sur la question. c’est vrai que nous ne sommes pas trés jeunes maintenant, mais les souvenirs restent (j’ai actuellement 61 ans), j’avais presque 14 ans quand vous êtes partis. Tu m’as dit que les Harkis avaient été obligés de s’enroler au côté de l’armée Française, et bien je te dirais que oui, et qu’ils ne se sont pas enrôlés par conviction, mais par peur pour certains et parcequ’ils avaient faim pour d’autres.Mais la révolution ou la guerre Vincent, ne fait pas de différence entre un militaire Français ou un harkis, « ils étaient habillés de la même façon », j’ai dit qu’ils avaient choisi leur camp, il fallait qu’ils partent avant l’indépendance, parceque si le peuple ou le FLN pouvait pardonner aux Pieds noirs qui défendaient leurs biens, ce n’était pas la même chose pour les harkis qui étaient considérés comme des traîtres à leur patrie. Cela dépend du côté où l’on se trouve. Je n’ai pas dis que j’approuvais les assassinats aprés l’indépendance. Il faut que tu comprennes Vincent, qu’en 1962 le peuple Algérien venait de sortir d’un cauchemar,et que toute cette rage d’avoir été écrasé pendant des années allait s’extérioriser par des actes incontrôlables. C’est tout à fait compréhensible, si l’on ajoute à cela, comme je l’ai dit dans ma dernière intervention,le départ précipité de l’armée Française, alors que les pouvoirs Algériens de l’époque n’avaient même pas installé leurs forces de sécurité. C’est aprés deux mois que cela a été possible et encore!…Tu as fait aussi la comparaison entre la guerre de 1945 et la notre, et du comportement des pouvoirs Français avec ceux des Algériens, je te dirais moi qu’on ne peut pas faire de comparaison entre les deux pouvoirs, parceque les pouvoirs Français avaient de l’expérience, et avaient surtout des forces de sécurité fiables, qui dirigeaient, donc assez forts pour empêcher tout dépassement, mais là aussi… je dirais qu’il y a eu quand même des linchages. Tu sais Vincent, je ne sais pas oû tu vivais avant 1962, mais moi, je vivais ici en Algérie dans un douar à deux kilométres de Oued Fodda. J’ai vu Vincent des scénes horribles que j’ai évité de raconter dans mes interventions, des scénes que toi tu ne pouvais pas vivre, parcequ’habitant dans la ville comme la plupart des pieds noirs. Quand l’armée sortait dans les douars, les pieds noirs des villes ne pouvaient pas savoir ce qui se passait, et ce que faisaient certains militaires. Nous les pauvres laissés pour compte, on subissait et on se taisait parcequ’on ne pouvait pas se plaindre Vincent. Quand un jeune garçon voit des gens se faire torturer, femmes et hommes vincent, devant ses yeux et devant toute une assistance, quand on déshabille une jeune fille de dix sept ans, devant ses parents et devant tout le douar, et qu’on vous force à la regarder, il y a de quoi être rancunier Vincent. Ce que tu me dis là, toi, tu le sorts des livres, des recueils des historiens, qui ne te donnent que les grandes lignes, moi j’ai vécu cela en direct. J’ai vu une autre fille se faire violer par un grand nombre de soldats lors d’une raffle, elle a été traumatisée pour la vie.Les harkis n’ont pas été trés cléments pour leurs congénéres,eux aussi ont pris part à la fête..Je me souviens d’une chose qui m’est restée graver dans mes souvenirs: mon frère était en prison dans un camp de torture à Oued fodda. Ils l’avaient mis dans une cave trés sombre d’aprés lui,il n’y avait aucune lumière pendant prés de quinze jours, aprés des tortures qui n’en finissaient pas, ils l’ont fait sortir de cette cave. ILs ont ouvert la porte et l’ont poussé dehors, la sortie était tellement brusque que la lumière l’a aveuglé et il est tombé à la renverse. Deux harkis étaient devant la porte, ils se sont esclaffés de rire en proférant des mots obsénes, mais un lieutenant Français les a chassé et lui a pris la main pour le diriger, c’est pour te dire qu’il n’y a pas que des « méchants » dans l’armée Française. C’est vrai Vincent que les SAS ont beaucoup fait pour la population Algériennne, mais c’étaient des militaires, et qui dit armée, dit oppréssion. Il faut se mettre à la place de la population, et penser comme la population de l’époque. Si c’étaient des civils, la vision aurait été autre.Autre chose Vincent, cette soudaine prise de conscience à partir de 1954 ou à peu prés, aurait dû être prise dés le début de la colonisation, et non pas aprés le déclenchement de la révolution. Moi j’éspère toujours une paix pour nos deux pays, et une reconcialiation de nos deux communautés. Au revoir Vincent.

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  1. kharrati dit :

    l’Algérie française ou indépendante , qu’est-ce qui a vraiment changer pour le peuple algérien ?
    en faite pas grand chose , une dictature remplacée par une autre , est-ce qu’un jour le peuple algérien connaîtra vraiment le sentiment de liberté ?
    L’Algérie ce beau pays, cette jolie terre qui en a vu des passages et des envahisseurs et trahie par tout le monde .ET aujourd’hui tout le monde la pleure hypocritement , pied-noir juif chrétien ou musulman si vous aviez vraiment appris a cohabiter au lieu de passé votre temps a vous massacres les et les autres une terre qui ne demander qu’a recevoir et partagé , peut-être alors que l’algérie aujord’hui serait moins malheureuse d’avoir perdu 1 partie de ses enfants qu’elle avait adopté en 1830 .

  2. icuos dit :

    Tu sais vincent,je n’ai jamais été contre les PN avec qui j’ai joué étant jeune, mais ce n’était pas le cas de centaines de milliers de petits indigénes comme moi.La séparation a été voulue par des gens qui voulaient pratiqué l’esclavagisme.Nous étions jeunes vous et moi, sauf que moi j’ai vécu cela, je ne déblatère pas comme a dit cet internaute ci dessus. J’ai vécu cette torture, vous ne pouvez pas imaginé de se retrouver sans père, et la peur continuelle de jour comme de nuit des militaires qui venaient casser tout chez nous. J’ai vu aussi des gens que l’armée torturait devant nos yeux, devant des enfants, vous ne pouvez pas vous imaginez cela, moi je l’ai vécu. Cette haine dont tout le monde parle a été soigneusement préparée et orchestrée bien avant la révolution de 1954. Les indigénes n’avaient pas le droit à l’enseignement, c’est aprés 1945 que les pouvoirs français se sont rendus compte, mais trop tard pour rectifier. Les medersas (école) qui existaient avant l’arrivée de la france ont été systématiquement fermées.Quant tu dis qu’il faut diviser le nombre des morts de la guerre d’algérie par 10, c’est que tu étais loin de cette misére que la population « musulmane » vivait.Fais des recherches fiables et sûres et tu te rendras compte de ces atrocités que des responsables vous ont peut être caché la vérité pour vous éviter de vous retourner contre eux, le peuple français s’est rendu compte à Paris « affaire papon ».J’ai eu des amis PN, que je respecte beaucoup, j’ai eu des instituteurs et des professeurs Pn que je respecte énormément parcequ’ils m’ont appris beaucoup de choses, je dis qu’il faut reconnaitre le mauvais côté de ces agissements contraire aux lois aussi bien divines qu’humaines. Voyez l’afrique du sud par exemple où tout le monde s’est mis d’accord pour vivre ensemble, malgré toutes les différences qui existaint les PN de ce pays n’ont pas pour autant quitté leur patrie. En ce qui concerne l’Islam, je trouve que c’est une trés mauvaise excuse pour fuir. Je suis d’accord avec la femme qui a dit qu’elle avait peur pour ses enfants, je l’a comprend c’est une femme et une mère. Pour le moment l’algérie se suffit à elle même, elle n’a pas colonisé d’autre pays dieu merci. Si l’algérie ou un autre pays, anciennne colonie tarde à se redresser, c’est surtout grâce à la colonisation, qui n’a pas laissé grand chose en partant.Trés trés peu d’intelctuels……bureaux dévastés,usines à l’arrêt et en panne,trés peu d’infrastructures routières,toutes les infrastructures de l’époque étaient dirigées surtout vers l’exportation de biens et produits tirés du pays….Il a fallu plus de dix ans pour tout redemarrer.Je te salue vincent.

  3. Vincent Lajaro dit :

    Icuos, je pense que tu es un homme de bonne volonté et je te respecte mais je n’ai pas bien sûr la même vision des choses. Moi aussi, Icuos, j’ai eu pour ami un maghrébin qui partageait le même banc d’école que moi. Nos deux sociétés n’étaient pas toujours séparées par le racisme. Le plus souvent il s’agissait que d’indifférence et de méconnaissance. Mais il n’y a pas eu, en Algérie, l’ombre d’un esclavagisme. Icuos, il faut rester lucide si l’on veut finir par trouver un terrain de compréhension mutuel. Il n’y a pas eu d’esclaves en Algérie, comme il y a pu en avoir dans les colonies du XVIIIe siècle. Cela ne voulait pas dire qu’il n’y avait pas d’abus, ni d’exploitation « d’indigènes ». Mais il faut tout remettre dans le contexte de l’époque. Et puis, je pense qu’en tout lieu et qu’à toute époque, les hommes se sont fait exploiter, quelle que soit la couleur de leur peau.

    Tu as été victime de la guerre d’Algérie et j’en prends note. Mais, les premières victimes innocentes – je ne parle pas des militaires français, mais bien des Pied-Noirs – ont bien été des européens. Tu as beau prendre le problème dans tous les sens. C’est un fait historique indéniable. Je crois que la faute du FLN, et des Maghrébins dans leur ensemble, a été de croire que seule la violence pouvait résoudre le problème de l’Algérie et remettre en cause une situation coloniale, injuste par nature. Les premiers attentats auraient pu se faire sans les morts et je suis persuadé que la physionomie des événements auraient été complètement différente. Est-ce que tu crois qu’une armée digne de ce nom peut laisser les siens se faire tuer sans réagir ? Ensuite, on peut toujours lui reprocher une répression sans limite. La torture n’aurait pas dû avoir lieu et les résistants arrêtés auraient dû être considérés comme des prisonniers de guerre – notamment ceux qui étaient dans le djebel. Mais de votre côté, vous n’avez pas fait non plus dans la dentelle. Car certains attentats, certaines actions, ont bien démontré que le FLN voulait une guerre totale et sans merci. Et puis où sont les prisonniers de guerre français ?

    Icuos, quand tu évoques l’Afrique du Sud, tu ne fais qu’apporter de l’eau à mon moulin. Car où sont les attentats aveugles dans ce pays ? A ma connaissance, Nelson Mandela n’a jamais dirigé un mouvement pouvant s’apparenter au FLN. Son action a toujours été révolutionnaire, tout en étant non violente. Pourtant les « blancs » de ce pays étaient sans doute bien plus ségrégationnistes et racistes que les pieds-noirs Un Martin Luther King ou un Gandhi aurait pu être également la solution. Et c’est bien ce qui a manqué à l’Algérie. Si les pieds-noirs – y compris ses intellectuels – sont partis, c’est parce que l’Algérie n’en voulait pas. Erreur lourde de conséquence.

    Pour le nombre de morts, je persiste et signe, même si je reste ouvert à des arguments qui me permettraient de me remettre en cause. Dans ma vie professionnelle, je manie beaucoup de données statistiques et je trouve, a priori, que le nombre de 1,5 millions de morts déclarés par le FLN est tout simplement incohérent. Il suffit de le comparer aux effets d’autres guerres. Icuos, nos historiens estiment que vos victimes s’élèvent à 300000 morts, grand maximum. Je t’accorde une incertitude. Si tu annonces 500000 morts, je dirais que ce n’est pas impossible. Et 500000 morts, c’est énorme. L’indépendance aurait pu s’obtenir avec bien moins de sang versé – je l’ai déjà écrit sur ce blog. Quant à la misère des maghrébins de l’époque, elle est indéniable. Mais dans le monde, d’autres pays connaissaient les mêmes problèmes. La France n’a pas toujours su et n’a surtout pas pu gérer correctement ses colonies. Car dans la mauvaise gestion il y avait aussi des difficultés matérielles. Comment un pays de moins de 50 millions d’habitants pouvait-il faire pour intégrer à son niveau économique 8 ou 9 millions de maghrébins ?

    Je suis également étonné que certaines organisations pieds-noirs estiment leurs victimes à 25000. Alors que 4000 ou 5000 est plus proche de la réalité. Il faut rajouter les quelque 40000 militaires français tués (si l’on compte les harkis morts avant l’indépendance) et les 40000 (probables) harkis abattus sans jugement après l’indépendance, en total violation des accords d’Évian.

    Icuos, la fin de ton discours manque totalement de réalisme
    1. « bureaux dévastés, usines à l’arrêt et en panne ». Comment pouvais-tu imaginer que les pieds-noirs chassés de leur pays – car l’Histoire a fait que c’était aussi devenu leur pays, allaient laisser tout en ordre.
    2. « trés peu d’infrastructures routières » Alors là tu me laisses sans voix. Indique-moi un pays où 1,5 million d’hommes ont fait autant en Afrique. Tu n’as pas réfléchi quand tu as écrit ces mots. Regarde les vieilles cartes postales d’avant 1962 pour dénombrer les ports, les hôpitaux, les écoles, les casernes, les gares, les routes, les barrages hydrauliques. Sans compter les zones où les colons sont arrivés sans chasser quiconque, car il n’y avait personne, que des moustiques, pour transformer des terres arides en terres cultivables.
    3. Quant aux fameuses exportations vers la France… oui c’est vrai pour certains produits agricoles. Mais dans l’ensemble, l’Algérie importait plus qu’elle n’exportait. Ne crois pas que la France se soit enrichie grâce à l’Algérie. C’est plutôt le contraire. Les colonies françaises n’ont jamais été rentables. Nos conquêtes se sont réalisées sous le couvert de la gloire – pour ne pas dire de la gloriole – plutôt que pour des raisons économiques. Il suffit pour s’en convaincre de lire quelques livres bien documentés. Et puis j’ai un argument de poids. Jamais la France ne s’est aussi bien portée que lorsqu’elle s’est séparée de ses colonies – notamment de sa principale colonie, l’Algérie.
    Icuos, je te salue. Je vais aller probablement visiter Oran au début de l’année prochaine. Pour aller voir sur place et essayer de comprendre un peu plus. Nos routes se croiseront peut-être.

    Vincent Lajaro,
    Pied-noir.

  4. Vincent Lajaro dit :

    « Si vous aviez appris à cohabiter ensemble au lieu de vous massacrer… peut-être que l’Algérie serait moins malheureuse d’avoir perdu une partie de ses enfants. »

    Kharrati, comment ne pas apprécier votre message de paix ? Je crois que, sans les erreurs de la France et du FLN, l’indépendance aurait pu se dérouler tout autrement. Mais il est impossible de refaire l’Histoire. D’autant plus que nous sommes incapables de notre mettre d’accord sur une vision commune de la guerre d’Algérie ou des guerres d’Algérie. Oui, il y a bien eu une guerre de conquête avant la guerre d’indépendance. Elle s’est déroulée en deux temps. Les côtes, dominées pas les Turcs sont tombées comme un fruit mûr et n’ont pas demandé un effort démesuré aux armées françaises de l’époque et nous aurions dû nous limiter à cette emprise. Quant à l’intérieur des terres, c’était une autre affaire. Dans mes livres d’enfance ont nous présenter, à nous Européens, cette conquête comme une « libération ». Mais quand j’ai appris, il n’y a pas très longtemps, que la France a dû guerroyer en alignant cent mille hommes face à deux ou trois millions de Berbères… je me dis que cette libération ressemble plus à une deuxième guerre de Vendée. Et quand une population se dresse devant une armée constituée – à l’époque, l’une des premières au monde – je me dis également que cela a dû être effroyable en pertes humaines. Voilà où j’en suis de mes réflexions depuis que je revisite mon histoire et celle de mes aïeux pieds-noirs.

    Vincent Lajaro,
    Pied-noir

  5. kharrati dit :

    Algérie ,Algérie , ho mon beau pays , je te sens meurtrie de l’intérieur , tu te demande comment pourrais-tu faire pour réconsilliés tout tes enfants ? chacuns ton aimés a leurs façons , ils te voulaient tous du bien , mais entre eux c’était une autre histoire . fort heureusement il n’y avait pas que de la haine entre eux , malheureusement beaucoup se sont fait manipulés .
    on ne refait certe pas l’histoire , mais pourquoi ne pas gardés chacun de côtés sa fierté et construire l’avenir ensembles , seraisse utopique de ma part ?

    A BIENTÖT

  6. icuos dit :

    Bonjour Vincent.Que peut on tirer de tout cela, de tout ces meutres,de ces assassinats,je te l’ai dit Vincent que ces atrocités étaient voulues depuis lontemps.L’intervention de l’armée à Bab El Oued, n’est qu’une démonstration de ce que j’ai dit. Il y certe l’oas qui a favorisé cette intervention, mais quand on y pense sérieusement, sans nous laisser envahir par la haine ou autre chose de ce genre, on se rend compte que vous n’étiez pas les biens venus en France et que vous étiez traités comme les indigènes, c’est à dire des Algériens. D’ailleurs on vous a affublé de ce « surnom PN » pour vous différencier des véritables Français, parce qu’ entre nous, vous n’êtes pas des Français pour eux, vous êtes des Algériens avec leurs sales habitudes, comme nous, c’est tout juste la peau, qui peut être faisait un petit peu la différence.Autre chose Vincent, quand tu dis qu’il n’y a pas eu de « Mandella » en Algérie, comme en Afrique du sud, tu te trompes. Il y a eu deux « Mandella », en la personne de Messali Hadj, qui oeuvrait pour une paix, une reconnaissance des droits des indigénes, la nationalité française à part entière etc.. La réponse fût brutale, emprisonnement dans une colonie lointaine, expatriement etc…La seconde personne fût Ferhat Abbes, qui lui aussi a oeuvré pour une reconnaissance des droits des indigénes etc….En fin de compte, la nationalité a bien été donnée, mais aux juifs, qui jouissaient à l’époque des mêmes priviléges que les indigénes, et ce bien avant la venue de la France.D’autre part Vincent, nous avons eu nos manifestations de paix nous aussi, comme l’afrique du sud, des manifestations pacifiques en 1945,…. réprimés dans le sang. Dans les manifestations de noirs en afrique du sud, il y avait beaucoup de blancs, des métis, parce que les anglais sont malins, tu devines ce que je veux dire…..Nous étions au bord de la mer, un ami et moi il y a de cela deux ans.Nous évoquions des souvenirs de jeunesse, et bien sûr nos amis PN étaient présents dans nos souvenirs. Il m’a raconté qu’il était un jour, en plein débat amoureux avec une jeune fille PN dans une remise, ils devaient avoir dans les 15 à 16 ans. Un ami de la famille de la fille les a vu, il est venu les séparer, la fille est partie, mais lui à eu la raclée de sa vie, avec des insultes racistes que je ne voudrais pas répeter, ce serait indécent.Les deux grands perdants Vincent, sont nous et vous, et pas seulement vous. De toutes les créatures que Dieu a créé, l’homme est le plus méchant et le plus cruel.Même les animaux sont conciliants, trés trés peu d’entre eux se battent jusqu’à la mort, l’être humain lui, le fait à tout bout de champ, « il y a toujours ce méchant Mr Hyde qui prend le dessus sur le bon, et qui fait des dégats ».En principe nous sommes soit disant tous civilisés, moi je ne le pense pas, parcequ’un homme civilisé ne tue pas, il n’écrase pas les autres pour se faire de la place, il accepte l’autre comme il est.Mais dans tout cela Vincent, rien ne vous empêche de revenir vous installer en Algérie, et de prendre la double nationalité, pas mal d’Algériens le font en France pourquoi pas vous, vous en avez le droit je pense.Venez dans votre pays d’origine, investissez, acheter un logement.Si on aime vraiment son pays on le fait Vincent. Il y a des habitudes à changer et c’est tout,vous avez dû subir des humiliations en partant en France, vous pouvez bien supporter cela en Algérie, encore qu’ici vous serez les bienvenus. Cela fait 46 ans déja, les blessures se sont refermées et cicatrisées Vincent, mis à part quelques soubresauts de certains qui ne veulent pas perdre leurs privilèges, vous serez bien accueillis par les Algériens.Alors pardonnons nous mutuellement et regardons l’autre en face, pour que nos enfants ne fassent pas d’erreur comme l’ont fait nos ancêtres.Au revoir Vincent, et bon séjour en Algérie à toi et à tous les autres, si vous venez.

  7. Vincent Lajaro dit :

    Mais Icuos, tu n’amènes là où je ne m’attendais pas. Tu poses des questions fondamentales et je vais essayer d’y répondre. Le pied-noir était-il Français ou autre chose ? Avant toute chose, il faut bien remarquer que la communauté française d’Algérie était composée d’une multitude d’électrons très divers : juifs ancestraux, émigrés espagnols, italiens, maltais et « vrais » Français. Notre diversité d’origine et d’opinions se retrouvent dans la multitude d’associations de pieds-noirs toujours actives en France. Il y en a même qui croit encore qu’une Algérie, sous domination française, était possible. Il y a bien des Français qui restent persuadé de la culpabilité de Dreyfus… il faut de tout pour faire un monde.

    Mais n’en déplaise à certains, je considère moi que les pieds-noirs sont avant tout français, même si leur attachement à leur terre est viscéral. Certes, nous avons été mal accueillis, en 1962. Le bateau qui a débarqué mon frère à Port-Vendres a accosté sous les jets de pierres des métropolitains. C’était proprement choquant. Tout était devenu irrationnel. Mais la raison a fini par l’emporter quand les métropolitains nous ont découvert comme voisin et collègue de travail. Ils ont vite compris que nous n’étions ni des exploiteurs, ni des fascistes… quoique ce n’est toujours pas évident pour certains.

    Nous sommes Français tout d’abord par le sang versé. En proportion, ce sont les pieds-noirs qui ont payé le plus lourd tribu lors de la seconde guerre mondiale. Nous sommes Français car notre attachement à une République laïque est une réalité incontournable. Et nous sommes français de part notre attachement à notre culture judéo-chrétienne.

    Icuos, tu a raison de citer Messali Hadj et Ferrat Abbas. Messali Hadj était vraiment un visionnaire, marié d’ailleurs à une Française (c’est que nous ne sommes pas tous racistes). Messali Hadj a eu le tort d’avoir raison trop tôt. Et il est vrai qu’il a été emprisonné, mais bien moins longtemps que Nelson Mandela, Et la France aurait dû tenir compte de ses revendications. Il est l’illustration de toutes les erreurs commises en Algérie. Mais il a été également rejeté par le FLN. Il n’a obtenu la nationalité algérienne, selon Wikipédia, qu’en 1965. Et il est mort en France, le pays colonisateur. Honte aux totalitaires du FLN !

    Quant à Ferhat Abbas, je dirais qu’il a subi pratiquement le même sort. Cet homme d’envergure a dû rentrer dans le rang du FLN. Selon le blog où l’on a la chance d’écrire, son neveu a même été liquidé comme tous les opposants au FLN. Donc tu vois, ton argumentation n’amène, selon moi, qu’au match nul. Étudie également le sort qui a été fait aux membres du FLN de l’intérieur qui ont voulu négocier « la paix des braves ». Eux aussi, ils ont été liquidés. Le FLN est bien un parti d’extrémistes ne fonctionnant que sur le mode de la violence.

    La suite un peu plus tard…

  8. Vincent Lajaro dit :

    Icuos ton texte soulève une autre interrogation à laquelle je n’ai toujours pas de réponse : pouvons-nous réellement vivre ensemble ? Je ne parle pas bien sûr de mon voisin maghrébin avec lequel j’ai de bons rapports mais bien d’un État constitué par nos deux communautés. Tantôt la balance penche du bon côté car j’ai un naturel positif. Tantôt je n’y crois pas trop notamment quand j’examine la situation du monde. Plusieurs fois en Algérie, cette question s’est posée ? Et la réponse a toujours été identique. Et la raison évoquée est souvent la même : les pieds-noirs étaient trop racistes pour l’accepter.

    Mais moi, je pense qu’il y a d’autres ressorts plus subtils qui sont intervenus. Et finalement, l’argument du racisme et un argument de façade qui évite de se poser la vrai question : le rapprochement des musulmans et des chrétiens n’est-ce pas le mélange de l’eau et du feu ? L’argument du racisme ne tient pas quand on examine le cas des juifs qui eux se sont réellement intégrés dans la communauté française. Il est vrai aussi que leur petit nombre a facilité la chose. Je suis convaincu que l’intégration des musulmans de s’est pas réalisée car votre importance numérique remettait en cause nos modes de pensée judéo-chrétiennes. Ce qui est très différent du racisme pur et dur. Je suis même convaincu que vous n’en vouliez pas vraiment de cette intégration et qu’elle n’aurait pas fonctionné.

    D’ailleurs, d’après une de mes lectures, le code de l’indigénat permettait dans certains cas, la nationalisation française, et vous ne vous bousculiez pas au portillon. Le naturalisé français était considéré comme un renégat. Et puis dans la France d’aujourd’hui, beaucoup d’efforts sont entrepris pour réaliser cette fameuse intégration et c’est l’échec pratiquement sur toute la ligne : les voitures sont incendiées par les fils d’émigrés et la Marseillaise est insultée sur les stades. Les pieds-noirs, obtus et tenant à leur prospérité, toute relative, d’occidentaux avaient peut-être tout compris. Mais d’un autre point de vue, il était primordial et juste que les maghrébins puissent relever la tête. Et la seule solution a été l’indépendance.

    La suite un peu plus tard

  9. jerry dit :

    ALBUM « NOS PARADIS PERDUS »

    Cher(e)s amis Pieds noirs

    Je suis « un Patos », marié à une oranaise! C’est lors d’un voyage pélerinage avec mon épouse sur « sa terre » à ORAN, que l’envie d’écrire un Album de chansons pour la communauté Pieds Noirs est née. Dans la Cathédrale d’Oran, désafectée, (Pleine de gravats car en travaux à l’époque pour devenir bibliothèque), Mon épouse pleurait sur son enfance..et moi j’avais la gorge nouée…C’est à ce moment précis que m’est venu à l’esprit la première ligne de la première chanson :

    « Dans la cathédrale abandonnée, tu te revois petite….. »
    Vous pouvez écouter des extraits, laisser des messages, et si vous l’avez aimé, commander le CD: NOS PARADIS PERDUS en visitant le site : (cliquez sur le lien ci-dessous)
    http://www.wmc-pimson.com
    Merci de prendre le temps d’écouter. Si vous avez apprécié diffusez largement oralement et par écrit cette information, les petits ruisseaux faisant les grands oueds…
    Bien à vous.

    Gérard

  10. Vincent Lajaro dit :

    Icuos, tu fais certainement référence à Sétif, quand tu parles de manifestations pacifiques pour l’émancipation des maghrébins. Le peu que j’ai lu sur cette affaire est tout de même différent de tes propos. La manifestation se voulait sans doute pacifique mais elle a dégénéré dans la violence. Ce sont les affirmations, à ma connaissance, unanimes des témoins européens. Et comme il est impossible que vous ayez eu un million cinq cent mille morts durant la guerre de 54 à 62, j’ai également des sérieux doutes sur les 45000 morts annoncés de Sétif. Mais bon, je pense que j’ai encore pas mal de choses à apprendre sur Sétif. Je ne crois pas non plus certains militaires français qui annoncent une répression à hauteur d’un millier d’hommes. La vérité se situe sans doute entre ces deux extrêmes. Quoiqu’il en soit, les circonstances de l’époque rendent toute évaluation très difficile. En résumé et à mes yeux, on ne peut pas dire qu’une remise en question non violente du statut colonial a été sérieusement envisagé par le FLN. D’autant que la décolonisation a montré son vrai visage.

    Je veux en venir à l’exécution orchestrée des harkis. Car si la France les a trahi, on peut estimer que 70000 d’entre eux ont été abattus par le FLN. Ces hommes étaient-ils des traitres à leur pays. J’en doute sérieusement car, d’une part, l’Algérie n’a jamais existé juridiquement avant 1962. Et d’autre part, ils étaient essentiellement des opposants au FLN, certains étaient mêmes des partisans du MNA de Messali Hadj. Leur sentiment pro-français était très relatif. Ils ont été exécutés par le FLN qui avait pourtant signé les accords d’Évian. Voilà ce que l’on peut lire sur ces fameux accords :

    « L’État algérien souscrira sans réserve à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et fondera ses institutions sur les principes démocratiques et sur l’égalité des droits politiques entre tous les citoyens sans discrimination de race, d’origine ou de religion. Il appliquera, notamment, les garanties reconnues aux citoyens de statut civil français. »
    — Accords d’Évian, chapitre II, partie A, article 1
    « Nul ne pourra faire l’objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d’une discrimination quelconque en raison :
    • d’opinions émises à l’occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d’autodétermination ;
    • d’actes commis à l’occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu.
    • Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d’en sortir. »
    — Chapitre II, partie A, article 2

    La suite un peu plus tard…

  11. Vincent Lajaro dit :

    Suite et fin…

    Icuos, quand je lis les Accords d’Evian, j’ai beaucoup de difficultés à suivre ton Président qui réclame la repentance de la France. Les crimes de guerre ont été largement partagés par les deux parties. Et le FLN – notamment après l’indépendance – est loin d’être innocent. Comment qualifier la disparition définitive de 2000 à 3000 pieds-noirs, après 1962 ? Je pense que cela va même au-delà du crime de guerre. Et crois-tu normal qu’un fils de harki ne puisse pas trouver sa place en Algérie ? Des deux côtés de la Méditerranée, avant toute chose, il faut demander pardon à ceux qui sont morts lâchement abandonnés par les uns et cruellement exécutés par les autres.

    Sur cette affaire, j’ai bien du mal à suivre De Gaulle qui a laissé faire. Je crois que sa démarche est de l’ordre du machiavélisme. Il voulait sans doute montrer que, sans la France, c’était devenu ingérable. Plusieurs fois dans sa carrière, il a joué de cette façon une politique de la chaise vide (1945, 1968). Il avait aussi à cette époque bien d’autres préoccupations. Il a complètement ignoré, volontairement ou pas, que la France était en train de trahir des hommes qui nous avez fait confiance. Son objectif prioritaire était sans doute la dissuasion nucléaire et la place de la France dans le monde. Tout le reste était devenu secondaire à ses yeux. C’est la seule explication possible que j’ai réussi à établir. Depuis que je réétudie l’histoire de l’indépendance algérienne, je me demande s’il est possible d’être un gaulliste inconditionnel. Notre grand homme d’État a commis une faute inqualifiable en Algérie.

    Quant à revenir en Algérie pour y vivre, ce serait bien original. Je serais le seul à faire le voyage dans ce sens. J’aurais trop peur de me faire virer une deuxième fois. Et puis vous avez quelques fondamentalistes qui sont très inquiétants – pour ne pas dire sanguinaires. Par ailleurs, les dernières lois antichrétiennes, promulguées en Algérie, sont également le signe que vous devenez de plus en plus un État sectaire ou totalitaire. J’aurais beaucoup de difficultés à vivre sur la longueur dans une Algérie qui ne respecte pas ses minorités. Que faites-vous de vos athées et de tous ceux qui ne veulent pas vivre dans la religion officielle ? Non, si je revois l’Algérie en touriste c’est qu’une force me pousse à retourner sur les traces de mes ancêtres. Sans doute de la même façon que le saumon remonte la rivière de sa naissance pour y mourir. Et puis, j’espère avoir quelques contacts intéressants avec la population pour mieux connaitre le maghrébin de là-bas. Sans doute bien différent de celui qui vit en France.

    Par contre Icuos j’aimerais au moment de ma retraite apporter ma pierre au rapprochement des peuples, comme le développement du tourisme franco-algérien ou de liens culturels. Je sais que certains d’entre vous ont une opinion nuancée vis-à-vis de la France et que leur pratique modérée de l’Islam ne nuit pas à une amitié fraternelle. Donc, participer à une association qui aurait ce but pourquoi pas ? Et si cela était possible, je pourrais faire bénéficier de mon savoir-faire professionnel dans un domaine où il y a encore beaucoup de choses à réaliser en Algérie. Je crois que c’est à chacun d’entre nous, en dehors de toute initiative des États, de faire des efforts pour le rapprochement des peuples. Mais peut-être serait-il plus judicieux de se dévouer à la communauté maghrébine française ! Je crois que je vais partir à la recherche d’associations qui se consacrent à ceux qui souhaitent vraiment s’intégrer dans la France, le pays qui devrait en toute logique devenir le leur.

  12. icuos dit :

    Salut Vincent.Tu te trompes sur le partage des crimes de guerre Vincent, la France a occupé illégalement l’Algérie pendant 132 années, a tué pas mal d’Algériens et a emprisonné et déporté pas mal d’autres(cayenne, calédonnie etc..).Tout ce drame pour un coup d’évantail, ce que je ne crois pas….Mon Président réclame la repentance de la France pour les 132 ans d’occupation, et pas seulement pour les sept années et demi de guerre, la période de 1954 à 1962 n’est qu’une infime partie de la torture morale et physique du peuple Algérien.Tu peux consulter certains blogs écrits par des Pn sur les premières années de la colonisation « Friburger Oued Fodda avant 1962″, il dit que lorsqu’ils manquaient d’argent, les colons allaient surveiller les prisonniers politiques et les renégats. Sais tu que ces renégats étaient des algériens, qui refusaient de céder les terres, et qui se révoltaient contre l’occupation.Les colons venaient de France et d’autres pays avec des concessions.La France distribuait les terres Algériennes, sans se soucier le moins du monde de ce que pouvait ressentir ce peuple. Ce pardon aurait dû être prononcé il y a bien longtemps, cela nous aurait éviter de part et d’autre pas mal de crimes et d’assassinats gratuits et honteux et toute une guerre. D’autre part les Pn auraient dû opté pour l’indépendance, ils étaient Algériens, nous n’en serions pas là aujourd’hui à nous accuser mutuellement.Ne crois tu pas qu’un pardon pourrait au moins faciliter les contacts et effacerait pas mal de malentendus. L’Italie l’a fait pourquoi pas la France, il est vrai qu’il n’y a pas eu beaucoup de morts et de disparus chez eux, mais ils l’ont fait tout de même.D’autre part Vincent les accords d’Evian n’ont pu être respectés par les deux parties,parce que le départ précipité de la France a laissé un grand vide sécuritaire, ce vide a laissé le champ libre à des assassins des deux bords. Des gens innocents ont laissé la vie.Le FLN ne pouvait rien faire, même ses rangs ont été infiltrés par des assassins, qui ne voulaient que se remplir les poches et se faire de la publicité.Des gens du 19 mars.Les gens du FLN ne sont pas tous des sains, dans tous les partis, il y a des extrêmistes que l’on veuille ou non, et il y a eu beaucoup de dépassements que le gouvernement de l’époque avait du mal à maitriser, parce que incapable d’avoir une force de sécurité fiable et disponible dans l’immédiat.IL y a eu beaucoup de dépassement aussi du côté de l’oas qui s’est insurgé contre la France, et qui a essayé d’entrer en contact avec le FLN pour un éventuel arrangement « c’était trop tard » aprés quoi?. que peut on dire des dépassements de l’armée Française, qui était commandée par des colonels et par des généraux?. Pour ce qui est du Président de Gaulle, je pense moi, qu’il a surtout pensé au peuple Français, il ne faut pas oublier que les Pn ont voulu à plusieures reprises attenté à sa vie, sans compter les coups d’état avortés.Le seul remède à tout cela comme tu l’as si bien dit serait la reconciliation, le rapprochement des peuples et l’amitié.Ne pense surtout pas que l’Algérie ne compte que des musulmans, là aussi tu te trompes. Il y a des chrétiens, des juifs en petit nombre, et beaucoup d’athées. L’Algérie compte à peu prés 55% de musulmans seulement et un bon nombre d’entre eux ne sont pas pratiquants. Pour ce qui est de la minorité soi disant chrétienne, les Algériens ne veulent plus entendre parler de religion, surtout aprés la decennie noire.Musulmans ou chrétiens que chacun fasse sa prière comme il l’entend sans embêter l’autre. Nous ne voulons plus de cette propagande, qui tout ou tard peut générer des conflits. Nous vivons ensembles, en voisins et fréres, il n’y a que ceux qui veulent se faire de la publicité qui créaient ce genre de problème. Tu viendras je l’espère en Algérie et tu verras que les Algériens ne sont plus ce qu’ils étaient il y a de cela 46 ans.Pour les fils de Harki, je dis que personne à ma connaissance n’a été refoulé du sol Algérien. Je parle des enfants qui n’ont rien à voir avec le choix de leurs parents.Vincent, j’ai vu sur une émission de télé, que les harkis ne sont pas mieux lotis en France, et qu’un bon nombre d’entre eux vivent toujours sous des baraques depuis 1962. Pour ceux qui ont été tués ou assassinés en 1962, je dirais que c’est le revers de la médaille, même la France a refusé de les recevoir, comme pour les « collabos » de 1945, ils ont dû payer le prix de leur trahison, c’est regrettable mais c’est la guerre.Bon courage Vincent, et excuse moi si je t’ai blessé par un quelconque mot déplacé, ce n’était pas mon intention.

  13. Vincent Lajaro dit :

    Bonjour Icuos

    Non, tu ne m’as blessé par un quelconque mot déplacé. Mais ton argumentation tape souvent le mille, là où ça fait mal. Ce blog, où l’on s’exprime, est tout de même sensationnel. L’écrit, qui permet d’évaluer chaque mot, nous évite sans doute l’invective et nous contraint à approfondir notre réflexion dans le calme. J’ai toutefois mal pour mon pays qui a fait des erreurs et même commis des fautes. Une nouvelle fois, la première partie de ton texte, qui devrait emporter globalement l’adhésion des lecteurs, m’a laissé sans voix, mais depuis lors j’ai retrouvé quelques arguments. A contrario, je suis en totale opposition avec toi sur la fin de ton discours. Les hommes ne peuvent pas toujours s’accorder du fait de leur vécu, de leur parcours initiatique et aussi de leur tempérament. Mais la confrontation peut être positive pour connaître avec précision le point de vue de l’autre et faire évoluer nos idées. Depuis que je me suis mis à réétudier cette foutue guerre d’Algérie, je me suis déjà remis plusieurs fois en question. C’était et c’est toujours mon intention. Je réexamine toutes les pièces du dossier pour essayer d’atteindre la plus grande objectivité possible même si je sais que, dans ce domaine, c’est de l’ordre de l’impossible. Commençons, si tu le veux bien, par la guerre de conquête.

    Il y a quelques années, ma fille aînée, sans doute sous l’inspiration d’une amie maghrébine, très influente dans le monde associatif musulman de France, m’a demandé lors d’une conversation sur l’histoire de mes origines si la France aurait dû conquérir l’Algérie. Je voyais bien qu’elle espérait une réponse négative. Tu penses bien que, si elle m’avait dit qu’on devrait utiliser nos militaires pour envahir un de nos voisins, voire des terres lointaines, la réponse aurait été évidente. J’aurais bien sûr répondu comme elle le souhaitait. Aujourd’hui, qui voudrait ce type de guerre ! A part la Chine, cet immense pays, qui s’accroche au Tibet, comme si sa survie en dépendait ou Sadam Hussein qui a voulu croquer le Koweït. Mais si ma fille avait posé cette question au même homme, en 1830, dans le contexte de l’époque, il aurait sans doute répondu par l’affirmative. C’est tout le problème de la repentance. D’accord pour des faits contemporains. Mais pour des événements qui remontent à cinq ou six générations : est-ce que cela à un sens ? Et puis quel est le pourcentage de Français qui connaissent avec relativement de précisions les conditions épouvantables de la conquête de l’Algérie ? Icuos, tu évoques l’Italie qui s’est repentie, libre à elle. Ce pays est pourtant moins coupable que d’autres. Les États-Unis ont-ils demandé pardon aux Indiens qui ont été pratiquement éliminés de la surface du globe ? Et les Australiens qu’ont-ils faits des autochtones de leur pays ? Faut-il également que l’Arabie Saoudite se repente d’avoir occupé l’Espagne durant plusieurs siècles.

    Je suis persuadé par ailleurs, qu’un président français désirant aller dans ce sens serait désavoué car nous sommes pollués par l’actualité. Comment demander pardon à un peuple pour des faits qui remontent au XIXe siècle alors que dans le même temps des maghrébins incendient des voitures et insultent la Marseillaise en France ? L’amalgame est totalement injustifié mais je ne doute pas un instant qu’il serait établi. Et puis, comment demander pardon à des hommes issus du FLN qui se sont comportés en extrémistes. Peut-on demander pardon à Staline, même si on lui a porté un préjudice quelconque ? Il ne faut pas non plus oublier les pieds-noirs. Comment ma grand-mère, si elle était toujours vivante, pourrait demander pardon ? Elle qui a été une victime de l’Histoire, coupable de rien, même pas de la conquête française ! Elle avait un tout petit commerce et elle a tout perdu au moment de l’indépendance. Tu ne peux pas dire d’un trait de plume qu’il s’agit d’un tribut de guerre. Ou alors le tribut de guerre a valeur d’un pardon et nous ne nous devons plus rien. J’ai peut-être une vision atypique de l’Algérie car dans notre famille, en cent ans de présence, nous n’avons jamais fait travailler un maghrébin. Mais je pense que nous n’étions pas les seuls.

    Je suis d’accord avec toi pour dire que le coup d’éventail n’était qu’un prétexte. Par contre le contentieux, avec la Berbérie durait depuis longtemps. Napoléon 1er avait déjà fait faire des relevés topographiques pour un éventuel débarquement. Les pirates ottomans ne se privaient pas de rançonner les bateaux européens et de vendre leurs prisonniers sur la place d’Alger pour en faire des esclaves. Et ce, depuis la Renaissance. Les élites du pays achetaient aussi des esclaves africains, tout comme les européens, avec leur commerce triangulaire. Avant la conquête française, je te rappelle qu’Alger a déjà été bombardé par plusieurs pays européens et même les États-Unis.

    Et puis Icuos, hormis l’Europe, c’était l’époque où tous les pays étaient colonisés. Notre esprit de conquête était attisé par l’Angleterre, présente sur tous les continents. Cela allait malheureusement dans le sens de l’Histoire. La colonisation ne s’est pas déroulée sans discussion à la chambre des députés. Étonnamment, les hommes de droite étaient souvent réticents car les coûts ou les investissements risquaient de ne pas être rentabilisés. Ils n’avaient pas tout à fait tort. Et il y avait des hommes sincères, plutôt de gauche, qui, pour le bienfait de l’humanité, voulait imposer leur civilisation. On a pu voir ensuite de quelle manière. Cela faisait partie de l’Histoire des hommes. Toi-même, tu ne serais pas musulman sans les conquêtes de l’Arabie saoudite jusqu’aux portes de l’Occident et même quelquefois au-delà. Et entre temps, que de population passée au fil de l’épée !

    La France s’est imposée par la force en Algérie mais il y a eu aussi des périodes apaisées. C’est ainsi que la démographie algérienne a explosé. Dès 1914, la population maghrébine s’était multipliée par deux ou trois pour atteindre cinq millions d’individus. Et au début de la guerre, en 1954, vous en étiez à huit millions. Certes nos efforts étaient insuffisants pour apporter tous les « bienfaits » de notre civilisation mais nous avons aussi soignés les populations autochtones. J’en ai été personnellement témoin. Quand à la scolarité, il y a des périodes où le supplément d’écoles était laminé par une démographie galopante. Ce dernier fait est un des problèmes récurrent de l’Algérie, rarement cité par les bonnes âmes du politiquement correct. Et l’économie française, tellement exsangue, jusqu’aux années cinquante, ne permettait pas d’aller beaucoup plus loin. Par ailleurs, Icuos, imagine l’Algérie d’aujourd’hui sans la manne du pétrole ! Où en seriez-vous sur le plan économique ? Guère mieux qu’avant 1950 car l’Algérie a toujours été un pays difficile.

    Quant aux fils d’harkis ce que j’ai dit n’est peut-être plus d’actualité mais dans les années soixante-dix, il y a eu des affaires douloureuses d’enfants français qui ont été retenus en Algérie durant leurs vacances. Sur leur blog, ils disent être encore inquiétés quand ils séjournent en Algérie. J’ai même appris dernièrement qu’il y avait débat au sein de votre gouvernement. Certains voudraient là aussi qu’ils se repentent au nom de leur père. Mais est-ce que l’Algérie va s’excuser de la mort des harkis, exécutés sans jugement et dans des conditions épouvantables. Étaient-ils même coupables ? Je vais essayer de te prouver le contraire. En tous les cas, il y a des arguments de poids qui font douter. Les harkis, à mes yeux n’ont JAMAIS ÉTÉ DES TRAITRES. Il faut revenir sur ce problème qui est la honte de nos DEUX pays. Comment Icuos peux-tu écrire tranquillement que la mort de ces 70000 ou 150000 hommes est un fait de guerre alors que le cessez-le-feu était décrété depuis plusieurs mois ? La plupart des massacres ont eu lieu à l’automne 1962, six mois après le cessez-le-feu, deux mois après l’indépendance. Ils sont le fait aussi de ces résistants de la dernière heure, les « marsiens », mais ils n’ont jamais été dénoncés par le FLN, ni par le gouvernement algérien.

    Tu parles de « collabos de 1945 » mais la situation de l’Algérie était complètement différente de la France de cette époque. C’est bien la raison pour laquelle j’évite de faire des comparaisons de ce type. Mais puisque c’est toi qui évoques cette guerre, allons-y ! En 1939 la France s’oppose à l’Allemagne depuis plus d’un siècle, si l’on compte les guerres napoléoniennes. Et il y a dans l’esprit des Français, au minimum, le conflit de 1870 et celui de la première guerre mondiale. En 1954, les maghrébins ne se sont pas opposés à la France depuis 1830. Bien au contraire, ils se sont déjà battus dans nos rangs durant la guerre de Crimée, les deux guerres mondiales et même la guerre d’Indochine. Cela a renforcé les liens entre les communautés. La France, aux yeux de beaucoup de maghrébins, n’était pas un ennemi héréditaire mais plutôt un allié de longue date. D’ailleurs, nombre de leaders du FLN, dont Ben Bella, ont été sous-officiers dans l’armée française.

    Il y a aussi les effectifs. Les véritables traîtres ne sont jamais très nombreux. Durant la seconde guerre mondiale, il n’y a eu que 7000 à 8000 Français qui ont rejoint les rangs de l’armée allemande auxquels il faut rajouter 30000 miliciens (15000 vraiment actifs). Le tout pour quarante millions d’habitants. Durant la guerre d’Algérie il y a eu jusqu’à 220 000 supplétifs qui ont rejoint le giron français. En comptant, tous les élus maghrébins on arrivait au chiffre de 260000 et plus. En utilisant un coefficient de cinq et demi pour une famille, on arrive au chiffre faramineux de 1,4 millions de personnes, soit 16 % environ de la population concernée. Les collaborateurs français n’ont jamais été aussi nombreux. Icuos, compare également cet effectif à celui du FLN qui n’a jamais dépassé les 50000. Ce qui était tout à fait logique dans la mesure où l’occupation allemande n’a duré que quelques années alors qu’en 1954 la France était en Algérie depuis plus de cent ans. Cela aussi crée des liens car les rapports étaient également apaisés entre les communautés.

    Contrairement aux dires de certains, il n’y avait pas que la haine avant 1954. De quoi semer le trouble chez des personnes qui n’avaient jamais connu d’Algérie indépendante. Et pour cause, elle n’a jamais existé avant 1962. En 1939, la plupart des historiens sont d’accord pour dire que le patriotisme et l’État français sont effectifs depuis la fin du Moyen Age. Et dire cela n’est pas faire injure au peuple algérien. La prise de conscience d’une possible indépendance ne pouvait pas se faire d’un seul coup de baguette magique.

    Et puis, il y a eu les quasi enrôlements de force. Les officiers français pouvaient débarquer dans certains villages et lancer un ultimatum qui donnait le choix entre la constitution d’une harka ou d’un déplacement de la population. Les hommes soucieux du bien-être de leur famille pouvaient alors basculer. Leur réaction était humaine. Trop humaine ? Est-ce que la France a considéré les Alsaciens, qui ont été enrôlés de force par les Allemands en 1940, comme des traîtres ?

    De plus, l’action humanitaire des SAS, les premières en 1955, ont troublé les esprits. Les villages entiers étaient ainsi contrôlés par l’armée française d’une manière intelligente. C’était le lieu où l’on était soigné, grâce aux médecins français, et où l’on était instruit, grâce aux instituteurs qui faisaient ainsi leur service militaire. On était loin de l’armée répressive et tortionnaire, systématiquement évoquée par les bien-pensants. Les chefs de famille du pays avaient de quoi rester dans l’option française. L’armée allemande ne s’est jamais comportée de la sorte en France.

    Par ailleurs, selon certains historiens, le meilleur recruteur des supplétifs était tout simplement le FLN qui agissait toujours selon une extrême violence. Était-il légendaire d’éliminer un « traître » ou un colonialiste pour entrer en résistance ? Cela a entraîné une multitude de règlement de compte qui n’avait rien avoir avec la guerre. Était-il légendaire de violer les femmes des douars pendant que les maris aidaient l’ALN? Était-il légendaire d’interdire à la population de se faire soigner, aux femmes d’aller voir la sage-femme ou de se rendre chez le pharmacien. Selon le FLN, il était même interdit de fumer sous peine de se faire couper le nez. Icuos, de telles légendes ne courent pas après la Résistance française de 1940 à 1945.

    Tu comprends pourquoi, je considère que les harkis sont innocents des crimes dont on les accuse. Mais même coupables, fallait-il que les hommes de troupe soient condamnés à mort ? Fallait-il qu’ils soient exécutés sans jugement ? N’avaient-ils pas au moins quelques circonstances atténuantes ! Fallait-il que leur famille soit également condamnée à mourir ? Fallait-il, pour certains, que leur mort soit aussi abominable ? Et faut-il, 46 ans après ces événements épouvantables, qu’aucune amnistie ne voie le jour ?

    Rassure-toi Icuos, notre gouvernement est pratiquement aussi coupable que le FLN. Car, sans la complicité de la France, tout cela n’aurait pas eu lieu. C’est bien pour cette raison que je ne crois qu’au pardon réciproque qui n’humilie aucune des parties. Je les vois toutes ces scènes d’horreur. Ces hommes, laissés pour compte par le gouvernement français, et qui sont exécutés sur les quais des ports, sous les yeux de nos militaires embarqués. Je les aperçois ces hommes qui cherchent refuge et qui hurlent de terreur en bas des murs des casernes. Et nos soldats avaient ordre de ne pas bouger. Tu vois, Icuos, il y a eu le Vel d’Hiv en 1942. La France a livré à Hitler une population juive, totalement innocente. Mais à cette époque-là nous étions à la merci des Allemands ce qui a pu nous faire perdre notre lucidité – circonstance quelque peu atténuante. En 1962, nos supplétifs étaient également innocents à mes yeux et nous avions toutes les possibilités de sauver la vie de nos alliés. A coup sûr, notre responsabilité est terrible. Concernant le XXe siècle, il s’agit bien là des deux pages les plus sombres de notre Histoire.

    Le dédain de la France vis-à-vis des harkis, inexplicable et nauséabond, s’infiltre jusqu’au moindre détail. Tu vois quand on demande à un historien, à un général ou à un homme politique combien de militaires français sont morts durant la guerre d’Algérie, invariablement, ils répondent 20000. Très peu de personnes citent les 5000 supplétifs morts également au combat. Sont-ils faits d’un autre sang que le nôtre ! Naïvement, je croyais que les maghrébins, servant sous le même drapeau, étaient comptabilisés avec leurs frères d’armes. J’ai vraiment mal pour mon pays.

    Icuos, je te salue bien amicalement. Maintenant que je te connais un peu, je pense que tu vas sans doute relancer le débat ou me contredire. A nos deux, si on continue de la sorte, on va finir par rédiger un bouquin.

    Vincent Lajaro,
    Pied-noir.

  14. kharrati dit :

    mes chers amis , pourquoi vivre dans le passée , il y a eu des erreurs des duex côtés . je pense que ressaceés des souvenirs douloureux pour certains cela peut hatiser la haine , voyer loin , voyer l’avenir comment peut-il être construit ensemble . la colonisation , la guerre , l’indépendance , chacuns a défendu ces mots là ( colonisation pensant qu’il fallait nous civiliser , mais il ne fallait surtout pas se mélanger avec des sauvages que de contradiction , nous civiliser pourquoi alors ? surement pour avoir bonne conscience de nous avoir coloniser par la force …)ensuite la guerre la façon la plus inhumaine de dire  » nous ne sommes pas d’accord avec vous alors on va s’entre tué et que le meilleur gagne  »
    puis l’indépendance , certains étaient la depuis quelques siécles ils étaient encrés dans la terre , dans l’air qu’on respiraient ils faisaient partient de l’histoire de l’algérie , puis d’autre vivaient dans la misére et ils ont pris les armes sans faire de distinctions entre le bon , la bête et le truand .
    dommage bcp de gâchis finalement pour rien , tout le monde pouvaient vivre ensemble et dans de bonne condition , mais la cupidité et la betise de l’homme l’emportat . alors tout sa pour dire que l’on pourra épilogué pendant des heures voir des années ou même des siécles sur le cas ALGERIE personne ne sera d’accord chacun restera sur sa position qu’elle soit défendable ou non . alors l’algérie de demain construisons la ensemble ne laissons pas les escrots la dépouillée de ses biens et laissés se qui sont restés dans le desaroi le plus total .

    paix dans nos coeurs a tous juifs , chrétiens , musulmans .

  15. icuos dit :

    Bonjour vincent.

    Tu sais Vincent, c’est par hasard que j’ai découvert ce blog. c’est en voulant avoir des renseignements sur Oued fodda avant 1962, que j’ai découvert le nom de mon combien regretté Directeur Mr Wolf, et c’est à partir de ce blog que j’ai voulu connaitre les avis des Pieds noirs d’Algérie. Je dirais que ce blog est formidable parcequ’il m’a permis de connaitre pas mal de chose sur les Pieds noirs et de ce qu’ils pensent de nous, d’eux, de leur départ etc…Cela nous permet de mieux cerner notre histoire à tous, faite de malheurs il est vrai, mais également faite de bonheur, de joie, quand on y pense vraiment et qu’on oublie un peu ce qui s’est passé entre nos deux communautés. Cela m’a permis aussi de te parler, de connaitre ton opinion sur la question. c’est vrai que nous ne sommes pas trés jeunes maintenant, mais les souvenirs restent (j’ai actuellement 61 ans), j’avais presque 14 ans quand vous êtes partis. Tu m’as dit que les Harkis avaient été obligés de s’enroler au côté de l’armée Française, et bien je te dirais que oui, et qu’ils ne se sont pas enrôlés par conviction, mais par peur pour certains et parcequ’ils avaient faim pour d’autres.Mais la révolution ou la guerre Vincent, ne fait pas de différence entre un militaire Français ou un harkis, « ils étaient habillés de la même façon », j’ai dit qu’ils avaient choisi leur camp, il fallait qu’ils partent avant l’indépendance, parceque si le peuple ou le FLN pouvait pardonner aux Pieds noirs qui défendaient leurs biens, ce n’était pas la même chose pour les harkis qui étaient considérés comme des traîtres à leur patrie. Cela dépend du côté où l’on se trouve. Je n’ai pas dis que j’approuvais les assassinats aprés l’indépendance. Il faut que tu comprennes Vincent, qu’en 1962 le peuple Algérien venait de sortir d’un cauchemar,et que toute cette rage d’avoir été écrasé pendant des années allait s’extérioriser par des actes incontrôlables. C’est tout à fait compréhensible, si l’on ajoute à cela, comme je l’ai dit dans ma dernière intervention,le départ précipité de l’armée Française, alors que les pouvoirs Algériens de l’époque n’avaient même pas installé leurs forces de sécurité. C’est aprés deux mois que cela a été possible et encore!…Tu as fait aussi la comparaison entre la guerre de 1945 et la notre, et du comportement des pouvoirs Français avec ceux des Algériens, je te dirais moi qu’on ne peut pas faire de comparaison entre les deux pouvoirs, parceque les pouvoirs Français avaient de l’expérience, et avaient surtout des forces de sécurité fiables, qui dirigeaient, donc assez forts pour empêcher tout dépassement, mais là aussi… je dirais qu’il y a eu quand même des linchages. Tu sais Vincent, je ne sais pas oû tu vivais avant 1962, mais moi, je vivais ici en Algérie dans un douar à deux kilométres de Oued Fodda. J’ai vu Vincent des scénes horribles que j’ai évité de raconter dans mes interventions, des scénes que toi tu ne pouvais pas vivre, parcequ’habitant dans la ville comme la plupart des pieds noirs. Quand l’armée sortait dans les douars, les pieds noirs des villes ne pouvaient pas savoir ce qui se passait, et ce que faisaient certains militaires. Nous les pauvres laissés pour compte, on subissait et on se taisait parcequ’on ne pouvait pas se plaindre Vincent. Quand un jeune garçon voit des gens se faire torturer, femmes et hommes vincent, devant ses yeux et devant toute une assistance, quand on déshabille une jeune fille de dix sept ans, devant ses parents et devant tout le douar, et qu’on vous force à la regarder, il y a de quoi être rancunier Vincent. Ce que tu me dis là, toi, tu le sorts des livres, des recueils des historiens, qui ne te donnent que les grandes lignes, moi j’ai vécu cela en direct. J’ai vu une autre fille se faire violer par un grand nombre de soldats lors d’une raffle, elle a été traumatisée pour la vie.Les harkis n’ont pas été trés cléments pour leurs congénéres,eux aussi ont pris part à la fête..Je me souviens d’une chose qui m’est restée graver dans mes souvenirs: mon frère était en prison dans un camp de torture à Oued fodda. Ils l’avaient mis dans une cave trés sombre d’aprés lui,il n’y avait aucune lumière pendant prés de quinze jours, aprés des tortures qui n’en finissaient pas, ils l’ont fait sortir de cette cave. ILs ont ouvert la porte et l’ont poussé dehors, la sortie était tellement brusque que la lumière l’a aveuglé et il est tombé à la renverse. Deux harkis étaient devant la porte, ils se sont esclaffés de rire en proférant des mots obsénes, mais un lieutenant Français les a chassé et lui a pris la main pour le diriger, c’est pour te dire qu’il n’y a pas que des « méchants » dans l’armée Française. C’est vrai Vincent que les SAS ont beaucoup fait pour la population Algériennne, mais c’étaient des militaires, et qui dit armée, dit oppréssion. Il faut se mettre à la place de la population, et penser comme la population de l’époque. Si c’étaient des civils, la vision aurait été autre.Autre chose Vincent, cette soudaine prise de conscience à partir de 1954 ou à peu prés, aurait dû être prise dés le début de la colonisation, et non pas aprés le déclenchement de la révolution. Moi j’éspère toujours une paix pour nos deux pays, et une reconcialiation de nos deux communautés. Au revoir Vincent.

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