Ces juifs oubliés parmi les berbères ( 1 )
Une communauté saharienne dispersée
par le vent de l’Histoire
Sources: Extrait de « Les Juifs du M’zab » par Charles Kleinkenecht, Administrateur des Services civils de l’Algérie (E.R.), ancien Sous-préfet de Ghardaïa (Oasis) –

Aux confins sahariens, vivaient depuis des siècles, sinon un ou deux millénaires, de nombreuses communautés juives, regroupées dans des quartiers réservés : les mellahs.
Les juifs berbérophones des pays chleuh et tamazight possédaient, par tradition, une culture littéraire orale et religieuse. Ces communautés vivaient au sein de tribus amazighes, empruntaient aux groupes voisins des formes d’organisation sociale ou même, quelquefois, leurs rites mais conservèrent leurs religion et les coutumes religieuses hébraïques. .
La plupart des communautés juives, vivant dans la montagne et le sud du pays, étaient bilingues (berbero-arabophones), d’autres essentiellement berbérophones comme à
Tifnut. De cette dernière catégorie, quelques individus isolés ont immigrés en Israël, principalement à Ashkelon.Le tamazight était un parler juif de communication dans le milieu familial, social et économique mais constituait, à côté de l’hébreu, la langue traditionnelle de culture et d’enseignement, pour expliquer et traduire les textes sacrés, comme le judéo arabe ou le vieux castillan dans les communautés de langue arabe ou d’origine hispanique. Les bénédictions de la Thora étaient dites uniquement en berbère jusque dans la liturgie pascale. La langue de la très précieuse Haggada de Pessahs’apparente à la tamazight. La version berbère de cette Haggada constitue aujourd’hui une véritable preuve historique de l’existence d’une diaspora longtemps ignorée Famile juive devant sa porte (photod 1953)Les Juifs totalement intégrés à la société berbère, vivaient en paix et en symbiose avec les musulmans . De plus, ces Juifs » possèdaient toutes les caractéristiques des montagnards… ils portaient le même costume qu’eux, et on ne peut pas les distinguer de leurs voisins musulmans
« Pour les Juifs européens, la découverte de coreligionnaires primitifs a été une surprise et n’évoque pas seulement le souvenir des tribus perdues mais leur révèle aussi d’anciennes coutumes disparues, à un moment où eux-mêmes commençaient à
se considérer comme une nation et se tournaint vers les terres bibliques du Levant pour restaurer la souveraineté juive (M.R.COCQ )
Des historiens juifs pensent de plus en plus justifiée cette thèse selon laquelle ces tribus juives oubliées parmi les berbères font bien partie de ces 10 tribus perdues d’Israël disparues de Samarie tout comme ces tribus éthiopiennes récemment « ‘rapatriées » en Israël sur « les ailes d’un aigle» comme l’avait prédit la bible.
L’aigle étant devenu un bel avion blanc.
Pour ceux qui veulent connaître l’origine de « légende » des tribus perdues Lisez :
alarecherchedesdixtribusperdues.doc
: la situation des Juifs du M’Zab en 1962

Ghardaïa est la capitale du M’Zab, située à 630 km au sud d’Alger, centre nord du Sahara et »porte du désert ». En 1961 la population juive de la région compte 978 âmes.
En 1958, à la suite des positions du Général de Gaulle pour le maintien d’une Algérie française et son accession à la tête de l’Etat, les Juifs du M’Zab, comme la majorité des Algériens, sont convaincus de la pérennité de la souveraineté française au Sahara.
Cet espoir est d’autant plus fort que le gisement de pétrole de Hassi Messaoud, à 70 kilomètre au nord-ouest de Ghardaïa vient d’être découvert en mars 1956, et qu’en mars 1957, le Général de Gaulle lui-même est venu affirmer à Ghardaïa que le pétrole saharien est la « grande chance de la France ».
La prospérité paraît assurée dans un Sahara doté de son propre Ministère et qui ne sera pas concerné par les négociations avec le FLN. Il devra rester français ou devenir un Sahara associé à la France, même en cas d’indépendance de l’Algérie.
Mais quand vient l’accord de cessez-le-feu du 19 mars 1962,
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| La délégation française à Evian (à gauche) : Robert Buron, Jean de Broglie et Louis Joxe. La délégation algérienne (à-droite) : Saad Dahlab, Krim Belkacem, Aziz Ben Tobbal, Yazid, Malek, Ben Yahia et Ahmed Francis. En signant ces accords, le gouvernement français s’inclinait devant les exigences du F.L.N. : la France reconnaissait l’indépendance algérienne, liée au cessez-le-feu; ne réclamait pas de statut particulier définitif pour les Français d’Algérie; admettait l’intégration du Sahara à l’Algérie. | |||||||||||||||||||||||||||||
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le Ministère du Sahara est supprimé dès avril 1962, la Direction des affaires administratives et sociales du Sahara est rattachée au Ministère d’Etat chargé des affaires algériennes. Les accords d’Evian, avec le lâchage de cette région, provoque une déception générale parmi les populations sahariennes et, chez les juifs, une véritable panique. Que vont-ils devenir ? Ils étaient environs 900 et tout le monde avait oublié qu’ils n’étaient pas français.
A suivre : L’exode des juifs du M’zab en 1962 (cliquez) retour
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